Histoire : Un réveil et un retour inattendus...

Écrite par Spike le 02 septembre 2005 (14540 mots)

Dernière édition le 07 septembre 2005

Yumi était assise dans le fond du bus. L’air rêveur, elle observait à travers la vitre les rues de Pactos défiler devant ses yeux. Il avait beau être déjà sept heures du soir, le soleil de Juin continuait à éclairer la ville.
Cela faisait maintenant presque un an que Yumi avait déménagé et avait quitté Kadic.
Cela faisait également un an que Xana avait été désactivée ainsi que Lyoko et Aelita enfin matérialisée grâce à l’anti-virus Jérémie. Tout s’était ainsi terminé. Le calme était revenu et les expéditions dans le monde virtuel s’étaient arrêtées, même l’usine n’avait pas été depuis réouverte.
A la fin de l’année scolaire Yumi avait été contrainte par ses parents de quitter Kadic pour habiter Pactos, où son père avait trouvé un meilleur travail. Malgré ses contestations, le déménagement s’était fait ; elle avait été envoyée dans un nouveau lycée et séparée de ses amis.
Leur séparation s’était réalisée au cours du mois de Juillet. Elle s’en souvenait encore. Ils étaient tous, y compris Aelita, réunis devant la grille du Parc. Derrière eux, ses parents l’attendaient dans la voiture.

- Bah..., j’ai peur que ce ne soit vraiment la fin de notre groupe. Dit Yumi le visage désespéré.
- Mais non ! S’exclama Odd. On se reverra. Même si il faut traverser tout le pays à dos de chameaux.
Son humour en toute circonstance fit sourire Yumi.
- Et puis, ajouta Jérémie. On garde contact grâce à la technologie.
- Ouai. Au moins j’en connais une qui est ravie de me voir partir. Dit elle en désignant Sisi qui se tenait derrière, à quelques mètres, entourée comme d’habitude de ses deux serviteurs, Nicolas et Hervé. Son sourire mesquin trahissait sa joie de voir sa principale rivale partir loin, loin, de son amour d’Ulrich.
- Oh ne t’inquiète pas ! Cette année, je sens qu’elle va en voir de toutes les couleurs, Miss Immonde ! Dit Odd moqueur.
Yumi détourna son regard de Sisi pour le poser sur Ulrich qui n’avait pas dit un mot. Son visage restait sobre, inexpressif. Tous les deux se regardaient sans savoir quoi dire et le regard des autres était posé sur eux.
Alors que Yumi se décidait à ouvrir la bouche, le klaxon de la voiture retentit.
- Bon, je crois que mes parents s’impatientent. Dit-elle à tous.
- A bientôt Yumi. Dit Aelita avec un geste de la main.
Sur ces mots, Yumi se retourna et rejoignit lentement ses parents.
Derrière, Odd donna un violent coup de coude à Ulrich.
- Aï !
Odd le regarda sévèrement.
- Et toi tu ne dis rien, tu ne fais rien. Dit il sèchement.
- Que veux tu que je fasse ? Dit Ulrich d’un air abattu.
- Mais t’es cinglé ! Yumi s’en va et toi tu restes immobile. Dis lui au moins ce que tu ressens avant qu’elle ne parte !
Ulrich finit par réagir ; poussé par Odd il rattrapa Yumi en courant. Il s’interposa entre elle et la grille. Celle-ci le regarda, étonnée, sans rien dire.
- Yumi, écoute je... En fait j’ai...
Un nouveau coup klaxon, plus nerveux, l’interrompit.
Ses efforts étaient vains. Cela ne sortirait pas, il ne pouvait pas le lui dire, c’était trop difficile.
- Je voulais te dire bonne chance. Finit il par dire bêtement.
Yumi cacha derrière un sourire forcé sa déception.
- Merci Ulrich.
Ce fut les derniers mots qu’elle prononça avant de partir.


Le bus s’arrêta et Yumi descendit, son sac noir sur l’épaule.
L’année était maintenant finie et elle avait deux mois devant elle pour se reposer. Pour la première fois ses parents n’avaient rien prévu pour l’été, ils attendaient la dernière minute.
Son téléphone sonna. La jeune fille à l’autre bout du fil n’eu même pas besoin de se présenter.
- Salut Yumi. J’ai un truc super important à te dire !
- Bah vas-y dis le Carmen...
- Ok mais t’es toute seule là ?
- Oui, je rentre chez moi.
- Alors voilà...J’ai appris que Manu allait te téléphoner ! Finit-elle par lâcher toute excitée.
- Ah...
- C’est tout ? Juste un petit « ah » ? Qu’est ce que t’as t’es déprimée ou quoi ?
- Nan pas du tout Carmen. C’est super ! Dit elle d’un ton faussement enjoué.
- Tu me tiens au courant. Promis ?
- Ouai, promis. Et elle raccrocha.
Yumi avait rencontre Carmen dès la rentrée dans son nouveau Lycée. Elle était devenue sa principale amie et lui avait permis de rencontrer de nouvelles personnes. Malgré ces centres d’intérêts peu variés - garçons, garçons et re-garçons - elle restait une amie fidèle et sincère.
Pendant les premiers mois Yumi avait gardé contact avec toute la bande de Kadic, grâce aux emails. Mais tous ces messages ne lui faisaient que regretter son ancienne vie et au bout de quatre mois elle décida de couper le fil qui les unissait. Dans un email elle leur avait bien fait comprendre que garder contact avec eux ne faisait qu’accentuer son chagrin et le regret de son départ. Sa nouvelle vie avait commencé et malheureusement ils n’en faisaient pas partie ! Elle souhaitait qu’aucun ne la contacte et qu’ils l’oublient.
Son message avait eu l’effet voulu et elle n’eut plus de nouvelles d’eux.
Malheureusement, au fond d’elle-même, elle ne les avait pas oubliés. Jérémie, Odd, Aelita et Ulrich lui manquaient bien plus qu’elle ne l’aurait avoué.

La soirée se passa comme toutes les autres. Le repas terminé elle alla se coucher et tomba dans un sommeil lourd, sans rêves.
Le lendemain matin, vers neuf heures, elle alla prendre son petit déjeuner.
Ses parents étaient déjà partis travailler.
A moitié endormie, elle trempait lentement ses tartines dans son chocolat au lait, lorsque son téléphone sonna.
La sonnerie stridente la fit sursauter au point de faire tomber sa tartine dans son bol.
C’était un numéro anonyme. Manu ? Non, pas si tôt.
Elle finit par décrocher tout en essayant désespérément de récupérer son pain avec une cuillère.
- Oui ? Dit elle d’un ton absent.
- Allo Yumi ? C’est Jérémie.
La tartine qu’elle avait réussit à retirer du bol retomba brutalement dans le chocolat en éclaboussant toute la table.
Yumi resta stupéfaite.
- Allo ? Yumi ? Je te réveille peut être ?
- Nan. Dit elle. Mais qu’est ce qui te prend de m’appeler ? Son ton était plus sec qu’elle ne l’aurait voulu.
- Ecoute je suis désolé. Je sais que tu nous avais demandé de ne pas le faire. Mais là il s’agit d’un cas d’urgence.
- Comment ça ?
A l’autre bout du fil elle entendait d’autres voix.
Jérémie mit plusieurs secondes avant de répondre.
- Je préférerais te le dire en face. Dit-il d’une voix peu assurée.
- Me le dire en face ? Répéta Yumi encore plus stupéfaite. Mais pourquoi ?
- Ecoute si je prends la peine de t’appeler, c’est parce que c’est très important. Son ton avait changé, sa voix était devenue tranchante.
Alors tu peux venir nous retrouver ?
- Mais c’est n’importe quoi !! J’habite à quatre-vingt kilomètres Jérémie ! Et tu veux que je vienne vous voir ?
- Exactement.
Yumi remarqua que ses mains tremblaient.
Jérémie reprit :
- Tu as un bus dans une demi heure. Il te mène directement à Kadic en une heure.
Elle garda le silence.
- Yumi, c’est vraiment important !
- Très bien je vais le faire. Je vous retrouve au collège. Sur ces mots elle raccrocha.
Ses vacances risquaient d’être plus mouvementées qu’elle ne l’aurait cru.

- Alors ? Demanda Odd à Jérémie.
- C’est bon, elle vient. Elle sera là dans environ une heure et demie.
Ulrich qui était comme à son habitude étendu sur le lit se releva.
- Et qu’est-ce qu’elle a dit ?
- Pas grand-chose mais, bon, elle n’était pas très enthousiaste.
- Tu m’étonnes ! S’exclama Odd. Cela fait un an qu’on ne s’est pas parlé, elle nous a dit de l’oublier et tout à coup on lui demande de venir nous voir ! Il y a de quoi être contrariée.
- C’est sûr. Confirma Jérémie. Mais nous n’avions pas vraiment le choix.
Ulrich, lui, gardait le silence. Au même moment Aelita rentra dans la chambre.
- Alors ? Demanda t’elle à son tour.
- Elle va venir. Dit Jérémie.
- Super ! Son enthousiasme surprit les trois garçons.
Ne faites pas cette tête. Je suis sûre que tout va se passer comme avant.
Aelita était bien la seule à penser ça. Etant novice sur Terre, elle avait par moment un peu de mal à comprendre les réactions et les sentiments des humains.
Après avoir enfilé ses chaussures, Ulrich se dirigea vers la porte.
- Hey, Ulrich ! Où tu vas ? Demanda Jérémie.
- Faire un tour. Dit il en actionnant la poignée.
- Grouille toi, alors, parce qu’il faut que tu sois là à son arrivée.
- Ouai.
La porte se referma derrière lui. Aelita jeta un regard interrogateur à Jérémie qui lui répondit par un mouvement d’épaules exprimant son incompréhension.


Lorsque Yumi ouvrit les yeux, le bus arrivait à destination. Elle reconnu tout de suite l’enceinte du collège et ses alentours.
Elle descendit et se dirigea lentement vers l’entrée. La grille était encore ouverte à cette heure là pour tous les externes tardifs ; la gardienne quand à elle était plus occupée à regarder son magazine qu’à vérifier les identités.
Yumi commença à traverser le parc. Les arbres étaient en fleur et une flore verdoyante bordait le sentier. Malgré le début des vacances, quelques élèves encore étaient présents.
Le bâtiment du collège se dessinait au loin. Tout lui revenait à présent. Elle retrouvait peu à peu les souvenirs qu’elle avait tenté d’oublier pendant l’année. Une voix familière mais pas vraiment agréable, la sortit de sa rêverie.
- Toi ? S’exclama Sisi tout en se postant devant elle. Yumi remarqua qu’elle était restée la même. Ses cheveux noirs étaient toujours tirés en arrière par son bandeau et son air arrogant n’avait pas changé. Nicolas et Hervé étaient comme d’habitude sur ses talons.
- Salut Sisi ! Dit elle avec un sourire narquois.
- Que viens tu faire ici Yumi ?
- Ca ne te regarde pas.
Elle essaya de continuer sa route mais Sisi et les deux autres lui bloquèrent le passage.
- Tu viens rendre visite à Ulrich et les autres ?
- Ce n’est pas tes affaires Sisi et laisses moi passer !
- Oh, mais tu te trompes, ça me concerne aussi. Figure toi que Ulrich et moi sommes devenus beaucoup plus proches. Dit-elle en se passant la main dans les cheveux.
Alors, tout ce qui le concerne me concerne également.
La remarque de Sisi frappa fort. Yumi sentit comme un nœud se former dans sa gorge.
Disait-elle la vérité ? Son poing droit se contracta sans que Sisi ne s’en rende compte.
- Ce que je viens faire ici ne te concerne en rien Sisi ! Lâcha t’elle fortement. Maintenant laisse moi passer. En la bousculant elle reprit son chemin sans se retourner.
Derrière, Sisi affichait un de ses sourires mesquins tandis que Nicolas et Hervé se regardaient, sans comprendre ce qui s’était passé.

Yumi montait les escaliers des dortoirs tout en se répétant que cette rencontre était une mauvaise idée. L’entrevue avec Sisi n’avait fait que confirmer ses craintes.
Arrivé au deuxième étage elle se dirigea vers la quatrième porte à gauche : la chambre de Jérémie. Elle prit une grande inspiration, et frappa.
Dans la chambre le silence se fit et les regards se tournèrent vers la porte.
- Entrez. Dit Jérémie.
La poignée s’actionna et Yumi pénétra dans la pièce où le temps semblait comme suspendu.
Jérémie lui faisait face, assis sur sa chaise de bureau. Aelita et Odd étaient assis sur le lit et Ulrich était adossé au mur du fond. Tout paraissait si familier, même après une année d’absence.
Tous les regards se portaient sur elle, ce qu’elle ne supportait pas.
Voyant que personne n’osait rompre le silence, Aelita prit la parole :
- Contente de te revoir Yumi. Dit elle chaleureusement.
Yumi, incapable de parler, lui rendit un sourire crispé.
Odd prit le relais :
- En fait, on est tous très contents de te revoir. Dit il.
Yumi n’avait jamais aimé les départs ni les retrouvailles et là encore moins. Tous ces regards posés sur elle l’oppressaient. Elle finit par prendre la parole.
- Merci mais j’aimerais surtout savoir pourquoi vous m’avez demandé de venir...
Son ton n’était ni cassant ni sec mais il montrait juste son impatiente.
Ce fut Jérémie qui lui répondit :
- Voilà Yumi. On pense que Xana s’est réactivé.
La phrase sonna comme un coup de tonnerre dans la pièce.
Yumi resta stupéfaite. Les autres observaient sa réaction.
- Xana ? Mais comment ?
- Il y a quelques jours nous avons observé des phénomènes étranges dans le collège et...
Yumi l’interrompit.
- Quels phénomènes étranges ?
- De nombreux courts circuits non expliqués et des surcharges électriques dans les poteaux près de l’usine. Dit Aelita.
- Et donc nous pensons que Xana s’est peut être réactivé. Ajouta Jérémie
Yumi abasourdi par cette nouvelle s’adossa à la porte de la chambre, la tête dans les mains, elle n’en croyait pas ses oreilles.
- Et rien d’autre ne peut expliquer ces phénomènes ? Demanda t’elle.
- J’ai analysé toutes les hypothèses et seule celle de Xana reste plausible. Mais la seule solution est d’aller à l’usine pour vérifier.
Yumi garda le silence.
- Tu nous accompagnes ? Demanda Jérémie.
Re-silence. Tout allait tellement vite dans sa tête.
- Yumi ? Tu nous accompagnes ?
La pression était trop forte. Elle se releva d’un coup et fixa Jérémie dans les yeux.
- J’en sais rien ! Ce matin encore, je pensais ne plus jamais vous revoir et maintenant vous m’annoncez que Xana s’est peut être réactivé ! C’en est trop ! Comment veux tu que je te réponde si vite ?
Sur ces mots elle sortit de la chambre en claquant la porte.

Jérémie baissa les yeux vers le sol.
- Hum...j’ai peut être été un peu rapide. Dit il plus à lui-même qu’aux autres.
- Disons que tu n’as pas vraiment fait dans la finesse Einstein. Lui répondit Odd.
- Ouai c’est le moins qu’on puisse dire. Ulrich ouvrait la bouche pour la première fois, son regard sévère se portait sur Jérémie qui releva la tête. Sa réaction était prévisible...Ajouta t’il d’un haussement d’épaules.
- Surtout pour toi Ulrich ! Répliqua Jérémie durement. Si tu le savais tu n’avais qu’à prendre la parole ! Au lieu de rester muet comme une carpe !
La réaction vive de Jérémie surpris tout le monde. Ulrich resta étrangement calme, Jérémie avait vu juste. Lorsque Yumi était rentré dans la chambre, il avait perdu l’usage de la parole. Après un an il pensait ainsi que les sentiments qu’il avait eu pour elle s’étaient atténués mais en la voyant maintenant, il sentait que rien n’avait changé au fond de lui.
Devant elle, Ulrich était resté cloué sur place comme impuissant. La seule chose qu’il avait réussi à faire, c’était de masquer son visage de toute expression.
- Dé...désolé Ulrich...je...
Ulrich interrompit Jérémie dans ses excuses.
- C’est rien. De toute façon tu avais raison.
Sur ces mots il quitta à son tour la chambre.
- Ah bah là tu m’épates Einstein ! S’exclama Odd. Normalement c’est moi qui vexe les autres ! Depuis quand tu me piques mon rôle ?

Ulrich descendit dans la cour. Il avait besoin de prendre l’air. Tout en marchant, il repensait à l’email qu’elle leur avait envoyé au début de l’année. Cet email qui l’avait profondément marqué. Avait-elle été sincère ? Voulait elle vraiment qu’ils disparaissent de sa vie ?
Tout à coup, il s’arrêta de marcher. Yumi était devant lui à quelques mètres. Songeuse elle marchait sans remarquer sa présence. Sous une apparence légèrement différente qu’il y a un an elle apparaissait tout aussi attirante. Sa coiffure n’avait pas changé. Mais son ancien pantalon était remplacé par une jupe courte assortie avec des collants rose et noirs et ses habituelles bottines. Quand à son pull il avait laissé place à t-shirt cintré de la même couleur qui laissait apercevoir de nombreux bracelets à ses poignets.
Alors que l’envie le prenait de la rejoindre, une main se posa sur son épaule.
En tournant la tête il remarqua qu’il s’agissait de Sisi et rapidement il s’écarta d’elle.
- Salut Ulrich ! Dit elle d’une voix douce.
- Tu m’espionnes à présent ? Dit il sèchement.
- Pas du tout. Pure coïncidence !
Elle tourna la tête vers Yumi qui continuait à marcher devant.
- On dirait que vos retrouvailles ne se sont pas très bien passées. Dit elle moqueuse.
- Occupe toi de tes affaires Sisi.
- Mais je m’en occupe et tu en fais partis. En tout cas saches que moi je suis là pour toi.
- Sisi, trouve toi un cerveau opérationnel et là je pourrais peut être m’intéresser à toi.
Ces derniers mots tranchants firent mouche ! Vexée, Sisi repartit d’où elle était venue. Mais lorsqu’il se retourna vers Yumi, elle n’était plus là, elle avait disparu derrière les arbres.

Yumi marchait dans le parc, le regard dans le vide.
Pourquoi n’avait t’il rien dit ? Pourquoi était il resté si silencieux ?
Peut être avait il finit par l’oublier...Peut être que Sisi disait la véritée après tout...
Ses pensées se bousculaient dans sa tête, lorsqu’elle sentit quelque chose de métallique sous ses pieds.
C’était une plaque d’égout. Celle qui permettait de rejoindre l’usine.
En s’accroupissant, les souvenirs des aventures de l’année précédente lui revint en mémoire. Toutes ces heures passées dans le monde virtuel pour sauver la terre des menaces de Xana.
Comment pouvait elle oublier tout ça ? Au fond d’elle-même, un sentiment qu’elle avait tenté de cacher ressurgit. En courant, elle se dirigea vers le dortoir. Sa décision était prise !


Dans la chambre tout le monde avait retrouvé sa place, seule Yumi manquait.
- Qu’est qu’elle fait à ton avis Einstein ? Demanda Odd, impatient.
- Comment tu veux que je le sache ?
- Elle est partie dans le parc pour réfléchir. Dit Ulrich.
Sous les regards surpris de ses amis il ajouta :
- Je l’ai aperçue tout à l’heure.
Au même moment la porte s’ouvrit brutalement et Yumi pénétra dans la chambre, essoufflée après sa course. Tous les regards étonnés se braquèrent sur elle, ce qui la déstabilisa quelque peu.
- Heu...Désolée j’ai pas frappé. Dit elle d’une voix mal assurée.
- Oh t’inquiète, ça m’arrive souvent aussi ! Dit Odd avec un geste de la main.
Un sourire se dessina sur son visage, ce qui détendit toute l’atmosphère de la pièce.
Jérémie en profita pour parler.
- Ecoute Yumi, excuse moi pour toute à l’heure, je ne voulais pas...
- Je vous accompagne. Interrompit Yumi.
Les respirations se bloquèrent.
- T’es sérieuse ? Réagit précipitamment Ulrich.
Sa réaction surprit Yumi qui entendait pour la première fois le son de sa voix. En s’en apercevant, il rougit légèrement ; c’était sortit tout seul, il n’avait pas pu se maîtriser.
- Heu...oui. Répondit-elle en rougissant à son tour.
- Trop bien ! S’exclama Odd tout en sautant sur le lit.
- Odd ! Tes chaussettes sont dégeux et je dors sur ce lit ! Cria Jérémie.
- Tu veux que je les enlève ?
- Non, surtout pas ! Cria t’il encore plus fort.
Devant ce spectacle Yumi éclata de rire, accompagnée d’Aelita.
Ses amis n’avaient donc vraiment pas changé !

- Alors on y va quand à l’usine ? Demanda Aelita qui s’impatientait.
Jérémie, penché sur son ordinateur, releva les yeux quelques minutes.
- On peut y aller maintenant, tout le monde est à la cantine, même les profs.
- Bah, en parlant de cantine je commence à avoir très faim. Dit Odd, en se massant le ventre.
- Tes dix tartines de ce matin ne t’ont pas suffit ? Réagit Ulrich, indigné.
Comme en guise de réponse, son ventre gargouilla bruyamment.
- Faut croire que nan ! Et puis Yumi aussi doit avoir faim après son trajet en bus... ?
- J’avoue que oui, vu que Jérémie m’a interrompu en plein milieu de mon petit déjeuner.
Menés par Odd et son ventre vide, les cinq amis se rendirent à la cafétéria.
Dans le fond de la salle une grande table était libre.
- Berk ! J’ai jamais rien mangé d’aussi mauvais ! S’exclama Ulrich en repoussant d’un geste son assiette.
- Mais si ! Rappelle toi, les choux de Bruxelles ! Dit Odd qui lui engouffrait tout ce qui se trouvait sur son plateau.
- Je regrette ma cantine du lycée ! Ajouta Yumi. Au même moment son téléphone sonna, encore un numéro anonyme.
- Allo ?
Une voix de garçon lui répondit.
- Ah...salut Manu.
Ses quatre amis relevèrent les yeux vers elle, en particulier Ulrich. Il la regarda à la fois curieusement et sévèrement.
- Heu...ce soir ? Bah je peux pas trop. Désolé Manu, mais là je suis pas chez moi et je penses pas que mes parents n’accepterons.
- Oui une autre fois peut être... à plus.
Puis elle raccrocha, tête baissée, gênée par ce coup de file mal venu.
- Ch’était un ami ? Demanda Odd, la bouche pleine de poisson.
- En quelque sorte...Lui répondit elle tournant son regard vers Ulrich. Il ne la fixait plus mais ses yeux, posés sur son assiette, dissimulaient mal une jalousie difficile à contrôler.

Lorsqu’ils sortirent enfin de la cafétéria, ils se rendirent d’un pas rapide, entraînés par Jérémie, jusqu ’à la plaque d’égout.
- Hey ! Jérémie, ralentit ! Il faut que je digère moi ! S’écria Odd qui traînait derrière.
- Rien de tel que de l’exercice pour ça ! Lui répondit celui-ci sans s’en préoccuper.
Après être descendus par l’échelle ils arrivèrent devant les trois skates et la trottinette.
Tout était encore là.
- Et moi je fais comment ? Demanda Aelita en faisant remarquer qu’il n’y en avait que quatre.
- Tu t’accroches à Jérémie sur la trottinette. Dit Odd en adressant à celui-ci un clin d’œil qui le fit rougir.
Sur ces mots ils propulsèrent leurs planches et commencèrent la traversée du tunnel.
Après avoir passé le pont et descendu les cordes comme si souvent l’année précédente, ils pénétrèrent dans le monte charge.
Jérémie tapa le code et la porte blindée qui menait à la salle d’ordinateur s’ouvrit avec un bruit strident.
Les lumières étaient éteintes mais personne n’osait allumer. Jérémie fut le premier à bouger et se dirigea vers l’ordinateur. La aussi tout était éteint.
- Bah tout à l’air normal...
- J’en suis pas si sûr...Dit Aelita d'une petite voix. Ecoutez...
Un silence complet reégnait dans la pièce.
- Heu...désolé mais j’entend rien princesse. Dit Odd.
- Justement. C’est trop calme, je n’aime pas ça.
Au même moment Jérémie poussa un cri de surprise qui fit sursauter ses amis.
- Re...regardez... Dit il en pointant son doigt vers l’écran tactile central.
L’œil du virus venait de faire son apparition. Sa couleur rouge sang tranchait avec le fond noir de l’écran.
- Xana... Dit Ulrich. Derrière lui, Aelita tomba à terre, le visage décomposé.
- Il est revenu...Xana s’est réveillé...Dit-elle avant de s’évanouir dans les bras d’Odd qui la soutenait.
- Aelita !! S’écria Jérémie en s’accroupissant à ses côtés. Aelita ! Réveille toi !
- Il faut l’amener à l’infirmerie ! Dit Yumi à l’informaticien qui fixait, inquiet, le visage d’Aelita.
- Ok, Jérémie tu prend les jambes et moi les bras. Dit Ulrich.
Ils sortirent de l’usine par la grande porte avec Aelita, toujours inconsciente, et après cinq longues minutes ils atteignirent enfin les portes de l’infirmerie.
- Posez la là. Dit Melle Perraudin en aidant les deux garçons, essoufflés.
Que lui est elle arrivé ?
- Un malaise. S’empressa de répondre Ulrich.
- Un malaise ? Je vais prévenir ses parents...Dit elle en se dirigeant vers la porte.
Odd lui bloqua immédiatement le chemin.
- Heu...nan...ils ne sont pas là...et puis je suis son cousin alors c’est moi qui m’occupe d’elle pendant leur absence.
- Bon d’accord, mais vous ne pouvez pas restez ici. Je vous appellerai quand votre amie aura repris connaissance.
- Mais madame...Commença Jérémie.
- Pas de « mais » ! Allez, sortez !
Sur ces mots secs ils retournèrent dans le parc et s’assirent sur un des bancs.
- T’inquiètes pas Jérémie, elle va bientôt se réveiller. Dit Yumi pour le rassurer.
- Hum...
- Le plus gros problème, maintenant, c’est Xana...Il va sûrement en profiter pour passer à l’attaque...Dit Odd qui avait abandonné l’idée de faire une blague dans de pareilles circonstances.
- On peut le débrancher une nouvelle fois...Proposa Ulrich.
Jérémie releva la tête.
- Pas sans Aelita. Et puis si il a trouvé le moyen de se réveiller, il n’aura pas de mal à le refaire...Non, il faut trouver un autre moyen de l’anéantir...définitivement !
- Et t’as une idée, Einstein ? Demanda Odd.
- Aucune. Mais je retourne à l’usine pour en savoir plus. Yumi tu restes ici avec Aelita et tu me tiens au courant.
- Quand à Odd et moi, on va voir au collège si il n’y a rien d’anormal. Dit Ulrich.
Sur ces mots le groupe se sépara. Yumi, furtivement, se glissa à l’intérieur de l’infirmerie et alla s’asseoir au côté d’Aelita, toujours profondément endormie.

Les deux garçons arpentaient à présent les couloirs du dortoir.
Rien d’anormal. Le supercalculateur ne s’attendait peut être pas à être découvert si tôt...
- Tu crois que Xana est immortel ? Demanda Odd bêtement à Ulrich qui restait étrangement silencieux.
- Hey ! Ulrich, tu m’écoutes ?
Celui-ci sortit de sa rêverie.
- Hein ? Quoi ?
Odd le dévisagea, un sourire amusé sur le visage.
- Mon petit doigt me dit que ce n’est pas Xana qui te préoccupe autant...C’est Yumi, pas vrai?
Ulrich, démasqué, rougit légèrement.
- Mais non ! C’est juste que...heu...je m’inquiète pour Aelita. Dit il, peu convaincant.
- Mais bien sur...Tu me prends pour un idiot ?

A ce moment précis, une explosion des plus fracassantes se fit entendre à l’extérieur provoquant par la même occasion l’extinction des lumières du bâtiment. Les élèves présents restèrent immobiles, pétrifiés et dans la pénombre. Seule la fenêtre au bout du couloir leur permettait de se repérer. Le silence se fit. Personne n’osait plus parler, redoutant une autre catastrophe. A quelques mètres de là, des aboiements craintifs, retentirent.
- Kiwi !! S’exclama Odd tout en se dirigeant en courant vers la chambre.
Suivi d’Ulrich, il pénétra dans la pièce. Le chien faisait face à la fenêtre, grande ouverte.
Au dehors d’épais nuages gris avaient recouvert le ciel si bleu auparavant. Et de grandes rafales de vent s’étaient mises à souffler provoquant le claquement des portes restées ouvertes. Odd tenta de réconforter Kiwi, complètement paniqué.
- C’est rien mon chien, c’est juste...
- Les canalisations qui ont pété. Termina Ulrich, penché par la fenêtre.
- Quoi !
Odd s’empressa de le rejoindre, le chien dans ses bras.
Au dessous, le sol du parc était déjà submergé et à certains endroits les tuyaux percés avaient laissé place à de grands et puissants jets d’eau. Les arbres, quand à eux se balançaient dangereusement au rythme du vent, de plus en plus violent.
Le paysage qui leur faisait face était tellement chaotique qu’une seule et même chose leur vint à l’esprit :
- Xana ! Dirent ils d’une même voix.

Cela faisait maintenant bien une demi heure que Yumi attendait dans l’infirmerie.
Aelita n’avait pas bougé, comme plongée dans un interminable sommeil.
Melle Perraudin n’était toujours pas revenue et Yumi attendait, assise sur un des sièges.
Elle s’ennuyait à mourir.
Une soudaine et brutale explosion la sortit de sa léthargie.
Les lumières de la pièce s’éteignirent au même moment, la plongeant dans la pénombre.
Pétrifiée, Yumi resta plusieurs secondes immobiles sur sa chaise.
Le vent s’était subitement levé et de grandes rafales faisaient trembler les fenêtres.
A bout du couloir, la porte d’entrée s’ouvrit brutalement, laissant passer un courant d’air froid jusque dans la pièce.
La première réaction de Yumi fut d’aller immédiatement la fermer mais rapidement elle regretta son geste irréfléchi.
Au dehors, un marronnier, déraciné par le vent, s’effondra juste devant le bâtiment, bloquant ainsi la porte et la sortie par la même occasion.
Prise de panique, Yumi, retourna en courant dans la pièce.
Assise sur le bord du lit, Aelita venait de se réveiller.

- Yumi ? Mais où sommes nous ? Demanda t’elle d’un petite voix.
- A l’infirmerie, tu t’es évanouie. Lui dit celle-ci tout en sortant son téléphone portable de sa poche.
De ses mains tremblantes elle composa le numéro du Jérémie, qui décrocha aussi tôt.
- Jérémie ? J’ai un gros problème ici ! Dit elle d’un voix légèrement paniquée.
- C’est Aelita ? S’empressa de demander celui-ci.
- Non, elle va bien, elle a repris connaissance.
Au même moment, Yumi sentit de l’eau pénétrer dans ses bottines. En baissant la tête, elle remarqua que le sol était complètement inondé. L’eau pénétrait par toutes les fissures du mur, et son niveau montait à un rythme effrayant.
- Heu...même deux gros problèmes !
A l’autre bout du fil, elle pouvait entendre Jérémie pianoter sur son clavier.
- Hey ! Jérémie, tu m’écoutes quand je te parle ? Dit elle en perdant patiente.
- Oui Yumi, désolé, mais je viens d’apprendre que les canalisations ont sauté ainsi que les écluses de la Seine !!
- Bah je m’en rends bien compte ! Ici c’est l’inondation et impossible de sortir, la porte est bloquée par un arbre déraciné !
Jérémie garda le silence quelques secondes. Pendant ce temps Yumi regardait autour d’elle afin de trouver une solution. Son regard et celui d’Aelita se posèrent en même temps sur la fenêtre.
- Je vous envoie Odd et Ulrich pour vous aider. Finit il par dire en tentant de garder son sang froid.
- Ce n’est pas la peine Jérémie, ils seront plus utiles à l’usine. Dit elle d’une voix plus rassurée. Et puis je crois qu’en fait nous avons trouvé une solution.
- T’en es sûre ? Demanda Jérémie, hésitant.
- Oui, ne t’inquiète pas nous avons la situation en main. Pas vrai, Aelita ?
- Si tu le dis...Lui répondit celle-ci avec un sourire crispé.
Sur ces mots Yumi raccrocha. Aelita se dirigea vers la fenêtre et tenta de l’ouvrir, mais en vain. Elle était fermée à clef.
- La situation en main ? On a peut être été un peu optimistes, Yumi...
Celle-ci baissa la tête. L’eau arrivait à présent au dessus de ses genoux. Il fallait agir vite !
- Aux grands maux, les grands remèdes ! Dit elle en faisant signe à Aelita de s’écarter.
La tête tournée afin de se protéger, elle donna un grand et puissant coup de pied dans la vitre qui éclata en mille morceaux.
Puis sans perdre une minute, les deux jeunes filles sautèrent par l’ouverture pour atterrir sans trop de problèmes sur l’herbe humide.

Jérémie raccrocha le combiné en espérant que Yumi disait vrai et que bientôt Aelita et elle seraient de retour.
A l’usine tout ne se passait pas aussi bien qu’il l’aurait souhaité. Le plafond souffrait sous le poids de l’eau et commençait déjà à s’effriter.
- C’est du Xana tout craché. Se dit il à lui-même.
Au même moment, son téléphone, toujours relié à l’ordinateur, sonna. C’était Ulrich.
- Jérémie, Xana est passé à l’attaque ! Dit il immédiatement.
- Oui je sais, il a fait exploser toutes les écluses de la Seine ainsi que les canalisations. Ici aussi l’usine est inondée.
- Pas seulement, les arbres risquent de s’effondrer sur le collège d’une minute à l’autre. Le vent est bien trop puissant !
Sa voix devenait de plus en plus faible, le bruit extérieur empêchait Jérémie de bien entendre.
- Venez vite à l’usine, les pompiers vont s’occuper de l’évacuation. Vous serez plus utiles sur Lyoko !
- Et Aelita et Yumi ? Elles sont sorties de l’infirmerie ? Demanda Ulrich, d’une voix qui trahissait son inquiétude.
- Heu...non, pas encore. Mais elles vous rejoindront, elles m’ont dit qu’elles géraient la situation.
Sans même qu’Ulrich puisse réagir, il raccrocha.
Il ne fallait pas perdre une minute ! Aussi tôt le petit génie se replongea dans ses recherches tout en lançant un scan pour voir qu’elle était la tour activée.

A l’extérieur, le vent se faisait de plus en plus fort et les deux garçons luttaient pour ne pas se laisser emporter. Ulrich et Odd couraient à présent en direction de l’usine. Mais en passant devant le bâtiment de l’infirmerie, les deux garçons s’immobilisèrent.
Un arbre déraciné bloquait la porte.
- Aelita et Yumi sont sorties, pas vrai ? Demanda Odd à son ami dont le visage était livide.
- Je ne sais pas ! Mais Jérémie m’a dit qu’elles géraient la situation.
Au même moment, la vitre qui leur faisait face explosa en mille morceaux.
Puis sans même qu’ils aient eu le temps de réagir, deux silhouettes sortirent en un bond par l’ouverture et atterrirent agilement sur le sol.
- Wouah ! C’est ce que j’appelle gérer la situation ! S’exclama Odd, impressionné.
Derrière lui, Ulrich lâcha un soupir de soulagement.
Avant même que Yumi et Aelita n’aient pu s’exprimer, Ulrich reprit la parole :
- Pas de temps à perdre ! Il faut aller aider Jérémie !

Après avoir parcouru les égouts inondés à la nage, les quatre amis se précipitèrent sur le pont. La Seine n’avait jamais été aussi haute et agitée. Des vagues d’environ cinq mètres battaient le bord des quais.
Sans s’arrêter, ils s’agrippèrent aux cordes et descendirent plus rapidement que jamais dans la salle cathédrale, dont le sol, recouvert d’eau, brillait comme un lac.
Sans perdre une minute, ils se précipitèrent dans le monte charge qui descendit, sous le poids de l’eau, à un rythme effrayamment rapide vers les profondeurs.
Dans les hauts parleurs, la voix de Jérémie résonna.
- Allez tout de suite dans la salle des scanners. Il est temps pour vous de retourner sur Lyoko !
- Ouai et gare à toi, Xana, on arrive !! S’exclama Odd avec un mouvement théâtral.
Lorsqu’ils pénètrent dans la salle illuminée, Jérémie reprit la parole :
- Aelita, reste derrière eux et n’intervient que pour désactiver la tour !
- Bien compris Jérémie.
- Bon allez y, je vous transfère dans le territoire de l’ « haut de là » !
Les quatre amis s’immobilisèrent face aux scanners. Odd fut le premier à réagir :
- Hein ? Tu peux répéter ça Einstein ?
Jérémie, qui aurait préféré ne pas avoir à s’expliquer, répéta d’un air détaché :
- Le territoire de l’haut de là. C’est une des dernières créations de Xana. Je viens juste de le découvrir dans mes recherches. La tour activée est là bas. Maintenant c’est à vous que revient le privilège de l’explorer, ajouta-t-il d’une voix légèrement sarcastique.
- Trop aimable. Lui répondit Ulrich sur le même ton.
Les cinq scanners se refermèrent et Jérémie pus enfin commencer l’opération.
- Transfer Ulrich, Transfer Yumi, Transfer Odd, Transfer Aelita...
Scanner Ulrich, scanner Yumi, scanner Odd, scanner Aelita...
Virtualisation !

Les quatre héros atterrirent agilement sur le sol virtuel de Lyoko.
L’environnement qui les entourait les laissa interloqués.
Le territoire de l’haut delà était bien différent de ce qu’ils auraient pu imaginer.
Ils se sentaient comme enfermés dans une bulle. Plus de ciel, plus de sol. Un grand vide profond et sombre les entourait, parsemé de particules dorées qui auraient presque pu laisser croire à des étoiles dans l’univers.
Ils venaient d’atterrir sur un des îlots volcaniques suspendus dans le vide par une force invisible.
Sa terre, d’une couleur rouge orangé, ressemblait à de la lave en fusion, mais ce n’était qu’une illusion.
Des chemins longs et exigus se croisaient, se décroisaient, se chevauchaient et enfin aboutissaient à d’autres îlots rocailleux sur lesquels se dressaient de grands volcans en activité.

- Wouah ! Bah moi qui rêvais un jour d’aller dans l’espace ! S’exclama Odd dont le regard se perdait dans le vide.
La voix de Jérémie se fit entendre :
- Odd je ne te conseille pas d’y aller !! Ce n’est pas l’espace mais le néant !
Yumi, réagit aussi tôt.
- Le néant ? Tu veux dire que si on tombe, on...
- N’en sort plus ! Termina l’informaticien. Tu tombes, tu tombes et tu continues à tomber sans jamais t’écraser. Une chute sans fin !
- Ah oui ! C’est sûr que vu comme ça c’est beaucoup moins drôle. Ajouta Odd, qui s’écarta du bord.
- Mais la tour, elle est où ? Demanda Ulrich qui tentait de la repérer en vain. Seul les gigantesques volcans se dessinaient au loin.
- Heu...A environ 30° sud-ouest.
- Heu...d’accord Jérémie... ? Mais il est où le Nord ?
- En gros, vous devez prendre le premier chemin à gauche !
Aussi tôt dit, aussi tôt fait. A peine avait il fini sa phrase qu’ils s’étaient déjà élancés en courant.

Arrivés à la première intersection, ils s’immobilisèrent. Deux crabes venaient de surgir sur les côtés, un à droite et un à gauche.
- Hey Jérémie ! T’aurais pu nous prévenir !! S’exclama Ulrich.
- Oups ! Désolé les gars, j’étais en plein dans mes recherches ! Vous devez continuer tout droit, la tour n’est plus très loin !
- Ok, allez y ! Je m’occupe d’eux. Dit Odd en se postant en plein milieu du carrefour.
Sans discuter, Aelita, suivie de Yumi et Ulrich, repartit en courant, par le chemin en face.
Odd se retrouva seul, en position de garde et encerclé par les deux crabes qui ne s’occupaient plus que de lui.
- Content de vous revoir les copains ! Dit-il d’un ton moqueur.
Comme pour lui répondre, les deux sbires déclanchèrent leur rayons lasers, braqués sur lui.
Odd fut rapide à agir et les esquiva d’un saut dans les airs. Puis, toujours en hauteur, il tira trois fléchettes sur le crabe de droite qui, après avoir évité de peu les deux premières, reçu la troisième en plein dans le mille et se désintégra. En même temps que l’explosion, Odd réatterrit sur le sol faisant face au dernier crabe.
Celui-ci tira aussi tôt, Odd pris au dépourvu tenta d’esquiver les lasers par de multiples sauts mais finit pas se faire toucher au bras droit.
La voix de Jérémie alerta :
- Odd ! - 20 points de vie !
Sans l’écouter, il repartit instantanément à l’attaque. Enchaînant les roulades afin d’esquiver les nouveaux tirs, il arriva rapidement à quelques mètres du robot.
Profitant d’un moment de répit, Odd se releva et pointa son bras vers l’œil du sbire.
- Bye, bye ! Dit il avant de tirer une nouvelle fléchette qui atteint facilement son but.
Le robot se désintégra dans une même explosion que le précédent.

Aelita, Ulrich et Yumi s’arrêtèrent sur un nouveau îlot, recouvert de gouffres, pour reprendre leur souffle.
- Alors elle est où cette tour ? Demanda Yumi, les mains sur les genoux.
- Plus très loin, vous devriez bientôt la voir...Elle est à environ...
Aelita interrompit Jérémie subitement.
- Là bas ! S’exclama t’elle le bras tendu.
Au loin, après un long et exigu chemin, peu rassurant, se dressait la tour activé. Son aurore rouge indiquait la présence du virus.
- Pas de temps à perdre ! S’exclama Ulrich en se redressant.
Mais la voix de Jérémie, alarmée, le stoppa.
- Le comité d’accueil est là ! Il y a deux blocs et quatre frôlions.
A peine avait t’il fini sa phrase que les sbires les encerclèrent. Ils étaient pris au piège, même Aelita ne pouvait plus fuir.
Yumi, d’un geste bref, ouvrit son éventail devant ses yeux.
- Ca manquait un peu d’action ! Dit elle.
- Aelita, reste derrière ! On s’en occupe ! Ajouta Ulrich, tout en sortant son sabre, qui siffla dans les airs.
Au même moment les deux cubes tirèrent.
Yumi, après avoir arrêté les lasers avec son bouclier, s’élança en sautant et atterrit juste derrière le robot. Celui-ci n’eut même le temps de réagir qu’elle lui avait déjà planté son éventail dans l’œil arrière et il partit en fumée.
Derrière, Ulrich, enchaînait les parades avec son sabre, le bloc restant n’était pas le seul à tirer sur lui, deux frôlions s’étaient invités au carnage. Dans un cri rageur, Ulrich sauta sur le bloc tout en se protégeant des tirs venus des airs et enfonça avec force son sabre dans l’œil du sbire.
Au moment où il réattérit sur le sol, le robot explosa.
Yumi et Ulrich revinrent près de Aelita, toujours saine et sauve.
Les quatre frôlions restants leur faisaient face et se préparaient à tirer. Ulrich lança à son amie un regard qu’elle comprit aussitôt. Celui-ci se posta devant Aelita, son sabre en position de défense. Yumi, elle, partit en courant vers les robots, prête à les exterminer.
Leurs tirs toujours tournes vers l’humanoïde étaient agilement contrés par Ulrich. Et ainsi Yumi avait la voix libre.
Plus facilement qu’elle ne l’aurait cru, elle réussi à détruire ainsi trois frôlions en deux lancers d’éventail.
Le dernier, comme seul au monde, planait juste devant elle.
- Plus qu’un ! Dit elle en lançant son éventail.
Mais avant même qu’il ne puisse atteindre sa cible, le sbire se désintégra.
- GAME OVER ! Dit une voix moqueuse de derrière l’explosion.
Lorsque la fumée se fut dissipée, Odd apparut devant ses amis.
- Je n’ai pas pu m’en empêcher ! Dit il avec un geste d’excuse envers Yumi.
Jérémie, silencieux pendant tout le combat, reprit la parole.
- Parfait ! Aelita tu peux y aller.
Sur ces mots elle s’élança en direction de la tour.

- C’est presque un peu trop facile. Dit Ulrich, sans quitter Aelita des yeux.
- Oui, les sbires de Xana n’étaient pas vraiment en forme. Ajouta Yumi.
- Où alors, c’est nous qui sommes trois forts !! Dit Odd.
Alors que les deux autres le fixaient avec un regard plein d’exaspération un cri strident retentit en direction de la tour. C’était Aelita !
Ils se précipitèrent en courant vers elle.
L’humanoïde était à terre, sa tête douloureuse entre les mains. C’était comme un violent bourdonnement qui parcourait tout son cerveau au point qu’elle n’entendait même pas ses amis regroupés autour d’elle. Après quelques secondes, la douleur finit par disparaître.
- Aelita ?? Tu m’entends ? Qu’est ce qui t’arrive ? S’exclamait Jérémie d’une voix paniquée.
- Je...je vais bien. Lui répondit Aelita encore un peu sous le choc.
- Qu’est ce qui s’est passé ? Demanda Yumi d’une voix douce.
- Je...ne peux pas rentrer dans la tour. C’est comme si un champ magnétique me repoussait. Lâcha t’elle en gardant les yeux rivées sur le sol.
La jeune geisha se releva et tourna son regard, plein de détermination, vers la tour toujours illuminée de rouge.
- Bon...je vais essayer d’y pénétrer ! Dit elle subitement.
Les regards indécis de ses amis se tournèrent vers elle.
- T’en es sure ? Demanda Odd, pour une fois d’un ton grave.
- Oui, il faut tout tenter pour contrer Xana. Dit elle.
Alors qu’elle se dirigeait pour y pénétrer, une main crispée se posa sur son épaule.
- Yumi...Commença Ulrich d’une voix faible, mais le regard qu’elle lui adressa le fit taire.
Ce regard lui disait de ne pas s’inquiéter. Un regard tendre qui lui avait tant manqué pendant l’année.
Arrivé devant la tour, elle écarta ses bras et commença à traverser doucement le mur blanc.
Alors qu’elle avait l’impression de toucher au but, une force invisible la projeta vers l’arrière. Comme Aelita, elle atterrit brutalement sur le sol.
Aucun bourdonnement ne traversa sa tête, seulement le choc la laissa quelque peu dans les vapes.
Odd et Ulrich retournèrent auprès d’elle. Leur regard inquiet était braqué sur elle.
- C’est bon...ça va aller. Dit elle pour les rassurer.
- C’était la même réaction que pour Aelita ? Demanda Jérémie.
- Oui, une force nous empêche de rentrer. Lui dit elle en se relevant, aidé par les deux garçons.
- Ah bah là on peut dire que Xana a bien fait son coup ! Réagit Odd.
Tu sais ce qui se passe, toi, Einstein ?
Jérémie garda le silence, ses mains tapaient à un rythme effreiné sur son clavier, et de multitudes de fenêtres s’ouvraient, puis se fermaient sur son écran.
Il finit par reprendre la parole :
- Xana a formaté cette tour afin qu’une barrière magnétique vous empêche d’y pénétrer. Et je suis incapable de la faire disparaître, Xana a tout fait pour que l’entrée vous soit refusée.
- Mais alors personne ne peut désactiver la tour ?!? S’exclama Ulrich.
Jérémie, après hésitation, reprit :
- Si quelqu’un...moi ! Dit il d’un ton calme.
Dans le monde virtuel, tout le monde resta stupéfait.
- Xana n’a configuré la tour que contre vous quatre, elle n’a pas pensé à moi.
Il faut que j’aille sur Lyoko !
Yumi, finit par réagir :
- Mais c’est impossible ! Tu ne peux pas quitter ton poste !! Personne ne sait se servir de ton ordinateur à ta place !
- Si quelqu’un...Dit il.
Aelita ? Tu en serais capable n’est ce pas ?
L’humanoïde s’attendait à cette réaction de la part de l’informaticien.
- Oui, je pense. Dit elle. Je crois connaître assez bien ton ordinateur et le supercalculateur pour te remplacer.
- Très bien, alors c’est la seule solution. Je vais te dévirtualiser...vous êtes tous d’accord ?
- C’est toi le génie, Einstein !! Dit Odd.
Sur ces mots, Jérémie lança la procédure et le corps virtuel de la jeune fille disparut devant leurs yeux.

Dans l’usine, Aelita sortit du monte charge et pénétra dans la salle de contrôle. Jérémie descendit de son siège, son visage blanc laissait deviner que cette dernière demi-heure n’avait pas été de tout repos.
- Prête ? Demanda t’il.
- Ce serait plutôt à moi de te dire ça ! Lui répondit elle en prenant le casque qu’il lui tendait.
Une fois assise à son tour dans le grand fauteuil, Jérémie descendit dans la salle des scanners. Il n’avait été que deux fois dans Lyoko et ses souvenirs ne le rassurait pas vraiment.
- Ne t’inquiète pas Jérémie, ça va aller ! Dit Aelita dans les hauts parleurs comme si elle avait lu dans ses pensées. Le jeune informaticien prit son courage à deux mains et pénétra dans le scanner central. Les portes se refermèrent et la virtuallisation commença.
- Transfert Jérémie...Scanner Jérémie...Virtualisation !

Au collège Kadic, les secours avaient évacués tous les élèves et les avaient regroupé sur le terrain de sport. Un arbre s’était déjà écrasé sur les réfectoires et quand aux autres bâtiments ils étaient complètement inondés.
- Tout le monde est en sécurité à présent M. Delmas. Dit l’un des pompiers au proviseur.
Personne ne risque que rien tant qu’ils restent sur la pelouse.
Derrière, un homme carré, avec un survêtement rouge, accouru vers eux.
- Monsieur le Proviseur on a un gros problème. Dit il paniqué.
- Mais expliquez vous Jim ! Que se passe t’il ?
- J’ai fait l’appel comme vous me l’avez demandé, monsieur...et il nous manque quatre élèves !
Le visage du proviseur se figea d’effroi.
- Quatre ? Répéta t’il.
- Oui et ce sont quatre troisièmes...Aelita Lyoko, Jérémie Bellepois, Ulrich Stern et Odd Della Robia. Dit Jim avec une certaine émotion.
- C’est impossible !! S’exclama le pompier. Nous avons tout fouillé !
Les trois hommes se dévisagèrent.
- Papa...moi je sais où ils sont. Dit une voix derrière eux.
Le proviseur se retourna immédiatement.
- Sisi ? Mais qu’est ce que tu fais là ? Demanda t’il d’une voix qui se voulait autoritaire.
- Je vous ai entendu parler...et je crois savoir où sont Ulrich et ses amis. Dit l’adolescente fièrement.
- Vas y, dis le ! S’exclama Jim qui avait les nerfs à vifs.
Le directeur lui lança un regard glacial.
- Heu...désolé monsieur, c’est l’émotion.
Ils avaient beau être turbulents ces gosses, je les aimais bien quand même.
Sisi dévisagea Jim avec dégoût puis reprit la parole :
- Je les ai vu tout à l’heure pénétrer dans une bouche d’égout du parc. Yumi Ishiyama les accompagnait !
Elle finit sa phrase comme une accusation.
- Très bien petite, tu vas nous y conduire ! Dit le pompier.

Au dessus des trois amis, dans un tas de pixels, se dessina le corps virtuel de Jérémie, qui atterrit maladroitement sur le sol. Celui-ci se releva en se frottant le bas du dos.
- Je déteste cet atterrissage forcé ! Dit il à ses amis qui le regardaient, amusés.
- C’est à ça que l’on reconnaît les vrais pros ! Dit Odd, moqueur.
Jérémie qui fit comme si il n’avait rien entendu tourna son regard vers les alentours. C’était donc ainsi Lyoko ? Ce monde autour de lui, lui paraissait bien triste et chaotique. Comment peut-on vivre ici ? Pensa t’il.
La voix d’Aelita retentit, le sortant de sa contemplation.
- Xana vous envoit des monstres ! Cinq crabes !
- Jérémie rentre dans la tour, on va s’en occuper ! Dit Ulrich en se mettant en garde.
Celui-ci obéit immédiatement et quelque peu hésitant il traversa le mur blanc de la tour.
Une lueur bleue l’engloba et il se retrouva au centre d’une matrice géante. De quoi faire rêver n’importe quel informaticien !

Au dehors, la bataille avait déjà commencé. Les cinq crabes assaillaient les trois héros en position d’infériorité.
Odd, dépourvu de bouclier, enchaînait les figures pour éviter les lasers. Mais il avait déjà épuisé trois fléchettes en vain. Le crabe, lui, avec sa recharge de tir inépuisable, n’arrêtait pas de le bombarder.
En plein milieu d’un saut arrière, Odd tira ses deux dernières fléchettes qui atteignirent enfin le point sensible. Le sbire se désintégra en une grande explosion.
Derrière, apparaissait déjà un autre robot, prêt à faire feu.
Odd, pris au dépourvu et remarquant que ses munitions était épuisées, décida de fuir.
- Aelita ! Je suis à sec....Dit il en pleine course.
Les lasers du sbire sur ses talons, il courait le plus rapidement qu’il le pouvait. Au point qu’il n’aperçut pas le petit rocher d’en face, et trébucha pour finir étalé au sol. Dans sa chute, sa tête frappa le sol et sous le choc, il perdit connaissance.

Yumi venait de détruire, après de nombreuses tentatives, le crabe qui l’assaillait depuis si longtemps.
Alertée par le cri d’effroi d’Aelita, elle aperçut Odd au sol et inconscient. Un crabe se dirigeait vers lui et s’apprêtait à faire feu.
Dans un ultime lancer, elle propulsa son éventail, qui après être passé à quelques centimètres du crabe à l’aller, atteint finalement l’œil fatal au retour. L’explosion eu lieut à quelques mètres du corps d’Odd toujours inconscient.
Mais alors qu’elle récupérait son éventail à la volée, un nouveau crabe surgit derrière elle.

- Derrière toi YUMI ! S’exclama Aelita dans le micro.
Mais il était trop tard, le crabe faisait déjà feu et la geisha reçu le laser en plein dans le dos.
Le tir la projeta au bord de la plateforme. Ses pieds, à cheval entre le vide et la terre, elle vacillait, tentant désespérément de garder l’équilibre. Tandis que ses mains s’agitaient dans l’air comme les ailes d’un oiseau lors de son premier vol. Mais en vain.
Son corps bascula en arrière et elle tomba, dans un cri de détresse, vers le vide profond.

Ulrich, avait déjà perdu 40 points de vie, lorsqu’il détruit enfin le crabe qui l’assaillait depuis le début. Derrière les débris du robot, il aperçut le corps de Odd, inerte sur le sol. A ses côté un crabe venait tout juste d’exploser, tranché par l’éventail de la japonaise.
Alors qu’il observait son jeune ami toujours inconscient sur le sol, la voix alertée d’Aelita résonna plus fort que jamais :
- Derrière toi YUMI !! Cria t’elle.
Au nom de la jeune japonaise, Ulrich tourna immédiatement la tête.
Elle rattrapait tout juste son éventail lorsqu’un crabe surgit derrière elle et lui tira dans le dos.
A peine Ulrich avait il eu le temps de réagir qu’elle était déjà propulsée au bord du vide.
Elle perdait l’équilibre et basculait peu à peu vers le néant.
- YUMI ! NOOOONNNN !! Hurla Ulrich.
Celui-ci réagit au quart de tour.
Instinctivement, il projeta son sabre vers le crabe qui lui faisait face et s’élança à toute biture vers son amie en péril. Il passa en glissant sous le sbire qui explosa au même moment, percé par la lame de samouraï. Cela n’avait mis que quelques secondes pour qu’Ulrich atteigne le bord de la plateforme. Sa main gauche se planta dans la terre pour stopper sa glissade et il tendit, aveuglément et le plus loin possible, son bras droit dans le vide.

Yumi sentit son cœur s’arrêter de battre. Autour d’elle le temps sembla ralentir. Le néant se rapprochait peu à peu. La lumière n’allait pas tarder à s’éteindre et le noir profond à l’englober.
Une chute sans fin...
Plus rien...Il ne lui restera plus rien...Ses yeux se fermèrent...Elle se résignait à cette fin.
Mais alors que tout lui paraissait inévitable, une main la ramena à la réalité.
Des doigts se refermèrent sur son poignet. Sa chute vers le néant s’arrêta et ses yeux se rouvrirent. La lumière l’aveugla tout d’abord, puis un visage se dessina.
Un visage tant aimé...qui n’avait jamais quittée ses pensées. Même durant toute une année d’absence.
Mais rapidement un sentiment d’inquiétude et de détresse l’envahit.
- ULRICH QU’EST-CE QUE TU FOUS ???! LACHE MOI !! Hurle t’elle de toutes ses forces. JE VAIS T’ENTRAINER DANS LE VIDE !!
Celui ne bougea pas, sa main resta fermement serrée sur le poignet de son amie, malgré la douleur qui lui traversait le bras. Son corps, entraînée par le poids de la jeune fille glissait peu à peu vers le vide. Bientôt sa main gauche cédera et plus rien ne le retiendra.
- ULRICH !! LACHE MOI !! Sa voix etais gémissante. Elle l’implorait pour la première fois de sa vie.
Celui-ci releva la tête pour poser son regard sur le visage blanc de la jeune fille.
Cette grande sœur pour bon nombre de gens, cette adolescente au caractère bien affirmé et à la détermination sans faille...paraissait ici tellement fragile.
Son regard implorant suscita une forte émotion chez le jeune amoureux au visage crispé par la douleur.
- Je ne te perdrais pas une deuxième fois ! Lui dit il d’une voix affaiblit mais assurée.
Un nœud se forma dans la gorge de Yumi. Elle se sentait impuissante. Celui qui comptait le plus pour elle souffrait devant ses yeux sans qu’elle ne puisse rien faire.

Aelita derrière l’ordinateur ressentait la même impuissance. Ses deux amis étaient dans une situation critique et elle ne pouvait leur venir en aide. La deuxième image qui s’afficha sur l’écran de gauche était celle de Jérémie. Cela faisait déjà dix bonnes minutes qu’il tentait de pirater le système informatique de la tour. Sans l’identification de l’humanoïde impossible de rentrer le code.
- Aelita ? Je crois que je touche au but. Transmet moi les coordonnées de virtuallisation du territoire. Dit le petit génie sans s’arrêter de manipuler l’écran tactile.
- Jérémie... Ulrich et Yumi sont vraiment en situation critique !! Je...je ne sais pas quoi faire !! Lui dit elle d’une voix tremblante et complètement paniquée.
- Calme toi Aelita ! Tu ne peux rien faire maintenant à part me transmettre ce dont j’ai besoin ! Une fois que je pourrai taper le code tout reviendra en ordre.
Jérémie s’efforçait d’adopter une voix calme pour la rassurer. Mais au fond de lui, il était tout aussi paniqué que l’humanoïde. Et s’il ne réussissait pas à temps ?
Aelita transmit les fichiers demandés et reposa son regard inquiet vers l’écran principal.
Ulrich retenait toujours Yumi dans le vide. C’est donc ça l’amour ? Pensa t’elle naïvement. Ce sentiment qui pousse à des actes qui paraissaient impossibles, à des actes héroïques...
Mais tout d’un coup l’écran de droite attira son attention. Les images des vidéos surveillance la firent sursauter.
- Jé...Jérémie...ça se complique ici... Dit elle en bégayant.
- Hein ? Qu’est qui se passe encore ?
- Il y a des gens dans l’usine !! Des gens avec des casques et des haches !
Jérémie releva brusquement les yeux de son travail.
- Les pompiers ! S’exclama t’il. Ils doivent se douter de quelque chose...Aelita, ils sont combien ?
- Heu...quatre je crois. Non attends...
Sissi et le proviseur sont avec eux !! Elle a dû les conduire ici.
- Ah la peste !! Dit il d’une voix rageante. Toujours dans nos pattes !
Il ne faut surtout pas qu’ils descendent.
- Je m’en occupe Jérémie ! Dit Aelita d’une voix assurée.
- Non, Aelita reste ici ! S’exclama Jérémie. Aelita ? Aelita ?!?
Mais l’humanoïde s’était déjà précipitée dans le monte charge. Il fallait qu’elle se débarrasse d’eux le plus vite possible!
Enfin elle allait pouvoir aider ses amis...

Dans le monde virtuel, Yumi plongeait son regard dans les yeux d’Ulrich.
Si seulement elle pouvait faire quelque chose... Pensa t’elle.
Mais soudain, une vision d’horreur apparut devant elle.
Un crabe venait de surgir derrière le samouraï ! Le dernier des cinq crabes...
Yumi réagit au quart de tour.
- ULRICH ! ATTENTION ! Hurla t’elle de toutes ses forces.

Ulrich, alerté, tourna immédiatement la tête. Le crabe se tenait juste derrière lui. Son œil, prêt à tirer, n’était qu’à quelques centimètres de son visage tiré par la souffrance.
Un cri de détresse resta coincé dans sa george.
Son sabre à quelques mètres sur le sol, n’était pas à sa portée, et il ne possédait aucun moyen pour se défendre. De plus si il se faisait dévirtualiser maintenant, Yumi finirait dans le néant. La perdre était inimaginable. Comment pourrait il vivre avec sa mort sur la conscience ?
Yumi sentit la main d’Ulrich se resserrer encore plus fort sur son poignet.
Le crabe allait tirer...

Aelita sortit en hâte du monte charge pour se retrouver dans la salle cathédrale inondée.
L’eau lui arrivait à la moitié des chevilles. Heureusement que la superficie de l’usine était énorme car sinon il aurait été impossible de se déplacer d’une autre façon qu’à la nage.
- Melle Lyoko ! S’exclama une voix masculine.
C’était le proviseur. Le groupe accourut vers elle et Sisi se posta face à elle.
- Vous voyez, je vous l’avais dit qu’ils étaient là. Dit elle d’une voix fière.
Aelita avait toujours, contrairement à ses amis, essayé de comprendre pourquoi cette adolescente manifestait autant de méchanceté.
Mais cette fois ci elle ressentit une profonde antipathie à son égard.
- Où sont tes amis Aelita ? Demanda le proviseur d’une voix qui se voulait rassurante.
Aelita hésita quelques secondes avant de lui répondre.
- Je...je ne sais pas. Je me suis réfugiée ici lors de l’inondation mais les autres ne m’ont pas suivi. Mentit-elle.
Sisi la regarda sévèrement.
- Impossible ! Vous ne vous séparez jamais ! S’exclama t’elle. Et je vous ais vu partir ensemble.
Aelita tourna son regard vers le proviseur. Dans sa tête de multitudes d’idées se bousculaient.
- Je vous dit la vérité ! Nous sommes bien partis ensemble mais...en chemin je les ais perdu de vue à cause du vent et de l’eau ! Alors je me suis réfugiée ici. Finit elle par dire avec une moue de chien battu sur le visage.
Le proviseur, attendri, finit par la croire et adressa un signe de tête aux pompiers.
- Nous allons tout de même jeter un coup d’œil dans les salles voisines pour vérifier que personne n’est en danger. Dit l’un deux.
- Je peux partir ? Demanda Aelita d’une voix suppliante.
- Non tu restes avec nous. Dit un autre pompier en la tenant fermement par le bras.
Il n’est pas question que tu partes dans de pareilles circonstances.
Derrière son épaule, l’humanoïde aperçut Sisi qui lui adressait un de ses sourires cyniques.

Le groupe pénétra dans la chaufferie. Toute la pièce était plongée dans le noir. Plus aucunes lumière ne fonctionnait et les pompiers durent allumer leurs lampes torches.
Sisi s’avança vers l’humanoïde.
- Où est Ulrich ? Lui demanda t’elle en chuchotant.
Aelita la fixa d’un air faussement ignorant.
- Je ne sais pas !
- Arrête de mentir et dit moi où il est !
Aelita sentant qu’elle ne gagnerait pas ainsi, décida de changer de tactique.
Elle abandonna son habituelle position de défense pour enfin passer à l’attaque...
Son regard tendre se fit beaucoup plus dure.
- Yumi a parlée de son nouveau lycée et Ulrich est parti avec elle. Dit elle d’un ton qu’elle espérait convaincant.
Les joues de Sisi s’empourprèrent de jalousie. Aelita avait visée juste.
- Yumi ! Toujours...cette...Yumi !! S’exclama l’adolescente dans une rage folle.
Au même moment une explosion retentit. L’une des machines sous la pression de l’eau venait d’exploser projetant un des pompiers à terre.
Aelita réagit au quart de tour. Profitant de la situation elle se délivra des mains du pompier qui la tenait beaucoup moins fermement et s’échappa en courant dans la direction opposée.
Avant même que les autres ne se jettent à sa poursuite elle était déjà dans le monte charge qui descendait vers les sous sol.

Ulrich, dont le cœur battait de plus en plus lentement, sentait les secondes s’égrainer au ralenti...la fin approchait...
Il continuait à fixer l’œil du sbire comme s’il voulait directement s’adresser à Xana...
Son regard était dur, il ne voulait surtout pas montrer sa détresse devant le supercalculateur. L’œil s’illumina d’une couleur rouge...
Alors que toutes ses forces l’abandonnaient, une silhouette surgit quelques mètres au dessus d’eux et dans un cri de rage s’abattit sur le sbire dont il pourfendit la carapace.
Celui-ci se désintégra aussi tôt.
Ulrich n’en croyait pas ses yeux. Ce retournement de situation lui coupa le souffle.
Yumi toujours suspendue au dessus du vide resta interloqué. Elle n’avait pu voir que l’explosion soudaine du crabe mais n’en connaissait pas la cause.

Les débris du crabe retombèrent autour de la silhouette, qui atterrit tel un félin sur le sol.
Ulrich, se remit à respirer normalement, son cœur battait de nouveau à un rythme constant.
Devant lui, Odd se releva, un sourire fier sur le visage. Dans sa main droite il tenait encore le sabre du samouraï. L’arme avec laquelle il avait transpercé le sbire.
- Un peu trop brutal pour moi...Dit il d’un air détaché.
Son regard passa du sabre au visage toujours crispé de son ami.
- Un peu d’aide Roméo ? Lui dit il en posant une main sur son épaule.

A la voix du blondinet, Yumi comprit aussitôt.
Le visage d’Odd apparut juste à côté de celui d’Ulrich. Il avait toujours son sourire blagueur.
- Salut princesse ! Alors comme ça on a voulu faire le grand saut ? Dit il en empoignant le second poignet de la japonaise.
En quelques secondes elle se retrouva de nouveau sur la terre volcanique.
Son poignet lui faisait mal mais ça ne lui était d’aucune importance. Son attention se posa immédiatement sur le jeune samouraï en face d’elle.
Ulrich était à moitié allongé sur le sol et reprenait son souffle en gardant les yeux baissés.
Il était exténué, pas seulement physiquement mais aussi mentalement. Ses traits étaient tirés par la fatigue.
Sous le regard intense de la Japonaise, il releva la tête.
Elle n’était qu’à quelques mètres de lui. Encore accroupie sur le sol, elle le dévisageait d’un air inquiet. Ses mains frêles tremblaient et son visage maquillé paraissait plus blanc que jamais.
Ulrich voulut l’apaiser, la rassurer, mais avant même qu’il ne puisse dire un mot elle s’était déjà jetée dans ses bras. Cette soudaine réaction de Yumi le laissa quelques secondes sans réactions. Sa poitrine contre la sienne, il pouvait sentir les battements de son cœur.
Puis après hésitation il posa doucement ses mains sur le dos de la Japonaise. Elle respirait difficilement et son souffle était accompagné de légers soubresauts...
Elle pleurait, elle pleurait dans ses bras et si ils n’avaient pas été dans Lyoko il aurait pu sentir les larmes coulées dans son dos. Ulrich la serra plus fort contre lui.
Derrière eux, Odd les observait à distance, un sourire amusé sur le visage.
Rien n’aurait pu les séparer...

Aelita composa précipitamment le code et la porte blindée de la salle de contrôle se rouvrit laissant apercevoir l’ordinateur en marche.
Elle remit aussi tôt le casque sur ses oreilles.
- Jérémie ? Tu m’entends ? Demanda t’elle, encore toute essoufflée.
Sur l’écran le visage de l’informaticien apparut de nouveau, inquiet.
- Aelita ? Que s’est t’il passé ?
- Rien de grave...Je suis allée régler le problème avec Sisi et les autres.
- Ne me fait plus jamais ça ! J’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose...je...je...
Aelita l’interrompit :
- Désolé Jérémie. Dit elle d’une petite voix.
Le génie sentant qu’il s’était emporté rougit légèrement.
- Heu..., mais rapidement il se rappela ce qu’il tenait absolument à lui dire.
C’est bon je peux rentrer le code maintenant ! Tu es prête pour le retour dans le passé ?
L’humanoïde jeta un rapide coup d’œil sur l’écran central, ils étaient tous là...Odd, Ulrich et Yumi...
- Plus que prête Jérémie ! Finit elle par dire.
Celui-ci tapa les cinq lettres « L, Y, O, K, O » et Aelita prononça la phrase finale.
« Retour dans le passé... »

Odd et Ulrich se trouvaient dans le couloir du dortoir. Le calme était revenu et les élèves déambulaient entre les chambres comme à leur habitude.
Odd tourna son regard vers Ulrich, dont le visage était tout aussi songeur que la dernière fois.
- C’est encore Aelita qui te préoccupe comme ça ? Demanda Odd avec une pointe d’ironie.
Mais celui-ci l’ignora. Au même moment son téléphone sonna.
- Ulrich, rejoignez moi dans ma chambre tout de suite.
- D’accord, on arrive, Jérémie.
- Yumi et Aelita sont avec vous ?
- Non elles sont encore à l’infirmerie.
- Tu les préviens...
- Heu...non...Je préférerais que ce soit toi qui les appellent. Dit Ulrich juste avant de raccrocher.

A l’infirmerie, Aelita venait tout juste de se réveiller lorsque le téléphone de Yumi sonna.
- Ok Jérémie on arrive. Dit celle ci avant de raccrocher.
Puis elle posa son regard sur la jeune fille aux cheveux rose qui se frottait les yeux.
- Aelita, Jérémie veut qu’on le rejoigne dans sa chambre.
Celle-ci approuva d’un signe de tête et les deux jeunes filles sortirent de l’infirmerie. Après avoir traversé le parc puis la cour de récréation, elles franchirent quatre à quatre les marches du grand escalier.
Aelita frappa et la voix de Jérémie se fit entendre :
- Entrez.
En poussant la porte elles remarquèrent que Odd et Ulrich étaient déjà là, assis sur le lit.
Jérémie, lui, était toujours assis devant son bureau.
En rentrant dans la chambre, Yumi et Ulrich s’évitèrent soigneusement du regard.
- Bon...maintenant qu’elles sont là Jérémie, tu peux commencer, nan ? Dit Odd impatient de savoir ce que leur voulait l’informaticien.
Celui-ci parcourut du regard ses quatre amis face à lui. Puis d’un ton solennel il déclara :
- Xana a disparu !
Le silence se fit dans la chambre, tout le monde restait hébété.
- Disparu ? Comment ça Jérémie ? Demanda Aelita qui était la plus surprise de tous.
- Tous les fichiers concernant le supercalculateur ont disparus de la base de donner.
Et pas seulement sur cet ordinateur. Dit il en montrant du doigt celui qui se trouvait derrière lui. Sur celui de l’usine également !
C’est comme si Xana s’était lui-même désactivé à nouveau !
C’est incompréhensible...je...je ne comprend pas.... Finit il d’une voix désemparée.
Le petit génie, le brillant informaticien, celui qui trouvait toujours une explication scientifique à un problème, affichait ici le même regard d’incompréhension qu’Odd devant une équation de mathématiques.
- Mais faut voir le côté positif Einstein ! S’exclama Odd en se relevant. Ca veut dire qu’on est débarrassé de lui. Xana n’est plus là !
- Hum...c’est vrai que maintenant on est tranquille. Ajouta Ulrich.
Jérémie posa son regard sur Aelita. Elle avait l’air préoccupé et regardait le sol.
- Et puis nous avons réussi à matérialiser Aelita. Dit il à son attention. Celle-ci releva la tête vers lui, petit à petit un sourire se dessina sur son visage.
- Alors c’est parfait !! S’exclama Odd en sautant sur le lit.
Au même moment, dans la poche de Yumi, un portable sonna. Elle décrocha immédiatement :
- Allô ? Ah salut Papa. Dit elle d’une voix mal assurée.
Heu...je t’entends mal là, attends je vais dehors. Dit elle en sortant de la chambre précipitamment sous le regard inquiet de ses amis.
Mais en apercevant Odd debout sur son lit, Jérémie réagit aussi tôt :
- Odd je t’ai déjà dit de ne pas monter sur mon lit ! S’exclama t’il avec fureur.
Mais celui-ci ne l’écoutait pas et continuait à sauter avec frénésie sur le matelas rebondissant.
- Odd ! S’exclama t’il encore plus fort.
Derrière eux Ulrich s’était rapproché de la fenêtre de la chambre. La vue donnait juste sur la cour et le début du parc. Il aperçut tout de suite Yumi qui marchait tout en parlant au téléphone. Avec sa main libre elle faisait de grands gestes, son père ne devait sûrement pas être content de son départ. Puis elle finit par raccrocher. Ulrich se retourna vers ses amis en pleine scène de ménage. Odd était toujours en train de sauter sur le lit, Jérémie lui criait dessus et Aelita éclatait de rire, pliée en deux.
Furtivement, il se dirigea vers la porte de la chambre entre ouverte. C’était le moment où jamais de s’éclipser. Une fois dans le couloir il descendit rapidement les escaliers pour se retrouver dans la cour déserte. Les rares élèves étaient tous dans leur chambre pour préparer leurs bagages.
Yumi était adossé à un des arbres du fond de la cour, perdue dans ses pensées et les yeux rivés sur le sol.
Au bruit des pas, elle releva subitement la tête. Ulrich s’approchait vers elle. Elle sentit les battements de son cœur s’accélérer, ce qui s’était passé sur Lyoko lui hantait l’esprit.
- Salut Yumi...ça va ? Demanda t’il maintenant face à elle.
- Oui ça va. Lui répondit elle d’une voix qui se voulait assurée.
Un silence s’installa entre les deux amis. Un silence oppressant...qui les mettaient terriblement mal à l’aise.
Finalement Yumi décida de prendre la parole :
- Ulrich, merci...pour...enfin tu sais...ce qui s’est passé sur Lyoko ! Dit elle d’une voix timide.
- C’est rien...Lui répondit il en baissant les yeux.
Mais en la voyant repartir vers le dortoir, il l’attrapa fermement par le poignet.
- Attends Yumi...je...
Ses mots restaient coincés dans sa gorge. Il se sentait tellement ridicule...
Tout à coup il aperçu le portable qu’elle tenait encore à la main.
- C’est qui, Manu ? S’exclama t’il sans réfléchir.
La Japonaise, surprise par la réaction d’Ulrich, sursauta.
- Mais ?...Qu’est qui te prends ? Pourquoi tu me poses cette question ?
- Pour rien enfin, si...j’aimerais savoir c’est tout ! C’est un ami ? Bafouilla t’il.
- Oui, c’est un ami et alors ? Répondit elle avec humeur.
- Un ami ou...plus qu’un ami ?
Yumi le dévisagea incrédule. Comment pouvait il croire une chose pareil ?
- Mais Ulrich tu dérailles ou quoi ? Et puis d’ailleurs t’es plutôt mal placé pour parler de ça !! Parce qu’il parait que Sisi et toi vous êtes plus proche maintenant...
Ce fut au tour d’Ulrich de la dévisager, interloqué.
- Sisi ? Mais t’es malade ? Comment tu peux imaginer une chose comme ça ?
- Je ne l’imagine pas ! Elle me l’a dit...
- Et tu la crois !?! S’exclama t’il. C’est n’importe quoi et puis de toute façon tu ramènes toujours tout à Sisi...pas besoin de tout lui mettre sur le dos non plus !
- Et en plus tu la défends !!
- Mais non... je... oh tu m’énerves !! Ca finit toujours comme ça avec toi. C’est impossible de discuter !
- Excuse moi...Mais c’est qui, qui a commencer à parler de Manu ? Hein ? Et tout ça par jalousie !
- Moi jaloux...mais pas du tout...Balbutia t’il. Je...je voulais juste savoir...c’est tout !!
Et puis c’est plutôt toi qui es jalouse ! Jalouse de Sisi !
Yumi contracta ses poings, folle de rage. D’un geste bref elle balança sa main droite vers le visage d’Ulrich. Mais celui-ci bloqua la gifle avec son avant bras. Il avait réagit instinctivement et ils se retrouvaient maintenant face à face, furieux l’un contre l’autre.
- Je savais que c’était une mauvaise idée de t’appeler ! S’exclama Ulrich envoyant un coup de pied que Yumi évita d’un bond.
- De toute façon on a jamais pu se comprendre ! Ajouta Yumi à qui la colère faisait monter les larmes aux yeux.
A courts de mots, ils finirent par s’engager dans un combat.
Les multiples coups d’arts martiaux s’enchaînèrent rapidement, ils se connaissaient trop bien et chacun paraît agilement le coup de l’autre.
Yumi ne pouvait pas y croire...Elle se battait contre celui qui l’avait sauvé une heure au par avant...contre l’être le plus chère à ses yeux...
Mais au même moment, Ulrich évita, au dernier moment, en s’effaçant sur la gauche, un coup de poing de la japonaise. Elle fut entraînée dans son élan et tomba sur le sol en poussant un cri.
Ulrich réagit aussi tôt, et s’accroupit à côté de la jeune fille toujours au sol.
- Yumi...désolé...je...Bégaya t’il paniqué.
Mais celle-ci se redressa aussi tôt et avant même qu’il ne puisse réagir, le poussa en arrière.
Ulrich, en déséquilibre, bascula. Dans sa chute il attrapa le bras de la japonaise qui entraînée tomba à son tour juste au dessus de lui.
Ils étaient l’un sur l’autre, immobiles.
Leurs cœurs battaient à la chamade et leurs visages n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre... Mais ils ne rougirent pas.
Ils se sentaient à part, seuls et dans un autre monde où le temps restait comme en sursis.
Leur regard ne se fuyait plus, il s’observait, silencieux...
Puis sans vraiment en prendre conscience, le visage de Yumi s’approcha peu à peu de celui d’Ulrich.
Millimètres par millimètres...
Jusqu’au moment où leurs lèvres s’effleurèrent.
De légers frissons parcoururent leur corps... et ils fermèrent les yeux.

Odd s’arrêta tout d’un coup de sauter sur le lit.
- Mais il est où Ulrich ? S’exclama t’il en remettant les pieds à terre.
Jérémie et Aelita parcoururent la chambre du regard, la porte était encore ouverte.
- Il a du partir sans qu’on ne s’en rende compte. Dit Aelita.
- Hum... Tout à l’heure j’avais l’impression que Yumi et lui s’évitaient, nan ? Demanda Jérémie en réajustant ses lunettes sur son nez.
Odd, qui s’approchait de la fenêtre, lui adressa un signe d’incompréhension :
- Tout est toujours très compliqué avec eux ! Ils se disputent, s’ignorent...C’est jamais vraiment très clair leur relation...Dit il.
- Ca prouve au moins qu’ils s’aiment ! Réagit Aelita.
Les deux garçons lui adressèrent un regard surpris.
- Bah oui...c’est toi qui me l’as appris Jérémie...Les personnes qui s’aiment se disputent parfois...
L’informaticien rougit légèrement.
- Donc si ils se disputent et s’évitent comme l’année dernière alors leurs sentiments n’ont pas changé ! Tout est comme avant ! Ajouta Aelita avec joie.
Odd, à travers la vitre, parcouraient la cour du regard lorsqu’il les aperçut enfin.
Celui-ci resta quelques secondes hébété.
Les cheveux noirs de la japonaise l’empêchaient de voir exactement ce qui se passait mais leurs visages étaient si près que le doute n’était pas possible. Un sourire moqueur se dessina sur le visage du blondinet.
- Comme avant... ? Peut être pas exactement...


La nuit suivante...

Les lumières, de la salle de conférences, étaient éteintes, les derniers conférenciers venaient de quitter les lieux. Mais le couloir illuminé, d’à côté permettait de s’y repérer.
C’était un immense amphithéâtre d’une centaine de sièges. La salle était déserte et un profond silence y régnait.
Tout était calme lorsque soudain sur l’écran géant fixé au mur apparut un symbole rouge.
Les quelques ordinateurs de la salle s’allumèrent subitement pour afficher simultanément cette même marque inquiétante...

Aelita se réveilla en sursaut dans sa chambre du dortoir, plongée dabs la pénombre.
Elle était en sueur et sa tête bourdonnait.
Le rêve qu’elle venait de faire lui hantait son esprit... Immédiatement, une pensée s’imposa à elle :
- Xana !

FIN