Histoire : Compression Temporelle


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Écrite par ChaoticPesme le 16 janvier 2006 (55499 mots)

Dernière édition le 25 mai 2006

Chapitre I : Black Out



23 heures, communication depuis l’usine.
_ Ulrich, comment ça se passe au collège ? dit Jérémie
Lui et Odd s’étaient réfugiés à l’intérieur du gymnase. Ils avaient barricadé les entrées, poursuivis par des hordes plus nombreuses à chaque minute qui passait. Une vraie légion de collégiens transformée en Super Soldat par les spectres de XANA. Les portes de la grande salle commencèrent à dangereusement se gondoler.
_ Y a aucune issue possible pour nous Jérémie ! Dis à Yumi et Aelita d’accélérer un peu ou on va finir en charpie !
_ Elles font ce qu’elles peuvent, tenez encore un petit peu !
_ C’est plutôt aux portes qu’il faut dire ça, répliqua Odd au travers du téléphone.
Sur Lyoko, les deux filles virtuelles étaient poursuivis par un essaim de 5 Frôlions en formation d’attaque. Fendant l’air sur leur Hoverwing, elles slalomaient entre les arbres de la forêt, esquivant les rafales de leurs ennemis avec adresse, mais s’éloignaient de plus en plus de la Tour.
Yumi dévia soudain sa trajectoire à gauche, rasant un arbre qui lui faisait face d’à peine quelques centimètres. Deux des Frôlions qui n’eurent pas le temps de réagir s’écrasèrent contre ces derniers et furent réduits en pièce.
_ Et deux de moins ! fit Yumi en se retournant brièvement
_ Les filles, il faut que vous trouviez un moyen de vous débarrasser des autres, et rapidement ! Ulrich et Odd sont coincés !
_ Il vaut mieux foncer vers la Tour en essayant de les semer, c’est le meilleur moyen ! intervint Aelita
_ Comme vous voulez mais faites attention ! Si l’Hoverwing prend un seul dégât, vous allez faire un gros vol plané !
Au même moment, un peu plus loin au sol, une Tarentule était en train d’être matérialisée. Yumi avait beau manier avec une grande dextérité le véhicule volant, les Frôlions étaient toujours sur leurs talons et leur tirs devenaient dangereusement précis. Soudain, Jérémie cria dans son micro.
_ Attention ! Attaque au sol !
Par réflexe, Yumi dévia l’engin pour le protéger du double laser qui lui était destiné, mais ce fut elle-même qui fut touchée et éjectée de l’Hoverwing.
_ Yumi !
Aelita reprit immédiatement les commandes du véhicule, mais elle se rendit rapidement compte qui lui était impossible de récupérer Yumi à temps, tandis que celle-ci tombait inexorablement dans la Mer Numérique.
_ Jérémie ! Dévirtualise Yumi, vite !!
Mais alors que le corps de la Geisha se décomposait, elle déploya dans sa chute ses deux éventails et les lança à une vitesse faramineuse sur l’escadron qui poursuivait toujours Aelita. Avant d’être effacés à leur tour, les disques sifflants et meurtriers touchèrent deux des monstres volants et les détruisirent sur le coup. Il n’en restait plus qu’un, mais Aelita ne possédait aucune arme pour s’en débarasser et elle ne pouvait pas utiliser ses pouvoirs en mouvement.
_ Jérémie, Yumi...
_ Elle va bien, t’en fais pas ! Mais tu vas devoir tenir bon toute seule jusqu’à la Tour ! Elle est maintenant à 800 mètres de ta position ! Fais très attention !
Au même instant, un compte à rebours se déclencha dans le Super Ordinateur. Il était fixé à une minute.
La fille virtuelle avait plus de mal à manier le véhicule que son amie, pourvu que le Frôlion ne se rapproche pas trop d’elle...
Odd et Ulrich étaient à présent dos à dos, au milieu du grand gymnase, sinistrement silencieux et vide. Ils étaient prêts à se battre, mais ils savaient que si leurs adversaires n’étaient pas stoppés très rapidement, ils les domineraient tous les deux sans problèmes. Une partie de la porte principale avait été arrachée, fendue comme du papier, laissant voir aux deux adolescents inquiets ce qui allait leur tomber dessus dans peu de temps. Parmi les esclaves de XANA qu’ils apercevaient par cette ouverture, il y avait Sissi.
_ Ben dis donc, déjà qu’avant elle était pas gâtée, mais là XANA y est allé fort pour la rendre aussi tarte !
La blague hésitante de Odd arracha tout de même un sourire à Ulrich, mais il ne répondit pas. L’humour était la seule manière pour lui d’essayer de dédramatiser une situation. Mais cette fois, cela n’avait pas aussi bien marché, la situation était trop critique pour eux.
Sur Lyoko,
Aelita volait toujours vers la Tour alors que le dernier Frôlion était toujours à ses trousses. Enfin l’espace se dégageait quelque peu. Entre deux énormes arbres morts, elles apparut : La Tour entourée d’un halo rouge.
_ Aelita ! Il faut que tu te poses maintenant, tu vas trop vite ! Je peux pas reprogrammer l’Hoverwing pour qu’il traverse la Tour !
Elle ne répondait pas, toujours occupée à esquiver les tirs de l’insecte volant. Elle fonçait droit vers la Tour.
_ Aelita, tu m’entends ! Aelita !!
Des gouttes de sueur perlaient sur le front du petit génie. Aelita allait s’écraser sur la bâtisse cylindrique et il ne pouvait rien faire. Plus que 30 secondes.
Jérémie hurlait dans son casque audio à en perdre la voix. C’est quand Aelita ne fut plus qu’à quelques mètres du point d’impact qu’elle sauta du véhicule, le laissant s’écraser contre la Tour en compagnie du Frôlion qui la suivait de près. Aelita fit une chute d’une 30ène de mètres et atterrit douloureusement sur l’herbe virtuelle.
_ Aelita, tu m’entends ? Ca va ? fit Jérémie, non moins inquiet
_ Je t’entends ! Désolée, il fallait que je reste concentrée ! dit Aelita en se relevant
_ Tu nous as fait une de ces peurs ! fit Yumi qui observait en silence la scène
_ Aelita, dépêches toi ! La Tarentule qui a attaqué l’Hoverwing n’est plus très loin !
_ J’y vais !
La fille virtuelle aux cheveux roses se fondit dans le mur de la Tour et se dirigea vers le centre de la plaque inférieure. Plus que 15 secondes.
Jérémie essaya de reprendre contact avec Ulrich et Odd, mais c’était peine perdue. La porte principale et la porte arrière du gymnase avaient fini par céder sous la force de la marée inhumaine que ce mit à déferler sans aucune pitié sur nos deux amis. Odd fut le 1er à tomber sous les coups de l’ennemi. Il avait, en à peine quelques minutes, subi tellement de coups qu’il n’avait même plus la force de répliquer. Mais les possédés continuèrent encore à le frapper à sol.
Ulrich, malgré son entraînement aux arts martiaux beaucoup plus poussé ne pouvait pas parer et éviter tous les coups des ses nombreux adversaires ainsi que les décharges énergétiques. Il était au pied d’un mur, grimaçant de douleur en se tenant le ventre.
Un des esclaves de XANA se rapprocha de lui, le tirant par les cheveux et le forçant à le regarder. Le possédé, c’était Sissi. Elle lui releva la tête et leva son poing bien haut pour lui porter un coup fatal. Celui-ci s’arrêta à 10 centimètres de son visage.
La synchronisation d’Aelita qui entrait le code dans la Tour avec le sauvetage d’Ulrich était parfaite. Egalement, au même instant, le compte à rebours du Super ordinateur prit fin.
La marée humaine qui martyrisait les deux garçons s’arrêta de bouger. Seul Ulrich qui était encore conscient vit les spectres de XANA s’échapper du corps de chacune de leur victime, alors que celles-ci, restèrent figées comme des statues.
A l’usine, Jérémie put enfin souffler. Il s’enfonça dans son siège et expira bruyamment. A côté de lui, Yumi le regarda, puis intervint alors qu’il dirigeait sa main ver le clavier.
_ T’es sûre que c’est nécessaire ?
_ Oui. On est sans nouvelle d’Ulrich et Odd et le collège a été envahi par des spectres... Ca me plait pas de faire un nouveau cadeau à XANA, mais on a pas le choix.
L’index de Jérémie s’abattit comme une pierre sur la touche ENTREE du clavier et déclara d’une voix presque lassée :
_ Retour vers le passé !
Les visages des deux adolescents étaient cernés d’inquiétude, pensant à leurs deux amis restés au collège. Sans nouvelles d’eux depuis une 10ène de minutes, qui savait dans quel état les collégiens possédés les avaient mis. La bulle temporelle fut invoquée, elle allait mettre fin une fois de plus à l’attaque de XANA. Cependant, rien ne se passa. Pas de lumière blanche, pas de retour dans le temps. Yumi et Jérémie se regardèrent hébétés, ils n’avaient pas non plus bougés d’un pouce. Le petit génie essaya plusieurs fois d’entrer les coordonnées temporelles, croyant avoir fait une fausse manipulation, mais rien n’y fit. Tout était parfait, mais il ne se passa rien. Sur Lyoko, Aelita s’interrogeait. La fenêtre virtuelle avec laquelle elle avait entré le code restait affichée, toutes les matrices de la Tour avaient été désactivées en même temps. Tout était normal, pourtant...
Yumi dut calmer Jérémie qui ne supportait pas de ne pas comprendre alors que tout avait bien fonctionné. Il reprit contact avec Lyoko pour tenter d’y voir plus clair.
_ Aelita, tu me reçois toujours ?
_ 5/5 Jérémie ! Tu n’as pas enclenché le processus de retour dans le temps ?
_ Ca fait 15 fois que j’essaie de le mettre en marche, mais rien à faire ! Et de ton côté ?
_ Ca s’est parfaitement bien passé ! La Tour est était bien désactivée, donc je vois pas ce que j...
Soudain, l’écran s’éteint, provoquant la panique quasi immédiate de Jérémie !
_ Aelita, Aelita tu me reçois ? Aelita !!
Dans son casque audio, il n’entendit même pas de crépitement, rien qu’un lourd silence. Un bruit provenant de l’holomap attira ensuite son attention et celle de Yumi. Il y eut comme une surtension, l’image holographique des Territoires se brouilla puis disparut. Jérémie sauta de son siège et se précipita vers le socle. Mais il n’eut pas le temps de l’atteindre que les néons de la salle s’éteignirent les uns après les autres, la plongeant dans le noir complet.
_ Mais qu’est ce qui se passe ici ?! s’énerva Jérémie
_ Calme toi ! Tu n’as même pas une idée d’où peut venir le problème ?
Le petit blond souffla profondément pour essayer de penser sereinement.
_ C’est peut être le disjoncteur principal ! Il faut remonter jusqu’à la cathédrale et aller voir, mais sans lumière...
_ Attends ! J’ai une lampe sur mon trousseau de clés !
La japonaise fouilla dans ses poches et prit en main une petite lampe de poche qu’elle alluma aussitôt. Cette petite source de lumière ne portait pas plus loin que quelques mètres dans cette épaisse obscurité, mais c’était tout ce qu’ils avaient à disposition.
_ Comment on fait pour la porte du monte charge ? demanda t elle
_ Il y a un système manuel sur le côté ! J’espère juste qu’il marche encore, on l’a jamais utilisé !
Dans la salle au dessous, elle se réveilla. Recroquevillée sur elle-même dans cet espace plus que restreint. Elle se leva difficilement, les muscles engourdis. Elle avait l’impression qu’un Mega Tank lui était passé sur le crâne. Il faisait noir comme jamais, mais elle n’avait pas peur. Ce fut lorsqu’elle essaya de marcher qu’elle commença à s’inquiéter. Où qu’elle voulut aller, elle ne put faire plus d’un seul pas sans se heurter à un obstacle. Elle toucha des mains la structure qui l’entourait, prise d’angoisse. Elle était circulaire, avec une légère fente droit devant elle, il n’y avait sinon aucun passage, les murs qu’elle effleurait étaient lisses, aucun moyen de sortir par elle-même : prisonnière du scanner dans l’usine. Elle se souvint d’être allé sur Lyoko, puis de s’être brutalement évanouie. Des sensations... Elle respirait, elle sentait bien ce qu’elle touchait, Elle était donc revenue sur Terre. Il fallait qu’elle appelle à l’aide.
_ Jérémie ! Yumi ! Vous m’entendez !?
Elle attendit une minute, mais n’ayant pas de réponse, elle hurla de nouveau.
_ Jérémie ! Yumi ! Y a quelqu’un ?! Au secours !!
Elle continua ainsi à crier, tapant contre la paroi du scanner. Elle s’égosillait au point d’en avoir les larmes aux yeux.
De leur côté, les deux explorateurs de nuit avaient atteint la cathédrale de verre par l’échelle de secours de la cage d’ascenseur. Heureusement, la nuit était moins présente à surface, les rayons de la lune l’éclairant légèrement, mais lui conférant un aspect sinistre. D’après Jérémie, le disjoncteur principal se trouvait dans une petite pièce à l’extrémité nord de l’immense salle. Ils marchèrent côte à côte, regardant partout autour d’eux. Yumi baladait la lumière de sa petite lampe sur les structures métalliques qu’elle croisait, comme si elle avait peur qu’une créature démonique en sorte. Jérémie ouvrit la porte grinçante de la toute petite pièce, Yumi l’éclaira. Elle ne faisait pas plus de 3 mètres , avec sur le mur du fond un gros dispositif composé de fusibles haute tension et de nombreux petits leviers. Des câbles électriques s’enfonçaient dans le sol et dans le plafond.
_ Continue d’éclairer, je vais vérifier ce qui cloche !

Dans le gymnase du collège, Ulrich venait de se réveiller. Il était dans un tel état d’épuisement après s’être défendu comme un lion qu’il s’était endormi. Les élèves enragés étaient figés comme des statues, ils étaient toujours là. La lumière du gymnase s’était éteinte.
« Qu’est ce qui s’est passé ici ? Pourquoi y a pas eu de retour dans le temps ? » pensa t il.
Il se leva et constata les dégâts. Sa jambe droite était mal en point et une vive douleur dans le ventre lui tiraillait les entrailles. Autour de lui, un silence pesant, presque angoissant, lorsqu’il regardait les collégiens, combattant immobiles. Cependant, il finit par entendre respirer, très faiblement. Odd, c’était lui, il était conscient. Ulrich marcha en boitant vers lui et se pencha.
- Odd, ça va ?
- Nan, pas vraiment... Pourquoi on est toujours là ?
- J’en sais rien, mais il faudrait qu’on bouge jusqu’à l’infirmerie ! Faut qu’on se soigne nous même.
- D’accord... Si tu veux bien m’aider... Je suis comme qui dirait dans l’impossibilité de me lever tout seul !
- Bien sûr !
- T’as l’air vraiment aussi amoché que moi, vieux ! commenta il en grimaçant
- Tu parles, je pourrais te transporter sur mon dos même avec un lombago !
Ils se sourirent mutuellement, d’un sourire crispé, puis ils firent des pieds et des mains pour relever la malheureux Odd, non sans douleur.

Jérémie se retourna enfin vers Yumi, qui détourna la lampe et rangea son portable.
- Alors, quel est le problème ? demanda t elle
- On est pas plus avancé ! Tous les fusibles sont en place, tous les interrupteurs sont allumés, j’y comprends rien ! En plus, la pile nucléaire de XANA devrait suffire à alimenter toute l’usine !
- L’usine n’a pas encore un générateur de secours ?
- Si ! Il est dans un petit compartiment dans le labo !
- Ce sera suffisant pour reprendre contact avec Aelita ?
- J’espère... Et toi, tu as réussi à contacter les autres ?
- J’ai essayé, mais ils n’ont pas répondus.
- Il faut qu’on se dépêche de retrouver Aelita ! Si XANA prépare encore un de ses coups tordus, elle est encore moins en sécurité que les autres !
Ils retournèrent rapidement à la cage d’ascenseur et commencèrent à redescendre par les échelons. Dans l’ombre, derrière une poutrelle métallique, quelque chose les regardait, quelque chose qui avait l’air humain... Une fois qu’ils mirent le pied dans le labo, Yumi intima Jérémie de plus faire de bruit, elle avait entendu quelque chose. Un bruit aigu, mais très faible. Un claquement sur du métal ainsi que des cris réguliers. Ca provenait de la salle en dessous.
Elle tomba à genoux et essuya ses larmes. Elle respirait bruyamment. Elle allait bientôt se casser la voix à force de crier au secours depuis plus de 20 minutes. Elle s’assit au fond du scanner et se recroquevilla sur elle-même, elle ferma les yeux. Tout à coup, elle entendit des bruits de pas sur le sol métallique. Elle vit également un faible filet de lumière que laissait passer la très mince fente de la porte du sarcophage doré. Elle se releva d’un bond, enfin quelqu’un allait la sauver !
- Yumi, Jérémie ! Vous êtes là ?! cria t elle
- Aelita ! Où es ce que tu es ? fit Yumi
- Je suis enfermée dans le scanner du milieu !
- On va te sortir de là, t’en fais pas ! poursuivit Jérémie
Yumi alla fouiller dans un coin de la salle et récupéra une barre de fer qui avait été il y a longtemps. Aelita se planqua contre le fond du scanner, tandis que Yumi introduisait par la force le bout de ferraille dans la fente entre les 2 battants de la porte. En utilisant sa force pour tirer et celle de Jérémie pour pousser, ils espéraient ouvrir suffisamment le scanner pour qu’Aelita puisse sortir. Ils espéraient seulement que ce levier de fortune tiendrait le coup. Gonflé par la volonté de sauver Aelita, Jérémie fit à ce moment plus d’efforts qu’il n’en avait jamais fait durant toute une année scolaire de sport. Soudain, la barre se cassa en deux, faisant tomber l’un sur l’autre les 2 ados entraînés par leur propre force. Heureusement, cela avait permis d’ouvrir un passage suffisamment large pour permettre à Aelita de s’y glisser. Elle put voir en sortant, le désarroi de Jérémie, rouge de confusion, qui était tombé sur Yumi, leur visage a à peine quelques centimètres l’un de l’autre. Ses lunettes étaient tombées pendant sa chute, ainsi que la lampe torche qui éclairait à présent très bien leur scène embarrassante. Aelita essaya de paraître indifférente, mais le sourire apparemment amusé qu’elle affichait cachait une petite crispation intérieure. Un sentiment désagréable qu’elle ne connaissait pas encore était en train de naître en elle. Tout ce qu’elle savait, c’est que cela ressemblait fortement à ce que devait éprouver Ulrich, lorsqu’il voyait Williams et Yumi ensemble. Elle passa devant eux tandis qu’ils se relevèrent. Un silence glacial aurait pu s’installer, mais Jérémie préféra éviter cela en parlant le 1er.
_ Tu vas bien Aelita ? demanda t il en remettant ses lunettes
_ Oui, grâce à vous deux ! Je commençais à désespérer !
_ Tu es là dedans depuis longtemps ? demanda à son tour Yumi
_ Je... je ne sais pas. Tout ce que je me rappelle, c’est d’avoir perdu connaissance sur Lyoko et je me suis réveillée, enfermée dans le scanner.
_ Juste au moment où tout le courant a été coupé ! s’exclama Jérémie. Mais je comprends pas pourquoi tu n’es pas resté sur Lyoko ! Si c’est bien XANA le responsable, il...
Il n’osa pas poursuivre, la simple idée de penser ce qu’il allait dire le rendait muet. Aelita continua à sa place.
_ Il m’aurait emprisonnée sur Lyoko, je sais... Mais quand je me suis évanouie, ce n’est pas la présence de XANA que j’ai ressentie, c’était autre chose. C’est indéfinissable... c’était XANA, mais en même temps c’était pas XANA.
_ Ca va Aelita, tu es sûre ? s’inquiéta le blond à lunettes
_ Oui ça va. Mais ça me fait tout drôle ! Je ne ressens quasiment plus le virus, pourtant il est toujours en moi.
_ C’est vraiment incompréhensible, il faudrait que...
_ Une seconde, vous deux ! intérompit Yumi. Si Aelita ne sentais plus du tout la présence de XANA, ça voudrait dire qu’il est désactivé, non ?
_ C’est impossible, Yumi ! Avec le virus en elle, tu sais ce qui se passerait si XANA était désactivé !
_ Pourtant c’est bien ce qui se passe, Jérémie ! C’est comme si il n’y avait presque plus de XANA !
_Alors il serait aussi victime que nous de la panne de courrant malgré sa pile nucléaire ! conclu Jérémie. Mais alors, si c’est pas lui le responsable...
_ Qui ça peut être ? continua Yumi
Soudain, des bruits de métal froissés se firent entendre depuis l’ascenseur. Ils s’intensifièrent jusqu’à ce que l’énorme engin commence à descendre, comme poussé de force du dessus. De quelques centimètres, puis d’un mètre, lorsque les câbles qui le retenaient encore furent sectionnés. L’engin ne mit alors pas plus de quelques secondes pour s’écraser au niveau de la salle du Supercalculateur dans un bruit assourdissant, accompagné d’un nuage de poussière grise. Nos amis voulurent aller voir les dégâts de plus près, mais un obstacle se dressa devant eux, il venait de remonter des décombres : Un jeune homme d’apparence banale, un simple collégien. Cependant, une chose n’était pas normale chez lui : Une étrange lueur verdâtre et intense brillait dans ces yeux.




Chapitre II : Le caste des spectres




L’étrange garçon s’avança nonchalamment vers nos amis, et plus particulièrement vers Aelita. D’appréhension elle recula d’un pas, puis Jérémie vint se planter devant elle, le garçon s’arrêta à son niveau. Il faisait environ une tête de plus que lui, mais il ne se laissa pas intimider. Jérémie le jaugea du regard pour essayer de voir ce qu’il voulait, mais c’était impossible. Son visage était fermé à toute expression et son allure commune ne pouvait rien laisser deviner. Tout à coup, il prit un air plus menaçant. Le petit génie voulut frapper avant qu’il ne puisse tenter quoi que ce soit, mais son coup fut stoppé net par la poigne de fer de son adversaire. Il envoya littéralement valser Jérémie contre un mur de la salle, d’un simple revers de la main. Yumi se risqua alors à son tour, dans un combat aux forces inégales.
Ses mouvements étaient gracieux et très rapides, pour un adversaire normal ses coups auraient été presque mortels. Cependant, son ennemi n’attaquait pas, il se contentait de laisser Yumi porter ses coups. Lui ne s’épuisait pas, mais la japonaise transpirait à grosses gouttes dans ce combat qui s’éternisait. Chacun de ses coups de pieds était détourné, tous ses coups de poings étaient parés. Elle fit un bond en arrière en haletant. Toutes ses attaques étaient vouées à l’échec, son adversaire était si rapide qu’elle avait l’impression qu’il anticipait ses mouvements. Celui baissa sa garde, comme pour laisser le temps à Yumi de reprendre son souffle. Elle se rua alors sur son ennemi et lui assena un sauvage coup de poing en pleine figure, la force de l’impact le fit reculer d’un pas. Mais il n’avait pas cherché à l’éviter, son visage ne portait même pas la marque du coup.
« C’est pas possible ! Même un possédé n’est pas aussi rapide et résistant ! » pensa Yumi
Sans lui laisser le temps de réagir, le garçon surhumain lui saisit sa main vacillante et lui porta un puissant coup de genoux au ventre, si rapide que l’air déplacé par le coup aurait suffit à la mettre sa malheureuse adversaire à genoux. Le garçon s’avança de nouveau vers Aelita, pendant que Yumi était à terre en train de se tenir le ventre, les yeux exorbités et respirant avec grand bruit. Elle était terrifiée par une telle démonstration de force de la part de ce « monstre » qui n’avait encore rien dit du tout, elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour ne pas le montrer. A force de reculer, elle finit par se retrouver contre un scanner, il n’y avait plus d’échappatoire. En désespoir de cause, elle attrapa une des deux moitiés de la barre de fer qui était à ces pieds. Elle la serra fort dans ses mains et se précipita sur le garçon. Mais, aussi rapidement de l’éclair, il saisit sans mal l’arme d’Aelita avant l’impact. Il écarta l’objet puis agrippa la malheureuse au cou, la soulevant à quelques centimètres du sol.
_ Aelita !! cria Jérémie du fond de la salle
La fille aux cheveux roses tentait désespérément de se dégager de l’emprise du monstre, lorsqu’il parla enfin. C’était une voix qui n’avait rien de naturel, comme si plusieurs personnes parlaient en même temps.
_ C’était facile !
Aelita commençait à étouffer, quand soudain, tout s’arrêta. La lueur émeraude dans les yeux de l’adolescent disparut, une sorte de voile noirâtre s’échappa de son corps puis il s’écroula, inerte, lâchant Aelita qui retomba durement sur le derrière. Après avoir repris sa respiration, elle récupéra la lampe de poche qu’elle avait faite tomber et alla regarder prudemment le corps. Jérémie et Yumi qui s’était remis de leurs chocs virent la rejoindre.
_ Qu’est ce que tu as fait ? demanda le petit génie
_ Rien, rien du tout ! Il était près à m’étrangler, mais il s’est effondré tout seul !
Mais qu’est ce que XANA veut ? intervint Yumi. S’il veut ta mémoire il a tout intérêt à pas te faire de mal !
_ Yumi... Je n’ai pas senti la présence de XANA en lui !
Quoi ?! s’exclamèrent les deux autres
_ Mais il y a qu’un spectre de XANA qui puisse prendre possession d’un corps humain ! Ils ne peuvent pas agir d’eux-mêmes ! répliqua Jérémie
Il prit la lampe des mains d’Aelita et examina brièvement le jeune homme, voyant si ses pupilles réagissaient et en prenant son pouls.
_Comment il va ?
Son cœur bat toujours mais ses muscles ne réagissent plus, il est dans le coma !
Ils se levèrent et s’éloignèrent.
_ Jérémie, fit Aelita, on devrait retourner au collège, Ulrich et Odd en savent peut être plus.
_ Et je commence à m’inquiéter pour eux vu qu’il n’y plus de réseaux ! continua Yumi
_ D’accord. De toute façon il vaut mieux pas rester ici, si ce qui a envoyé ce possédé sait qu’on est ici !

Pendant ce temps, à l’infirmerie.
Odd somnolait à moitié, le torse enveloppé dans un grand et long bandage, regardant par la fenêtre la lune briller. Juste à côté du lit où il était allongé, Ulrich se tenait debout, bandé de la même façon que son ami. Il avait son portable à l’oreille.
Le blondinet le suivit vaguement du regard tandis qu’il vint s’asseoir sur le lit à côté du sien, grimaçant légèrement à cause de son ventre qui le faisait encore légèrement souffrir.
_ Comment tu te sens ? demanda t il
_ Ben, je pense pas que j’aurais envie d’affronter une armée de zombie de sitôt, mais ça peut aller !
Il fit une petite pause pour se redresser, appuya sa tête contre le mur.
« Des nouvelles des autres ? »
_ Plus de réseau, alors j’ai rien pu faire ! Y a plus qu’à attendre qu’ils s’inquiètent pour nous et qu’ils reviennent !
Un grand silence s’installa entre les deux adolescents. Qu’allait il se passer à présent ? Si c’était encore une stratégie tordue de XANA, il n’allait certainement pas en rester là.
Ulrich regarda sa montre : Il était 1 heure du matin. Cela l’amena à réfléchir sur ce qui s’était passé au gymnase. Le temps continuait à s’écouler normalement, pourtant les humains possédés par XANA restaient bloqués dans le temps, comme lorsqu’un retour vers le passé était en train de se dérouler. Mais ça ne concernait peut être pas que les humains, cette panne de courant en témoignait. Mais tant qu’ils n’auraient pas de nouvelles de leur compagnons à l’usine, il valait mieux pour eux qui ne tentent rien tout seuls. Odd allait quelque peu s’assoupir lorsqu’il sentit une forte vibration au travers du mur sur lequel sa tête reposait, ce qui le fit sursauter.
_ Ben alors, t’as des spasmes, maintenant ? s’étonna Ulrich
_ T’as rien entendu ? fit il sans répondre
_ Quoi ?
_ Y a un truc qui a bougé ! On dirait que ça venait du couloir !
_ Hein ? T’es sûr ?
Intrigué, il n’attendit pas plus longtemps pour enfiler à nouveau son pull mauve et se diriger vers la porte de l’infirmerie, Ulrich le suivit en remettant sa veste. Sans bruit, le blondinet entrouvrit la porte et regarda dans le couloir. Ne voyant rien, il s’avança dans la pénombre la plus totale, Ulrich ferma la porte derrière lui. Il n’y avait apparemment pas le moindre signe d’anormalité.
_ T’as du rêvé mon vieux Odd !
_ Je comprends pas ! J’ai pourtant bien sentit quelque chose !
Soudain, le jeune homme en vert intima le silence à son ami. Il lui fit discrètement signe de se retourner, ils virent une chose pour le moins étrange : De l’autre bout du couloir qui se finissait par un virage apparut soudain une lumière émeraude, elle avançait lentement et les atteindrait sûrement bientôt. Cette lueur était inquiétante.
_ Je propose qu’on se tire par l’autre côté ! dit Odd
_ Bonne suggestion !
Marchant sur la pointe des pieds pour ne pas éveiller l’attention, il se dirigèrent vers la sortie à l’opposé de la lumière et sortirent dans la cour. Une fois dehors, Odd rouvrit légèrement la porte pour voir à quelle distance se trouvait ce qui les suivait : Ca avait disparut !
Il ne restèrent pas là une seconde de plus et s’en allèrent vers l’internat, observant constamment autour d’eux pour éviter d’autres mauvaises surprises. Une fois aux pieds du bâtiment, Odd eut une idée.
_ La chambre d’Einstein ! Il a laissé son ordi allumé quand on est parti ! On saura peut être quelque chose !
_ Bonne idée, mais tu sais te servir de son ordi ?
_ Bah, ça doit pas être sorcier !
_ Tu veux pas plutôt que je...
_ Laisse tomber Ulrich, t’es encore plus nul en informatique que moi ^^
_ Sympa !
Ils entrèrent discrètement, en prenant soin de fermer la porte derrière eux. A quelques mètres au dessus, une forme humaine. Accrochée au mur telle une araignée, ses yeux se mirent à briller d’une lueur verte inquiétante. A u travers des fenêtres, elle suivit pas après pas la progression de nos deux amis dans les escaliers. Elle se dirigea ensuite vers la fenêtre de la chambre de Jérémie et attendit qu’ils fassent leur apparition. Lorsqu’ils entrèrent, l’ordinateur portable du petit génie était encore connecté à Lyoko, c’est la brillante déduction que fit Odd après avoir vu l’image de la Tour activée par XANA. Ce dernier s’installa en tailleur sur le lit pour essayer de la faire fonctionner. Pendant ce temps, Ulrich se posta devant la fenêtre, pour guetter l’arrivée éventuelle des autres.
Le mystérieux observateur dut sauter de sa position pour ne pas être repéré. Il fit un bond de 8 mètres de haut et retomba avec perfection sur ses jambes. Il contourna alors rapidement le bâtiment pour échapper à la vigilance d’Ulrich.
C’était une fille, ses cheveux étaient longs et noirs, coiffés d’un serre-tête jaune. Elle était tout de rose vêtue avec quelques nuances : Sissi. Elle prit son téléphone en main et le décrocha. Sa voix était caverneuse, plusieurs personnes semblaient parler en même temps.
_ Ils sont à l’internat, ils essaient d’accéder à Lyoko. Est-ce que j’interviens ?
La voix qui lui répondit était de même type, mais elle ressemblait à une voix d’homme.
_ Non. Attends simplement que les autres reviennent et ne fais rien jusque là. De toute façon, ils ne pourront rien faire avant que Belpoix ne soit là. N°5 a dit qu’il devrait être sur toi d’ici 10 minutes. ELLE est avec eux.
_ Je suis le plan comme prévu ?
_ Oui, mais n’oublie pas : Ne quitte pas l’hôte actuel trop tôt pour que le corps ne soit pas découvert trop vite, ni trop tard pour que le nouvel hôte ne s’aperçoive pas de ta présence. Tu observeras leurs agissements jusqu’à nouvel ordre et tu nous en rendras compte le plus discrètement possible. Notre plan ne doit absolument pas être entravé pour le moment.
A cet instant, la fille possédée vit des choses bouger au milieu des arbres du parc du collège. Plusieurs formes paraissaient sortir de terre.
_ N°6 ? reprit la voix au téléphone
_ Ils viennent d’arriver, N°2 !
_ Très bien, procède comme prévu.
Il raccrocha. La salle dans laquelle il se trouvait immense, sphérique et impressionnante. Un assemblage de passerelles métalliques se rejoignait autour d’un pilier central fait de centaines de composants informatiques. Au dessous s’étendait sans que l’on puisse en voir le fond, un énorme réacteur, fait pour alimenter en énergie le complexe dans la totalité. Il régnait en permanence dans cette salle le bourdonnement qui émanait de cet amas de technologie de pointe... Le plus puissant et le plus grand complexe informatique qui n’est jamais existé.
De l’homme qui se tenait au bord d’une des passerelles, on ne pouvait en voir que la tête, coincé entre lumière et obscurité. Il semblait avoir dans la 50ène, les cheveux et une barbe grisonnants, ainsi qu’une petite moustache noire. De ses petites lunettes ovales faisaient ressortir ses yeux, vert et lumineux. Ce visage sévère, bien des collégiens de Kadic le connaissait déjà. Bien que la volonté qui l’habitait n’était plus la sienne, il gardait les mêmes expressions. Il se dirigea vers la sortie de la salle, lorsque que le lourd sas d’entrée s’ouvrit. Une vive lumière émanait de la pièce par laquelle il était arrivé, à tel point que le contre jour ne permettait de voir de cette personne que la silhouette ombragée. Sa voix était normale, banale même. Aucune lueur étrange n’émanait de ses yeux.
_ Comment le plan avance, N°2 ? demanda t il
_ N°6 va passer à la phase suivante d’ici peu de temps.
_ Bien. Où en est le générateur ?
_ Il fonctionne à 70 % de sa capacité.
_ Alors faites vite ! Il doit être en mesure de fonctionner à 100 % le plus tôt possible !
_ Mais l’énergie nécessaire pour maintenir les hôtes sous contrôle est considérable, même avec la source Xanadu et toutes les autres puisées en ville !
_ Ce sont des détails ! Pourquoi N°7 et N°8 ne sont pas encore prêts ? s’énerva l’homme
_ Xanadu est maintenant à son plus bas niveau, ce la rend leur matérialisation difficile.
_ Accélérez la cadence ! Je ne tolèrerai pas que la phase suivante soit retardée à cause de vos petites difficultés ! L’arrêt de la bulle temporel ne doit pas se prolonger à delà de la limite ! le temps joue contre nous, N°2, le programme « spectre » de Xanadu combiné à Mon programme ne pourra pas vous maintenir dans le monde physique indéfiniment !
_ Le Supercalculateur est faible, alors pourquoi ne pas augmenté sa puissance enfin de nous en servir ?
_ Simplement parce que je ne peux pas lui permettre d’interférer dans mes plans en lui accordant trop de puissance. S’il n’est pas désactivé, c’est uniquement parce que ELLE et vous tous ne pouvez pas survivre sans lui pour le moment.
L’homme s’avança vers une des passerelles jusqu’au bord de l’immense fosse, sans pour autant exposer son visage à la lumière. XANA faisait pâle figure à côté de cette monstruosité d’informatique dont on ne pouvait voir le coeur. La seule différence entre les deux, fut que ce complexe n’avait pas une intelligence artificielle aussi développée que XANA et ne pouvait donc pas agir de lui-même. Elle se contentait de suivre les ordres de son créateur.
Les pensées de cet homme étaient floues, ces plans mettaient l’avenir du monde en jeu, il y avait un risque énorme... Mais le but final était beaucoup trop important pour lui, il avait consacré ses 15 dernières années à ne penser qu’à cela, il était bien trop tard pour y changer et pour laisser qui que se soit y changer quelque chose. Cependant, un doute, agaçant, se promenait encore dans son esprit... Et si elle décidait que non... Si le sacrifice était trop grand pour elle... Que ferait il à ce moment ?... Mais il saurait la convaincre... Il y arriverait ... Ce qu’il y a à gagner est bien plus important que ce qu’il y a à perdre pour eux deux...
Il fut interrompu dans ses pensées par son subordonné.
_ N°9, N°10 et N°11 ont investit l’usine, elle est sous contrôle.
_Bien. Je veux qu’ils surveillent Xanadu jusqu’à ce que la 3ème phase soit achevée. fit l’homme, essayant de cacher une tristesse soulevée par de douloureux souvenirs
_ N°6 nous informera de tout mouvement suspect une fois qu’il se sera emparé du nouvel hôte.
L’homme repartit vers la porte s’où il était entré et dit :
_ Prévenez moi de ce qui ce passe, je retourne à mon bureau.

Les 3 adolescents arrivant de l’usine furent vite repérés par Ulrich qui était aux aguets depuis la chambre de jérémie. Une fois sur place, Jérémie fut surpris de voir Odd essayer en vain de tripoter à son ordinateur portable pour accéder aux données de Lyoko. De peur qu’il ne fasse une mauvaise manipulation, il prit l’objet de ses mains et s’installa à sa place et continua ce qu’avait tenté de faire le blondinet, tandis que les autres s’occupaient à se raconter mutuellement ce qui leur était arrivé.
La porte de la chambre était restait entrouverte, permettant à l’espionne d’observer leurs actions. Aelita, Yumi et Ulrich firent le rapprochement entre les deux étranges lumières vertes dans les couloirs du collège et le mystérieux agresseur d’Aelita à l’usine.
_ C’est ça que je comprends pas, fit Yumi. On était à sa merci, et non seulement il ne nous a pas achevé, mais il n’a même pas cherché à ramener Aelita sur Lyoko !
_ Et ce qu’on a vu, Odd et moi, s’est carrément volatilisé au lieu de nous poursuivre !
_ Là, c’est sûr ! Si XANA a cherché à nous embrouiller, il a réussi son coup !
_ Tout ça n’a aucun sens ! fit Aelita. XANA veut ma mémoire, mais on dirait qu’il fait tout pour juste nous faire peur. En plus, il fait tout pour nous faire croire que c’est pas lui qui est derrière tout ça !
_ Justement... C’est parce que c’est pas lui...




Chapitre III Double Jeu




Tout le monde se tourna vers Jérémie, effarés par ce qu’il venait de déclarer. Sissi entrouvrit un peu plus la porte de la chambre.
_ C’est pas XANA qui a déclenché ça ! répéta t il
_ Alors si tu nous disais exactement ce qui se passe Einstein, ça serait mieux !
_Regardez ce que j’ai trouvé !
Tous ces amis se mirent à côté de lui sur le lit, observant attentivement ce qu’il avait à montrer.
_ J’ai pas pu accéder à Lyoko, mais j’ai pu sortir la journal des événements de la mémoire interne du Supercalculateur. Ca indique que l’ordinateur de l’usine a été piraté juste au moment ou le retour vers le passé s’est fait !
_ Mais c’est impossible de pirater un système aussi complexe que XANA en quelques secondes ! Tu es sûr de ce que tu as trouvé ? s’étonna Aelita
_ Oui je suis sûr ! D’après le journal, un compte à rebours s’est déclenché une minute avant que ça se produise. Ca veut dire que ce coup là était prévu depuis longtemps ! Quelqu’un a implanté un genre de virus là dedans !
_ Et tu as pas une idée de qui est ce « Quelqu’un » ? demanda Ulrich
Pas vraiment, non. Au début, j’aurais pensé à Hopper lui-même... Mais après tout ce que j’ai vu sur lui dans ce qu’il a laissé, c’est vraiment pas son genre de risquer la vie des gens comme ça.
Un léger frisson traversa Aelita lorsqu’elle entendit le nom de Hopper. Seul Odd pu le sentir, étant assis juste à côté d’elle, mais il ne dit rien.
_ Ce truc a également réduit les fonctions de XANA au minimum, l’énergie que la pile nucléaire lui fournit l’a été aussi.
_ Donc XANA est une gêne pour celui qui a fait tout ça, intervint Yumi. Alors pourquoi il l’a pas carrément éteint ?
_ Les spectres... Il faut qu’il maintienne XANA en fonction pour s’en servir et...
_ Et quoi ? dit Odd
_ Rien...
Il n’osait pas le dire, mais après ce qu’il avait vu à l’usine, il avait de sérieux doutes pour lesquels leur mystérieux ennemi avait intérêt à capturer Aelita. Celle ci intervint à son tour.
_ C'est vrai que si même XANA a des fois des stratégies plus que tordues, il ne raterait pas une si belle occasion de me ramener sur Lyoko et de me m'amenerà la méduse... Mais lest il es trop faible pour qu'il puisse faire quoi que ce soit par lui même.
A ce moment, l'espionne décida qu'il était temps de mettre à exécution les ordres qu'on lui avait donné. Elle laissa la porte entrouverte et se dirigea vers une chambre un peu plus loin dans les couloirs. Elle posa sa main sur la poignée et l'arraché d'un coup sec comme si c'était du bois mort, puis elle fit sortir la porte de ses gonds et la jeta dans le couloir. Elle entra et s'allongea sur le lit. Il fallait à présent attirer l'attention des autres. La parasite quitta de manière violente son hôte afin de lui arracher un cri, puis le spectre partit se réfugier dans une prise de courant de la pièce. Il savait qu'ELLE allait venir...
Aelita se leva d'un bond, surprise.
_ Vous... vous avez entendu ?
Jérémie se leva à son tour et s'approcha d'elle pour la rassurer. Yumi prit sa lampe de poche et se dirigea vers la sortie de la chambre.
_ Qu'est ce que tu fais ? dit Ulrich
_ Y a peut être encore quelqu'un d'autre dans le collège, il faut aller voir tout de suite !
_ Je viens avec...
_ J’y vais seule !
_ Mais si c’était un piège !
_ Je crierais !
Yumi ouvrit rapidement la porte Et la referma rapidement derrière elle, sans laisser le temps à ses amis de contester. Elle savait qu’elle venait peut être de faire une bêtise, mais c’était ainsi. Elle était l’aîné, elle ne voulait pas dépendre des autres en cas de problème, et ne voulait pas non plus y entraîner ses amis lorsqu’elle pouvait faire autrement, même pas Ulrich. C’était sa nature. Elle s’écarta de la porte en allumant sa lampe de poche et s’enfonça dans l'obscurité de l'internat.
Vides, noirs et étroits, les couloirs du bâtiment, privés même de la lumière des balises des sorties de secours paraissaient, aussi lugubres qu'un labyrinthe infesté de monstres. Même en essayant de ressembler toutes les pensées positives que contenait son esprit, elle n'était pas à l'aise, c'était cette ambiance sombre et oppressante et l'idée qu'il puisse traîner dans ces couloirs une chose plus dangereuse qu'une monstre de XANA dans ses couloirs. Soudain, au détour d’un couloir, elle marcha sur quelque chose de dur qui craqua sous son pied : Un morceau de bois. En regardant plus loin avec sa lampe de poche, elle vit d'autres morceaux éparpillés un peu partout et une autre chose plus inquiétante, la porte de la chambre juste en face, complètement cassée arrachée de ses gonds. Elle repensa à ce qu'avait dit Ulrich, au sujet d'une créature qu'il aurait vaguement aperçu près de l'infirmerie... Une créature ayant déployé une telle force brute ne devait pas être humain. Elle éteignit sa lampe et jeta un rapide coup d'oeil discret à l'intérieur, se préparant à un éventuel combat. Il n'y avait rien d'anormal à première vue, mais en regardant plus attentivement, elle vit quelqu'un allongé sur lit, dans l'ombre que la lune ne pouvait éclairer : Sissi.
Elle s’approcha en douceur, toujours méfiante, puis elle l’examina rapidement. Elle était allongée sur le côté, une expression de terreur sur son visage, comme si elle faisait un cauchemar, un bras le long du corps, l’autre pendant du lit. Elle ne semblait pas porter de blessure, ni même de marque de coup. Cependant, Yumi avait beau la secouer, elle ne réagissait pas.
_ Sissi, hé ho ! Sissi, tu m’entends !? dit elle en essayant de la réveiller
Il n’y avait rien à faire. Son cœur battait toujours, mais ses muscles n’avaient plus aucune réaction, comme si...
Pendant qu’elle était toujours penchée, une ombre noire sortit d’une prise de courant derrière elle, elle sentit soudain son sang se glacer et se retourna en un bond. Ses mains tremblaient, mais elles étaient prêtes à l’attaque. Elle réalisa alors ce qu’il se passait en réalité dans cette pièce.
« Faut que je sorte et vite ! Ca sent le piège ! » pensa t elle
Elle courut en dehors de la chambre, mais elle fut saisit à la gorge par une force invisible. Elle en laissa tomber sa lampe en essayant de se débattre, mais cette force était insaisissable. Elle commençait à étouffer, sa vue se troublait, elle voulait appeler au secours, mais sa voix était réduite au silence.
« J’aurais dû... j’aurais dû demander... de... l’aide »
Dans la chambre, pendant que Jérémie, Odd et Aelita avaient les yeux rivés sur l’écran de l’ordinateur. Ulrich faisait les cents pas.
_ Rhaa ! J’aurais dû insister !
_ T’inquiète vieux ! Elle a été un peu rapide à décider, mais elle sait quand se défendre toute seule, ta chérie !
_ Oh, toi ça va ! fit il brusquement
_ Calme toi Ulrich, elle va revenir dans certainement pas longtemps ! intervint Aelita
Sur ces mots, la porte s’ouvrit sur une silhouette noire, qui entra dans la chambre, éclairé par la lampe du blondinet qui fut immédiatement braquée sur elle.
_ Hé doucement Odd ! Ca fait mal aux yeux !
_ Oups ! Désolé Yumi !
Le visage d’Ulrich s’éclaircit soudain d’un sourire soulagé. S’ils avaient été tous seuls, il ne douterait pas de ce qu’il aurait fait, mais dans le cas présent, il se contenta de dire :
_ Content de te revoir !
_ Aucun problème, je suis pas allée au bout du monde ! ^^
Jérémie leva la tête de son écran un instant et salua la japonaise avec le même sourire, puis demanda :
_ Tu as trouvé quelque chose ?
_ Oui, c’était Sissi qui avait sûrement crié. Je l’ai trouvée allongée sur un lit dans une chambre qui n’était pas la sienne ! A mon avis, vu l’état des lieux, un de ces spectres a dû passer par là ! Elle avait l’air d’être dans le coma !
_ Comme le garçon de l’usine ? fit Aelita
_Oui...
_ Et aucun signe du spectre lui-même ? reprit Jérémie
_ Rien, je pense qu’il a été forcé de l’abandonner !
_ Chouette ! On a plus seulement des zombies balèzes, mais plus on a un fantôme en liberté ! commenta Odd
_ Vaut mieux pas rester ici ! dit Ulrich en se tournant vers la porte et Yumi
Jérémie referma son PC portable et le mit dans sa sacoche, puis il prit cette dernière en bandouillère.
_ De toute façon, on a plus besoin de rester ici !
_ On va où alors, à l’usine ? dit Yumi
_Non, au complexe pétrochimique !
_ Au... au complexe ?
_ Pendant que tu chassais les fantômes, Einstein a trouvé un truc intéressant !... Euh, c’était quoi ?
_ Une source d’énergie ! Cachée dans les limites de la ville !
_ Explique !
_ Voilà : On sait que XANA n’est soit pas seul responsable de ce qui arrive, soit il n’y ait carrément pour rien ! Mais le programme à retardement dans l’ordinateur de l’usine n’avait pour but que d’exécuter un programme précis et ne pouvait pas être responsable à lui tout seul ! C’est qu’il y avait donc au dehors de l’usine quelque chose d’autre qui devait communiquer avec XANA, et je suis sur une piste !
_ Ce qui doit se trouver dans le complexe pétrochimique est certainement un point de relais qui a servi à agir sur toute la ville, continua Aelita. Si on arrive à extraire les infos contenues dans ce point de relais, on devrait savoir enfin où se trouve celui qui a assisté XANA pendant l’attaque...
_ Et celui par qui il a était double comme un bleu, ensuite ! finit Odd
_ Ok ! Je descends à l’entrée du bâtiment, je vous attends là !
_ Mais Yu...
Ulrich n’eut pas le temps de finir sa phrase, que la japonaise était déjà sortie de la chambre. Elle parcourut les couloirs jusqu’à la sortie dans le noir complet, sans allumer sa lampe. Une fois arrivée, elle sortit son portable et composa un numéro qui n’était pas dans son répertoire.
_ Ici N°6, le nouvel hôte a été pris comme prévu, mais il y a un problème.
_ Quel est il ?
_ Les autres s’apprêtent à se diriger vers le point de relais N°3. Est-ce que je dois les empêcher d’agir ?
_ Au contraire, facilite leur la tâche autant que possible, qu’ils s’y dirigent même le plus vite possible, je vais envoyer N° 7 et 8 sur place dès que cela sera possible. Une fois que vous y serez tous, capturez LA... Mais fait surtout très attention à ne pas lui faire de mal. C’est compris ?
_ Compris...
Elle raccrocha, ses yeux brillèrent d’une lumière émeraude intense, puis elle disparut en quelques instants.
Pendant ce temps, les autres descendirent plus prudemment les escaliers, éclairés par la lampe de Odd. Aelita se serra contre Jérémie, elle frissonnait légèrement.
_ Qu’est ce qui ne va pas ? demanda t il
_ Je ne sais pas... J’ai un mauvais pressentiment... Je n’en ai jamais eu d’aussi mauvais.
Jérémie prit Aelita par la taille, comme pour la rassurer.
_ Je suis là Aelita, on est tous là. On a tout fait pour que tu sortes de Lyoko et que tu deviennes comme nous. On laissera jamais disparaître ce pour quoi on s’est tous battu, ni toi avec. Je...
Il hésita un instant sur ce qu’il allait dire, puis il reprit avec un léger tremblement dans la voix, laissant penser qu’il voulait au départ dire tout autre chose.
_ Je laisserais ni XANA ni personne te faire de mal, jamais.
Elle releva la tête et regarda Jérémie. Elle lui sourit, puis il lui rendit son sourire. Jérémie se dégagea, mais Aelita lui attrapa la main et la serra dans la sienne, avant qu’il ne puisse s’éloigner d’un centimètre de plus. Ils ralentissaient, tandis qu’au devant, Ulrich et Odd se retournèrent un instant.
_ Hé ho les tourtereaux ! On vous attend !
Cela fit sursauter légèrement Jérémie qui ne put se retenir de rougir l’espace d’une seconde. Cependant, il fallait qu’ils se pressent. Après les spectres, qui c’est ce que le mystérieux organisateur de cette mascarade préparait ensuite.
Quelque part en ville, un homme travaillait dans son bureau. Il n’y avait aucune fenêtre, aucune autre ouverture dans cette pièce que la porte. L’endroit paraissait moderne, on aurait dit l’office d’un militaire haut gradé. Il était assis sur un siège de cuir, avec devant lui un ordinateur fixe lequel il travaillait d’arrache pied sans s’arrêter un instant, ses yeux sous ses lunettes rondes suivant le rythme de ses doigts sur les touches tel un virtuose du piano suivant sa partition. Puis il s’arrêta soudainement, quitta précipitamment son siège et sortit de la pièce en direction du Dôme.
Il allait devoir accélérer ses plans, cela l’arrangeait plutôt, mais il avait tout de même horreur d’avoir à faire face à des imprévus. Arrivé à destination, il vit N°2, les mains jointes dans le dos au bord d’un passerelle.
_ Qu’y a-t-il ? fit il sans se retourner
_ Où en est le générateur ? dit l’homme, sans répondre
_ Il fonctionne à présent à 88 % de son potentiel.
_ Lancez la matérialisation définitive de N°7 et N°8, je vous avoir besoin d’eux plus vite que prévu. Et ensuite, programmez la phase 2 et lancez là le plus vite possible !
N°2 se retourna, la lueur émeraude dans ses yeux s’intensifia, mais l’homme aux allures de scientifique ne le laissa pas le temps de répliquer.
_ La situation bascule en notre faveur, mais le temps presse ! Tant pis s’ILS s’aperçoivent de ce que nous nous apprêtons à faire, il n’y a plus un instant à perdre !
Malgré le ton dur qu’il venait d’employer, l’homme pensait à nos amis avec un étrange sentiment, voulant surtout qu’il en sachent le moins possible jusqu’à ce que son projet soit au point, mais voulant éviter de leur faire du mal si cela était encore possible...
N°2 demanda alors simplement :
_ Votre ordre ?
_ Arrêt Total !

Chapitre IV : Evasion



Nos amis avaient passé la grille principale du collège restée grande ouverte, le froid la nuit commençait à se faire sentir en cette approche de l’automne. Jérémie était en tête du groupe avec Ulrich, tout deux lampes torche à la main. Derrière eux, tout près, se tenaient Aelita et Yumi, ainsi que Odd au milieu. Dépourvus de la lumière des lampadaires, les rues de la ville étaient lugubres, seule la faible lueur de la lune et leurs lampes pouvaient à présent éclairer leur chemin. Jérémie tressaillit lorsqu’il vit un homme se balader dans la rue : Il était immobile, figé comme une statue, Ulrich s’approcha de lui sous les protestations de Yumi, mais il n’y avait rien à craindre, c’était comme si le temps s’était arrêté pour lui, tout comme la horde de collégiens à laquelle Odd et Ulrich avaient échapper de justesse. Ne pouvant encore rien faire, ils continuèrent leur route en direction du complexe pétro chimique. Ils croisèrent, avant d’atteindre la périphérie de la ville, quelques hommes et femmes dans le même cas. Tous se rapprochèrent les uns des autres pour se rassurer un peu, face à cette ville fantôme, devenant un immense musée des horreurs au fur et à mesure qu’ils avançaient.
Jérémie, lui, se focalisait sur des pensées rassurantes, à aussi sur cette fameuse source d’énergie, avec laquelle il espérait bien tirer le fin mot de cette histoire. Ulrich, lui se concentrait sur Yumi, la regardant parfois discrètement derrière lui. Bizarre, tout de même... Lorsqu’il l’observait attentivement, elle avait l’air insensible à toute forme de peur, restant figée dans une expression indéfinissable. Pourtant, il ne lui connaissait pas une telle neutralité d’esprit, même si elle n’avait pas tout à fait la même façon de penser que la plupart des européen... Etrange, oui. Cependant, il fallait avancer, ne pas trop se retourner pour ne pas perdre de temps, et en finir avec cette sombre mascarade le plus vite possible.

L’usine était silencieuse, silencieuse comme la mort. Pourtant, il y rodait un peu partout des collégiens, les yeux brillant d’une étrange lumière, couleur émeraude. Ils devaient être 10 en tout, faisait des rondes régulières et examinant chaque recoins, telles des sentinelles, guettant le moindre signe de vie. A l’intérieur de la salle des scanners, ne régnait que leur bourdonnement léger, semblable à de grands réfrigérateurs. Un seul gardien était sur place.
Tout était calme depuis que nos amis avaient quitté l’usine. Mais soudain, un bruit interpella l’adolescent possédé : Un vrombissement provenant du scanners du milieu. Les lumières de la salle s’activèrent soudain, alors qu’elle était toujours plongée dans le noir. Le collégien se posta devant le sarcophage doré, qui ne tarda pas à s’ouvrir dans une gerbe de lumière aveuglante. Un jeune homme apparut, il tomba en avant sur les mains en haletant, le transfert l’ayant visiblement épuisé. Les spectres avaient pour ordre d’éliminer tout intrus qui n’était pas de la bande de nos amis, et, profitant de la faiblesse apparente de cet « intrus », il abattit son poing droit sur sa tête... Mais il fut bloqué par une parade du plat de la main. Reprenant quelques forces, le garçon releva la tête vers son adversaire et se leva sur ses deux jambes. Son ennemi avait beau forcer, les yeux luisants de plus en plus intensément, il n’arrivait plus à bouger, ni à dégager son poing. Le garçon dévia brutalement le coup, si violement que le possédé fit un ¼ de tour vers la droite, puis il lui asséna un direct en pleine figure, l’éjectant à 5 mètres en arrière. Avant qu’il ne puisse se relever, le jeune homme du scanner s’approcha de son visage, il déganta sa main et la tendit. Une multitude de petites décharges sortirent de sa main et pénétrèrent dans le corps du possédé par ses yeux. Juste avant de sombrer dans l’inconscience, ses yeux redevinrent normaux, la lueur verte s’estompa, comme lorsqu’on éteint une lampe. Le garçon trembla légèrement et retomba à 4 pattes sur le sol métallique, à nouveau épuisé. Il venait d’empêcher le spectre de s’échapper du corps de son hôte enfin de ne pas prévenir les autres, mais au prix d’une énorme quantité d’énergie. Enfin, il se relava, les néons de la salle n’éteignirent à nouveau, seul l’intérieur du scanner ouvert restait illuminé, plaçant le visage du jeune garçon dans un contre jour artificiel.
Ce garçon, tous nos amis le connaissait, mais ne l’avait pourtant jamais vu en personne : Un beau visage à l’air sévère, des cheveux mi-longs et blonds, un physique athlétique, une chaude vareuse rouge et des gants noirs de motard : XANA.
Le centre nerveux du Supercalculateur avait été infiltré par ce mystérieux allié qui l’avait aidé à prendre le contrôle presque total des élèves du collège, et par là, il était au courant de ses plans. Trahi... XANA supportait cela moins que quiconque. Cependant, il se sentait faible, il était terriblement faible. Ces créations, ses spectres volés par cet homme... Il ne pouvait pas laisser faire ça ! Mais la seule aide qu’il pouvait espérer était celle de ses ennemis jurés. C’était une immense épreuve pour lui, car l’intelligence artificielle allait devoir apprendre ce qu’était « l’humilité », mais il n’avait pas d’autre choix, c’était ce que son instinct de survie lui dictait.
Il fallait d’abord qu’il quitte l’usine pour les prévenir. Eux ne savaient presque rien, mais XANA n’en savait pas tellement plus... Le but de l’homme contrôlant les spectres était de capturer Aelita, mais il ignorait totalement ce qu’il comptait en faire. Il ne fallait pas que cela se produise ! Sans Aelita, XANA n’aurait plus aucune raison de rester branché ! Il ne fallait pas !
Il s’avança dans le noir vers l’ascenseur et remonta par les échelons de secours jusqu’à la cathédrale de verre. Il leva timidement la tête au dessus du niveau du sol, il se baissa aussitôt : Un jet de lumière provenant d’une lampe torcha le frôla. Il regarda ensuite attentivement la grande salle de long en large. Il y avait 4 sentinelles aux aguets marchant et observant les alentours, 2 autres montaient la garde du côté intérieur de l’entrée de l’usine et 2 dernières du côté extérieur. S’il neutralisait un des ces gardes, il serait obligé de faire de même avec les 7 restants. Mais il était déjà bien trop faible pour utiliser ses pouvoirs seulement deux fois de suite, il devait trouver un autre chemin... Et vite.

Nos amis marchaient au milieu de la grande route qui conduisait en dehors de la ville. Qu’il était tellement moins fatiguant d’aller au complexe pétro chimique par un quelconque moyen de transport, seulement, il n’y avait pas que les hommes et l’électricité qui fussent paralysés, mais aussi les moteurs, les grosses batteries... En fait, tout ce qui consommait une importante quantité d’énergie. Ils avaient en fait bien de la chance que les piles de leurs lampes de poche fassent encore effet.
Alors qu’il devait être environ à mi chemin, ils firent une pause. Ulrich, Odd et Aelita se mirent côte à côte, s’asseyant au bord du caniveau, Jérémie restait debout face à eux, Yumi l’éloigna un peu et se mit de dos. Une pluie fine commença à tomber.
Aelita semblait s’interroger au sujet de la japonaise. Non pas qu’elle paraissait moins amicale et serviable que d’habitude, mais elle paraissait un peu plus distante... Etait ce à cause d’Ulrich ? Qu’est ce qu’il avait pu faire ? Ou ne pas faire...

Quant à Odd, il observait en coin le visage de son compagnon de chambre qui fixait celui de Yumi, comme pour se mettre en accord avec les pensées d’Aelita.
« Y a de l’eau dans le gaz entre ces deux là on dirait ! pensa-t-il. Y a des fois où je suis bien content que les filles me supportent pas plus de 3 semaines ! »
_ On est encore loin Einstein ? demanda-t-il tout haut
Il sortit son ordinateur portable de sa sacoche et en regarda brièvement l’écran, avant de répondre :
_ D’après ce que je vois, il reste encore un peu moins d’un kilomètre ! C’est vrai, ça fait une trotte !
_J’aurais presque préféré qu’un bus incontrôlable nous y amène ! fit ironiquement Ulrich, sans détacher son regard de Yumi.
Soudain, le léger vent de la nuit tomba, personne n’en aurait été surpris, si la pluie ne s’était pas arrêtée au même moment. Mais elle ne s’était pas contenté de cesser de tomber, les gouttes restaient figées dans l’air, comme s’il ont avait fait un arrêt sur image...
_ C’est quoi ce délire ?! s’écria Odd en se relevant brusquement
Aelita se leva également, elle essaya de passer sa main dans les gouttes de pluie en sursis, elle passait au travers. L’eau était aussi impalpable que l’air lui-même. Les petits bruits de la nuit étaient devenus muets, la sensation de fraîcheur que provoquait l’air frais disparut, tout s’était arrêté...
« La seconde phase a commencé » pensa Yumi
_ Qu’est ce qui se passe... fit Jérémie, l’air inquiet
_ C’est pas bon, pas bon du tout...
_ Y a se passe quoi, Princesse ? fit Odd en se tournant vers Aelita, comme si elle en savait plus que lui.
_ Celui qui a utilisé XANA... On dirait qu’il a aussi pris le contrôle du programme de retour dans le temps... Au lieu de retourner dans le passé, il a arrêté l’écoulement du temps... Je le sens, je le sens très fort...
La jeune fille porta ses mains à sa tête, une expression de terreur envahissait lentement son visage, elle baissa le regard vers le sol.
_ Je le sens... répéta-t-elle
_ Ca va aller Aelita ? dit Jérémie
_ Oui, mais j’ai toujours ce mauvais pressentiment... Ce n’était pas ça...
_ Alors il faut qu’on en finisse et qu’on fonce au complexe ! intervint Yumi
_ T’as raison ! Il faut qu’on se remette en route en vite ! acquiesça Ulrich
Tous les autres opinèrent de la tête et se préparèrent aussitôt à repartir. En quelques instants, pendant que personne ne la regardait, Yumi tapa un message sur son portable.

Pendant ce temps, dans le repère du nouveau maître des spectres, celui-ci contemplait, debout au bord d’une passerelle menant au pilier centrale, l’immense cerveau informatique, l’étendue de son œuvre. Fabriqué dans le secret le plus absolu, il avait failli en mourir d’assembler pièce par pièce ce gigantesque puzzle, en attendant patiemment le jour de l’utiliser.
Il était plongé dans ses souvenirs, lorsque le sas d’entrée de la salle s’ouvrit. Il se retourna.
_ N°6 nous a contacté, fit N°2 qui venait d’arriver. Ils sont au courant de la situation.
_ Ca ne fait rien. Est-ce qu’il se dirigent toujours vers le complexe ? fit il, le plus calmement du monde, sûr de lui
_ Toujours.
_ Alors N°6 doit continuer à suivre les ordres que je lui ais donné, comme prévu.
_ Nous avons une mauvaise nouvelle : N°15, le garde posté dans la salle des scanners de l’usine a été découvert, « désactivé ».
_ Comment ça ? Pourquoi ?
_ Les autres l’ont découvert tout près d’un des scanners ouvert, il était encore actif lorsque les autres l’ont trouvé.
_ Actif ! Mais comment...
L’homme ne réagit pas tout de suite, le temps d’analyser un peu la situation. Puis son visage pensif se métamorphosa en une sculpture de pierre, figée dans une expression de colère contenue.
_ XANA... Alors il a réussit à sortir... Je ne dois pas le laisser continuer !
_ Vos ordres ?
_ Réduisez la puissance accordée au Supercalculateur de 20 % ! N°7 et 8 sont prêts ?
_Oui.
_ Envoyez les immédiatement au complexe !
_ Bien Monsieur.
Il tourna le dos à N°2, pensant à ses futurs plans prévus une fois Aelita à ses côtés.
« XANA, je ne te laisserait plus nous tourmenter, plus jamais... Plus jamais une fois que j’aurais fait ce qu’il y a à faire » pensa-t-il, serrant ses poings qui tenaient la rambarde de la passerelle.

Les adolescents n’avait aucune idée de combien de temps ils avait mis pour arriver au complexe pétrochimique, le temps ne voulant plus rien dire, mais ils y étaient parvenus. La grille principale était entrouverte, fermée par un simple cadenas, qu’il n’aurait pas été difficile de crocheter pour Jérémie si le temps n’était pas arrêté. Ils voulurent éviter de perdre du temps et escaladèrent cette entrée. Ils parcoururent une 10ène de mètres, puis arrivèrent sur un terrain dégagé. Le marquage blanc au sol indiquait la direction d’un dépôt des camions pétroliers. Comme ils ne pouvaient pas avoir plus de précisions sur l’endroit où se trouvait la source d’énergie que Jérémie avait repéré, ils décidèrent de chercher tous ensemble, se séparer aurait été beaucoup trop dangereux ici.
Beaucoup plus loin, à la sortie de la ville, le garçon à la vareuse rouge avait beaucoup plus de mal à marcher. La réduction d’énergie infligée au Supercalculateur affaiblissait considérablement son corps physique. Eprouver des sensations humaines ne lui plaisait déjà guère, mais ressentir un malaise indéfinissable le dégoûtait profondément. Sa tête lui faisait ma. Matérialisé, il communiquait toujours avec la mémoire centrale du Supercalculateur. Or, le cerveau humain qu’il avait synthétisé dans ce corps n’était pas conçu pour traiter plus d’une heure les quantités d’informations qui continuaient à lui parvenir. Il se sentait écrasé, comme un rocher subissant continuellement le flot incessant d’une cascade.
Mais cela, il devait l’oublier, ignorer sa douleur pour rejoindre au plus vite les adolescents, avant que le piège ne se referme sur eux. Il courut aussi vite qu’il put pendant un moment, jusqu’à ce qu’il dut s’arrêter : Il tomba à genoux et porta ses mains à ces tempes, un déferlement de données lui parvint en une seule fournée ! Mais la valeur de ce qu’il venait de recevoir dépassait largement le peu qu’il savait déjà. Il se releva en se forçant et se remit à courir.
Ce plan était beaucoup trop fou pour être réalisable... Et pourtant...

Chapitre V : L'ombre l'a rattrapée




Au bout d’un quart d’heure, le petit groupe avait presque fini de faire le tour du complexe, mais il n’avait pour le moment, rien repéré d’anormal. C’était le moment... Lorsqu’ils revinrent à l’entrée, en se demandant ce qu’il avait raté, Yumi déclara, pointant son doigt vers un entrepôt au loin :
_ Regardez, ça doit être là bas ! J’ai vu de la lumière !
_ Tes sûre de ce que t’as vu ? fit Ulrich, dubitatif
C’est vrai, la porte de l’entrepôt n’était même pas ouverte, comment aurait elle plus voir une lumière, qui n’a apparemment duré qu’un instant ? Cependant, c’était leur seule piste. Le reste du groupe effacait bien vite ses doutes, et se dirigea vers le grand bâtiment. Ils ouvrent tous ensemble la grande porte coulissante, aussi discrètement que puisse être une porte grinçante, puis après avoir vaguement inspecté l’intérieur avec leur lampe de poche, ils entrèrent tous. Il y faisait encore plus noir que dans les couloirs du collège, à tel point que même lorsqu’il devait y faire plein jour au dehors, il n’aurait peut être pas été possible d’y voir plus clair que maintenant. Ils marchent lentement en file indienne, puis s’arrêtèrent au bout d’une 10ène de mètres. Odd et Ulrich prirent les lampes et parcoururent l’ensemble de la salle. Des barils de fer, des caisses, des palettes, un grand chariot élévateur, il n’y avait que tout ce que l’on pouvait trouver dans un entrepôt banal... Mais, lorsque Odd s’approcha d’une grande caisse, il remarqua qu’il émanait de celle-ci quelques filets de lumière, passant dans les minuscules interstices du bois. Après avoir forcé l’ouverture à coups de pied, il découvrit à l’intérieur une chose étonnante : Une sorte de tour d’ordinateur étrange, duquel émanait une lumière jaunâtre, cela attira l’attention des autres, surtout de Jérémie. Les autres n’y firent pas attention mais Ulrich se posait une question : Comment Yumi avait elle pu apercevoir une lumière, alors qu’il était impossible de voir cette chose de l’extérieur ?
_ Ca y est ! On a le point de relais, bravo Odd !
_ Oh, tu sais, c’est rien ! C’est dans mes habitudes d’être génial ! fit il avec un grand sourire
Le petit génie s’assit juste à côté de la structure et ouvrit son ordinateur portable devant lui, tenant d’établir une liaison sans fil avec elle.
_ Maintenant j’espère qu’on va pouvoir en tirer quelque chose ! dit il tout en tapant frénétiquement sur son clavier
Pendant ce temps, Yumi s’éloigna silencieusement d’eux, si silencieuse que même Ulrich ne le remarqua pas. Jérémie réussit à accéder au programme du point de relais et à commencer quelques recherches, quand soudainement, l’écran de son ordinateur devint bleu, Jérémie cessa immédiatement ses manipulations. Il tenta de réfléchir quelques instant sans rien toucher, puis, alors qu’il avait ses mains à quelques centimètres du clavier, Aelita le retint.
_ Attends, il y a quelque chose de pas normal !
_ Quoi ? fit Jérémie, incrédule
La jeune fille se tourna alors vers Odd.
_ Tu peux me passer ta lampe ?
Le blondinet s’exécuta sans dire un mot, se demandant tout de même ce qu’elle comptait faire. Jérémie se leva et se mit à côté d’Aelita, essayant de percer ses intentions au travers de ses yeux. Après avoir hésité un instant, plus par réflexion intérieure que par peur, elle laissa tomber la lampe torche sur l’ordinateur. Jérémie allait hurler, jusqu’à ce que le PC se mette soudain à se charger d’électricité, puis à éclater en mille morceaux avec la lampe de poche.
_ Et ben, il aime pas se faire pirater ce bidule ! commenta Odd
_ Comment t’as su ça Aelita ? demanda Ulrich, encore plus curieux que Jérémie
_ Sur l’engin ! Je l’ai vu se charger en électricité juste avant que l’écran ne change !
_ Et j’ai pas eu le temps de tirer la moindre information !
_ On ferait mieux de déguerpir d’ici, au cas où ça aurait lancé une alerte ! reprit Ulrich
Les quatre hochèrent la tête et décidèrent de partir en 4ème vitesse, mais ils ne virent plus de signe de Yumi. Du moins, il en était ainsi au 1er abord, car lorsque Ulrich braqua sa lampe au hasard de la salle, il le vit tout près de la porte.
_ Yumi ! appela t il. Faut qu’on sorte d...
Il résonna soudain dans tout l’entrepôt, un claquement de tôle contre de la tôle. Les quatre accoururent vers la Japonaise qui restait dos à eux : Elle venait, dans un effort qui paraissait surhumain, de fermer solidement la grande porte coulissante du bâtiment. Ulrich avança vers elle et lui posa la main sur son épaule, il faisait cela dans le but d’essayer de comprendre, mais en même temps, pour l’obliger sans la forcer à se tourner vers lui... Il y avait quelque chose d’inquiétant en elle, il désirait savoir ce que c’était...
_ Yumi, qu’est ce qui te prends ? T’es vraiment bizarre, depuis un moment !
Elle exécuta soudain un coup de pied retourné d’une fluidité et d’une rapidité déconcertante qui frappa aussi violement qu’un marteau le poignet du garçon brun qui fit valser sa lampe de poche qui se brisa ensuite au sol. Nos amis reculèrent de quelques pas, ne croyant pas ce qu’il venait de voir. La Japonaise leva la tête vers eux, son visage était tenu, sévère comme jamais, ses yeux brillaient d’une lueur verdâtre malveillante.
_ Yumi, c’est pas possible ! Pas toi ! s’écria Ulrich
_ Il y a déjà longtemps qu’elle a arrêté de lutter !
Tout comme les autre spectres, on avait l’impression que le corps de Yumi hébergeait plusieurs personnalités, parlant toutes en même temps, mais celle qui dominait restait encore la sienne. Mais comment était ce possible qu'elle soit possédé ? XANA avait pourtant déjà essayé, sans succès... Cela voulait dire que leur mystérieux ennemi était encore bien plus fort qu'ils ne l'imaginaient...
_ Qu’est ce que vous êtes à la fin !? hurla Jérémie
_ Je ne suis personne ! Je suis juste les ordres de celui qui me guide, et j’ai pour ordre de lui amener quelqu’un !
Elle pointa son doigt vers Aelita, qui frémit de peur. Jérémie se dressa courageusement entre eux deux.
_ Qui que vous soyez, vous n’aurez JAMAIS Aelita ! Venez !!
_ Non ! fit Ulrich en se mettant en position de combat.
Prit d’un réflexe, Odd se plaça derrière lui et tenta de l’imiter plus ou moins bien.
_ Aelita et Jérémie, vous sortez ! On va la retenir !
Sa voix sonnait à moitié faux. Le corps de sa bien aimée avait été envahit par une parasite dont il comptait bien la débarrasser, mais pour le moment, il allait peut être être obligé de lui faire du mal. Son âme tremblait à cette idée, mais il n’avait pas le choix.
Tout à coup, un bruit provenant du haut de l’entrepôt alerta les adolescents qui levèrent tous la tête, sauf Ulrich, qui ne voulait surtout pas se laisser distraire. Les autres virent que la tôle était en train de se gondoler dans un vacarme à faire grincer les dents. Les morceaux de plaques arrachés tombèrent au sol dans un bruit sourd accompagné d’un nuage de poussière. Quelques instants plus tard , il bondit du toit deux formes humaines qui fracassèrent le bitume à leur atterrissage. Lorsque la lumière de lune passant par le trou béant du toit vint éclairer leur visage, ils furent tout de suite reconnus : Un adulte assez corpulent mais musclé, la tête entouré dans un bandeau blanc qu’il ne quittait presque jamais, traînant un sparadrap sur la joue de jour comme de nuit. L’autre, un adolescent dans les 15 ans, au beau visage fin, les cheveux mi longs, noirs comme la nuit et en bataille... Jim et William.
Le bien étrange duo se rapprocha lentement du petit groupe, les menaçant de leurs yeux émeraude. Ils ne pouvaient plus s’enfuir. Ulrich espérait encore que la vraie facette de Yumi puisse dans un élan de force se réveiller, mais cela semblait vain, ce mystérieux ennemi qui contrôlait ces spectres avait en réserve une puissance bien plus grande que celle de XANA
Jérémie se plaça devant Aelita. Non ! Tant qu’ils ne seront pas pris, il ne les laissera jamais la toucher ! Jamais ! Cependant, les possédés s’arrêtèrent, comme pris d’une transe soudaine. Ils regardèrent tous en direction de la grande porte de l’entrepôt. Elle se chargea soudain en électricité, puis une partie vola en éclats en l’espace de quelques instants !
Avant que la poussière soulevée par l’explosion et l’effet de surprise ne se dissipe, il sortit de l’ombre avec une extrême vélocité, une jeune garçon, dont le poing s’abattit en plein sur la joue de Yumi, alors qu’elle avait se retourner pour contrer cette attaque qu’elle avait senti venir, ½ secondes avant. Elle fut éjectée à 10 mètres en arrière, contre des barils de pétrole. Ulrich fut d’abord horrifié de voir cela et alla chercher tout de suite à frapper qui avait osé faire cela, mais il savait que le corps de Yumi était beaucoup plus résistant qu’auparavant. En fait, il venait peut être même de le sauver, en l’évitant de la combattre...
Le garçon passa cependant devant lui sans le regarder, Odd, Jérémie et Aelita le dévisagèrent, mais ne le reconnurent pas. Il se positionna devant le petit groupe, face aux deux autres possédés.
_ Vous êtes qui ? finit par dire Odd
_ Quelqu’un qui veut la même chose que vous...
Sa voix était robotique, comme si il était encore moins humain que leurs adversaires.
Ils entendirent alors un bruit étrange dans leur dos, comme un écran qui grésillait : La grande porte coulissante était de nouveau en un seul morceau, intacte.
_ Ce qui a été défait peut être refait.
La voix qui venait de parler provenait d’un coin de la salle : C’était Yumi qui venait de se relever, indemne également. Elle avança en compagnie de ses deux acolytes vers le jeune homme mystérieux, bien qu’elle s’adressa à tout le monde :
_ Même avec lui, vous n’avez aucune chance contre nous. Donnez nous simplement Aelita, nous ne lui feront pas de mal. Odd leur fit un grand sourire.
_ Alors là, je crois que tu te fourre le doigt dans l’œil ! Abandonner nos amis, c’est vraiment pas notre genre !
_ Désolé d’avance pour ce que je vais faire, Yumi... fit Ulrich en se mettant nerveusement en position de combat
Jérémie et Aelita jetèrent un regard rapide à leurs compagnons et l’inconnu. Ils voulaient se battre eux aussi, quels que soient les moyens pour le faire ! Mais le garçon a la vareuse rouge les en empêcha.
_ Vous, fuyez, le plus vite possible ! Aelita, surtout...
La fille aux cheveux roses fut la première étonnée d’entendre un inconnu prononcer son nom, elle voulut immédiatement voir son visage de plus près, pour le moment caché par un morceau d’ombre. Lorsqu’elle posa sa min sur son épaule pour le voir, elle fut saisit d’une peur, courte, mais irrésistible, son cœur fit un bond dans sa poitrine quand elle aperçut un signe très familier dans ses yeux, noirs et profonds. Elle pensa à haute voix :
_ Non... C’est pas possible... C’est...
Jérémie écarte brusquement Aelita en la prenant par la main : XANA venait juste de recevoir un direct de Yumi en pleine tête, le faisant reculer de quelques pas. Ulrich s’approcha doucement de William et déclara :
_ Je le prends !
_ Bon ben, il me reste plus que Jim ! dit Odd avant dépit
Aelita et Jérémie vinrent se réfugier dans un coin sombre de l’entrepôt, attendant une occasion pour sortir par l’autre côté, ils assistèrent ainsi aux différents combats menés.
Bien qu’Ulrich sentait que le spectre qui habitait William était ce côté dominant, il avait l’impression que derrière, le jeune garçon parasité observait et encourageait même le disciple de pentchak-silat. Cette impression renforçait la détermination d’Ulrich, mais il avait tout de même beaucoup de mal à garder le dessus. Chaque coup rapide qu’il portait touchait au but, mais il lui était immédiatement rendu au centuple. Les spectres ne pouvaient maîtriser les choses que leur hôte ne connaissait pas, mais il lui suffisait dans ce cas d’en augmenter la force et la résistance, même si William ne pratiquait aucun art martial. L’espace d’une seconde, il changea de stratégie et déséquilibra Ulrich en dévia un de ses coups, heureusement le garçon aux allures d’athlète eut le réflexe de se protéger la tête avec ses deux bras. Le choc fut malgré tout si violent qu’il faillit être à nouveau déséquilibré. Le combat s’annonçait serré.
Odd était aux prises avec Jim, mais il ne pouvait le combattre normalement, la possession l’avait rendu beaucoup trop fort pour qu’il l’affronte face à face. Chacun de ces coups pouvait être mortel, mais pour le moment, le blondinet arrivait sans mal à éviter ces coups. « Très fort, mais très lourdaud ! » pensa t il. Mais à force d’esquiver, il se rendit compte qu’il avait reculé contre une pile de caisse, le distrayant que quelques secondes à peine, mais assez pour Jim qui eut le temps asséner un grand coup de poing qu’Odd eut tout juste le temps d’éviter en roulant sur le côté. La puissance brute fracassa complètement la caisse. Le petit blond recula à nouveau, mais il buta contre un morceau de bitume dépassant du sol, le faisant trébucher. Jim en profita et accourut aussi rapidement qu’il put vers lui, le poing levé vers le ciel. Son adversaire svelte frôla la mort une nouvelle fois en à peine une minute, d’un simple pivotement sur lui-même au sol.
Alors que le colosse avait le poing coincé à l’endroit où se trouvait Odd, celui-ci se releva d’un bond et saisit un autre lourd morceau de bitume des deux mains et le fracassa sur le crâne de son ennemi qui s’écroula.
_ Désolé, m’sieur ! commenta Odd
Mais le sourire satisfait qu’il affichait ne dura pas longtemps. Le possédé se releva rapidement, comme si de rien n’était. Il avait encore plus en colère qu’avant, la lueur verte dans ses yeux s’intensifia, à tel point qu’on ne distinguer plus les yeux humains... Il était plus que jamais empressé de mettre le blondinet en pièces.
Pendant ce temps, Jérémie et Aelita avancèrent discrètement derrière les piles de caisses en tentant de gagner la sortie, quand soudain débarqua à quelques mètres d’eux, Yumi... Elle s’approcha d’eux, tendant son bras vers le petit génie qui protégeait Aelita. Il n’aurait pas fait le poids, mais la Japonaise fut brusquement éjectée et traînée au le sol sur 5 mètres. C’est le jeune homme inconnu qui venait de les sauver ! Il avait délaissé sa vareuse, dévoilant un T-shirt noir, simple. Il avait l’air épuisé, par rapport à son adversaire qui était toujours en pleine forme. Il tourna la tête vers les deux ados.
_ Qu’est ce que vous attendez !? Partez !
Le temps qu’il ramène son regard devant lui, il reçut un crochet dans le ventre à la vitesse de l’éclair, le mettant à genoux. Il n’avait pas pour habitude d’affronter des ennemis plus forts que lui, cela le mettait dans une rage qu’il n’aurait pas pu contrôler s’il avait été moins faible. XANA avait horreur de perdre, et il comptait bien le faire savoir ! Seulement, il eut pas que le temps de ruminer sa vengeance dans son esprit artificiel, mais pas de la mettre à exécution : A peine fut il relevé qu’il fut projeté par un coup de pied retourné contre un tas de barils. L’un deux, qui était placé plus haut que les autres, s’ouvrit en tombant, répandant une substance collante et noirâtre sur le sol, tout autour de lui. Il ne voulut pas s’admettre vaincu, mais son corps refusa obstinément de bouger. Ses veines auraient éclaté de colère, s’il avait encore suffisamment de force pour contracter ses muscles, mais le corps humain a ses limites...
« Saleté d’imperfections ! » pensa t il
Alerté par le bruit, Odd se retourna, et fut saisit au cou par Jim. Se débattre était peine perdu face à un tel amas de force, mais il essaya malgré tout de donner des coups de pieds dans le bras que le tenait. Yumi le regarda alors, il se tourna vers elle quelques secondes plus tard, comme s’il venait de communiquer par télépathie. Jim jeta son adversaire vaincu comme un vulgaire linge sale, tout près de l’endroit où XANA essaya de se rétablir, droit dans la mare de produits chimiques, il fut assommé sur le coup. Jim s’empara alors de Jérémie et d’Aelita, qui ne purent résister à son emprise. Ulrich était beaucoup trop absorbé par son combat, il ne fit attention à ce qu’il se passait autour de lui que lorsqu’il était déjà trop tard :
Il vit Yumi se saisir du chariot élévateur à mains nues, tel une grosse pierre, le soulevant au dessus de sa tête. Le bruit a métal froissé réveilla Odd brutalement, puis on entendit en concert Aelita, Jérémie et Ulrich hurler avec terreur le prénom de leur ami.
_ OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOD !!!
Williams profita de cet instant de distraction pour faire chuter son ennemi et le plaquer au sol, pendant que la japonaise sous contrôle prit un ou deux pas d’élan et jeta aussi facilement qu’un caillou l’engin sur les deux malheureux vaincus. Odd n’eut pas le temps de lever le petit doigt, qu’il vit il mort lui arriver droit dessus sous la forme d’un chariot élévateur, qui mit immédiatement le feu aux produits chimiques. En un rien de temps, les flammes se propagèrent dans la moitié de l’entrepôt La chaleur infernale de ce brasier provoqua plusieurs réactions explosives... Odd et le jeune garçon n’auraient pas pu en réchapper...
Tous nos amis restants, en particulier Ulrich, continuaient d’hurler jusqu’à s’enrailler les cordes vocales, mais cela n’aurait pu faire revenir personne. Le garçon, XANA, était venu sur Terre dans un corps qu’il avait créé à l’aide de ses dernières forces, à présent, il ne disposait de plus rien d’autre pour contre attaquer.
Le corps de Jim se chargea en énergie, et mit hors d’état les deux otages qu’il tenait chacun sous ses bras, puis, ce fut le tour d’Ulrich de sombrer dans l’inconscience...
Tout était perdu...

Chapitre VI : Seule ?



Il courrait, courrait à s’en étouffer, les arbres défilaient devant lui, il ne voyait plus que ça. Lorsqu’il n’entendit plus aucun bruit derrière lui, il s’arrêta brusquement. Il regarda avec hésitation autour de lui et poussa un grand soupir jusqu’à se vider les poumons, il les avait enfin semés.
Le garçon aux oreilles pointues alla s’appuyer contre un grand chêne majestueux, éreinté par sa course poursuite. Son bonnet étrange et ses vêtements extravagants étaient déchirés, son beau visage jeune et pâle était griffé à plusieurs endroits. Il avait plusieurs fois échappé de peu à la lacération. Cette fois, il semblait être à l’abri, mais le danger rodait toujours dans l’épaisse forêt, il devait s’éloigner, autrement, ils retrouveraient sa trace.... Il avança à nouveau, sous les arbres aux épais feuillages qui voilaient les derniers rayons du soleil. Cependant, il ne savait pas où aller. Il s’était perdu à force de courir pour sauver sa vie.
Le soleil devait être en train de se coucher, il avait froid, un vent glacial faisait vibrer les feuillages autour de lui, le mettait mal à l’aise. Les arbres furent soudain différents, décharnés et gris, effrayants, l’herbe était sèche et noircie, il tremblait maintenant à la fois, de froid et de peur. Le climat rassurant de la fin de sa poursuite se dissipa lentement...
Soudain, le vent s’arrêta. Les arbres ne craquaient plus, les feuilles ne bruissaient plus, l’atmosphère venait de basculer de l’angoisse au silence, au silence total, comme si la nature elle-même avait peur de faire le moindre bruit. Le garçon ne puit plus supporter ces changements aussi soudain ! Il se remit à courir droit devant lui, les yeux fermés, laissant simplement ses enjambées le guider et espérant ne pas rencontrer un arbre sur sa route ! Il ne voulait plus penser, plus avoir peur, simplement sortir de cette forêt qui n’en finissait plus ! Mais en courant sans regarder un seul instant devant lui, il buta sur une pierre et trébucha en avant. Il ne sentait plus le sol, roulant par terre dans la poussière, dévalant une pente raide jonchée des petits cailloux.
Enfin il s’arrêta sur un sol de pierre, il avait mal partout. Il releva douloureusement la tête et regarda autour de lui, allongé. La forêt était nettement derrière lui, en haute de cette pente qui lui paraissait une véritable montagne. Cependant, il était à présent aux portes d’un autre paysage complètement différent, étrange et inquiétant : Au loin trônait sur un colline, un noir château, avec derrière lui une lune rougeoyante, comme si elle était la possession du maître de ce lieu. Ce château n’inspirait que le chaos, des tours pointues, des murs aux formes étranges, et seul un chemin étroit et tortueux permettait d’y accéder.
Etrangement, dans le tête du petit garçon, se formait petit à petit une irrésistible envie d’aller voir de plus près cette monstruosité de pierre. Il se releva... Mais son âme voulait combattre son envie, il ne devait pas y aller ! Il ne fallait pas y aller ! Vite ! Même s’il en avait peur, il fallait retrouver le chemin de la forêt avant que son étrange et soudain envie ne soit plus forte que tout. Mais en se retournant, il tomba nez à nez avec une créature... Noire comme la nuit, aux formes indéfinissables, hormis ses yeux rouges comme deux flammes. Paralysé de terreur, le jeune elfe ne put rien faire d’autre que crier, mais personne ne pouvait venir l’aider. La créature se déploya tout autour de lui, tel un grand voile noir. Il se débattit, mais ses pieds ne sentaient que l’air, comme si la créature n’était qu’une illusion. La monstruosité dévoila alors une grande gueule, avec des crocs acérés et pointus comme des lances. Cette informité se rapprocha encore et encore, jusqu’à ce que le garçon puisse sentir son haleine pestilentielle, puis...

Aelita se réveilla en sursaut, bouffie de torpeur, la respiration saccadée et le cœur battant la chamade. Elle regarda ses mains, elles étaient moites, son corps entier avait transpiré comme si elle avait eu une très forte fièvre. C’était encore un de ses rêves, ou plutôt, un de ses cauchemars étranges, qui mettait en scène ce personnage qui était la réplique de la petite poupée qu’elle avait trouvé à l’Ermitage, il y a quelques mois. Ces cauchemars étaient souvent chargés de symboles, mais cette fois, ce n’était pas la même chose que d’habitude. L’issu était plus tragique qu’avec les loups... On aurait même dit que ce cauchemar était la suite directe de ce dont elle avait déjà rêvé. C’était peut être un présage, peut être, mais les symboles restaient confus...
Elle reprit son souffle et son calme, puis elle regarda autour d’elle : Une pièce quasiment vide, un peu vétuste mais relativement bien entretenue, sombre, mais avec une lampe au plafond éteinte. Elle étendue sur un lit ordinaire, les draps n’étaient pas défaits, elle avait du être déposée au dessus pour être sûr qu’elle ne se réveille pas tout de suite. Elle s’assit au bord du lit, elle distingua ainsi une lumière intense au dessous de la porte de la pièce. N’ayant rien à faire de plus dans cette chambre, elle s’y dirigea. Elle posa fébrilement sa main sur la poignée : La porte n’était pas fermée. Elle l’entrouvrit légèrement et jeta un discret coup d’œil. La chambre donnait directement sur un long et grand couloir éclairé artificiellement par de nombreux néons, fixés sur un plafond de forme ovale. On voyait partout sur les murs en béton des fils électriques et des tubes de cuivres. Personne n’était en vu, Aelita sortit alors de la pièce et ferma la porte derrière elle, puis se mit en quête de ses amis. Jérémie, Ulrich et Yumi étaient peut être ici... Mais pas Odd. Dès lors, elle ne cessa durant son parcours hasardeux dans les couloirs, de penser à lui. Quelle mort atroce il avait dû subir... Non ! Il s’en était sorti ! Il devait s’en être sorti ! Il avait traversé tant et tant d’épreuves et de dangers sur Lyoko et sur Terre, ce n’était pas possible que cela se soit arrêté si brutalement ! Elle imaginait ce que devait ressentir Ulrich, eux qui se connaissaient depuis si longtemps, eux qui étaient un exemple d’amitié, presque de fraternité, rien ni personne n’aurait pu le remplacer...
Elle s’arrêta au bout d’un couloir, c’était un cul de sac, menant à une sorte d’ascenseur. Elle faillit faire demi tour, lorsqu’elle vit une note collée sur l’un des boutons d’appel. Elle le prit en main et lu : « Appuie sur le -2 ». L’écriture de ce bout de papier ne ressemblait à aucune de celles qu’elle connaissait, et rien ne pouvait laisser penser qui en était l’auteur. Elle en arriva tout de même à une conclusion : Cela pouvait très bien être un piège organisé par celui qui avait tout manigancé, le mystérieux commandant des nouveaux spectres... Cependant, c’était la seule piste qu’elle avait en main. Comme elle avait été séparée de tous ces amis, celui qui l’avait amenée ici était sans doute le seul à pouvoir lui dire ce qui leur était arrivé.
Presque contre son gré, elle appuya sur le bouton d’appel et les portes de l’ascenseur s’ouvrirent aussitôt. Elle entra et se retourna pour faire face à un panneau de commande sur le côté de la porte. Machinalement, elle appuya sur le bouton inscrit « -2 ». L’engin eu d’abord une brève secousse, puis se mit à descendre lentement, laissant Aelita à ses questions angoissantes. A quoi pouvait ressembler celui qui avait tant de connaissance pour se servir de XANA comme d’un jouet ? Est-ce qu’il était seulement humain ? Quelqu’un qui avait tant de pouvoir qu’il ait même pu améliorer le programme des spectres ? Et si...
L’ascenseur atteint enfin son but, les portes s’ouvrir sur un petit couloir sombre, finissant par une porte blindée, celle-ci s’ouvrit automatiquement à son approche. Elle entra, hésitante, la porte se referma derrière elle.
Elle était à présent face au plus grand complexe informatique qui lui aurait été donné de voir dans toute sa vie. Un dôme immense avec en son centre, ce que l’on devinait être le pivot de tout le système. Elle s’avança, les yeux ébahis devant cette structure pharaonique, vers l’une des passerelles de métal menant toutes au pilier central. Son regard se dirigea alors vers le bas : Le gouffre qui s’étendait sous elle lui donnait presque le vertige. Tout dans cette pièce était démesurément gigantesque, il aurait fallu plus que toute une vie humaine pour concevoir un tel chef d’œuvre d’informatique... Aelita réalisait à présent qu’il aurait été bien impossible pour XANA de rivaliser avec une telle monstruosité numérique.
Arrivé au pilier central, elle en fit rapidement le tour, et une nouvelle chose l’étonna : après avoir inspecté de fond en comble toute la salle, elle remarqua qu’il n’y avait personne. Elle hésita un instant, puis appela :
_ Est-ce qu’il y a quelqu’un ?!
La seule réponse qu’elle obtint fut l’écho de sa propre voix qui se réverbéra dans tout le Dôme. Elle se dirigea à nouveau vers la porte blindée, mais elle était solidement fermée ! Mais alors qu’elle se demandait comment elle allait sortir de là, une main se posa sur son épaule, grande et ferme. Elle se retourna brusquement, surprise, les yeux écarquillés, comme si elle venait de voir un fantôme. Elle se sentit tout à coup défaillir à la vue de la personne qui lui faisait à présent face, cette tête lui faisait un mal atroce, comme si toutes ses pensées présentes et passés venaient tout à coup de se mélanger... L’homme dit :
_ Aelita, tu me reconnais ?
_ P... Papa...

Chapitre VII : Associations



_ Hé, Jérémie ! Jérémie ! T’es avec moi ?
Il rouvrit doucement les yeux, la voix qui l’appelait paraissait venir de très loin... Il mit sa vue au point, mais elle restait trouble. Il arriva cependant à distinguer le visage d’Ulrich, penché au dessus de lui une demi obscurité. Il porta ses mains à son propre visage et constata que ses lunettes n’étaient plus en place. Sans rien dire, Ulrich fouilla dans une de ses poches et en sortit ce qu’il avait gardé pour son ami, il les remit sur son nez et se redressa. Ils se trouvaient tout deux assis à même le sol, dans une pièce sombre, quasiment vide. Une légère lumière filtrait par le dessous de la porte d’entrée.
_ Où est ce qu’on est ? demanda Jérémie, encore un peu endormi
_ J’en sais rien, répondit Ulrich en se mettant en tailleur
Jérémie se leva et se dirigea vers la porte, évidement, elle était fermée.
_ Et Aelita et Yumi ? fit le petit blond sans se retourner
_ Rien non plus.
Ulrich se leva à son tour et se mit face au mur, s’appuyant d’une main contre. Il avait l’air morose, comme il ne l’avait jamais était, comme si tout espoir l’avait abandonné. Yumi resterait possédée à jamais, du moins, jusqu’à ce que son mystérieux manipulateur ait encore besoin d’elle...
_ Et Odd ?
Jérémie avait longtemps hésité à prononcer le nom de leur ami devant Ulrich, et il avait eu raison : En un instant, le désespoir dans le cœur du jeune homme fit place à la haine. Une haine comparable au brasier infernal dans lequel Odd avait péri, une haine qui ne s’éteindrait jamais, même s’il arrivait à mettre la main sur le responsable et lui ferait payer. LE responsable, car Yumi n’y était pour rien, elle n’était qu’une pauvre victime, tout comme William, Jim... et Odd... Machinalement, le poing d’Ulrich s’abattit sur le mur qui lui faisait face. Il n’avait plus qu’une idée en tête : Faire payer au centuple la mort de son meilleur ami, que même un retour dans le temps ne serait pas capable de ramener à la vie. Jérémie essaya bien de le calmer, mais c’était peine perdue. Rien que le fait d’avoir poussé Yumi à commettre une telle atrocité le mettait en rage, à tel point que tout son être en tremblait.
« Odd, mon vieux, je te jure que j’aurais la peau de celui qui t’as fait ça, je te le promets ! » pensa t il
Les deux adolescents se retournèrent, la porte était en train de s’ouvrir, un homme apparut dans l’entrebâillement, entre ombre et lumière. Ulrich se mit déjà en position de combat, mais il se ravisa lorsqu’il reconnu un visage familier, deux lumières émeraudes brillant derrière ses petites lunettes.
_ Monsieur ?!
C’était encore lui, le proviseur de collège Kadic, ainsi que le spectre appelé N°2, ils ne faisait qu’un sous cette enveloppe de chair. Il resta ainsi pendant une bonne minute sans rien dire, à dévisager nos deux amis, puis il déclara, de son étrange voix :
_ Suivez moi.
Il se retourna et s’avança déjà dans le couloir. Les deux prisonniers crurent bon d’obtempérer pour voir enfin de quoi il en retournait. Cependant, quand Ulrich passa à côté du proviseur, il hésita. Son poing avait malgré tout avait de frapper, de frapper le spectre qui obéissait aveuglement aux ordres du grand manipulateur... Mais c’était justement lui, qu’il voulait, pas un de ses sbires... Il desserra son poing et se calma. N°2 les guida au travers des couloirs bétonnés, marchant sur des grilles en acier. Aux yeux de Jérémie, ils étaient dans une sorte de bunker sous terrain, sans doute entièrement indépendant de l’extérieur. Il repensait alors à la coupure générale de courant et à l’arrêt du temps qu’il avaient subi... Cet endroit en semblait en être complètement isolé. Ils arrivèrent devant une porte noire que N°2 ouvrit, il invita ses deux prisonniers à y entrer. Ils se retrouvèrent devant un bureau où il y avait un ordinateur du même genre que celui de Jérémie. A côté, un siège retourné, où l’on pouvait cependant voir les cheveux grisonnants d’un homme dépasser d’un haut du dossier. Les deux jeunes garçons restaient prostrés tandis que le siège tournait vers eux. L’homme qui était assis semblait avoir la 50ène, des cheveux courts et une barbe grise, affublé d’une longue blouse blanche de physicien et de petites lunettes rondes ne laissant pas voir ses yeux.
_ Qui... Qui vous êtes ? demanda Ulrich, se retenant de frapper
_ Je sais qui c’est ! interrompit Jérémie. Cet après midi, j’ai réussi un déchiffrer une partie des archives de Franz Hopper avant que XANA attaque ! Vous travailliez pour lui sur le Projet XANA, c’est ça ?
_ C’est presque cela, Jérémie, répondit l’inconnu d’une voix rauque sans tomber dans les graves, je ne travaille pas pour Franz Hopper... Je SUIS Franz Hopper.
_ Alors c’est vous qui aviez fait ça à tout le monde ! C’est vous qui aviez fait ça à Sissi, à Yumi et... Odd... C’est vous le responsable ?!
La voix Ulrich était tremblante. Il bouillonnait de rage alors que celui qui tirait toutes les ficelles était en face de lui. Mais lui, ne répondit pas tout de suite. Je paraissais troublé face au jeune homme, il détourna le regard.
_ On m’a informé de ce qui est arrivé au complexe pétrochimique, ça n’était pas supposé ce passait comme ça... Vous ne devriez même pas être là. Je voulais simplement qu’Aelita vienne à moi, mais il y a eu un imprévu : XANA...
_ XANA ? Qu’est ce qu’il a à voir là dedans ?
_ C’est pourtant simple : Je me suis servi de lui car j’en ai besoin pour garder Aelita en vie et les spectres en état. J’avais maintenu sa puissance à un niveau réduit, mais il a réussi à se fabriquer un corps et s’en servir pour venir jusqu’au complexe.
_ Ce... Ce type ! C’était XANA ?! s’écria Jérémie
_ Exactement. C’était un imprévu... Désolé, je sui vraiment...
Soudain, Ulrich se précipita sur Franz, dans un accès de rage qu’il n’était pas arrivé à contenir. Jérémie eut à peine le temps de tendre le bras pour l’arrêter qu’il décocha un direct du droit dans la tête du scientifique. Son siège recula d’un mètre sous le choc, mai lui, ne réagit pas, il pensait bien qu’Ulrich avait eu raison de faire ce geste. Il le saisit ensuite par le col de sa chemise pour frapper de nouveau, sa soif de vengeance toujours aussi intense. Mais une main d’une force bien supérieure à la sienne le retint : N°6 était rentré dans la pièce. Il éloigna de force Ulrich de Franz et le surveilla étroitement.
_ Salaud ! La mort de mon meilleur ami ! C’était un « imprévu » ! Un imprévu !!
Le scientifique ne répondit pas, il se frotta la joue et remit en place se lunettes qui avaient failli être éjectées de sa tête sur le coup. Il regarda le jeune homme athlétique, et Jérémie qui n’avait pas bougé, il leur parla enfin, une pointe de tristesse dans la voix.
_ Je suis... Réellement désolé pour ce qui est arrivé. La seule chose que je voulais, c’était d’avoir Aelita à mes côtés.
_ Et pourquoi ? Qu’est ce que vous lui voulez à Aelita ? s’énerva Jérémie
Franz haussa un sourcil de surprise.
_ Tu n’as donc ma décrypté cette partie de mes archives : Aelita... est ma fille
Les deux jeunes gens furent pris de court par cette déclaration. Depuis toujours, ils avaient imaginé Aelita comme un être purement virtuel, créé de toute pièce... Jamais comme un « ancien » être humain, qui aurait tout oublié, jusqu’à la manière de vivre. Mais Jérémie ne voulait pas le croire aussi facilement, il avait vécu trop de choses avec elle, il lui avait appris trop de choses sur la vie humaine.
_ C’est pas possible ! Menteur !
_ Pourtant, c’est la vérité. J’ai vieilli, durant ces années, mais pas elle, enfermé sur Lyoko, sans que je puisse aller la chercher... Je voulais l’avoir près de moi au moment de réaliser mon projet : L’arrêt du temps, le pompage de toutes les sources électriques de la ville et des alentours, ce sont des étapes nécessaires à la réalisation de mon projet. Il fera en sorte, que XANA n’est jamais existé.
Jérémie essaya de se ressaisir afin de poser des questions rationnelles, mais c’était très difficile. La nouvelle qu’il venait d’apprendre le traumatisait vraiment...
_ Mais... C’est VOUS qui aviez créé XANA ! Pourquoi vous voulez le détruire maintenant !?
_ C’est la manière dont je compte me racheter... De tous ces dangers que je vous ai fait courir, que j’ai fait courir à toute l’humanité, et de me faire pardonner... Qu’Aelita me pardonne... Cela fait 10 ans, depuis que j’ai été obligé de la virtualiser sur Lyoko pour la sauver. C’est pour la sauver de toutes ces expériences qu’elle n’aurait jamais du vivre, à cause de moi...
Ulrich était épuisé de se débattre, serré dans les bras de N°2 comme dans un étau. Il réalisa que le but de Franz n’était pas si maléfique qu’il ne le pensait, mais que cela ne justifiait toujours pas les horreurs et les coups tordus qu’il avait commis.
_ Qu’est ce que vous voulez de nous, alors ? fit il
_ De vous ? Rien... Je vous l’ai dit, vous ne devriez même pas être ici, si XANA n’était pas venu... Mais, je suis navré, je vais devoir vous garder ici jusqu’à l’accomplissement du projet. Je ne peux pas me permettre d’échouer maintenant, vous serez bien traité.
_ Laissez moi vous aider ! dit soudain Jérémie
Ulrich écarquilla les yeux, mais il ne put rien dire, c’était la dernière chose à laquelle il pouvait s’attendre. Franz parut assez froid, face à cette proposition.
_ Tu as mis souvent Aelita en danger, Jérémie, et tu as aussi détruit les armes que j’avais créées contre XANA parce que tu n’avais pas su t’en servir... Non, j’ai travaillé seul pendant 10 ans à ce projet...
_ Alors laissez moi le faire... pour me racheter aussi ! interrompit le jeune garçon. Ce je veux, c’est... être avec Aelita ! Si vous dites vraiment que c’est pour son bien que vous avez imaginé ce projet, alors laissez moi vous aider !
Franz se mit à réfléchir plus sérieusement. Jérémie avait l’air déterminé, et il connaissait aussi ces sentiments pour sa fille. Mais, cela signifiait aussi qu’il devait renoncer à ses amis pour cela... En était il vraiment capable, par amour ?

L’usine. L’endroit était calme comme jamais. Franz avait retiré l’intégralité de ses sentinelles qui étaient affectées à la surveillance de XANA.
Il était affalé sur le sol, le dos appuyé contre un mur. Il ouvrit lentement les yeux, mais il ne vit que du noir : La pièce dans laquelle il se trouvait était plongée dans l’obscurité. Sa tête tournait légèrement, suite au choc qu’il avait reçu, ses membres étaient engourdis et il lui fallut un moment avant de pourvoir bouger. Il avança droit devant lui sans savoir où aller, puis il buta contre un mur de côté. C’est alors qu’il sentit une excroissance dans sa poche : C’était la petit lampe torche de Yumi. Il l’alluma et vit enfin plus clairement l’endroit où il se trouvait : Le Labo. Comment avait il pu atterrir ici, à au moins 5kms de sa dernière position ? Il se souvenait de l’entrepôt du complexe pétrochimique, d’un chariot élévateur qui était sur le point de l’écraser, puis d’une explosion... Et plus rien. Tout en cherchant une explication, il parcourut la salle à la lueur de sa lampe en se dirigeant vers le monte-charge. La porte blindée était grande ouverte, des câbles d’acier pendaient à l’intérieur de la cage, tandis que l’engin lui-même était tombé au fond, en mille morceaux. Mais près de cet amas de débris, il aperçut en éteignant sa lampe, une lueur dorée, filtré par la porte blindée entrouverte du Supercalculateur.
_ XANA fonctionne encore ? pensa t il à haute voix
_ Oui, XANA fonctionne encore.
Une voix robotique venait de derrière lui venait de lui répondre. Il faillit basculer dans la cage du monte-charge, prit par surprise, heureusement, la personne qui venait de parler le retint par la main. Il braqua aussitôt la lampe sur son visage et le reconnut tout de suite : C’était l’étrange inconnu qui s’était battu avec Yumi, qui avait tenté de les aider sans qu’ils ne sachent pourquoi.
_ C’est toi qui m’a ramené ? dit il timidement
_ Oui. Toi et moi avons échappé de peu à la catastrophe.
_ Et qui vous êtes, d’abord ? Avec une voix pareille, on dirait...
_ XANA ? interrompit le jeune homme. Oui. C’est bien moi.
_ QUOI ?!
_ Tu m’as bien compris, humain. Mais si j’ai pris la peine de sauver ta misérable vie en même temps que mon corps physique, ce n’est pas sans intérêt.
Le garçon aux cheveux châtains s’avança dans le labo, lorsqu’il se mit soudain à convulsionner, comme s’il était sur le point d’éclater. L’autre ne put s’empêcher s’esquisser un léger sourire en voyant cela, il se pencha vers lui.
_ Alors comme ça, le Grand, le Très Grand, le Plus Grand programme psychopathe de la Terre a besoin de l’aide d’un Pauvre humain ?
_ C’est tout dans ton intérêt de m’aider... Della Robia, fit XANA en se relevant. Si tu veux avoir une chance de revoir tes amis.
_ Et toi, tu veux quoi ? demanda Odd d’un ton plus neutre
_ J’ai simplement un compte à régler, avec mon créateur.
_ Ton créateur ? Tu veux dire...
_ Oui. Franz Hopper, mon créateur et celui de Lyoko.
Odd ignorait s’il s’agissait bien d’un sentiment véritable, ou celui cela était du au hasard, mais le mépris et la haine avec lesquels il prononçait le nom de celui qui l’avait conçu semblaient très réels.
_ Pour ça, il faudrait savoir où ils sont tous, Monsieur XANA ! reprit Odd
_ Le Supercalculateur et moi sommes liés à une immense banque de données qui se trouve dans la base de Hopper. S’il on réactive Lyoko, on pourra localiser l’endroit où elle se trouve.
_ Mais y a plus d’électricité nulle part, en ville !
_ Il y a un autre moyen. Ma pile nucléaire est toujours en état de marche, mais elle n’alimente que le Supercalculateur. Il faut dériver l’énergie de la pile pour qu’elle puisse aussi alimenter le labo et les scanners pour nous puissions aller sur Lyoko.
Il se retourna soudain et tendit sa main gantée vers Odd.
_ Mais je vais avoir besoin de quelqu’un d’autre, avec moi.
Odd observa la main de XANA pendant quelques instants, puis son visage dénué d’expression par la suite. Il n’était pas sûr que rien ne sorte de cette main, en particulier une puissante décharge d’énergie, mais il devait à partir de ce moment faire abstraction de toute la méfiance qu’il avait en lui et faire confiance au pire ennemi qu’il puisse exister. C’était extrêmement risqué, mais c’était le seul moyen à sa disposition pour retrouver ses amis, et Hopper. Le blondinet avança sa min à son tour, et fait un sourire à demi crispé à XANA.
_ Ca va être un plaisir de bosser avec toi !

Chapitre VIII : Révélations


Dans le bunker de Franz hopper.
Aelita était de nouveau dans sa chambre et s’était assise au bord de son lit. Elle continuait à se poser un tas de question : Où pouvaient être ses amis ? Que lui voulait son père, dont elle avait oublié jusqu’à l’existence ? Elle ne se souvenait que de ne l’avoir brièvement rencontré dans cette étrange complexe informatique, puis de s’être réveillée à nouveau dans cette chambre. Elle regarda autour d’elle, et elle vit, avec un brin de surprise, une chose posée dans le coin du lit contre le mur : Une petite poupée de tissu qu’elle connaissait, exactement la réplique de celle qu’elle possédait déjà : Mr Pück. C’est certainement son père qui l’avait déposé ici, en même temps qu’elle. Elle la pris dans ses mains et la regarda intensément.
Comme beaucoup d’autres choses encore, elle n’arrivait pas à se remémorer le pourquoi de cette poupée. Qu’est ce que pouvais bien représenter Mr Pück, et à quelle occasion avait elle reçu cette poupée ? Un anniversaire, sans doute... Quoi qu’il en soit, c’était en ce moment la seule chose qui consolait Aelita en ce moment. Elle le serrait très fort contre elle pour se donner du courage en ces instants de doute. Elle se souvint l’avoir vu encore récemment dans ses rêves, cependant, le dernier n’était pas comme les autres. Il était plus sombre, la fin encore plus tragique que les précédents. De plus, il semblait bien que ce dernier rêve était en fait, la suite de ton les autres, comme si Mr Pück lui-même lui racontait une histoire d’horreur. Elle n’osait pas se poser la question de savoir ce que ces rêves, ou plutôt, ces cauchemars signifiaient vraiment, trop d’autres questions saturaient déjà son esprit encore embrumé.
Le regard de la jeune fille se braqua soudain vers la porte, elle était en train de s’ouvrir. Par réflexe, elle cacha immédiatement la poupée sous l’oreiller en voyant qui était dans l’entrebâillement de la porte, comme si elle avait peur d’être puni juste pour l’avoir regardé. Son père, il ne lui inspiré pas encore assez confiance... Il resta dans la lumière du couloir pendant un moment, puis il s’avança dans la chambre et vint s’asseoir à côté d’Aelita. Elle ne releva pas la tête vers lui alors qu’il lui parlait.
_ Comment tu te sens ?
Elle ne répondit pas.
_ Je suis désolé, je t’ai ramené ici lorsque l’on s’est rencontré, tu es un très gros choc.
Aelita ne savait pas encore si elle devait prendre les paroles de Franz comme une réelle compassion, ou simplement pour un faible moyen de lui faire mieux passé ce qu’il a fait. Elle osa enfin l’interroger sur ses actes, sans encore relever la tête vers lui.
_ Papa, pourquoi tout ça ? XANA, les autres... et Odd, pourquoi ?
_ Odd... Cela ne devait pas arriver, XANA n’était pas supposé intervenir dans cette histoire. Odd en a subit les conséquences... Je suis réellement désolé.
Elle esquissa un geste de la tête, mais elle se ravisa l’instant d’après. Ce n’était pas une raison suffisante pour elle, d’ailleurs, aucune explication que son père aurait pu fournir n’aurait pu justifier le fait que Odd soit mort. Elle avait envie de pleurer, pour se soulager, mais elle n’osait pas, comment son père pourrait il interpréter cela ? Mais malgré elle, quelques larmes de chagrin mêlées de colère courraient sur ses joues. Elle était tiraillée entre l’envie d’étreindre son père qu’elle avait oublié, et l’envie d’étrangler le responsable de la mort d’un de ses meilleurs amis. Franz reprit la parole, Aelita n’étant vraiment pas décidée à lui parler.
_ Aelita, pour comprendre les fois que j’ai fait, notamment celui de m’être entièrement consacré à ce lieu pendant que tu étais sur Lyoko, il faut que tu saches la vérité, il faut que tu saches ce que la visualisation sur Lyoko a effacé de ta mémoire. Mais si tu n’en as pas envie... Si tu ne me fais pas assez confiance... Je comprendrais.
Elle ignorait si c'était ses derniers mots qui avaient provoqué sa réaction, mais elle leva enfin la tête, et regarda son père droit dans les yeux, derrière ses lunettes rondes. Elle dit d’une voix triste, mais résolue :
_ Dis moi.
Franz paraissait encore un peu hésitant, ignorant encore l’impact de ce qu’il allait dire sur l’esprit de sa fille. Finalement, après un long soupir, il commença.
_ Voilà :
Il y a une 15ène d’année, une équipe de scientifiques très éminents et très en avance sur leur époque travaillaient sur un grand projet, celui de construire un monde virtuel à l’image de l’humanité, et de créer la plus puissante intelligence artificielle pour en contrôler le fonctionnement. Ce projet était financé par le gouvernement de l’époque, mais il n’a jamais était connu du grand public. On a nommé à la tête de ce projet, un homme, sa femme avait accouché peu de temps auparavant. Moi, toi et... ta mère. De l’eau coula sous les ponts, le projet avançait tranquillement, comme toi tu grandissais. Tu apprenais très vite, et comme moi, tu t’étais pris d’une passion pour les mathématiques, très jeune. Nous étions vraiment la famille la plus heureuse du monde, à cette époque... Mais un jour, seulement quelques jours après tes 6 ans, il s’est passé quelque chose de terrible, c’était le premier évènement qui déclencha tout le reste : Ta mère... Elle... Elle a eu un grave accident de voiture. Elle ne mourut pas sur le coup, mais elle tomba dans un profond coma, c’est même peut être pire que si...
Franz fit une pause intempestive, le dernier mot qu’il avait prononcé lui avait laissé échappé un sanglot. Aelita le remarqua. A partir de ce moment, elle ne cessa de fixer le visage changé d’émotion de son père, racontant ce récit qui le marquait tout autant qu’elle. Il reprit.
_ Depuis ce jour là, nous passions tous les jours, au moins quelques heures à son chevet. Toi, tu étais encore trop jeune pour bien comprendre ce qui lui arrivait, mais je ne pouvais pas, je ne pouvais pas te dire la vérité, pas tout de suite... Je me contentais de dire simplement que ta mère était très épuisée, qu’il fallait qu’elle dorme beaucoup... Mais tu n’y as pas cru longtemps. Ces visites devenaient un supplice pour nous deux, le coma n’évoluait pas, mais c’était la seule manière de garder encore un peu d’espoir, chaque fois que l’on quittait sa chambre d’hôpital. Pourtant, à ce moment, il ne fallait pas que je néglige le projet, lorsque nous étions à l’hôpital, j’envoyais mes directives au reste de l’équipe et les laissaient prendre la suite des opérations. Le soir, à la maison, parler d’autre chose que de ta mère n’était pas facile, alors nous nous efforcions de parler de ta vie à l’école, de tes progrès, et même du tout 1er petit ami que tu as eu !
Aelita et Franz se regardèrent un instant dans les yeux, ils esquissèrent un semblant de sourire à l’évocation de cette seule anecdote, mais l’homme reporta la seconde d’après son regard vers l’avant, dans le vide, reprenant une expression entre 2 sentiments.
_ Le projet aboutissait, mais les erreurs s’accumulaient à un rythme alarmant, à cause de l’absence réelle de direction. La plupart du temps, je n’étais pas là pour surveiller si le travail se déroulait bien, toi et ta mère étaient les choses les plus importantes de ma vie, et malgré mes efforts pour ne pas négliger mon vrai travail - officiellement, j’étais professeur de physique, au collège, dit t il dans sa barbe - et mon travail en secret, les deux en souffraient... Ainsi, alors qu’un prototype de programme de manipulation temporel venait d’être mit au point, le gouvernement décida de nous couper les vivres, il estimait qu’il gaspillait son argent dans les réparations des erreurs ! Il nous a tout simplement mis à la porte, du jour au lendemain, et le projet a officiellement était arrêté ! Cela faisait 7 ans, 7 ans de la vie de nombreux scientifiques réduits à néant ! Plusieurs d’entre nous ont essayé de faire pression sur le gouvernement, de les convaincre que les erreurs n’étaient que temporaires, mais ils ont tous étaient muselés... En fait, la seule chose que le gouvernement avait gaspillée, c’était nos vies, c’est une chose que je ne pardonnerais jamais.... La vieille usine fut ensuite condamnée, en attendant d’être détruite.
Franz fit une pause et regarda Aelita dans les yeux, elle n’avait apparemment pas décroché un seul instant, et buvait chacun de ses mots comme un nectar rare. Même s’il se doutait de sa réponse, il lui posa tout de même la question :
_ Tu veux que je continue ?
Elle hocha simplement la tête, trop absorbé par le récit pour pouvoir parler. Franz avait en fait également posé cette question à lui-même, faire revivre ce temps par la parole était si douloureux qu’il en avait une boule dans la gorge en permanence, mai il continua.
_ Quelques mois passèrent, et le dossier du projet de monde virtuel fut définitivement classé. Mais l’usine ne fut pas détruite, le projet fut simplement oublié. Si les anciens membres avaient su cela, ils en auraient été malades ; de savoir que ce sur quoi il avait consacré une partie de leur vie avait non seulement été abandonné, mais qu’il avait été aussi délaissé, comme un blessé que l’on fait semblant de ne pas voir... Mais... les malheurs ne s’arrêtèrent pas là : 3 jours après tes 12 ans, que nous avions « fêté » au chevet de ta mère, les médecins nous ont appelés la nuit pour nous annoncer... Pour nous dire que...
Il devait le dire, il lui avait promis la vérité, TOUTE la vérité, il devait le faire. Il prit une grande inspiration et reprit.
_ Pour nous dire que son cœur s’était arrêté de battre, alors qu’elle était sortie pendant quelques minutes de son coma... Je n’ai pas osé t’en parler, c’était trop dur à recevoir, et beaucoup trop dur à dire. Le lendemain, j’ai pris une décision : J’ai essayé de m’introduire à l’intérieur de l’usine abandonnée et j’y suis arrivé, je devais reprendre le projet, seul, pour la mémoire de ta mère ! Car c’était... C’était la chose qu’elle désirait me voir réussir ! Avec toi, cet ex projet gouvernemental était devenu ma priorité absolue. A partir de ce moment, je n’ai plus vécu que pour toi, et ce monde virtuel, Lyoko...
Mais au fond, ce programme de manipulation temporel m’intéressait encore plus, si j’avais pu le finir et le faire fonctionner, je nous aurais retransporté dans le passé, pour que tout cela n’arrive jamais... Au bout d’un moment, le but de finir de construire Lyoko s’était effacé de ma tête je ne pensais plus qu’à retourner vers le passé, cela m’obsédait au point que j’ai été jusqu’à quitter mon poste de professeur au collège. Enfin, j’ai atteint mon but. Le projet, le Supercalculateur baptisé Xanadu était terminé et prêt à être activé. Tout allait redevenir comme avant, je nous revoyais déjà ensemble, tous ensemble, c’était mon plus grand espoir... Mais le Supercalculateur avait des défauts de conception ! Le premier lancement a était le dernier ! Le moteur nucléaire du Supercalculateur surchauffait gravement, des vibrations provoquaient des secousses énormes, à tel point que l’usine a failli se disloquée, s’écrouler sur elle même ! Et toi, toi qui m’accompagnait toujours quand j’allais à l’usine, tu étais allé à la salle au dessous de la salle de contrôle qui était initialement prévu pour des exploration du monde virtuel et là...
Franz fit de nouveau une pause, il était hésitant.
_ Et là, je ne sais pas ce qui s’est passé... Je pense qu’un des scanners s’est ouvert, à cause des tremblements, tu as du tomber à l’intérieur, et tu as été virtualisée sur Lyoko. J’ai pu arrêter Xanadu, mais je me rendis compte que je t’avais perdue... J’ai essayé de reconfigurer totalement le Superordinateur, j’ai passé des jours et des nuits à travailler sur les scanners, j’ai cherché les données qui te concernaient, je n’ai... je n’ai rien trouvé... J’étais désespéré... D’abord ta mère, puis toi... Et si je vous ai perdu toutes les deux, c’était uniquement de ma faute ! Si j’avais refusé dès le départ, si j’avais incité le gouvernement à ne pas faire ce projet, rien de tout cela ne serait jamais arrivé.
Pendant les mois qui ont suivi, je me suis littéralement battu contre moi-même pour continuer à vivre, je me littéralement coupé du monde extérieur, cherchant dans les réseaux du monde entier un petit détail, une chose minuscule qui pourrait m’apporter un soupçon d’espoir. Puis, j’ai découvert l’existence de ce bunker ! Il avait été bâti par un groupe d’origine étrangère, inspiré du projet Xanadu à l’abandon, pendant que moi, je le terminais. Mais lui aussi, avait été abandonné, mais pas découvert depuis. Ce groupe voulait construire le plus puissant des ordinateurs du monde, mais qui ne soit pas une intelligence artificielle. J’ai feuilleté pendant des mois les dossiers de cet autre projet... Il était parfait ! Il n’y avait pas la moindre instabilité !
Je savais ce que je risquais, après que j’ais perdu ce que j’avais de famille et de vie, je pouvais me perdre moi-même, et au fond, c’est ce que je voulais... Je voulais que le travail qu’allait me demander ce nouveau projet m’achève, détruise ce qu’il me restait. Mais finalement, j’ai tenu le coup, j’ai continué à m’accrocher pour peut être pouvoir un jour recréer un autre système de manipulation temporel.
Des années plus tard, j’ai appris que Xanadu avait été rebranché ! Je craignais de le faire à l’époque, à cause des conséquences qu’aurait pu avoir la fission du moteur nucléaire... Mais rien ne s’était produit. Je me demandais même si je n’allais pas reprendre le système du Supercalculateur pour m’en servir et avancer plus vite ce qui était devenu MON projet, mais j’ai vu, en explorant les données de Xanadu depuis ma position... Que tu... Que tu étais vivante... Vivante, je n’osais même plus l’imaginer ! C’était même devenu impossible à moins d’un miracle ! J’étais tellement heureux à l’idée de te revoir ! Seulement, plus rien n’aurait pu être comme avant : Tu avais perdu la mémoire, tu ne te souvenais même plus de ce que « être humain » signifiait, et ta virtualisation semblait être définitive... Immédiatement après la joie, ce fut le déception, je t’avais tout de même peut être perdue pour toujours... Mais, j’ai laissé tes amis, ceux qui ont découvert le Supercalculateur - renommé XANA - et qui t’ont découverte, toi, faire ce qu’ils avaient à faire. Pour une raison qui j’ignorais, j’étais à l’abri des effets du retour dans le temps du Supercalculateur, cela m’a permis d’observer tous vos progrès ! Tout ce que tes amis ont fait pour toi a dépassé toutes mes espérances ! Je sais que pour toi, ils auraient pu donner leur vie. Alors, j’ai fini par établir mon plan selon ce que vous faisiez, et en attendant le jour où je pourrais te revoir en chair et en os, j’ai fabriqué un troyen puissant que j’ai implanté dans le cœur de XANA, jusqu’au moment où je pourrais m’en servir, pour contrôler ce que vous appeliez « le retour vers le passé ». Puis, ce jour a fini par arriver, XANA est devenu assez puissant pour que mon plan puisse enfin fonctionner.
Il fit une nouvelle pause, laissant ainsi le temps à lui-même et à Aelita de respirer. Ce qu’il allait dire ensuite était peut être encore plus terrible que tout le reste. Car tout ceci, la jeune fille l’avait définitivement oublié, mais elle portait en elle depuis peu une blessure qui n’était sans doute pas prête de se refermer.
_ Je dois t’avouer une chose, tu ne vas sans doute pas me pardonner de sitôt par ça : C’est moi qui ais aidé XANA dans sa dernière attaque, j’avais besoin « d’assistants ». Même si je pouvais le contenir, je ne voulais pas laisser XANA sans surveillance. C’est comme ça que j’ai créé les « nouveaux » spectres... Seulement, il y avait parfois des instabilités, et cela s’est ressenti deux fois : A l’usine, l’un d’eux était hors de contrôle, il a failli te tuer... J’ai dû le désactiver entièrement... Crois moi, j’ai eu le sentiment pendant ce temps que tout allait de nouveau s’écrouler...
La 2ème fois, c’était au complexe pétrochimique. J’ai du utiliser des méthodes qui m’ont dégoûté de moi-même pour empêcher Jérémie d’accéder à mes données, et j’ai perdu après pendant un moment le contrôle du spectre à l’intérieur du corps de ton amie Yumi... C’est moi le responsable de ce qui est arrivé à Odd, ce n’était pas l’intervention de XANA. Je n’ai pas pu faire autrement que de jouer en permanence avec le feu, et c’est Odd que j’ai brûlé... C’est de ma faute...
Franz se sentait soudain envahit par un sentiment irrésistible de culpabilité, tandis qu’Aelita tentait de digérer tout ce qu’il venait de lui être raconté. Elle ne savait pas quoi en penser, toute une partie de sa vie effacée de sa mémoire à cause de toutes ses années d’isolement sur Lyoko. Franz avait encore la force de parler, mais sur un ton larmoyant.
_ Si tu ne veux pas me pardonner, si tu me hais maintenant que je t’ai raconté tout cela, je comprendrais très bien. J’arrêterais mon projet, j’arrêterais même toute cette histoire si tu le voulais...
Aelita se recroquevilla sur elle et s’appuya contre le mur, elle posa sa tête sur ses genoux. Elle aurait cru qu’après cela, il lui serait revenu des souvenirs, un flash, n’importe quoi comme lorsqu’elle a revu son père la première fois, mais rien, rien ne lui revenait...
_ Papa, dit elle d’une voix à peine audible, tu ne m’as pas répondu, pourquoi tu as fait tout ça ?
Franz baissa la tête. Est-ce qu’elle le haïssais ? Elle faisait comme si tout ce qu’il venait de lui raconter n’avait pas atteint ses oreilles, c’était en définitive peut être à ce moment, qu’il l’avait perdue pour toujours.
_ Mon projet a toujours était le même, il l’est encore maintenant : Revenir dans le passé, le modifier pour que tout ce que nous avons vécu ne soit jamais arrivé.
_ « Tout ce qu’on a vécu », ça comprend aussi mes amis... Et Jérémie ?
Franz se rapprocha de sa fille, il l’entoura d’un bras rassurant. Contrairement à ce qu’il pensait, Aelita ne le repoussa pas, mais elle n’accueillit pas non plus ce geste comme un geste d’affection, elle avait encore trop de doutes.
_ C’est pour ça que, dès que j’ai su que tu étais vivante, je voulais t’avoir près de moi, pour savoir si je devais, s’il fallait que mon projet aille à son terme... Ma chérie, j’ai une grave question à te poser.
Il changea de position et se à genoux sur le lit, face à elle, toujours recroquevillée.
_ Est-ce que tu veux revenir en arrière ? Est-ce que tu veux revenir à l’époque où nous étions tous heureux, où nous formions une vraie famille ?
Elle se recroquevilla encore plus, elle réfléchit. Connaître une mère dont elle n’avait plus aucun souvenir, mener une vie normale sans avoir tout les jours à ce demander dans ses rêves si la fin du monde ne va pas survenir parce que XANA l’aura voulu ? De son côté-là, dans sa tête, le choix était clair. Mais de l’autre... Oublier... oublier une nouvelle fois ce qu’elle avait construit de sa nouvelle vie, oublier les espoirs, les joies, les peines qu’elle avait vécu. Et surtout ses amis... et Jérémie. C’était encore impossible.
_ Papa... Oui, je le veux.
_ Tu en es absolument sûre ?
_ ... Oui, j’en suis sûre.
_ D’accord.
L’homme se releva enfin, il se dirigea lentement vers la porte.
_ Papa !
Franz se retourna brusquement.
_ Oui ma chérie ?
_ Mes amis, et Jérémie, où sont ils ?
_ Ils sont tous ici, dans la base. Tu veux les voir ?
_ ... Non, j’ai envie de rester seule.
Franz hésita un instant, puis il se dirigea de nouveau vers la porte. Avant de sortir, il dit :
_ Si tu as besoin de quoi que ce soit, ou si tu veux voir tes amis malgré tout, vient me trouver au Dôme.
Il allait refermer la porte, lorsque Aelita intervint à nouveau.
_ Papa !
_ Oui ?
_ Comment... Comment s’appelait maman ?
_ Olga, elle s’appelait Olga.
Le scientifique poussait un très long soupir, puis il sortit enfin.
Pourquoi Aelita avait elle si brusquement donné une réponse, alors qu’en fait, rien n’était mois sûr ? Elle avait à choisir entre ses amis et sa famille, le plus cruel dilemme qui lui avait jamais été donné d’affronter. Qu’allait elle bien pouvoir décider, s’il était possible de le faire ?

Au labo de l’usine.
XANA tapait frénétiquement sur le clavier du Superordinateur depuis déjà 2 heures, grâce à l’énergie que lui fournissait la pile nucléaire du Supercalculateur. Derrière lui, Odd faisait les 100 pas. 2 heures qu’il essayait de reprendre le contact Lyoko, sans grand succès. Mais enfin, il obtint un résultat : un signal, faible, mais ce fut la preuve que l’univers virtuel n’avait pas subi de dommages graves. Odd se positionna derrière le siège alors que XANA effectua un scanner des Territoires. Celui repéra un Tour... mais il était impossible dans connaître la localisation. Le blondinet remarqua cependant un détail, sur cette bâtisse : D’après l’écran de l’ordinateur, elle semblait être entourée par un halo blanc... Hopper, c’était lui, il n’y avait aucun doute. Ils venaient peut être de trouver le chemin qui allait les conduire à lui...

Chapitre IX : Le chemin de la Tour



Les deux garçons se dirigèrent vers les échelons métalliques dans le fond de la salle et les descendirent. Odd repensait à ce que XANA lui avait dit : Leur transfert sur Lyoko par l’intermédiaire des scanners allait coûter beaucoup d’énergie à la pile nucléaire, et le temps que celle-ci soit à nouveau en état de fonctionner, il allait peut être se passer un long moment... Un très long moment. De plus, ce moyen de virtualisation constituait une porte d’entrée de secours vers Lyoko, mais pas une porte de sortie. Si jamais ils devaient être dévirtualisés pendant leur exploration de Lyoko, cela serait certainement définitif. C’était un énorme risque à prendre pour Odd, et il savait qu’il risquait vraiment cette fois, de ne pas en revenir, car il n’était pas sûr une fois à la Tour, s’ils y arrivaient, de pouvoir trouver un moyen pour revenir sur Terre. Mais il n’avait pas le choix. Même avec XANA comme compagnon de voyage, il devait essayer, tenter l’impossible pour retrouver ses amis, faire tout ce dont il avait le pouvoir pour les aider ! Hopper ne devait pas avoir prévu que lui et XANA pourrait se sortir de ce terrible feu d’Enfer à l’entrepôt, il fallait en profiter, de cette situation, à n’importe quel prix...
Au dessous du labo régnait un épaisse obscurité que seule la lumière que dégageaient les sarcophages dorés arrivait à percer. Le cœur de Odd battait à tout rompre tandis qu’il regardait avec intensité le scanner dans lequel il allait entrer, comme s’il dévisageait un adversaire faisant 3 fois sa taille. Les portes s’ouvrirent, le rythme cardiaque du blondinet atteignit un seuil critique. C’était la toute première fois qu'il allait entrer dans une de ses énormes capsules, et il n’était pas sur de pouvoir en ressortir. Sa respiration était rapide mais saccadée, son corps ne voulait plus du tout bouger, lorsqu’une voix s’éleva :
_ Allons y, on a assez perdu de temps.
XANA dirigea un regard mauvais vers Odd puis entra, les portes de son scanners se refermèrent derrière lui. Pendant un instant, le blondinet fut soulagé de cette intervention. Il se dit en lui-même :
« Ouf ! Ca aurait été trop bête d’avoir une crise cardiaque maintenant ! Allez mon vieux, on se reprend... T’as juste à mettre un pied devant l’autre... »
Avec une extrême lenteur, il posa un pied à l’intérieur du sarcophage, puis l’autre, puis il vit les portes se refermer. Pendant une minute qui parut une éternité, il sentit léger, hors du temps et de l’espace, traversant un long couloir à une vitesse faramineuse, au bout duquel il ne savait pas ce qu’il y avait...
Il se réveilla, légèrement engourdi. La première chose qu’il remarqua fut une longue rangée d’arbres très fins, puis en baissant le regard, de la verdure couvrant de très étroits chemins. Lyoko. La virtualisation avait bien était incertaine, au point qu’ils ne savaient pas à l’avance dans quel Territoire lui et XANA allaient atterrir, mais elle avait réussie, et les avait transportés dans le Territoire de la Forêt.
Il n’y avait pour le moment aucun monstre en vue, mais le Lyokoguerrier félin entendit soudain d’étranges bruits métalliques derrière lui. Il fit un bond en avant et un demi tour sur lui-même dans l’es airs, tout en chargeant quelques unes de ses flèches laser. Au sol et en position de tir, il fit face à une 20ène de mètre de lui à un Kankrelat, d’apparence tout à fait banal. Odd l’avait en plein dans sa ligne de mire, pourtant, il hésitait à tirer, le monstre bougeant à peine ne présentait pas le moindre signe d’agressivité. Au risque d’être touché, il se releva de sa position et s’avança vers la bestiole virtuelle, tout en la maintenant en joue. Celle-ci ne chercha même pas à tirer. Le félin baissa ça garde, puis il l’examina attentivement, il dit ensuite, d’une manière encore peu convaincue :
_ XANA ?
La bestiole numérique fit bougé son cœur de haut en bas, comme pour répondre affirmativement. Odd se retint à ce moment de laisser échapper un fou rire face à l’incongruité de la situation.
« Ah la honte ! XANA sur Lyoko est juste un bête Kankrelat ! Si les autres pouvaient voir ç... »
Les autres... Repensant soudain à ses amis sans doute en danger, le sourire qu’il avait aux lèvres s’effaça. Il ne devait pas perdre de temps à rire. Il fit se retourna en avançant et fit un signe derrière lui au Kankrelat pour lui dire de le suivre, mais il s’aperçut que celui-ci était déjà en train de prendre la tête avec quelques mètres d’avance. Il n’y avait aucune pulsation visible ni audible, pourtant XANA semblait savoir parfaitement où il se dirigeait... Après, Lyoko était son domaine, peut être qu’à présent qu’il y était lui-même, savait il où la Tour devait se trouver...
Pendant les premiers temps de leur exploration, tout semblait calme, cependant, des monstres apparaissaient anarchiquement au dessus de la Mer Numérique, dévirtualisés en quelques secondes le temps d’y plonger. Voyant cela, Odd jeta un regard inquiet au Kankrelat XANA, il pensa dès lors qu’il fallait absolument veiller à ce qui ne lui arrive rien, car s’il venait à tomber lui aussi dans la Mer Numérique, il ne donnerait pas cher de ses derniers espoirs de retrouver ses mais...
Ce dernier ne pouvait pas courir comme lui, pourtant, il fallait que ce soit lui qui continue à mener leur marche, de plus leur route vers cette Tour blanche n’allait sûrement pas rester aussi tranquille longtemps, elle risquait d’être pénible...

Elle ouvrit les yeux, mais ne vit au 1er abord que la pénombre. Sa tête était aussi lourde qu’une enclume, comme si elle avait dormi pendant plusieurs jours d’affilé. Allongée sur le côté et sur le sol froid, elle vit un fin filet de lumière au raz du sol. Elle commençait à pouvoir bouger ses muscles engourdis lorsqu’elle entendit une voix familière lui parler ...
_ Yumi, tu m’entends ? Yumi, dis moi quelque chose !
Cette voix résonnait dans sa tête comme un écho venait de très loin. Instinctivement, elle tourna nerveusement la tête, elle vit alors un visage encore trouble et à moitié dans l’ombre penché au dessus d’elle. Une main se mit à s’agiter devant son visage.
_ Yumi ! Hé ho ! Tu m’entends ? répétait la voix
Il lui fallut un immense effort pour arriver à extirper quelques mots du fond de sa gorge.
_ Ul... Ulrich, c’est toi ? dit elle faiblement
_ Yumi, enfin ! Tu m’as fait une de ces peurs ! J’ai cru que tu me reconnaissais pas !
Le jeune homme aida son amie à se redresser, la soutenant par l’arrière de sa tête. Elle se sentait faible, très faible, vidée de toute son énergie dont elle débordait d’habitude.
_ Qu’est ce que... Où est ce qu’on est ?
_ On est enfermé... Dans le bunker de Franz Hopper. Répondit sèchement Ulrich
_ Ho... Hopper ? répéta Yumi, ne comprenant pas encore la gravité de la situation
_ C’est lui... C’est lui qui est derrière tout ça.
Toujours soutenue par les bras rassurants d’Ulrich, elle porta sa main à son front pour essayer d’atténuer une migraine lancinante, mais en vain. Ulrich pensait que s’il devait avouer certaines choses à son amour secret, c’était le moment. De lui dire des choses qu’il n’osait pas dire de peur de briser leur amitié, parce qu’à présent, il ne savait pas ce qu’ils allaient devenir... Mais il fallait d’abord lui parler d’autres choses, de ce qu’il s’était passé durant ces très longues dernières heures. Il avait le cœur serré de devoir lui poser certaines questions qui n’allait certainement pas lui faire de bien, mais il fallait le faire maintenant, pendant qu’elle émergeait encore de son sommeil forcé à l’intérieur d’elle-même... Il fallait qu’elle sache certaines choses, mais il ne pouvait pas tout lui dire tout de suite, c’était impossible. Il devait passer au compte goutte ce qu’il avait à raconter.
_ Yumi, de quoi tu te souviens ?
Elle porta de nouveau ces mains à sa tête, rien que de devoir utiliser son cerveau pour se rappeler d’évènement passés la faisait souffrir. Cependant, elle raconta :
_ Je... Je ne sais plus... Attends ! Sissi... Je me souviens du collège et de Sissi... J’étais rentrée dans sa chambre et je n’avais rien trouvé... Ou plutôt... si. Mais j’ai pas su ce que c’était... Ensuite, ensuite... Je me souviens plus, plus rien après ça...
C’était bien ce dont Ulrich se doutait : le parasite qui l’avait possédée avait utilisé sa personnalité pour s’exprimer à sa place et se faire passer pour elle. Sa haine contre Hopper ne faisait que se renforcer à l’écoute de son amie, il voulait l’étrangler, le tuer de ces mains même pour s’être servi sans aucun scrupule de celle qu’il aimait... Elle reprit.
_ Dis moi, qu’est ce qui m’est arrivé tout ce temps ?
Il fallait désormais que le jeune garçon fasse extrêmement attention à ce qu’il allait dire et à la manière dont il allait répondre à toutes les questions qui saturait certainement l’esprit de Yumi. Elle n’était pas du genre à être traumatisée facilement, du moins, c’est le caractère qu’elle affichait, mais un certain évènement n’allait certainement pas passer de sitôt... Ulrich prit une grande inspiration, puis le commença.
_ Tu as été... possédée par un spectre contrôlé par Hopper... Ca a du commencer depuis que tu es revenu de la chambre où était Sissi. Jérémie avait trouvé au complexe pétrochimique un point de relais du plan de Hopper et on y est allé... On l’a trouvé dans un entrepôt, et là... On a été piégé, il a su qu’on était là...
Yumi resta silencieuse dépend une bonne minute, essayant de se souvenir de ce dont Ulrich parlait, mais il n’y avait rien à faire, ce passage avait été gommé de sa mémoire... Mais qu’est ce que Hopper avait bien pu l’obliger à faire ? Et comment se faisait il...
_ Pourquoi... Est-ce que le spectre n’est plus en moi ?! A l’usine, pourtant...
_ Oui, je sais... Mais je sais pas ce qui a pu se passer, on t’a amené ici alors que je dormais...
Ulrich sentait qu’il s’avançait de plus en plus en terrain glissant, il se rendit compte qu’il ne pourrait définitivement pas l’éviter, Yumi commençant à vraiment reprendre conscience.
_ Et les autres, où ils sont ?
_ Jérémie... Je l’ai vu. Aelita doit être là aussi.
Elle nota chez Ulrich l’étrange ton, agressif, presque méprisant, lorsqu’il avait évoqué Jérémie, mais ce n’était pas cela qui l’inquiétait le plus. Pourquoi ne disait il rien sur Odd ? Est-ce qu’ils s’étaient disputés alors qu’elle était sous contrôle ?
_ Et Odd ?
Ulrich se couvrit soudain d’une épais voile de silence, il paraissait aussi très fortement gêné. Pourtant, la japonaise insista.
_ Tu sais où il est ?
Le jeune homme faillit ouvrir la bouche, mais il se ravisa aussitôt. Ce traitement du silence commençait à vraiment inquiéter Yumi.
_ Ulrich, il est rien arrivé à Odd, hein ?
_ Yumi... Je... Tu... bégaya-t-il
_ Il a disparut ?! S’il te plait ! Dis moi ! Qu’est ce qu’il lui est arrivé !
Ulrich en avait des frissons. Il ne voulait pas, il ne pouvait pas, pourtant, il s’était promis de lui raconter ce qu’elle désirait savoir... Cela s’échappa de sa bouche.
_ Il... Il est mort...
Yumi poussa un cri de terreur. Non, pourquoi, pourquoi s’était arrivé !? Lui qui arrivait toujours à se sortir des pires situations sur Terre ! Comment cela avait il puis se produire ?!
A partir de ce moment, Ulrich décida de prendre les devants et lui raconta ce qu’il s’était passé par la suite dans le bunker, y compris ce qu’il considérait comme une trahison de la part de Jérémie... non ! Elle ne voulut pas y croire ! Dès l’instant où elle avait su qu’elle avait été possédée, elle s’était préparée à apprendre qu’elle avait vécu, et peut être même commis des choses répréhensibles... Mais rien ne l’avait préparé à des choses aussi affreuses ! Un sentiment effroyable de culpabilité l’envahissait, comme une noyée avalée par la furie de la mer.
Elle se leva brusquement, mais chancelante, et alla s’adosser contre un mur, écrasée par ce sentiment de ne rien avoir fait, et de ne rien avoir pu faire. Ulrich, toujours assis par terre, interrompit son récit, pestant contre lui-même de devoir être celui qui doive lui raconter une telle horreur. Elle le regarda intensément. Elle sentait qu’il lui cachait encore quelque chose, elle ne lui disait pas tout. Son visage avait beau être fermé, elle voyait que tout son être se retenait d’imploser, pour être sûr que ce qu’il retenait resterait non dit. C’était peut être mieux ainsi... Yumi ne voulut pas aller plus loin, elle en avait déjà trop entendu ! Bien assez de malheurs et de désastres lui étaient parvenus jusqu’au oreilles en peu de temps ! Elle se serait creusée sa propre tombe pour s’enterrer elle-même, oublier tout ce qu’elle avait appris, oublier la mort... S’il n’y avait eu personne avec elle. Mais Ulrich était là... Elle s’était promis bien auparavant de ne jamais se reposer sur lui, de ne jamais se laisser abattre et qu’il devienne la seule personne sur laquelle elle pouvait encore s’appuyer... mais cette fois, c’était réellement trop fort, trop dur à supporter ! Elle se rapprocha d’Ulrich, et elle s’écroula dans ses bras. Elle le serrait très fort et enfonçait sa tête dans sa poitrine. Lui, après avoir hésité devant cette réaction soudaine, posa délicatement sa main dans ses cheveux noirs. Elle ne pleurait pas, ses yeux étaient saturés, fatigués, elle aurait eu trop de choses à pleurer en une seule fois.
Dans le couloir, un garçon à lunettes s’éloigna de la porte. Il était resté à côté tout le long de leur discution et l’avait écoutée en intégralité. C’est vrai, il était peut être devenu un traître envers eux, mais la mort de leur compagnon l’effectuait tout autant... Ils se disputaient souvent, allant même parfois jusqu’à se traiter de tous les noms, mais ils s’aimaient tout deux comme les amis très proches qu’ils étaient. Quand il y repensait, c’était peut être aussi pour cela qu’il avait décidé d’aider Hopper, pour oublier ses disputes, ces colères... Et tout ce qui s’y rapportait... Il continua ensuite sa route vers le Dôme.

Dans le Territoire de la forêt, Odd, guidé par le Kankrelat XANA, avançaient d’un pas lent au travers de la verdure virtuelle. Au loin, on entendait des tirs désordonnés. Comme rien ne pouvait plus pénétrer sur Lyoko, le félin pensait que cela devait être des monstres qui se prenaient pour cible entre eux. Il observait XANA avancer devant lui et de temps en temps, jetait un coup d’œil en direction de la Mer Numérique, regardant avec dédain les créatures virtuelle se matérialiser, puis tomber l’instant d’après dans le vide. Soudain, le Kankrelat s’arrêta, puis on entendit un sifflement. Odd s’arrêta également et regarda autour de lui. Il mit son poing en avant, près à tirer au moindre signe de vie, mais il n’y avait toujours rien en vue. Le sifflement gagnait en intensité, comme si quelque chose se rapprochait à grande vitesse. Odd remarqua alors qu’une ombre était rapidement en train de s’élargir au dessus du Kankrelat. Il leva les yeux vers le ciel jaunâtre et réagit l’instant d’après : Il se précipita sur XANA et bondit pour le saisir à deux mains. Quelques secondes plus tard, un Mégatank s’abattit à cet endroit même dans une violente onde de choc accompagnée d’un nuage de poussière. Après avoir fait un roulage pour sauver son guide de Lyoko de l’écrasement, Odd se releva aussitôt, juste à temps pour éviter le 1er faisceau rouge que il envoya la boule dès qu’elle fut remise du choc. Odd se mit à courir vers un grand arbre, bien plus large que les autres et s’y cache derrière, le Kankrelat toujours dans les bras. Un autre tir secoua grandement le tronc d’arbre, il faisant dire que cet abri n’allait pas les protéger bien longtemps.
« Là mon vieux Odd, c’est le moment d’avoir une idée de génie ! »
XANA s’agitait dans se bras, voulant descendre de force, mais le guerrier félin continuait de le tenir fermement. Il ne voulait prendre aucun risque, il avait trop besoin de lui... D’ailleurs, il n’osait pas pour cela attaquer le Mégatank de front. Il risquerait sa vie à la moindre blessure et il n’avait pas d’opérateur pour recharger ses flèches laser s’il venait à en manquer. Odd s’appuya dos contre l’arbre et jeta un regard autour de lui, cherchant une solution simple et rapide : Revenir en arrière était impossible, l’arbre était au bord de leur plaque, et les plateformes aux alentours trop éloignés pour qu’il puisse y sauter sans être dangereusement à découvert... Il devait réfléchir et trouver très vite une échappatoire, ou ils seraient perdus tous les deux...
Alors que le Kankrelat continuait de se débattre dans les bras du blondinet, comme un bébé mécontent, un autre tir du Mégatank vint frapper à nouveau l’arbre qui commençait à craquer, surprenant du même coup Odd qui en lâcha XANA. Libéré, celui se rapprocha d’un bord de la plateforme et se tourna vers le félin. Celui-ci s’avança à peine, se demandant ce qu’il comptait faire, quand la petite créature sauta dans le vide !
Effaré, il se précipita au point de chute pour le rattraper, mais il n’y vit qu’un voile de brume. Il se calma en l’espace d’un instant, puis il se dit que XANA n’avait vraiment aucun intérêt à se donner la mort sur Lyoko... C’était qu’il devait avoir une raison d’avoir fait ça ! Mais alors qu’il hésitait encore à le suivre, une chose précipita sa décision : L’arbre numérique éclata en millions de pixels, le faisceau rouge se dirigeant maintenant droit vers lui ! Il eut tout juste le temps d’avoir le réflexe de sauter par-dessus bord avant que la dangereuse attaque ne lui fasse perdre ses précieux point de vie.
La chute dans la brume parut durer éternellement, au point qu’il essaya de se rattraper à toute sorte d’étranges éléments flottants qui passaient à sa portée, mais ils se brisèrent dès qu’il essayait de ralentir sa chute en posant la main dessus. Il se heurta violemment à plusieurs rochers volants qui éclatèrent sous l’effet du choc engendré par la vitesse. Enfin, il finis par toucher le sol, de la manière la plus dure possible. Animé par sa seule volonté, il se releva aussitôt, marchant nonchalamment sur quelques mètres, puis il s’écroula de nouveau...

Chapitre X : Dans les profondeurs



Il était mort. Il était déjà supposé l’être auparavant, mais là, il était réellement mort ; du moins, c’est ce qu’il voulait croire. Quand il rouvrit les yeux, il ne vit que du brouillard, épais, et gris.
« Alors là c’est clair, je suis mort ! » pensa t il encore
Il entendit alors s’approcher de lui des bruits métalliques aigus, très rapprochés les uns des autres. Une créature émergea lentement de cette purée de poix : Un Kankrelat. Odd pointa son bras vers lui, mais sans grande conviction. Cependant, la créature ne bougeait pas, s’agissait il de XANA, ou d’une hallucination crée par son esprit, de la vie avant sa mort... S’il s’agissait bien de lui, c’est qu’il avait survécu à sa longue et périlleuse chute. Il Reprit peu à peu conscience, il était bien vivant. Il abaissa sa garde. La créature secoua son corps de bas en haut et commença déjà à s’éloigner au travers du brouillard, Odd se mit à le suivre. Alors c’était vrai, XANA n’avait pas sauté dans le vide numérique en désespoir de cause, il y avait bien quelque chose en dessous, il le savait. Mais une question trottait dans la tête du blondinet : OU l’avait il emmené ? Il distinguait à pas le Kankrelat qui ne se trouvait pourtant qu’à quelques mètres de lui, et au fur et à mesure qu’ils avançaient, ce brouillard opaque ne désépaississait pas. Pourtant, il n’avait pas l’impression d’être en plein air, mais comme enfermé dans une grande pièce, pour preuve, il passa tout près d’un mur étrange, lisse et bleuté. Il l’effleura des pendant quelques instants du bout des doigts.
« Ca ressemble au 5ème Territoire... Y a doit une sortie ! »
En jetant un regard à tout hasard autour de lui, il s’aperçut que le Kankrelat n’était déjà presque plus visible, il se précipita alors vers lui pour ne pas être perdu. Soudain, la créature disparut, purement et simplement de la vue du blondinet virtuel. Paniqué, il agita les bras dans le brouillard essayant de le retrouver, mais rien n’y fit. Une lumière blanche, perçant la brume se rapprocha de lui, à tel point qu’il en fut aveuglé. Un énorme bruit sourd, comme un train passant à grande vitesse se fit entendre. Lorsque Odd rouvrit les yeux, il était à présent dans une espace dégagé : Une gigantesque salle, carrée et bleutée. Partout dans l’air flottaient des blocs rectangulaires, un lourd bruit, comme un battement de cœur, semblait provenir des tréfonds de l’abîme qui s’étendait au dessous de la plateforme sur laquelle Odd se tenait. De cette étrange salle se dégageait quelque chose d’indescriptible, une sensation encore jamais éprouvée sur Lyoko, elle emplissait à la fois le blondinet d’un étrange malaise, et d’une peur dont il ne savait rien...
A ses pieds, le Kankrelat. Il semblait bien qu’il l’attendait. Ils se trouvaient sur une petite plateforme de seulement quelques mètres de surface. Devant eux, s’étendait un étroit pont, long d’au moins 300 mètres, menant à une petite alcôve dans un des 4 immenses murs bleus et lisses qui formaient la salle. Il n’y avait cependant pas l’air d’y avoir un quelconque passage au bout, mais c’était le seul chemin qu’il pouvait emprunter. Le Kankrelat se retourna et commença à s’avancer sur le pont, Odd le suivit de près.
Tout en marchant, il regardait avec une certaine fascination les alentours et se surpris même à être émerveillé par la totalité du décor ambiant, au point qu’il se rapprochait imprudemment du bord en pensant qu’il pourrait mieux observer. Il n’avait jamais auparavant pu prendre le temps d’admirer le 5ème Territoire sous cet angle, pourtant, il y avait déjà plongé un nombre incalculable de fois. Mais, c’était la toute première fois qu’il pouvait prendre le temps de faire vagabonder son regard sur l’étrange beauté de ce décor impossible, sans avoir dans la tête un chronomètre de 3 minutes. Les couleurs unies de l’immense salle étaient enchanteresses, faisant voguer l’esprit du Lyokoguerrier félin entre admiration et inconscience, il ne regardait même presque plus devant lui. Mais soudain, un bruit ramena Odd à la réalité, il s’arrêta alors que XANA se retournait vers lui. Il ne comprit pas tout de suite ce qu’il se passait, jusqu’à ce que la fragile passerelle se mette à trembler. Il porta son regard derrière lui et vit qu’elle était en train de lentement se désintégrer à partir de la plateforme qu’ils avaient quittés !
Odd réagit aussi vite qu’il put, prit à nouveau le Kankrelat sous son bras et fonça vers leur seule échappatoire. Ils avaient déjà parcouru près de la moitié de la distance et avaient une marge de sécurité avant que la catastrophe ne les rattrape. Mais au bout de quelque seconde de course, un obstacle se dressa devant eux : Deux Rampants apparurent de dessous le pont et se postèrent en travers de leur route. Surpris, Odd s’arrêta net. Les créatures hideuses s’apprêtèrent déjà à ouvrir le feu sur lui ! Il jeta un rapide coup d’œil en arrière : la désintégration s’accélérait et se rapprochait dangereusement, l’avance qu’ils avaient sur elle se réduisait à vue d’œil. Il pensa rapidement à un plan... Il ne savait pas combien il lui restait de points de vie après sa chute vertigineuse, il n’avait donc pas droit à l’erreur.
Les Rampants étaient à une 10ène de mètres de lui et ne semblaient pas vouloir bouger, leur gueule grande ouverte dévoilait un point rouge qui se mit rapidement à grandir, il n’y avait plus qu’une petite seconde avant qu’ils ne tirent...
_ Flèche laser !
Odd courut vers ses ennemis tout en tirant en rafales l’intégralité de ses munitions, alternant entre les deux monstres. Ses armes ne touchèrent pas au but mais rencontrèrent les tirs des monstres, les annulant instantanément. Quand il ne fut plus qu’à 1 mètre d’eux, il exécuta, avec la grâce d’un athlète, un saut périlleux par-dessus les Rampants qui tentèrent de l’abattre en vol. Il retomba parfaitement sur ses pieds en continuant sa course pour sa survie vers l’alcôve au bout du pont. Les créatures ne purent le suivre que quelques secondes avant de sombrer dans l’abîme, trop lents pour échapper à leur sombre destin. Le félin et XANA n’étaient alors plus qu’à une 50ène de mètres de leur but, quand le premier fut touché dans le dos par une dernière salve tirée par l’un des deux monstres juste avant de sombrer. Odd tomba en avant et en lâchant du même coup le Kankrelat qu’il tenait sous le bras, celui roula sur quelques mètres. La désintégration se poursuivait toujours et n’était maintenant plus très loin. XANA se redressa rapidement sur ses 4 pattes et, sans attendre Odd, s’en alla vers l’autre côté du pont qu’il atteint sans problème.
Odd se releva en grimaçant, ressentant très durement la perte de ses points de vie. C’étaient sans doute les derniers qui lui restaient, mais il ne pouvait plus courir pour les sauvegarder. Il marcha en se forçant vers son salut, alors que le vide le talonnait presque. C’est alors qu’il vit de loin, l’œil rougeoyant du Kankrelat s’illuminer, encore et encore... il allait tirer, et cette fois, Odd dut se rendre à l’évidence qu’il était bien trop faible pour l’éviter.
Alors cette histoire allait s’arrêter là ? XANA l’avait emmené simplement ici pour le tuer, pour se débarrasser de lui une fois qu’il n’en aurait plus besoin ? C’était trop fort ! Comment avait il pu songer un seul instant qu’il aurait pu l’aider à rejoindre ses amis sur Terre ?! Comment avait il pu lui accorder ne serait ce qu’un fragment de sa confiance ?! La rage du désespoir et de la trahison l’envahissait, le poussant même à avancer plus vite pour aller déboulonner le Kankrelat à la main ! Mais il savait bien qu’il ne pourrait pas... Animé par sa colère, il continua malgré tout d’avancer. Pendant que XANA concentrait son énergie, le blondinet leva son bras tremblant en avant vers le petit monstre pour tenter de la viser, mais il eut à peine le temps d’ajuster son tir que le laser mortel de son ennemi était déjà parti ! Pendant une fraction de seconde, Odd ferma les yeux... Le faisceau rougeoyant passa à quelques centimètres de sa tête, et atteignit en fait ce qui se trouvait derrière lui : Un Rampant, dont un gémissement affreux sortit de sa gueule, alors qu’il s’apprêtait sans doute à tirer lui aussi ! Odd n’était alors plus qu’à quelques pas de son but tandis que la créature gluante se remettait de l’impact, mais le Kankrelat fut le plus rapide et tira une seconde salve qui ne tua pas le monstre, mais le retint suffisamment longtemps sur place pour que le vide l’engloutisse définitivement.
Ainsi, après avoir mis seulement un pied dans l’alcôve carrée, Odd s’écroula, épuisé. Il regarda vaguement le Kankrelat qui était juste à la hauteur de sa tête. Il n’arrivait toujours pas à le croire, c’était bien XANA qui venait de le sauver... Une 2ème fois, alors qu’il pensait bien qu’il allait l’achever. Un sentiment bizarre l’envahit alors. Dans d’autres circonstances, si XANA avait était à sa place, il n’aurait sans doute pas réagit de la même manière. Il se demandait vraiment comment cela était possible... Après tout, peut être que XANA n’était pas si dénué de sentiments que cela... Ou alors, était ce son instinct de survie qui lui dictait cette conduite si inhabituelle... Odd se surpris alors à sourire face à l’œil numérique froid, mais rouge du Kankrelat. Puis, celui-ci se dirigea au fond de l’alcôve. Le mur se fendit en deux et s’ouvrit littéralement à son approche. Il dévoila ainsi un autre mur bleu qui s’ouvrit de la même manière que le précédent, suivit par 6 autres qui formèrent ainsi un petit couloir long de quelques mètres. Odd se releva pour suivre son guide dans ce passage nouvellement créé, toujours aussi mal en point. Ce couloir aboutit à une petit plateforme bleue, enfermée dans une espèce de cage formée de câbles entrelacés les uns dans les autres. Odd regarda au travers : L’extérieur était gigantesque, gigantesque de vide... Au loin, il apercevait une immense sphère par laquelle sortaient plusieurs tunnels cylindriques. Ainsi, c’était d’habitude par là que l’on entrait dans le 5ème Territoire, jamais il n’aurait imaginé que celui-ci était en fait si grand... La sphère n’en représentait en fait qu’une toute petite partie.
Odd continuait cependant de se poser une question :
« Ou on est sensé aller, maintenant ? »
Comme si XANA avait entendu sa pensée, il se dirigea vers le mur derrière eux, puis tira sur une sorte de bouton encastré dans le mur. Aussitôt, le couloir ils avaient emprunté pour venir se referma comme il s’était ouvert. La pièce entière fut brusquement secoué, puis se mit à descendre. La surprise passée, Odd réalisa ce que cette pièce était en fait. Il se tourna ensuite vers le Kankrelat :
_ Où est ce qu’il va, cet ascenseur ?
Evidement, le petit monstre ne put lui répondre, il se contenta de le dévisager. Le félin se laissa alors tomber sur le dos, fatigué, regardant le plafond de la cage d’un œil vide et se laissant bercer par le bruit de l’ascenseur qui descendait, se demandant s’il allait encore pouvoir tenir longtemps avec le peu de points de vie qui lui restait. La sphère principale du Territoire disparut bientôt de la vue, mais tout le reste ne restait que vide. Des pulsations ! Des pulsations se faisaient entendre, elles étaient de plus en plus fortes... A quoi cet ascenseur allait bien les mener...

Chapitre XI : Quand battent les Coeurs



Quelques pièces plus loin, Ulrich s’occupait toujours de Yumi, qui restait désespérément inconsolable de la mort de Odd et de la trahison de Jérémie.
Ce sentiment envahissant de culpabilité ne la quittait pas, et en fait, elle ne voulait pas qu’il la quitte. Elle était la plus âgée, elle se devait de faire attention aux autres, de ne surtout pas se laisser piéger pour continuer à veiller sur tout le monde, et surtout... sur Ulrich. Mais elle s’était laissée trompée... Prisonnière d’elle-même, elle n’avait rien pu faire pour s’en sortir, alors qu’elle pensait maintenant qu’elle aurait bel et bien pu faire quelque chose, même de sa position.
Ce chagrin, mêlé culpabilité et de honte envers Ulrich d’apparaître aussi faible, c’était sa punition. Elle l’acceptait, sans même essayer d’y résister. Elle aurait cependant voulu, pendant qu’elle se sentait si vulnérable, dire ce qu’elle avait sur le cœur pour son ami. Lui dire, sans avoir à se soucier de ce que cela lui ferait si cela ne se passait mal. Mais cela faisait aussi parti de sa punition, une sanction émotionnelle qui lui interdisait de se dévoiler entièrement à Ulrich dans une telle situation, même si elle en avait envie. C’était son honneur, qui lui imposait toutes ces souffrances mentales...
La porte s’ouvrit alors lentement, sur la silhouette sombre à contre jour du proviseur, les yeux verdoyants. Il leur fit signe de le suivre...

Pendant ce temps, Jérémie traversait les couloirs du bunker. Depuis que Franz lui avait parlé de la décision formelle d’Aelita, il en était devenu obsédé. Cela ne s’était pas ressentit dans son travail avec Franz, mais il avait comme un poids sur le cœur qu’il ne pouvait être soulagé.
Le projet allait être bientôt aboutit, Jérémie avait donc quitté son poste sous les protestations et les conseils de Hopper, disant que sa fille ne voulait voir personne. Il avait tout de même fini par se lever de son siège pour aller la voir. Le petit blond essayait de se convaincre que tout cela était la responsabilité d’Aelita, à elle seule, qu’elle était la plus à même de juger sa propre décision et qu’il n’avait pas le droit de la remettre en question... Mais c’était plus fort que lui. Il avait mis un moment à réaliser ce que cela entraînerait, ce que cela voulait dire, mais à présent il le savait : Cela signifiait qu’Aelita préférait retrouver son ancienne vie de famille, se séparer de ses nouveaux amis, qu’elle allait de toute façon oublier.
Au détour d’un couloir, il s’arrêta et s’appuya contre un mur. Il baissa la tête, enleva ses lunettes, et essuya les quelques larmes qu’il n’arrivait pas à retenir. Son cœur était triste et serré, comme pris dans un étau de fer. Est-ce que tout ce qu’il avait réalisé, tout ce qu’il avait fait pour elle depuis tout le temps qu’ils se connaissaient avait été en vain ? Tout ce qu’il avaient affronté ensemble aurait il de toute façon conduit tôt ou tard à la Compression Temporelle ? Il avait beau avoir décidé de son propre chef de suivre la cause de Hopper pour faire ce qui était bon pour Aelita, allant même jusqu’à se faire passer pour un traître aux yeux de ses amis encore vivants, il n’arrivait pas à croire qu’il avait fait tout cela pour finalement ne plus jamais la revoir... Non, ça ne pouvait pas, ça ne devait pas arriver, ce n’était pas naturel. S’il aimait vraiment Aelita comme il se doit, il fallait qu’il trouve un moyen, qu’ils cherchent ensemble une autre façon de voir le futur... Il fallait qu’elle change sa décision !
Il remit ses lunettes en place et avança vers la chambre d’Aelita, d’un air déterminé. Il pensait aussi à ses amis, car il y avait également un autre problème : C’était un peu grâce à XANA et à Aelita, si leurs relations et les rapport qu’ils entretenaient tous ensemble étaient si forts. C’est en combattant ensemble et en se liant également d’amitié avec la fille virtuelle qu’ils étaient devenus inséparables. Mais si XANA n’existait pas, que ce passerait il ? Rien, il ne se passerait plus rien. Ou peut être, au contraire, certaines choses se passeraient mieux, mais le risque était beaucoup trop grand, il ne pouvait pas se permettre, il ne pouvait plus se permettre de le courir !
Il arriva devant la porte de la chambre, il hésita quelques instants, puis il frappa à la porte.
_ Oui ? fit une petite voix à l’intérieur
_ C’est Jérémie, je peux entrer ?
Il y a eu un silence glacial entre eux, pendant un 10ène de secondes qui s’écoulèrent telle des minutes, puis Aelita répondit tout aussi faiblement :
_ Entre.
Il ouvrit la porte et la ferma tout de suite derrière lui. La fille aux cheveux roses était recroquevillée sur elle-même, mais dès que Jérémie fut assez proche, elle s’assit au bord de son lit, ce dernier vint s’asseoir à côté d’elle. Il y avait une certaine tension dans l’air, le petit blond préféra alors engager tout de suite la conversation.
_ Aelita, je... Je connais ta décision au sujet du projet de ton père. Je voudrais te dire que...Si c’est vraiment ce que tu veux, alors je continuerais jusqu’à ce...
_ Je n’ai pas pris ma décision, interrompit elle
Jérémie eut un sursaut de surprise.
_ Mais... Mais Franz m’avait dit...
_ J’ai dit ça seulement sur le coup, j'avais envie de revoir ma mère, mais maintenant je... je ne sais plus. C’est la décision la plus difficile que j’ai jamais eu à prendre... C’est vraiment trop dur ! On m’a laissé le choix entre retrouver la famille que j’ai perdu et dont je me souvenais même plus, mais perdre une nouvelle famille qu’on a eu tant de difficultés à construire...
_ Aelita, je ne sais pas trop ce que je peux faire pour t’aider... Mais, quoi que tu puisses décider, je ferais tout ce qu’il faut pour te suivre.
Ils se regardèrent un instant dans les yeux, semblant soudain chacun l’âme de l’autre comme pour vérifier leur sincérité respective. Soudain, la jeune file se jeta au cou de Jérémie, pleurant toute les larmes de son corps qu’elle réprimait depuis qu’elle avait rendu sa « fausse » décision à son père.
_ Qu’est ce que je suis égoïste ! Depuis qu’on s’est rencontré, je n’ai pensé qu’à moi ! Si j’avais juste accepté mon sort, vous auriez tous débranché XANA et vous n’auriez pas subi toutes ces histoires à cause de moi ! C’est de ma faute, si Odd est mort, c’est de ma faute !
Un filet de larmes courait sur ses joues et n’en finissait pas. Jérémie la serrait très fort contre lui, avec toute la tendresse qu’il avait si longtemps conservée pour elle.
_ Non, c’est pas ta faute Aelita ! Toi, tu n’as rien demandé, c’est nous qui avons décidé de te sortir de Lyoko ! Tu méritais plus que personne qu’on fasse quelque chose pour t’aider, et on l’a fait ! Mieux on t’a connu, même virtuelle, moins on a eu envie de te perdre, que XANA fasse de toi ce qu’il voulait... Quitte à la combattre toute notre vie, on pouvait pas te laisser comme ça dans le Supercalculateur éteint, c’était pas possible !
_ Jérémie... Tu as couru tellement de risque pour moi... Pour me virtualiser, et ensuite... Pour mon anti-virus ! Tu as tellement dépensé d’énergie pour moi alors que tu aurais pu...
_ Oui, j’en ai eu des nuits blanches, aussi... Mais, je pouvais pas faire autrement, je pouvais pas te laisser...
Aelita, toujours pendue au cou de son ami, cessa à ce moment de pleurer. La vois de celui-ci était devenue plus hésitante. Pas comme s’il cherchait ses mots, mais comme si certains sentiments qu’il avait gardé enfoui au plus profond de lui-même étaient en train de faire surface. C’est vrai, ils étaient devenus si proches qu’ils n’avaient même plus besoin d’étaler leurs émotions qu’ils avaient l’un envers l’autre. Cependant, leurs sentiments les plus forts restaient ainsi non dévoilés...
_ Jérémie... Vous comptez vraiment tous beaucoup pour moi. Mais toi... Tu as une place à part dans mon cœur... Tu as toujours été le plus attentionné avec moi, tu as toujours fait ce qu’il fallait. Tu m’as même... Tu m’as même réappris à vivre, alors que j’avais même oublié que j’avais été humaine avant !
_ Les... Les autres en ont fait autant que moi ! fit il, tremblotant
La température corporelle d’Aelita montait en flèche, ses mains devenaient moites et son cœur battait à tout rompre. Elle se dégagea à peine du petit blond à lunettes et prit son visage dans ses mains. Malgré la situation, elle était heureuse.
_ Jérémie, je suis consciente de ce que vous avez TOUS fait pour moi, que vous vous êtes tous battus pour que je vive. Mais toi, tu as été présent à chaque instant où j’avais besoin de parler, tu as fait tellement...
Le cœur du petit génie battait en concert avec celui d’Aelita, leur respiration devenait très synchronisée.
« Tu m’as même fait découvrir une chose très très importante, que je n’avais peut être même pas connue dans mon ancienne vie : Même quand j’étais coincée sur Lyoko, je pouvais aimer, j’avais oublié ce que c’était, mais je pouvais aimer... Mes amis, mais aussi... Toi, Jérémie !
_ Aelita... J’ai jamais, jamais vraiment trouvé le moment pour en parler... Avec XANA, et tout le reste...
_ C’est pas non plus le bon moment maintenant, mais il faut... Il faut...
Leur visage se rapprocha lentement, pendant que de leur bouche, s’échappa respectivement une faible parole. Moins qu’une parole, un souffle :
_ Je t’aime.
Ils s’embrassèrent ainsi langoureusement pendant une minute. La minute, à la fois la plus courte et la plus longue qu’ils n’aient jamais vu passer. C’était enfin la concrétisation de tout ce qu’ils avaient vécus, de toutes les épreuves qu’ils avaient traversés, ensemble. Abandonnant à contrecoeur la douceur des lèvres de Jérémie contre les siennes, elle glissa le long de son corps, jusque sur ses genoux, où elle posa sa tête.
_ Jérémie... Je ne veux pas. Je ne veux pas oublier tout ça. Je ne veux pas retourner dans le passé et oublié ma vie près de toi et des autres ! Même si j’aimerais aussi que la mort de Odd nous pèse moins lourd, je ne veux pas oublier non plus...
_ Alors il faut y aller. Il faut aller voir ton père et lui dire de tout arrêter, on a encore le temps de le faire ch...
La porte s’ouvrit soudain, aveuglant les deux adolescents. Lorsqu’ils purent rouvrir les yeux, ils virent Franz, le visage grave, dans l’entrebâillement de la porte.
_ Papa ! s’écria Aelita
Jérémie le dévisagea. C’était évident, il avait écouté leur conversation. Aelita releva la tête des genoux de Jérémie, puis il se leva rapidement pour aller lui parler, mais l’homme prit les devants.
_ Je sais, je vous ai entendu.
_ Alors, il faut arrêter ! Il est encore...
_ Non, c’est trop tard...
Jérémie recula machinalement de quelques pas, Aelita prit un air effaré.
_ Pendant que tu étais parti, j’ai terminé le programme, et je l’ai lancé !
_ Alors arrêter le ! insista Jérémie
_ Je ne peux pas. Comme tu as du t’en apercevoir, le système ne fonctionne pas du tout de la même manière que XANA, il est moins puissant et ne peut être lancé qu’une seule fois. Mais une fois lancé, je ne peux plus l’arrêter !
_ Papa, non ! cria Aelita
Franz se retourna et fit un pas en avant, sortant dans le couloir.
_ Venez au Dôme avec moi, vos amis y sont déjà.

Odd se réveilla en sursaut, violement secoué. Il ouvrit les yeux et se releva rapidement tandis que les câbles de l’ascenseur s’écartèrent pour permettre au Kankrelat de passer. Le blondinet le suivit alors. Ils durent traverser un assez long couloir cylindrique. Autour d’eux, des matrices transparentes tournoyaient, émettant des petits bruits semblables à ceux des doigts sur les touches d’un clavier. Sortis de ce tunnel, Odd resta pétrifié d’effroi et de fascination face à la grandeur démesurée de ce qu’il avait à présent devant les yeux :
Il était à l’intérieur d’une gigantesque coupole translucide et bleutée. Cette structure ne reposait sur rien, mais elle recouvrait entièrement l’immense plaque sur laquelle le blondinet et le Kankrelat se trouvaient. Cette dernière avait la forme du signe de XANA, ils y étaient rentrés par le sommet. Tout autour de la plaque, sous ce que la coupole recouvrait encore, s’étendait le vide numérique. Il s’étendait également au-delà de la coupole, et cela, à perte de vue. Chaque bruit, chaque reflet de la structure de verre le mettait dans un état proche de la transe et le faisant avancer très lentement, alors que le Kankrelat avait déjà loin devant. Alors qu’il se demandé où ce dernier l’avait emmené, sa réponse se matérialisa, très haut au dessus de sa tête. La chose la plus étrange, le plus mystérieuse et aussi la plus terrifiante qu’il lui jamais été donné de voir sur Lyoko :
Un cœur. Un énorme cœur virtuel scintillant de bleue, faisant au moins 20 fois sa taille. Des ceintures de matrices tournaient autour de lui. Il palpitait, il battait régulièrement comme un lourd tambour dont le bruit se réverbérait partout, sur chaque centimètre de la coupole. Les pulsations... c’était donc ça. Des ventricules de l’organe virtuel sortaient de grands câbles, semblables à ceux visibles dans les Territoires à la surface. Ils montaient, traversaient la structure, puis ils montaient encore, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus les voir.
« Si Jérémie pouvait voir ça, il serait vert... » pensa le Lyokoguerrier
Ainsi, c’était le Cœur de XANA. Cet endroit représentait le centre du Supercalculateur, là où tout était contrôlé, tout était décidé. Odd baissa la tête vers le sol et il vit, juste au dessous du Cœur, en plein milieu de la planque : La Tour. La fameuse Tour tant recherchée, entourée d’un halo blanc. Le Kankrelat avait pris au moins 150 mètres d’avance, il attendait déjà au pied de la bâtisse. Il fallait un effort à Odd pour détourner son regard, quasi hypnotisé par le Cœur, puis il avança un peu plus rapidement pour rejoindre son guide. Il semblait n’y avoir rien d’autre dans ce lieu, la Tour n’était pas gardée. Cela n’était cependant pas normal. Hopper devait se douter que même si son plan avait été parfait, il y aurait eu un risque pour que quelqu’un puisse arriver jusqu’ici. Ce n’était pas normal qu’il n’y ait personne...

Chapitre XII : Dernière danse



Ils étaient tous à présent devant l’immense structure informatique. Hopper, seul sur un des passerelles, avec en face de lui tous nos amis. Derrière eux, M. Delmas, Jim et Williams, veillaient...
Enfin, après de très longues heures de séparation, nos amis s’étaient enfin tous retrouvé, mais ce n’était plus la même chose... Personne n’osait parler à personne. Même les couples entre eux étaient soudain devenus muets. On n’entendait aucun autre bruit que le vrombissement grandissant du Pilier Informatique du Dôme. Nos amis ne voulaient échanger aucune parole, pourtant, les pensées de l’un, étaient aussi claires pour l’autre que s’il pouvaient communiquer par télépathie. Ulrich avait toujours de la rancœur envers Jérémie après la décision qu’il ait prise, pourtant, il voyait dans ses yeux comme une impuissance, ou simplement du regret. Si fort que cela prouvait que les choses ne s’étaient pas passées comme elles auraient dues... Yumi ne savait pas trop quoi penser, ayant encore sur le cœur un profond dégoût pour elle-même alors qu’elle croyait en fait, apercevoir les mêmes choses dans le regard d’Aelita. Toutes les deux, dans une impulsion se seraient volontiers sacrifiées pour arrêter cette folie... Mais elles se rendirent compte que cela n’aurait rien changé ! Il était à présent trop tard pour faire machine arrière !
Ulrich et Yumi n’avait pas été prévenus du pourquoi de ce rassemblement, mais il aurait fallu être aveugle pour ne pas se rendre compte de l’extrême gravité de la situation : Le projet de Hopper était arrivé à son terme, ils étaient dans les derniers instants...
Franz ne dit rien pendant 2 minutes, mais il fit un signe de la main vers Aelita : Il l’invitait à le rejoindre. Ce geste était symbolique, mais Franz y tenait énormément : Si Aelita le faisait, cela voulait dire qu’elle acceptait définitivement son sort, de revenir de son plein gré à sa vie d’autrefois qu’elle, pour Franz, n’aurait jamais du quitter...
Mais elle, restait désespérément accrochée à la main de Jérémie, la serrant très fort presque jusqu’à s’en couper la circulation du sang et fermant ses yeux pour éviter à ses larmes de couler. Son âme n’arrivait pas à avaler tout ce qui lui avait été forcé d’ingurgiter depuis le début de cette histoire. Pleurer de rage, pleurer de haine, pleurer de joie, puis pleurer de désespoir, elle ne voulait pas que cela recommence ! Ne plus penser, ne plus se poser de questions, rien que s’éteindre, se laisser mourir et prétendre que tout n’avait était qu’un horrible cauchemar sortant de son imagination...
Mais en fait, lorsque son père lui avait posé la question de savoir si elle voulait au contraire tout recommencer, est ce qu’elle n’avait déjà pas accepter son destin quoi qu’il puisse se passer ? Quelles que soit les conséquences, n’avait elle pas voulu revoir sa mère et cette vie de famille qui lui avait si longtemps manqué sans le savoir ?!
Le Dôme tout entier commençait à vibrer, l’immense machinerie bourdonnait de plus en plus tandis que Franz continuait à faire signe à sa fille. Soudain, celle-ci lâcha son emprise sur la main de Jérémie et courut vers son père. Elle se précipita pour aller se blottir dans ses bras. Elle aurait voulu crier, crier qu’elle était désolée, désolé de tout ! Mais les mots restaient coincés au fond de sa gorge comme si tous les sentiments contradictoires qu’il l’étouffait les empêcher de sortir. Franz retira solennellement ses lunettes et les glissa dans une poche de sa blouse blanche. Ses yeux étaient encore plein d’espoir, d’espoir d’une vie meilleure, enfin débarrassée des fardeaux que TOUS devaient en permanence supporter sur leur dos pourtant fragiles. Libérés ! Enfin, il allait tous les délivrer du Supercalculateur ! Mais cela, ils ne pourraient sans doute jamais le comprendre, car personne, sauf lui, n’aurait de souvenirs de toutes ses horribles expériences...
Ils s’avancèrent ensembles vers le Pilier central, sous le regard béat de Jérémie... Yumi se sépara brusquement d’Ulrich et courut dans leur direction, comme pour essayer d’empêcher l’inévitable rien qu’en les arrêtant. Mais c’est elle qui fut arrêtée : Williams vint se dresser devant son chemin à la vitesse de l’éclair ! Immédiatement, elle voulait tenter de passer par la force, mais le possédé bloquait systématiquement ses coups sans chercher à la frapper. Elle n’avait pas encore récupéré toutes ces forces, ses coups faiblirent rapidement, puis elle tomba à genoux, regardant le sol d’un œil vide.
_ Nan, ça peut pas finir comme ça... souffla t elle
Dans un élan de courage, Ulrich et Jérémie foncèrent également vers la passerelle, mais ils furent à leur tour bloqués par les deux Gardiens restants. Le processus de compression temporelle allait s’engager de lui-même dans peu de temps. Des éclairs de lumières déferlaient dans toute la salle, aveuglant tous ceux qui s’y trouvaient... On entendit alors un cri déchirant, ampli d’impuissance, que l’on aurait pu entendre au travers du tissu du continuum espace-temps de plus en plus proche :
_ AELITAAAAAAAAAAAAA !!!!

Odd et le Kankrelat étaient à présent à l’intérieur de la Tour. Le cœur du blondinet battait au même rythme que celui de XANA, qu’il pouvait encore entendre de dehors, tandis qu’il avançait vers le centre de la plaque supérieure de la bâtisse cylindrique. Il se demandait si un malheur, une catastrophe n’allait pas encore survenir alors qu’il croyait être au bout de ses peines pour retrouver ses amis...
Le centre atteint, il fut pris d’une étrange sensation. Il se sentit soudain revigoré, sa fatigue disparut en l’espace d’un instant comme s’il avait toujours été en pleine forme, son entrain naturel lui revint. Il savait que les Tours possédaient certaines propriétés régénératives, mais il n’en avait jamais vu une seule pouvant faire cela aussi vite... C’était cependant loin d’être désagréable, lui dont les points de vie n’étaient plus très éloignés de zéro. Seulement, cela voulait sans doute dire que cette Tour étaient très puissante, très influente. Il comprenait à présent ce qu’elle faisait dans le Cœur de XANA : Elle permettait à Hopper d’agir sur lui ! Pas au point de le contrôler, mais faire en sorte qu’il ne puisse pas le gêner. Ne bougeant plus, le Kankrelat s’avança juste à côté de lui. Une fenêtre virtuelle s’ouvrit alors à son approche. Le blondinet prit un air dubitatif et observa un moment les chiffres et les informations défiler sur l’écran, sans vraiment comprendre de quoi il s’agissait... Il finit par croiser ses bras, et jeta un coup d’œil au Kankrelat à ses pieds :
_ Euh, et là, on fait quoi ? demanda t il
A ses mots, XANA vint s’accrocher à la jambe du Lyokoguerrier, lui arrachant un « Hé ! » de surprise. Puis il se mit à grimper dans son dos, pour finalement venir se fixer sur son épaule, telle une perruche d’un vieux loup de mer. De ses petites pinces mécaniques, il donna ainsi des indications à Odd qui comprit assez rapidement la marche à suivre, allant maintenant fouiller dans la mémoire profonde du Supercalculateur. Il touchait les fenêtres qui apparurent successivement devant lui, sous la dictée muette de XANA, mais sans en comprendre un traître mot... Il ne savait absolument où XANA venait le mener, tout comme lorsqu’il l’avait mené jusqu’au Cœur, mais il était également obligé de suivre ses ordres à l’aveuglette. Une nouvelle fois partagé entre doute et confiance forcée, il avançait au travers des fenêtres virtuelles à tâtons, jusqu’à ce qu’apparut un message inquiétant : Il était dans un langage codé, du même style que tous les messages auparavant, mais celui-ci était d’un rouge clignotant, avec au dessous de lui, un pictogramme indiquant un danger !
_ Houlà ! Je sais pas ce qu’il y a marqué, mais je crois que ça veut dire : « Y fallait SURTOUT pas m’ouvrir ! » ! commenta nerveusement Odd
Le Kankrelat sauta précipitamment de l’épaule du blondinet et redescendit à l’étage inférieur. Odd le suivit rapidement tandis qu’il sortait déjà de la Tour. Une fois à l’extérieur, il remarqua chez lui un comportement curieux : XANA tournait sur lui-même irrégulièrement et par à-coups. On aurait dit qu’il appréhendait quelque chose... Odd resserra alors ses points et pointa ses bras droit devant lui, tout en tournant également sur lui-même. Il ne fallait surtout pas que les actes de XANA entraînent chez lui la peur... Il scruta les alentours avec la plus grande vigilance, mais il ne vit rien. Qu’est ce qui pouvait faire agir XANA ainsi ? Est-ce qu’il les avait mené vers un fichier de la Tour qui avait déclenché un piège ?
Une longue minute s’écoula encore sans que rien ne se passe. Le Lyokoguerrier mettait tous ces sens en éveil, pourtant il n’y avait rien. Mais quelque chose était là ! Le Cœur s’était arrêté de battre, tandis que celui de Odd battait la chamade. Il aurait sué à grosses gouttes s’il avait été sur terre.
Il entendit alors un bruit bizarre, comme un grincement continu. Cette chose que XANA et lui attendaient était bien là, mais pourquoi cela ne se montrait pas ? Le blondinet était plus nerveux que jamais, marchant en avant, sur les côtés, puis à reculons. Il se retournait parfois brusquement, pour éviter toute mauvaise surprise.
« Aller ! Viens me chercher... » se risqua t il à dire
Soudain, les bruits cessèrent, plongeant la Coupole dans un silence encore plus angoissant. Mais il n’y avait rien ! Toujours rien en vue !
C’est alors que le bout de Territoire entier se mit à trembler. Une fois pendant quelques instants, puis une nouvelle fois. Après plusieurs secousses répétées, il y eu un grand tremblement, si intense que le félin avait failli tombé à la renverse avec le Kankrelat. La tension montait encore d’un cran dans la tête du Lyokoguerrier, lorsqu’un grincement assourdissant ce fit entendre, il ressemblait à un hurlement inhumain ! De dessous la plaque à moitié transparente, il vit s’élever lentement, émergeant du vide tel le Diable lui-même, un monstre de métal, un grand, un très grand monstre de métal... Il atterrit enfin sur le dessus de la plaque, flottant à un mètre du sol. Il apparut alors à Odd dans toute sa terrifiante splendeur : Il était immense, gigantesque, même ! Corps était presque aussi cylindrique que cela d’un Tour, mais il en faisait deux fois la taille... De cette masse s’étiraient, comme 6 gros bras d’acier, 3 paires de canons faisant au moins 3 fois la taille de ceux des Tarentules... Odd avait peur, très peur, mais ce monstre titanesque ne lui était pas étranger. Il avait déjà du affronter une fois ce genre de créature, il y a longtemps (voir « N°2 - Marionnettes) : C’était un Combot de Suppression, le dernier de tout Lyoko.
Sa présence signifiait bien que XANA et Odd étaient rentrée à l’intérieur d’un fichier d’une extrême importance pour la Tour, et peut être même pour tout le Supercalculateur. Il fallait dès lors mettre en pièce le gardien de ce fichier. Mais ce combat que Odd allait devoir livrer une nouvelle fois n’avait rien à voir avec le précédent. S’il était touché une seule fois par un de ces canons, ce n’était pas la dévirtualisation qui l’attendait, mais la mort... Odd essaya bien de se dégager de toute peur, mais une partie de lui ne pouvait y résister, il allait devoir lutter avec ça...
Le Combot déploya deux de ces canons et les pointa vers ses victimes. Le félin s’empressa d’attraper le Kankrelat et de le mettre sous son bras, tandis que deux grosses décharges d’énergie vinrent s’abattre à l’endroit où ils se trouvaient. Ils ne furent que secoués, mais loin d’être hors de danger ! La planque était très large et dégagée, laissant tout le loisir au robot massacreur de leur tirer dessus en rafale malgré la lenteur de ses déplacements. Odd dut redoubler d’efforts lorsque le robot déploya ses 6 canons en même temps ! Il faisait prouesse d’agilité et de rapidité pour éviter à chaque fois les puissantes salves, seulement à la dernière seconde ! Il n’avait surtout pas droit à l’erreur. A chaque tir évité, ce n’était qu’un sursis de plus que lui accordait la mort qui n’était qu’à deux pas derrière lui. Il fallait absolument approcher le Combot pour le détruire, mais ces tirs ne faisaient que maintenir la distance !
Le fracas des canons sur le sol transforma en moins de 10 minutes l’espace en un véritable champ de bataille. Esquivant une dernière salve du monstre d’un grand bond en avant, Odd atterrit derrière la Tour. XANA toujours sous son bras, il avait quelques instants de répit avant que le Combot ne puisse à nouveau le viser.
« Je vais y laisser ma peau, si ça continue ! Faut que je grimpe sur ce truc ! »
Oui, le robot, si puissant soit il, avait un point faible, Odd s’en était souvenu : L’œil unique que le monstre avait à son sommet ! Mais il semblait que depuis son dernier combat contre cette chose, elle se soit forgée une stratégie afin de tenir son ennemi à distance. Alors il fallait que le Lyokoguerrier change également de stratégie ! Son œil, c’était le seul moyen de la détruire...
Il jeta un regard discret derrière le mur de la Tour, le monstre de métal allait bientôt arriver. XANA glissa du bras de son protecteur et alla s’accrocher à son dos pour les laisser libre de ses mouvements. Odd sortit alors de sa cachette et fonça vers le Combot dans un grand cri de guerre tandis que celui ci reprit ses rafales dévastatrices. Il ne fuyait plus, mais tournait autour de son adversaire, décrivant des éclipses de plus en plus petites afin de s’en rapprocher alors qu’il n’arrivait plus à le viser. Lorsqu’il fut assez proche, il sauta sur la carcasse métallique du robot en y plantant ses griffes. Ce dernier agita ses bras d’acier dans tous les sens, mais il n’empêcha pas son adversaire de l’escalader jusqu’à son sommet ! Il se mit debout, face à l’œil numérique blanc, puis il pointa son bras vers lui et se prépara à en finir, quand soudain...
« Flèche la... »
Il tomba sur l’œil du monstre, gaspillant une de ses flèches alors que le Combot prit une brusque poussée d’accélération. Il eut à peine le temps de se relever pour voir que le monstre était en train de foncer droit vers la Tour pour l’écraser ! Odd évita de justesse la catastrophe tandis que son ennemi fracassa une partie du mur de la bâtisse sous la violence du choc. Le félin fit une chute d’une 30ène de mètres de haut et se réceptionna très durement au sol. Faisant un rapide ¼ de tour sur elle-même, la machine de guerre de Lyoko reprit ses salves mortelles, ne laissant pas un instant de répit au malheureux Odd ! Il tint ainsi encore quelques minutes, mais le souffle de l’explosion provoqué par un des tirs lui fit perdre l’équilibre. Il tomba à nouveau et perdit encore des points de vie, amis il était désormais à la merci de son exécuteur. Il réalisa que même s’il avait la force immédiate de se relever, il ne pourrait pas échapper à la prochaine salve...
Le monstre pointa tous ses canons ensemble droit vers lui, près à en finir, lorsqu’il vacilla soudain. Il pencha étrangement vers la droite, puis vers la gauche, tel un vulgaire culbuto. Il se fracassa même une nouvelle fois contre la Tour, puis le système anti-gravité qui le maintenait au dessus du sol se coupa, sans raison... Le corps du Combot tomba lourdement à la verticale au sol, puis il commença à chuter en avant, comme le géant qui s’écroule devant le guerrier victorieux. Ce même guerrier qui reprenait ses esprits s’éloigna rapidement de l’ombre grandissante qui s’abattit dans un bruit de métal froissé sur la plaque, dans un nuage de poussière. En se ressaisissant, Odd se rendit compte que quelque chose manquait : XANA ! Le Kankrelat avait disparu ! Mais alors... Etait ce lui qui avait coupé la mobilité du Combot ? Où était il, à présent ?
Mettant pour l’heure ses questions de côté, il regarda l’œil numérique de son grand ennemi. Il perdit peu à peu sa luminosité blanche et finit par s’éteindre complètement. Le halo qui de la Tour s’effaça également, comme l’eau bouillante qui s’évapore. Le silence s’installa de niveau, mais cette fois, il était apaisant. Odd ne voulait pas encore crier victoire, mais il pouvait respirer un peu.
« Odd 1, Hopper 0 ! » fit il à haute voix
Le Kankrelat réapparut alors devant lui, triomphant silencieusement au dessus de la carcasse du Combot. Odd le regarda avec une interrogation dans le regard. Il aurait plus attendre. Il n’avait plus besoin de lui, et pourtant, il l’avait tout de même sauvé une nouvelle fois. Il aurait pu attendre que le Combot le dévirtualise une fois pour toute avant de le mettre hors service, mais il ne l’a pas fait... Et si... Et si XANA était en fait animé de ce même sentiment qui avait poussé Odd à se risquer dans cette dangereuse aventure sur Lyoko. « Sentiment »... C’était pourtant un mot absent du vocabulaire de XANA... mais alors, qu’est ce que cela pouvait être d’autre ?
Le blondinet esquissa un sourire, puis il lança dans un souffle, un mot. Un mot qu’il semblait vouloir contenir, mais qui s’était malgré tout échappé de ses lèvres :
« Merci ! »
Le Kankrelat ne réagit pas, il se contenta simplement de dévisager le Lyokoguerrier. Il se dirigea de nouveau vers la Tour. Odd poussa un long soupir, d’un air de dire que l’on ne changerait décidemment jamais le Supercalculateur. Il le suivit en marchant à une 10ène de mètres derrière lui. XANA entra dans le Tour en 1er. Cependant, lorsque Odd essaya d’en faire de même, il buta contre le mur. Il se frotta machinalement le nez, puis son regard se porta vers le haut : La Tour était maintenant couverte par un halo rouge !
Le dernier gardien de Hopper vaincu, XANA avait à présent de nouveau le contrôle du Supercalculateur !
Odd n’eut pas le temps de réagir qu’il se sentit tout à coup faiblir, puis s’évanouir en quelques instants. Juste avant de sombrer, il regarda ses mains : Elles étaient en train de se dévirtualiser, sans qu’aucun monstre ne l’ait touché ! Dans l’impuissance totale, il sombra dans le néant.

Alors que Dôme entier vibrait comme si tout allait s’écrouler, Yumi, Ulrich et Jérémie étaient toujours face aux 3 possédés. Ils avaient vainement tenté d’avancer vers le Pilier central, mais tous leurs assauts étaient voués à l’échec ! Cette fois, tout était perdu, définitivement perdu...
Derrière eux, il y eut soudain un autre flash aveuglant, parmi tout ceux provoqués par le processus de compression temporelle, mais celui là n’était pas comme les autres : Lorsqu’il disparut, ils virent vaguement une forme humaine tomber au sol. Yumi fut la 1ère à la voir clairement. Malgré la gravité de la situation, son visage s’illumina d’un sourire.
_ ODD !!!!
Elle accourut vers lui pour l’aider à se relever, suivit par ses deux amis qui l’avait entendu. C’était un vrai miracle dans ce moment de désespoir ! Odd était vivant, vivant ! Le cœur encore culpabilisant de Yumi fut soudain momentanément soulagé d’un poids. Il blondinet ouvrit les yeux, il vit assez rapidement qu’il n’était plus sur Lyoko... Yumi... Yumi !? Alors il était revenu sur Terre ! Mais comment...
_ Qu’est ce qui... passe ? dit faiblement
_ C’est la Compression Temporelle, elle va être là d’un seconde à l’autre ! annonça abruptement Jérémie, encore submergé par l’émotion
_ La... la quoi ?!
Le Dôme tout entier fut soudain secoué par une puissante onde de choc ! Si puissante que des éléments de la structure de la salle volèrent en éclat ! Ce fut un, puis deux, puis 5 ou 6 moniteurs d’ordinateur qui explosèrent à la suite ! Puis un chose encore plus étrange se passa : les yeux des 3 possédés redevinrent normaux. Le Proviseur, William et Jim s’écroulèrent au sol, inanimés. Sur la passerelle, Aelita regarda son père dans le yeux, paniquée :
_ Papa ! Qu’est-ce qui se passe ?!
_ Je n’en sais rien ! Je ne comprends pas ! Mes calculs étaient parfaits !
Franz était tout aussi affolé que sa fille. Jamais il n’aurait pu concevoir qu’il pouvait y avoir une erreur, ce n’était pas possible ! Tout avait si bien fonctionné !
De l’autre côté, Jérémie se redressa et courut vers le Pilier, sautant par-dessus les gardiens. Aelita le vit venir. Par réflexe, la tendit sa main vers lui. Elle cria :
_ JEREMIE !!!
Il tendit sa main à son tour, mais quand elles ne furent plus qu’à quelques centimètres l’une de l’autre, tout s’arrêta. Il émergea du Pilier central, submergeant le Dôme tel un raz de marée, une lumière d’une intense blancheur. Cependant, ce n’était pas la lumière du retour dans le temps, mais celui de la compression temporelle qui s’étendit qu delà des frontières de la Terre. Non, tout était perdu depuis le début. Rien dans l’univers de pouvait résister à la puissance incommensurable de la Compression Temporelle. Aucun humain n’aurait jamais pu maîtriser un tel pouvoir, c’était la fin de tout, de toute chose...

Chapitre XII : Le temps de regrets



Franz n’avait même pas eu le temps de régir tandis que l’espace autour de lui se désagrégeait. Affolé, il tentait désespérément de retrouver sa fille qui un instant plus tôt se tenait contre lui, mais il n’y avait rien à faire, ses yeux se fermèrent malgré lui En rouvrant les yeux après cet intense flash blanc, il se retrouva alors dans une grande chambre, semblable à celle d’un hôpital. Une femme était allongée dans un des deux grands lits de la pièce, tenant un bébé contre son sein. Cette femme respirait la joie de vivre, dévorant son enfant des yeux en lui caressant sa tête. Le scientifique s’avança par curiosité, lorsqu’il remarqua à ses pieds une chose anormale : Là où il aurait dû buter et renverser un pot de fleur, son pied était carrément passé au travers, comme s’il n’était plus qu’un fantôme ! Ce petit geste transcendait littéralement toutes les lois de la physique ! C’était impossible que ce soit la réalité, c’était trop brutal, trop irréel pour être vrai ! Mais en fait, ce n’était pas cela le plus étonnant pour lui : Cette femme et ce bébé... Non ! Un esprit aussi cartésien que lui ne pouvait pas y croire ! Pourtant... Il la connaissait, il était sûr que c’était elle. Il n’y avait qu’elle qui possédait naturellement ce trait physique : Ses cheveux roses ! Ce choc le plongea soudain dans une sorte de transe, l’obligeant à observer jusque dans les moindres détails la scène qui allait se dérouler devant lui :
La porte s’ouvrit en trombe, un homme dans la 30ène pénétra en courrant dans la pièce et passa au travers de Franz sans le remarquer du tout. Un fantôme... Lorsque l’homme s’arrêta près du lit, le bébé se mit à pleurer.
_ Chérie, doucement ! Tu lui as fait peur ! dit la jeune femme en berçant légèrement le petit dans ses bras
_ Désolé, je suis en retard, j’ai été retenu... répondit l’homme, qui avait visiblement beaucoup couru
_ Pas la peine de t’excuser, tu es là, maintenant !
L’homme se mit à genoux au chevet du lit de la jeune femme. Ils se sourirent tendrement et s’embrassèrent. Comme ils avaient l’air heureux... Cet homme aussi, Franz l’avait reconnu. C’était beaucoup trop surréaliste pour être vrai, pourtant, il l’avait bien reconnu. Des visages comme celui là, il n’y en avait pas deux : C’était lui-même ! Cependant, au moins une 10ène d’années semblaient séparer les deux hommes... Son cœur battait à tout rompre, il voulait détourner ses yeux de la scène, mais c’était comme si une puissance incommensurable s’était emparée de sa volonté.
Le jeune Franz attardait son regard sur l’enfant, puis il dit :
_ Alors, c’est une fille.
_ Oui, fit elle gaiement, toi qui ne voulais rien savoir jusqu’à la dernière minute, tu es satisfait, maintenant ?
_ Tu sais, j’aurais été de toute façon satisfait que ton accouchement se soit bien déroulé.
Ils s’embrassèrent de nouveau, comme le couple débordant de joie qu’ils formaient. L’enfant délaissa ensuite le sein de sa mère et dirigea ses toutes petites mains vers Franz, qui s’avança légèrement sur le lit.
La petite fille lui toucha les joues et le nez, poussant un rire cassé mais si attendrissant, que le jeune professeur en avait presque les larmes aux yeux.
_ Comment est ce qu’on va l’appeler ? finit il par dire
_ J’avais pensé à... Aelita !
_ Aelita ?
Dès cet instant, le bébé cessa de téter le sein de sa mère. On crut un instant qu’elle allait se mettre à pleurer. Au contraire, elle se mit à rire à nouveau. 3 petits sons aigus sortirent de sa bouche, comme si elle essaya déjà de parler, sans que personne ne lui ait encore appris :
_ Ay...ta !
Les jeunes parents rirent à leur tour.
_ Tu as raison Olga, fit le jeune Franz, on dirait que ça lui plait déjà !
C’est alors que cette vision disparut, exactement comme elle était arrivée, sans raison, sans bruit, sans joie... L’état dans lequel il avait été plongé s’estompa soudain, comme s’il n’avait jamais existé. Une peur panique et une incompréhension presque totale s’empara de Franz. Il fit des tours sur lui-même, comme pour essayer de chercher une sortie dans cet espace d’une noirceur infinie qui l’entourait de nouveau. Il doutait, il était nerveux, affolé ! Mais un sentiments s’imposait par-dessus tout ce qu’il éprouvait, le pire d’entre tous...
_ Pourquoi... Pourquoi j’ai détruit tout ça !? A cause de moi, tout ça est perdu ! Pourquoi j’ai pas laissé continuer les choses ! Pourquoi j’ai voulu faire ça !!! C’était trop dur... C’est rien qu’une excuse ! Pourquoi j’ai pas pu me détacher du passé ! Pourquoi est ce qu’Aelita a un père aussi égoïste !?
Il fut soudain interrompu dans ses plaintes contre lui-même lorsqu’il se sentit défaillir. Après avoir un peu titubé au hasard, il s’écroula, et sombra dans le néant.

A l'instant où elle avait cru effleurer la main de Jérémie, Aelita ouvrit les yeux sur un monde nouveau. Un couloir, une maison... Où ses amis et son père avaient ils soudainement disparus, elle l’ignorait... mais elle n’y pensait même pas. Dès l’instant où ses yeux parcourent le décor autour d’elle, elle fut comme hypnotisée. Son esprit envoûté, absorbé par une entité inconnue.
L’Ermitage... Elle l’avait reconnu tout de suite. Cependant, l’intérieur était très beau. Le papier peint sur les murs était agréable à regarder. Partout, des meubles impeccablement nettoyés, de petits tableaux accrochés au mur... Elle se croyait dans un rêve. Elle traversa le couloir, fasciné par ce nouveau décor non plus désolé, mais respirant le vie... Elle arriva près d’un petit salon lorsqu’elle entendit de la musique. Avec une oreille attentive, elle suivit les notes à travers la maison... Cette musique, elle l’avait déjà entendue... Son père l’avait déjà joué ...Peut être même... Qu’elle l’avait joué elle-même ... Une fois. Elle arriva dans une pièce dans laquelle se trouvait un piano. Le même que celui de l’Ermitage délabré... Un homme était en train de jouer dessus. C’était son père, il n’y avait aucun doute... Elle se souvint des fois où elle l’avait vu jouer cette même musique, dans des visions, ou dans d’autres rêves. Elle croyait qu’il allait arrêter sa musique et se retourner vers elle, mais il n’en fit rien.
Il s’arrêta de jouer de lui-même, sur une fausse note. Il ferma violement le clavier ! Il posa ses mains sur ses genoux et baissa la tête. Il avait l’air vraiment énervé, et déprimé, comme si sa dernière note en était la cause. C’est alors que retentit au loin le bruit d’une clochette, celle d’une porte.
_ Coucou je suis rentrée ! fit une voix au loin
Aelita eu un choc au moment où elle vit débarquer dans la pièce la personne à qui appartenait cette voix : C’était elle !
_ Ah, t’es là papa !
Elle était habillée exactement de la même manière que lorsqu’elle avait débarquée sur Terre pour la première fois. Du moins, ce qu’elle croyait jusqu’à maintenant être la première fois... Toujours sous le choc, elle s’entendait parler. La même voix... Exactement la même. Ce n’était pas un rêve, c’était comme un souvenir, un moment passé qu’elle avait oublié.
_ Maman n’est pas encore rentrée ?
Franz ne bougeait toujours pas, il ne voulait sans doute pas que sa fille le voie dans cet état... Pas tout de suite. Il restait silencieux, il finit par se redresser sur le petit banc de piano noir sur lequel il était assis. Le visage de la jeune fille commença à s’assombrir d’inquiétudes, quand son père s’écarta sur le côté du banc.
_ Papa, ça ne va pas ? s’inquiéta t elle
Franz tapota de la main la place libre à côté de lui, faisant clairement signe à Aelita de venir s’asseoir. Elle s’exécuta rapidement, anxieuse de savoir pour son père restait figé dans son silence, tout comme la simple spectatrice... Elle avait très peur. Un peur comme celle que l’on peut éprouver juste avant une sensation forte... Ce n’était pas bon, pas bon du tout...
L’homme posa ses mains sur le cache du clavier, comme s’il avait envie de rejouer. Cependant, quelque chose le retenait, il tremblait.
_ Papa...
Plus Aelita voulait savoir se qu’il se tramait, plus ses mots raccourcissaient. Celle qui observait se mit à un endroit où elle put se voir elle-même et son père de face. Celui-ci venait de retirer ses lunettes, d’une main, puis il prit celle de sa fille, de l’autre. C’est yeux étaient rouges et humides. Il avait l’air d’avoir beaucoup pleuré et avait sans doute frotter ses yeux pour essayer de le cacher.
_ Papa, il est arrivé quelque chose ? Où est maman ?! insista Aelita
L’autre, invisible, joignit ses deux mains ensemble, pleine d’anxiété. Franz remit ses lunettes et finit par soulever la cache du clavier et posa ses doigts sur les touches. Mais il n’appuyait pas.
_ Aelita, joie avec moi. Dit il sans joie
_ Papa qu’est ce que...
_ S’il te plait, joue avec moi...
Sans attendre de vraie réponse, il commença à jouer. Aelita décida tout de même de le suivre dans la mélodie. C’était la même musique qui se jouait que lorsque Franz était tout seul, mais cette fois, il y avait deux tons : Aelita, qui joue sans joie, mais en toute innocence, et Franz, dont la tristesse était palpable dans les notes. L’observatrice se souvint alors : Cette musique, c’était sa mère elle-même qui l’avait composée !
Les deux s’arrêtèrent de jouer au même moment. Cet air était très lourd de symboles, dès lors, Aelita comprit ce qui était arrivé.
_ Papa, qu’est ce qui est arrivé à maman ? fit la jeune fille, sans tourner la tête
_ Ta mère... Elle a eu un accident de voiture, un grave accident... Elle... Elle est...
Il ne voulait plus continuer, il en avait déjà trop dit. Mais cela lui avait échappé de la bouche. Il n’était pas encore tout à fait sûr de pouvoir le dire, le répéter à quelqu’un, mais les mots avaient glissés directement de son cœur à ses lèvres. Aelita poussa un petit cri et porta ses mains à sa bouche. Les larmes lui montèrent aux yeux comme un volcan sur le point d’exploser. Son doux visage se crispa d’une douleur intérieure insupportable ! Elle criait, comme si elle ne pouvait plus penser.
_ Papa, c’est pas possible ! Dis moi que c’est pas vrai !!
Mais Franz ne réagit pas, il baissa simplement la tête... Aelita se jeta contre lui, enfonçant son visage dans le pull de son père comme pour cacher ses sanglots qui n’étaient pas prêts de finir. Il l’entoura de ses bras tremblants, il la serra très fort contre lui. Il ne se savait même pas si c’était pour soutenir leur propre douleur ou si c’était juste pour étouffer ses propres larmes qui refoulaient désespérément...
L’observatrice éclat en sanglots à son tour, mais elle n’eut pas le temps de se remettre de tous les chocs qu’elle avait reçu en si peu de temps, que le décor autour d’elle se fit de plus en plus noir, jusqu’à disparaître complètement. Les yeux plein de larmes d’Aelita se fermèrent, définitivement, sur la vision d’un objet, posé à côté du piano : Une photo, celle d’une jeune femme aux cheveux roses.

Jérémie émergea de son sommeil. Il sentit de petits cailloux sous les paumes de ses doigts : Du bitume. Il ramassa ses lunettes au sol et regarda droit devant lui... Il se trouvait en ville, en plein milieu de la route, et en plein jour. Il entendit un bruit derrière lui qui se rapprochait de plus en plus vite : C’était une voiture qui fonçait droit vers lui ! Elle allait trop vite, impossible de l’éviter !
Mais alors qu’il croyait déjà sa mort plus près que jamais, la voiture passa au travers de lui, tel une illusion... Il se rappelait de la lumière blanche, de ces amis qui avaient disparus autour de lui... Il y avait eu un mouvement temporel, c’était sûr, mais où, ou plutôt, quand était il à présent ? Passé, présent, ou avenir ?
En marchant quelques minutes au hasard des rues de la ville, il aperçut un large groupe d’adolescents, avec un adulte en tête. C’était M. Fumet, son professeur d’Histoire Géo. Ses adolescents, c’était une classe... SA classe !
Jérémie se souvint : C’était il y a à peine une semaine. Leur classe était en train d’étudier les bases de la 1ère Guerre Mondiale, et leur professeur les avaient emmenés en ville voir un film qui parlait de ce sujet. Lui, dans ce monde passé, n’était plus qu’un spectateur, il ne pouvait donc pas être vu. Il s’approcha donc du groupe qui s’étirait de plus en plus sur le trottoir. Il était tenté d’écouter les conversations des autres, surtout celles de ses amis, mais ce n’était pas ça qui l’intéressait : Il repéra dans le groupe un garçon et une fille qui attira par-dessus tout son attention. C’était lui, et Aelita.
Ils parlaient en toute innocence, de XANA, de leur dernier contrôle de maths, de la note médiocre que Odd allait sûrement avoir. Ils conversaient de choses aussi banales que le temps de la saison, et du léger froid qui les faisaient frissonner. Jérémie s’aperçut d’une chose, une chose qu’il avait toujours refusé d’admettre à ce moment là. Lorsque Aelita essayait parfois d’aborder le sujet de l’amour, qu’elle découvrait grâce à lui, Jérémie s’arrangeait toujours pour détourner la conversation et revenir à autre chose.
Jérémie qui écoutait, repensait au baiser volé qu’ils avaient échangés il y a quelques semaines « Mon meilleur ennemi »), et celui, sincère, qu’ils avaient échangés dans la base de Hopper. Derrière le premier, il y avait l’esprit de la plaisanterie qui traînait, tentant de rattraper l’amour et espérer qu’il fasse surface. Derrière le 2ème, il y a avait un réel sentiment amoureux, ce sentiment que Jérémie avait si longtemps refoulé en lui comme s’il s’agissait d’un fardeau trop lourd à supporter dans la vie réelle. Entre ces deux moments, dans la tête de Jérémie, avait trotté un 3ème sentiment. Un sentiment extrêmement gênant qui marquait la très mince frontière entre l’amitié à l’amour, qui pourtant, n’a jamais été franchie. Pendant ce temps, il était devenu froid, presque distant avec elle, parlant de bon cœur, mais sans enthousiasme. Pourtant, il savait bien qu’Aelita l’aimait ! Il l’avait senti dans ses mots et dans son baiser, lorsqu’ils étaient sous la surveillance étroite de Hopper, mais il s’en voulait... Il s’en voulait énormément pour ce long moment pendant lequel il avait hésité, repoussé, ignoré les sentiment de celle qu’il aimait. Cette période avait beau être révolue, il ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir...
L’observateur s’éloigna du groupe et se dirigea, tristement, vers le passage piéton que les autres n’allaient pas tarder à emprunter. Il savait ce qu’il allait se passer. C’était peut être le moment le plus douloureux de sa relation avec Aelita qui allait se dérouler devant ses yeux... Une fois de plus. Et de cela, il ne pouvait rien changer.
Le feu tricolore qui se trouvait aux abords du passage passa au rouge. Le groupe qui s’était arrêté au bord du trottoir, M. Fumet en tête, traversa alors la rue. Le professeur s’improvisa gendarme et se plaça au milieu, les bras en croix, faisant signe aux élèves de traverser. Jérémie et Aelita étaient les deux derniers.
L’observateur serra les dents, la suite se passa en seulement une 20ène de secondes :
Jérémie prit quelques mètres d’avance et était déjà prêt de l’autre rive. M. Fumet avait joué son rôle et s’était détourné du passage. Il était presque au niveau de Jérémie, mais sur le trottoir de l’autre rive. Aelita s’était arrêté quelques instants de l’autre côté, regardant en rêvant un oiseau passer au dessus d’elle. A ce moment, l’observateur se retourna, et vit arriver le dernier acteur de cette scène... Ainsi, Aelita avait quelques secondes de retard sur tout le monde. Mais ce fut suffisant pour que ce qui allait arriver doive arriver. Alors qu’elle était au milieu du passage clouté, elle entendit un bruit au loin se rapprocher et s’arrêta de nouveau pour regarder : Une voiture roulait à vive allure dans sa direction. L’observateur put voir pourquoi elle ne ralentissait pas : Le conducteur avait un téléphone portable à l’oreille. Il savait que ce moment était passé, qu’il allait se dérouler comme prévu, sans incident majeur... Pourtant, il avait peur ! Et si quelque chose ne se passait pas bien ! Si la Compression Temporelle l’avait justement transporté ici pour voir ce qu’allait être l’événement nouveau !? Il n’osait pas y penser, encore moins y croire ! Ou alors, il était déjà trop tard pour ça...
Dès l’instant où Aelita vit foncer le véhicule vers elle, son corps se paralysa, comme retenu par des chaînes invisibles. Le conducteur leva enfin les yeux devant lui et écrasa immédiatement sa pédale de frein ! Mais il roulait déjà bien trop vite pour s’arrêter à temps, Aelita était perdue...
L’observateur paniqua et se précipita sur sa bien aimée pour la sauver, mais son corps passa au travers du sien, comme lorsque la voiture avait fait de même ! C’était fichu, Aelita allait se faire tuer !
Jérémie se tourna aussi vite qu’il pu en entendant le crissement de pneu, et dans un élan de courage, il s’apprêtait à bondir également sur Aelita, mais quelqu’un d’autre avait déjà réagit avant lui : C’était Odd. Lui et la jeune fille furent emporter par le mouvement et tombèrent dans le caniveau de l’autre rive. Le véhicule les évita d’à peine quelques centimètres et s’arrêta à une 10ène de mètre après le passage. L’observateur poussa un long soupir de soulagement, la scène s’était exactement passée comme par le passé... Tout le groupe se retourna alors vers eux, sauf M. Fumet qui essaya de rattraper le chauffard arrêté pour lui demander des comptes. Mais ce dernier écrasa son accélérateur seulement quelques instants après, il repartit sans dire un mot...
L’observateur se précipita vers Aelita et son sauveur. Ils n’avaient rien tous les deux, la catastrophe avait été évitée de justesse. Le Jérémie invisible vit alors de près ce qu’il s’était passé dans les yeux de Odd : Allongé littéralement sur Aelita, il vit une lueur brillante, indéfinissable qui se refléta dans les yeux d’Aelita. C’était cette même lueur qui brillait dans ceux de Jérémie à ce moment là, alors qu’il ne se décidait pas à s’aventurer au-delà de la frontière de l’amitié.
Pourtant, il le lui avoué, il avait dit qu’il l’aimait, il avait fini par le lui dire ! Mais lorsqu’il vit de près cette lumière dans les yeux d’Aelita, cette même lumière pleine d’amour qu’elle envoyait à Odd... Etait ce vraiment de l’amour ? Et même si ça ne l’était pas, qu’est ce qu’il devait penser lorsqu’elle l’avait embrassé !? Est-ce que c’était seulement parce qu’elle était désespérée !? Simplement parce qu’il fallait qu’elle le fasse avant de tout oublier après la Compression Temporelle ?!
L’observateur ne s’aperçut même pas que tout devint noir autour de lui... Cette pensée qu’Aelita ne puisse pas sincèrement l’aimer le faisait trop souffrir pour qu’il se soucie d’autre chose... Pourquoi, pourquoi ? Pourquoi il avait mérité ça ?! Après tout ce qu’il avait fait pour elle... Trop, trop, c’était trop !!!
Le jeune garçon n’eut pas une minute de plus pour se lamenter sur ces sentiments détruits. Ses interrogations n’auraient désormais plus de réponses... Il sombra dans le néant.

A peine était il revenu dans la réalité qu’il fut à nouveau brutalement parachuté dans une autre réalité. C’est ce que ce dit Odd lorsqu’il rouvrit les yeux après cette lumière blanche. Il les rouvrit sur le collège Kadic. Il n’osait pas faire un geste, il aurait même cessé de respirer si cela avait été possible. Toutes ses émotions le faisaient douter. Il ne savait plus s’il était dans le monde réel, ou bien s’il se trouvait encore dans un monde virtuel... Mais il eut sa réponse lorsqu’il vit au loin sous un arbre, un jeune garçon, tout de mauve vêtu. Prenant son courage à deux mains, il avança ver lui. Ses doutes s’effacèrent au fur et à mesure qu’il avançait, car ce garçon... C’était lui !
XANA... C’était encore une fois XANA qui avait organisé tout ça ! Mais c’était étrange. Odd avait beau essayer détourner son regard de cette vision pour ne pas être prit au piège, il ne pouvait en détacher son regard, comme s’il y était attiré comme un aimant. Plus il essayait, plus il avait envie de savoir le pourquoi de cette illusion... Rien à faire, son double retenait irrésistiblement son attention. Celui-ci semblait attendre, quelque chose ou quelqu’un.
Quelques minutes se passèrent lorsqu’il bougea enfin, il avait repéré quelqu’un : Une fille brune, se trouvant tout près du bâtiment des sciences.
« Mélanie... »
Sa petite amie. Il sortait avec elle depuis seulement une semaine, mais déjà, il y avait quelque chose chez elle qu’il n’avait jamais éprouvé avec aucune autre : Il se sentait bien, il était vraiment heureux... Il en était véritablement tombé amoureux ! Depuis ses années d’école primaire, cela ne lui était jamais plus arrivé.
Il se souvint... La dernière expérience l’avait traumatisé au point qu’il s’était promis de ne plus jamais « s’abaisser » à éprouver ce sentiment envers une fille. Pourtant, il l’avait fait. La passion des filles était plus forte que tout ! Cependant, pour éviter de tomber dans le piège qu’il s’était lui-même tendu, il multipliait les conquêtes. Jamais il n’était resté avec une fille plus de 15 jours.
Mais pour Mélanie, c’était une toute autre histoire, car en sortant avec elle, il sentait qu’il pourrait à nouveau être amoureux, sans craindre quoi que ce soit !
Il s’avança alors dans sa direction, un sourire aux lèvres, suivit par l’observateur. Mais celui-ci ne souriait pas. Une angoissante lui vint à l’esprit : Quoi qu’il pensait, cette scène paraissait très réel, rien ne pouvait laisser penser qu’il ne s’agisse pas de la réalité... XANA ne pouvait pas recréer tous ces sentiments, seul un humain pouvait le faire... Mais ça ne s’était jamais produit !
La Compression Temporelle... C’était peut être ça... Un morceau... Non, impossible. Une bride de futur ? Ca ne s’était jamais produit, ou alors... Ca ne s’était PAS ENCORE produit !
_ Hé, Méla...
L’appel de son double tira l’observateur de ses pensées. Il jeta un coup d’œil effrayé à son propre visage : Son sourire s’était effacé ! Il regarda dans la même direction que lui, et fut saisit par le même sentiment de déception que décrivait son double : Mélanie n’avait pas bougée, mais elle n’était plus seule, un autre garçon l’avait rejoint. Odd ne le connaissaient pas, mais eux, semblaient très bien se connaître... Ils s’enlaçaient, ils s’embrassaient, ils se caressaient le visage, ils se souriaient, ils s’embrassaient encore, et encore... C’était un supplice à regarder ! Odd ne savait plus où donner de la tête ! Son esprit devint aussi chaotique que s’il avait perdu la raison !
« Comment elle a pu me faire ça !? Pourq... »
L’observateur se rendit soudain compte de l’énormité de ce qu’il pensait... De son comportement. Il retenait ses larmes de toutes ses forces tandis que tout devenait noir autour de lui.
Alors, c’était ça que toutes les filles avec lesquelles il était sorti devaient ressentir lorsqu’elles se faisaient plaquées ! Du jour au lendemain ! Lui, ne voyait que l’extérieur. Elles apparaissaient simplement vertes de rage, mais lui, ce n’était pas ça qu’il ressentait ! Il était au bout du rouleau, comme si on lui avait privé de la chose qui lui était la plus cher au monde !
Il se trouvait tellement égoïste ! Lui, lui qui flirtait en toute innocence, combien de cœur avait il brisé de cette même manière !? Combien de fois avait il quitté quelqu’un sans rien dire, sans aucune explication ?! Ils laissaient ses anciennes conquêtes dans la tristesse et le doute, comme si elles ne comptaient absolument pas ! Comme si lui seul pouvait éprouver des sentiments !!
« C’est ma faute ! C’est entièrement de ma faute !! »
Plus rien n’existait, pour lui. Plus rien d’autre que sa culpabilité, que son irresponsabilité qui avait poussé Mélanie à le tromper avec un autre, peut être plus attentionné, plus sensible, et surtout, qui ne se fichait pas totalement de ce qu’elle ressentait... Il en avait trop fait. Plus un « Bourreau des cœurs », mais un « Briseur de cœurs », et lui-même, un cœur brisé. Il sombra bientôt à son tour, dans l’inconscience et la tristesse.

Yumi et Ulrich furent ses derniers. Il n’étaient pas dans le même lieu, mais exactement au même instant sur la ligne du temps, sans savoir l’un et l’autre ni pourquoi, ni quand, ni comment il se retrouvèrent là il étaient. Eux aussi n’étaient là qu’en simples spectateurs passifs, comme hypnotisés par leur vision, les empêchant totalement de réfléchir... Leur permettant simplement de regretter.
Yumi se trouvait dans un salon. Le style du décor était étonnant, une sorte de brassage entre français et japonais. Il y avait une grande bée vitrée qui donnait sur une terrasse et une jardin. Au dehors, il tombait des cordes. L’eau coulait en minces filets sur le verre transparent et immaculé et causé sans arrêt de petits bruits sourds, donnant à la scène un aspect mélancolique. A un mètre de là, il y avait un fauteuil, une personne était assise, une femme semblait il. Ces cheveux étaient aussi noirs que la nuit, elle avait la tête penchée. Un peu angoissée, Yumi s’avança pour mieux voir. Arrivée à côté du fauteuil, elle vit que cette femme était vêtue d’un léger kimono bleu foncé, orné de fleurs blanches. Ces cheveux étaient encore plus beaux à voir de près. Face à la bée vitrée, ils émettaient des reflets qui auraient presque permis d’éclipser un détail marquant : La femme tenait son visage dans ses mains, on entendait des sanglots étouffés.
Ulrich, lui, était à l’intérieur d’un bar, ou plutôt, d’un bistrot. Dans un antre enfumé par les cigarettes, rempli de badaux et de travailleurs du tard, buvant pour se réchauffer, s’enivrer, ou simplement, causer. Ulrich se sentait déjà mal à l’aise dans une telle ambiance, mais il n’éprouvait aucun besoin d’en sortir. Il avait comme un pressentiment... Son regard vagabonda sur quelques vitres floues, lorsqu’au travers de l’une d’elle, plus nette, il aperçut un homme qui attendait, immobile. La pluie incessante plaquait ses cheveux bruns, mi-longs, sur son visage. La morosité apparente de cet homme attirait irrésistiblement l’attention du jeune homme. Cependant, il y avait autre chose, plus fort, mais trop vague pour qu’il puisse savoir ce que s’était, qui le poussait à s’intéresser à cet inconnu. Son imperméable vert était trempé, il éternuait, mais ne bougeait toujours pas. Il avait l’air d’hésiter à pénétrer dans le bistrot, comme si l’entrée n’était qu’à sens unique. Il se décida finalement à franchir le pas de la porte et se secoua négligemment, une fois la porte fermée. Il prit ses petites lunettes ovales en main et les essuya comme il put sur ses vêtements humides. Il passa sa main sur son bouc, plus par style que pour le sécher vraiment, puis il alla s’asseoir derrière le zinc, sur un haut tabouret. Après l’avoir regardé dans les yeux quelques instants, Ulrich comprit pourquoi cet homme l’intéressait autant : Malgré les années qui semblaient avoir passés, les changements physiques et les problèmes de vue, le regard n’avait pas changé ! Ce regard... il le connaissait depuis qu’il s’était vu lui-même pour la première fois dans un miroir...
Yumi voulait voir le visage de cette jeune femme, mais lorsqu’elle approchait ses mains, elles passaient au travers comme dans une cascade d’eau claire. C’est alors que débarqua, dévalant un escalier dans une autre pièce, un petit garçon aux traits mi asiatiques, mi occidentaux. Il respirait la joie de vivre et l’innocence, il devait n’avoir pas plus de 4 ans. Il courut vers le salon est cria : « Maman ! Maman ! »
Mais lorsqu’il arriva près de l’endroit où sa mère était assise, il se tût. Il posa ses petites mains sur un des bras du fauteuil.
_ Maman, tu pleures ?
A cet instant, la jeune femme releva enfin la tête. Yumi recula d’un pas en voyant son visage ! Cette peau lisse, ce teint pâle et pourtant envoûtant, ces cheveux noirs tombant sur ses yeux et ce regard où l’on pourrait se perdre s’il on s’y plongeait trop... C’était si évident, et en même temps, si difficile à croire. Cette femme, c’était elle. C’était comme un miroir déformant, qui faisait vieillir le corps et les sentiments... Ces larmes étaient un signe, quelque chose de terrible était arrivée !
Mais la jeune femme sourit à l’enfant - Cet enfant qui était le fils de YUMI ! - Elle lui adressa un regard aussi attendrissant qu’elle put dans son état.
_ C’est rien du tout Bunji ! Maman est juste un peu triste à cause de la pluie !
Elle passa sa main dans ses cheveux frisés, pour le rassurer, pour endormir momentanément la conscience de son petit garçon. Mentir ! Quelle horreur ! Yumi répugnait déjà à le faire et elle était si peu crédible quand elle y était obligé ! Mais là, elle le faisait sans retenue, et face à un enfant qui en plus était le sien ! Elle voulait s’arrêter là. C’était trop affreux de devoir grandir ! Mais elle ne pouvait pas. Une partie d’elle voulait voir ce qui allait se passer... Impossible d’arrêter le train en marche...
Ulrich s’assit à côté de lui-même, sur un tabouret vide. Le barman passa tout près et haussa un sourcil, un peu surpris. Pendant un instant, l’observateur crut qu’il le regardait lui, mais cette surprise était adressée à son soi futur.
_ M. Stern ? On vous a pas vu ici depuis longtemps !
_ Je vais prendre quelque chose, fit l’homme avec lassitude
_ Bien sûr ! Un café, un thé ? répondit le barman avec entrain
_ Whisky !
Le jeune Ulrich fut aussi surpris que l’homme en tablier par cette réponse. Ulrich avait déjà essayé de boire un verre d’alcool par curiosité, mais rien que l’odeur lui piquait les narines, au point qu’il s’était promis de ne jamais réessayer de sa vie... Quelque chose avait changé chez lui. Ce n’était pas l’âge, c’était autre chose, quelque chose de plus grave que ça. Le barman jeta un coup d’œil à sa montre, puis ne dit plus rien.
_ Whisky ! répéta Ulrich
Il le fixa pendant quelques secondes, puis s’en alla un peu plus loin pour préparer ce qui lui avait été demandé. L’homme qu’il était devenu avait vraiment l’air déprimé. La tête des mauvais jours d’Ulrich n’avait hélas non plus pas changée durant ses nombreuses années apparemment écoulées depuis le collège...Une grande lassitude visible dans son regard qui traînait au hasard du décor ambiant, avec un certain mépris dans la voix, quelque soit l’interlocuteur. Ulrich commençait à déprimer autant que l’était son soi futur... Il y a des choses qui ne changeraient jamais, mais ce n’étaient pas forcement les bonnes...
L’adulte sortit alors de sa poche une autre chose que l’adolescent n’aurait encore jamais cru voir entre ses mains : Un paquet de cigarettes. Il n’était pas encore déballé, mais le jeune Ulrich le regardait déjà fixement, comme un objet d’une incroyable beauté, ou d’un incroyable laideur. L’adulte hésita longuement, puis il dit, d’une voix tout juste audible :
_ Après tout...
Il enleva négligemment le film plastique autour du paquet, puis de ses mains hésitantes, il en sortit une cigarette et la porte à sa bouche. Le barman finit par apporter un verre rempli à moitié rempli d’un liquide jaunâtre et alcoolisé. Le jeune adulte regarda un instant à l’intérieur, comme pour essayer d’y voir son visage, puis il alluma sa cigarette.
L’observateur n’en croyait pas ses yeux ! Lui si droit et équilibré... Il avait touché le fond. Le monde des adultes était vraiment trop dur à voir ! Ca suffisait ! Il voulait se lever de son tabouret à s’enfuir de cet univers et ne plus jamais en entendre parler ! Il fallait que ce cauchemar s’arrête ici et maintenant ! Mais ce n’était pas possible, ce n’était pas naturel qu’il ait plus devenir comme ainsi ! Quelque chose avait du provoquer tout ça ! Quelque chose que sa tête refusait de connaître, mais que sa conscience voulait savoir, quelqu’en soit le prix...
Pendant ce temps, la jeune femme s’était levé de son fauteuil, mais ne s’arrêtait pas pour autant de sangloter. Par prudence, elle avait envoyé son petit garçon jouer dans sa chambre. Elle se dirigeait à présent vers le téléphone, posé sur un petit meuble dans un coin de la pièce. La jeune Yumi la suivie, intriguée. La jeune femme composa un numéro, de ses doigts tremblants et hésitants. Yumi regarda attentivement comme si c’était... Non, c’était ridicule ! Des années étaient passées, les numéros avaient changées ! De toute façon comme s’ils avaient pu rester en contact durant tout ce temps ! Ils étaient juste des amis ! Juste des amis... C’était réellement stupide d’espérer que ce numéro appartienne...
Ulrich contemplait avec dépit son soi adulte fixer le fond de son verre vide, et écraser négligemment sa cigarette dans le cendrier, sans la regarder. Son air morose commençait à devenir si préoccupant, que même le barman en vint à lui poser une question.
_ M. Stern, vous allez bien ?
Collégien, il avait déjà horreur que quelqu’un le prenne en pitié lorsqu’il n’allait vraiment pas bien, mais l’adolescent avait l’impression que d’après le regard cinglant que lançait l’adulte au barman, ce trait de son caractère n’avait pas changé. Il détourna son regard avant de répondre :
_ Rien, tout va bien !
Sa voix sonnait faux. Mais alors que le barman était sur le point d’insister, le jeune Ulrich entendit un téléphone sonner. Cela provenait d’une des poches de l’adulte. Ce dernier se repoussa du zinc des deux mains et pivota d’un ¼ de tour sur la droite, et fit soudain face au jeune Ulrich qui eut soudain l’impression d’être observé... L’adulte prit le portable de sa poche et le porta à son oreille. L’adolescent essaya de se rapprocher au maximum pour écouter ce qui allait se passer. Le pressentiment qui ne le quittait pas depuis le début se changea en inquiétude... Ce n’était pas encore fini...
_ Chéri ? fit une voix féminine au téléphone
L’adulte hésita longtemps à répondre, puis il répondit :
_ Oui. Qu’est ce que tu veux ?
Le ton qu’employait Ulrich était méprisant, presque agressif. De son côté, la jeune Yumi écoutait également avec beaucoup d’attention. Qui était à l’autre bout du fil ?
_ Ecoute, je suis désolé ! Je suis tellement désolé de ce qui s’est passé ! dit la jeune femme, la voix chargée de lourds sanglots
_ Yumi...
Le jeune Ulrich eut failli tomber à la renverse lorsqu’il entendit prononcer ce prénom ! Des Yumi, il ne pouvait pas y en avoir deux !!
Mais ce n’était plus comme avant. L’adulte poussa un long soupir las alors qu’il venait de dire le prénom de celle qu’il avait aimé ! Ce n’était pas possible que ça puisse arriver !?
_ Yumi, reprit il, reconnais la vérité ! C’est la 4ème fois qu’on se dispute comme ça cette semaine !
_ Chéri ! C’est justement pour ça qu’il faut que tu reviennes ! On a déjà construit tellement de choses ensemble ! On ne va pas tout laisser tomber à cause de quelques disputes !
L’écoute de cette conversation devenait déjà un supplice pour l’adolescente ! Entendre sa propre voix parler de manière si désespérée lui serrait le cœur comme s’il était sur le point d’exploser. Sur le visage du jeune adulte au bout du fil, une expression de tristesse avait remplacé la lassitude. Il prit son paquet de cigarette posé sur le zinc et en tira une autre qu’il glissa entre ses lèvres tremblantes, sans l’allumer. C’était peut être pour essayer en vain se retenir de dire certaines choses qui blesseraient sûrement...
_ Yumi... Quand on s’est retrouvé y a 6 ans, je pensais... Je pensais...
Il n’avait plus envie de continuer, il allait vraiment la blesser, c’était certain ! Mais il fallait qu’il dise ce qu’il avait à dire. L’adolescent en face de lui angoissait de plus en plus. Il était en équilibre sur un fil. Un fil fragile qui pouvait le faire à tout moment basculer dans l’abyme du désespoir... Tout comme Yumi à ce moment. Qu’est ce qu’il était capable de dire après être devenu un monstre d’adulte ?
_ Ulrich ! Tu me fais peur ! Tu ne peux pas dire qu’on a pas été heureux ?! Je me rappelle de ton visage, de ton visage, de ta joie quand on s’est retrouvé après des années de séparation au collège ! Tu peux pas oublier ça ?
La jeune Yumi avait à peine écouté le discours de son soi futur, son esprit restait bloqué sur ce prénom « Ulrich »... C’était lui qui l’avait mise dans cet état ? C’était lui qui l’avait fait pleuré à torrent !? C’était qu’elle essayait à présent de retenir à ses côtés ?! Ca ne pouvait pas arriver... Ca ne pouvait pas arriver !
_ Je n’ai rien oublié ! Ni de ce qui s’est passé entre nous au collège, ni ce qui s’est passé après ! Après... justement Yumi... Qu’est ce qu’il nous reste, après ? On a passé cessé de ne pas être d’accord sur tout ! D’abord sur des petites choses, et ensuite...
Il fit une pause, poussant à nouveau un long soupir, peut être pour retenir ces larmes.
« J’aurais cru qu’un enfant nous rapprocherait, mais... Rien, rien ne s’est plus bien passé...
_ Ulrich, fit la jeune femme à nouveau en larmes, on peut réparer ! Je t’en pris... Laisse nous encore une chance ! Pense à Bunji !
_ Yumi, c’est... C’était avant qu’il aurait fallu faire quelque chose... Chérie... J’ai...
Pendant quelques instants, les pensées deux adolescents furent comme connectés ensemble, plongées les unes dans les autres comme s’il n’étaient plus qu’une seule et même personne. Malgré l’espace qui les séparait, ils s’entendirent... Ils entendirent leur détresse et leur tristesse.
« Yumi... Ulrich... »
L’instant d’après, ils revinrent à leur tragédie, pour en voir l’acte final. Jusqu’au bout, chacun pensait qu’il n’aurait pas à subir cela, ça ne pouvait plus continuer !
_ Ulrich...
_ Je suis... désolé Yumi... Désolé de t’avoir fait souffrir comme ça... Mais j’ai besoin... J’ai vraiment besoin de temps... Au revoir !
_ Ulrich ! ULRICH !!
La jeune femme ne pouvait plus en supporter davantage ! Elle resta figée comme une statue, elle lâcha de sa main tremblante le combiné du téléphone qui terminait sa course en morceau au sol. Son visage se crispa, puis elle tomba à genoux, les mains sur le visage, pleurant toutes les larmes de son corps qui lui restait encore. A ce moment, le petit Bunji descendit de sa chambre. Il vit sa mère dans cet état de dépression, encore pire que lorsqu’il l’avait vu la première fois... Il ne dit rien, plus rien du tout...
La jeune Yumi recula, un air effaré lui collait au visage comme un masque immettable. Elle reculait lentement, comme face à un monstre effrayant ! C’est vrai ! C’était ce qu’elle était devenue ! Un monstre capable du pire ! C’était beaucoup trop dur à supporter ! Ces sentiments, ces angoisses, c’était trop ! Elle ferma ses yeux très fort et appuya sur ses tempes avec ses mains, elle hurlait :
« Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ça !! Je veux plus entendre ! Assez !! »
Une boule se forma dans la gorge du jeune Ulrich alors qu’il continuait à fixer son soi futur. Il n’avait pas réagit. Il avait raccroché et remit son téléphone dans son manteau, alors que l’adolescent fut soudain prit de hoquets de chagrin... L’adulte regarda la cigarette éteinte dans sa main, il serra les dents, puis l’écrasa dans le cendrier. Il appela le barman et demanda d’une voix indéfinissable :
_ Combien je vous dois ?
_ Un whisky, alors ça vous fera 3 € et...
Il n’avait pas fini de parler que l’adulte sortit de sa poche un billet de 5 € qu’il glissa rapidement sur le zinc, en disant :
_ Gardez tout !
L’adolescent le suivit aussi vite qu’il put, alors qu’il se précipitait vers la sortie. Le jeune Ulrich passa au travers de la porte de l’établissement, tel un spectre, et regarda autour de lui. A une 10ène de mètres, il vit une place, vide par ce temps de pluie. Il était là, immobile, la tête levée vers le ciel gris. L’intensité de lui importait peu, pas plus que d’être trempé jusqu’aux os ! Au bout d’une minute, il fut aussi prit de hoquets. Ses yeux étaient exorbités, les larmes qu’il versait à flot se confondaient avec la pluie !
Le jeune Ulrich s’effondra à son tour. Il se serait martelé la tête jusqu’à la mort contre le pavé de la place s’il avait pu ! N’importe quoi pour ne plus penser, ne plus sentir, ne plus souffrir comme ça ! Il hurlait aussi, la tête contre le sol.
_ Non ! Pourquoi !? Ca peut pas arriver ! Ca peut pas arriver !! Sortez moi de là ! Je veux pas que ça finisse comme ça !!
Pour les deux adolescents, tout devint noir, noir comme l’ombre la plus opaque.
Pendant un temps qui parut indéfinissable, il n’y eut plus de sentiments, plus de tristesse, plus de joie, plus de doutes... Plus rien. L’existence même avait disparue. C’était la plus sombre et la plus cruelle des fins de vie que des êtres humains puissent expérimenter. La Compression Temporelle avait laissée entrevoir pour tous, Passé, Présent, Futur, puis elle les avait complètement détruits, détruits par une force qu’aucune chose vivante dans l’univers n’aurait pu éviter. Rien n’avait pu être réparé, pardonné, ni changé... La Compression Temporelle était le commencement, et la fin de tout. Rien n’aurait pu l’éviter, ni la combattre... Peut être...

Chapitre XIII : Survie



Franz ouvrit les yeux, ses paupières étaient lourdes, très lourdes. Des sensations... Il éprouvait des sensations ! Sous ses mains, il sentait le contact froid de la ferraille... Il s’appuya sur le sol et réussit à se relever. Pendant un moment, il avait été, comme absent. Totalement hors de lui-même, comme s’il avait cessé d’exister... Son esprit était encore embrumé, il n’arrivait même pas à se concentrer. Il avait l’impression de sortir d’un rêve dont il ne pouvait se rappeler... D’un rêve... Non, c’était un cauchemar ! Il en était sûr ! Mais il n’y arrivait pas, c’était encore plus frustrant que de le revivre, mais il n’y arrivait pas ! Il ne pouvait pas se rappeler...
Il regarda vaguement autour de lui, et malgré une obscurité que seuls quelques néons arrivait à dissiper, il reconnut l’endroit où il se trouvait : Le Dôme ! Cependant, plus rien n’était comme avant. On aurait qu’une véritable bataille s’était déroulée ici, les passerelles menant au pilier central s’étaient effondrées, la plupart des ordinateurs semblaient avoir implosés, il régnait dans l’air comme une odeur de souffre... C’était tout ce qu’il restait de son œuvre, de son travail acharné durant des années, de ce pourquoi il avait tant consacré d’énergie et d’efforts... Il n’était pas encore pleinement conscient pour se rendre entièrement compte de l’ampleur des dégâts, il ne pouvait malgré pas rester indifférent face à un tel désastre. Ses espoirs, ses rêves... Tout cela venait de s’envoler avec la chose qui avait tout détruit, en quelques instants... Ce n’était plus possible de tout refaire, plus possible de tout reprendre à zéro, ça lui avait bien trop coûté. Tout espoir de revoir un jour sa femme vivante, sa famille à nouveau réunie, ce n’était désormais plus qu’une illusion dans sa propre tête. Mais pourquoi ! Ca y était presque ! Pourquoi cette idée d’avoir tout perdu était si insupportable alors que c’était peut être voué l’échec dès le départ !! Ca aurait été possible ! C’était possible de sauver le monde de XANA, de faire en sorte que ce qui était arrivé à Aelita... Aelita...
_ Aelita !!
Il se mit soudain à hurler dans le vide. Aelita ! Comment avait il pu l’oublier un seul instant ?! Où était elle maintenant ? La Compression Temporelle avait échouée, elle ne pouvait pas être loin !
Une sueur froide lui monta au front lorsqu’il l’a aperçue près du bord de la Fosse. Elle ne bougeait pas, coincée sous une énorme poutrelle métallique.
_ Aelita !
Il criait toujours son prénom alors qu’il se précipitait vers elle, paniqué. Il resta quelques instants planté devant elle sans rien pouvoir faire, inquiet, angoissé ! Pourquoi est ce qu’elle ne se réveillait pas ? Il continuait désespérément à crier, comme si en l’entendant, elle pourrait s’en sortir elle-même. Il finit par sortir de sa transe lorsqu’il s’aperçut que ses supplications ne donnaient rien ; il se mit à soulever la poutrelle par une de ses extrémités. Elle était vraiment lourde, beaucoup plus qu’il ne le pensait. La soulever était une vraie torture pour ses pauvres muscles... Il y arrivait, encore quelques centimètres, mais Aelita ne se réveillait toujours pas...
_ Accroches toi, accroches toi mon enfant...
Il n’arrêtait pas de répéter cet appel dans sa tête et à haute voix, dans l’espoir que ses paroles puissent atteindre son cœur pour la tirer de son sommeil. Franz crut bientôt qu’il avait pouvoir pousser la poutrelle de côté, quand soudain, il se bloqua ! Il n’en pouvait plus, il venait juste d’atteindre la limite de ses forces, il ne pouvait plus que le maintenir en place. Il ne pouvait même plus la poser, il ferait encore plus de dégâts... Coincé ! Il ne pouvait plus rien faire ! La jeune fille avait assez d’espace pour se faufiler par-dessous, mais elle restait là, immobile. Les implorations de son père ne marchaient toujours pas !
Franz sentait qu’il n’allait plus tenir très longtemps, lorsqu’il entendit des pas derrière lui. Sans se déconcentrer pour ne pas lâcher prise, il tourna la tête : Jérémie ! Il accourut immédiatement lorsqu’il vit Aelita en difficulté. L’homme n’eut pas le temps de parler, d’expliquer quoi que se soit, qu’il se précipita au dessous de la poutrelle. Il tira Aelita par les épaules et la mis rapidement hors de danger. Franz grimaça tandis qu’il lâchait la lourde pièce de métal qui commençait à glisser de ses mains moites. La masse de ferraille retomba au sol dans un nuage de poussière, accompagné d’un long soupir de soulagement. Jérémie était en genoux, il souleva légèrement Aelita par la taille et la tête, pour l’amener au niveau de son visage. Il n’était pas médecin, il ne pouvait pas savoir ce qu’elle avait... Une grimace de dégoût lui collait aux lèvres de n’avoir aucune compétence, mais il n’osait pas l’examiner, il aurait peut être fait pire que mieux.
Non, ça ne pouvait pas finir comme ça ! Il rapprocha son visage du sien, retenant quelques larmes de couler. Il avait envie de l’embrasser, pour espérer qu’elle sorte de sa léthargie... Il posa délicatement sa main dans ses cheveux roses. Il ne fallait pas qu’il pleure. Ce n’était pas de tristesse et regret dont avait besoin Aelita, mais d’amour et d’attention pour revenir à elle, et il le voulait, il désirait cela pour dessus tout le reste...
Franz resta pendant quelques minutes à distance des deux adolescents. Il entendait, d’une voix douce, Jérémie faire l’éloge de son amour à sa fille. Touchant, plus que touchant, même. Il avait beaucoup appris sur Jérémie, mais à ce point... Jamais il n’aurait pensé qu’ils avaient à ce point une relation aussi fusionnelle. C’était vraiment incroyable à entendre... C’est à ce moment qu’il voulut s’approcher d’eux, il voulait aider de tout son cœur, avec tout l’amour paternel qui manquait tellement. Mais alors qu’il avançait sa main vers elle, l’âme attendrie, Jérémie l’interpella.
_ La touchez pas !
Le ton de sa voix était devenu soudain si ferme et autoritaire que la main de Franz s’arrêta net. Qu’est ce qui lui prenait tout à coup ? Pourquoi ce changement d’attitude envers lui ? C’était comme s’il le haïssait soudainement. Ou peut être que, ce n’était pas si soudain...
_ La touchez pas ! répéta t il encore plus fermement
Le regard de Jérémie était plus dur que jamais. Franz était déstabilisé par toute la haine dans les yeux du jeune garçon. Alors non, ça ne pouvait pas être soudain. Ce mépris, ça ne pouvait être que ressentit bien avant... L’homme voulait lui répondre, lui dire combien il avait souffert, lui aussi. Lui dire ce qu’il avait éprouvé lorsqu’il l’avait perdue une 1ère fois et de l’avoir vu en vie, mais sans pouvoir lui parler, ni la toucher. Lui dire combien ça lui avait brisé le cœur, de devoir passer des années à travailler pour une fille qu’il espérait revoir, mais qui ne se souvenait même plus de lui ! Mais il se tût... En une seconde, l’amour et la rage d’un petit ami avait vaincu, écrasé la tristesse et l’amour d’un père.
Jérémie s’était promis de rester calme devant Aelita inconsciente, mais il ne pouvait plus se retenir ! La vue du corps inanimé d’Aelita dans ses bras d’un côté, la vue de Franz de l’autre le dégoûtait ! Il profita de son silence pour littéralement lui cracher à la figure tout ce qu’il avait sur le cœur, sans le regarder.
_ C’est votre faute ! Tout ça c’est votre faute ! Aelita vivait une nouvelle vie avec nous, et il a fallu que vous débarquiez pour tout fiche en l’air ! Vous aviez pas le droit de venir tout chambouler comme ça parce que c’est votre fille ! Vous aviez pas le droit ! Je vous hais, vous m’entendez ! Je vous hais !!
Il serra plus fort Aelita contre lui, toujours inconsciente. La rage et la tristesse lui soulevaient le cœur. Franz, quant à lui, ne savait vraiment pas quoi dire face à tant de violence et de haine en si peu de mots...
C’était pour son bien ! Même pour le bien de toute l’humanité qu’il avait ce projet à son terme ! Jamais, jamais il n’avait pensé à aucun moment que quelque chose puisse mal se passer ! Jamais il n’avait songé que cela pourrait rater... Jamais il n’aurait imaginer qu’Aelita puisse ne faire les frais, jamais, c’était pour lui impossible de penser ça... Jérémie était peut être de mauvaise foi, mais tout n’était pas faux.
Il ne dit toujours rien, regardant le visage livide de sa fille et la colère de Jérémie... Mais il n’avait pas l’intention de s’éloigner. Les sentiments du jeune garçon l’atteignaient plus qu’il ne le voulait, mais il ne l’éloignerait pas ! Qu’il le veuille ou non, Aelita avait aussi besoin de lui ! Pour l’heure, elle avait aussi besoin de soin, et vite...
_ Aide moi à la transporter à l’infirmerie, dit abruptement Franz
Jérémie se préparait déjà à répliquer, de lui dire une nouvelle fois de ne pas la toucher, mais il poursuivit :
« Je sais ce que tu vas me dire, mais crois moi, ce n’est pas ta haine contre moi qui va sauver Aelita ! Traite moi de tous les noms si tu veux, mais fais le après ! Pour l’instant, elle a besoin de nous deux ! Aide moi, s’il te plait !
Cette fois, c’est lui qui avait raison. Jérémie avait déjà perdu de vue que ce n’est pas de haine et de vengeance dont Aelita avait besoin... Mettant ses rancoeurs de côté, il prit Aelita par le dessous des bras pendant que Franz la tenait par les jambes.
Etrange, outre la lumière quasiment absente des couloirs du bunker, tout paraissait normal... Non, pas tout à fait. Le bunker était très calme, trop calme, en fait. Il n’y avait plus un seul bruit, comme si, le temps s’était à nouveau arrêté. Mais certaines lumières fonctionnaient pourtant... Plus étrange, il n’y avait aucun signe de ceux que Franz avait pris comme hôte pour ses spectres, ni aucun signe de vie de Yumi, Odd et Ulrich. Jérémie s’inquiétait plus pour Aelita, mais il se demandait. Qu’étaient devenus ses mais après la Compression Temporelle ? Ils étaient déjà trois à s’être trouvés au même endroit, les autres ne devaient pas être loin, ils devaient être là, tout près...

Ulrich ouvrit les yeux. Une désagréable sensation l’envahit, comme celle qu’il éprouve lorsqu’il a passé une nuit agitée. Toujours allongé au sol, il essayait de regarder droit devant lui, mais tout ce qu’il put voir, c’était le vide. Il se releva légèrement et s’adossa contre le mur derrière lui. Ce sur quoi il se trouvait n’était qu’une étroite plate forme d’à peine 5 mètres de large. Le mur sur lequel il était composé d’une quantité infinie de circuits informatique, il avait déjà vu ça... En levant les yeux, il aperçut à une 30ène de mètres plus haut, plusieurs passerelles métalliques qui se rejoignaient en un point central. La Fosse ! Il était quelque part dans la Fosse du Dôme ! Une marée de questions se mit soudain à déferler dans sa tête... Comment avait il pu se retrouver là ? Il ne voyaient pas ses amis, alors où étaient ils ? Est-ce que la Compression Temporelle avait raté... Non, cela ne devait pas le faire céder à la panique ! S’il voulait des réponses, il allait devoir les chercher lui-même.
En regardant de plus près l’immense mur. Il paraissait assez rugueux par endroit, mais Ulrich hésitait. L’idée de s’en servir pour monter jusqu’au bord de la Fosse n’était pas prudente. Dans l’espoir que quelqu’un puisse l’aider, il appela.
_ Hé ho ! Est-ce que quelqu’un m’entends ?! Je suis dans la Fosse ! Est-ce qu’on m’entends !!
La seule réponse que le jeune homme eut, fut sa propre voix portée par l’écho. A tout hasard, il se mit à regarder vers le bas. Au dessous de lui s’étendait une abyme qui semblait sans fond, rien que la voir lui donnait déjà mal à la tête. C’est vrai, il n’avait pas passé à ça. Ses vertiges allaient véritablement être un handicap pour se sortir de là. La volonté de retrouver ses amis était forte, mais il ignorait si cela allait suffire...
Il aperçut alors, 50 mètres plus bas, quelque chose qui allait l’aider à se décider, et le gonfla d’espoir : Allongé sur une plate forme semblable à la sienne, une forme humaine, noire aux cheveux longs, Yumi ! Comment elle était arrivée là n’avait pas d’importance pour Ulrich, mais il devait la rejoindre ! Si elle n’avait pas entendu son 1er appel, c’était certain qu’elle n’entendrait pas les suivants. Pourtant, Ulrich avait peur. Pas peur qu’elle ne se réveille pas, mais une horrible peur du vide qu’il devait alors traverser pour arriver jusqu’à elle. Il essaya tout de même de l’appeler, mais une nouvelle fois, aucune réponse ne lui parvint. Il avait l’impression que sa voix était trop lourde pour être portée par l’air, ou plutôt, que c’était l’air qui était lui-même trop lourd. Il ne pouvait pas, il ne pouvait pas le faire... Il se mit à genoux devant le vide, fixant de loin le corps de la japonaise qui ne bougeait pas.
_ Yumi...
Son regard perdu se dirigea à ce moment vers la paroi. Tant pis, il n’avait pas le choix... Si sa voix n’atteignait pas Yumi à distance, il fallait qu’il se rapproche. Il se rendait bien compte qu’il risquait gros avec ses vertiges, mais il n’était pas question d’y céder ! Il devait le faire ! Affronter et dominer sa peur, pour Yumi...
Il se dirigea prudemment vers le bord, regardant d’abord droit devant lui, puis il baissa la tête vers le vide. Il continua à le fixer jusqu’à ce que ces tremblements nerveux cessent, le baptême du feu commença alors pour lui. Il chercha vaguement de la main une prise dans la paroi par laquelle il puisse amorcer sa descente, puis une autre avec le pied. Le chemin vers la plate forme de Yumi dessinait une ligne oblique, il fallait dès lors qu’il calcule sa trajectoire pour éviter le plus possible de regarder en bas. Il était toujours nerveux, mais plus décidé que jamais à atteindre son but. Il se concentrait au maximum sur ses prises et sur Yumi, évitant absolument de penser à autre chose. Toutes ses mauvaises pensées étaient bannies de son esprit, au moins, pour un temps... Il soufflait longuement et restait souvent plus de 30 secondes sur une même prise pour aller chercher la suivante à tâtons. Il avait beau essayer de combattre ses vertiges, ils restaient malgré tout très forts, au point de l’empêcher de rechercher à l’avance ses prises, l’obligeant à improviser. Mais à ce stade, rien n’aurait pu l’arrêter, rien n’aurait pu entamer sa détermination. Sa peur était conséquente, mais elle ne faisait pas le poids face à la puissance de ses sentiments. C’était l’amour qui guidait ses pas.
La descente était lente, mais ses tâtonnements devenaient plus chanceux. Il voulait regarder en bas, voir si Yumi ne s’était pas réveillé, mais il ne devait surtout pas se déconcentrer maintenant. Il était à la moitié de son chemin, encore un peu, encore un peu de courage...
Soudain, alors qu’il posait son pied gauche sur une nouvelle prise, celle-ci grinça dès l’instant où le jeune homme l’effleura puis elle se détacha brusquement de la paroi pour être précipitée dans le vide ! Ulrich fut complètement déséquilibré et en lâcha la 2ème prise sous son pied droit, ne lui laissant plus pour s’accrocher à la vie que ses mains ! Par réflexe, son regard se tourna en direction de la Fosse obscure. Une boule se forma dans sa gorge jusqu’à presque couper sa respiration... Sa tête tournait, sa vue se troublait. Pendant une minute, il avait bien cru que son corps et son âme allaient être engloutis par l’abîme noire et profonde... C’est alors qu’une pensée lui revint en mémoire, fulgurante et irrésistible. Ce moment, le meilleur moment de sa jeune vie, lui, et Yumi, sur Lyoko. Cela avait était la toute première ébauche de leur amour, le tout 1er maillon de la chaîne qu’ils allaient former... Il ne pouvait, ce n’était plus possible de rester sur ce moment et regretter de n’avoir rien fait ensuite ! C’était cette idée qui effaça d’un seul coup toutes les peurs et tous les doutes de l’esprit d’Ulrich. C’était cette idée qui le poussa à détourner la tête du trou noir et à reprendre de nouveau appui contre la paroi ! Yumi n’était plus qu’à 10 mètres... Les derniers.
Ulrich ferma les yeux et enleva son pied droit de la dernière prise, il se décida à les rouvrir lorsqu’il sentit enfin le sol au dessous ! Il sauta sur la petite plate forme et se précipita vers le corps de la japonaise, toujours immobile. Il s’agenouilla à côté d’elle et souleva délicatement sa tête du sol. Son inquiétude qui était retombée pendant sa descente lui remonta tout à coup à la gorge lorsqu’il aperçut son visage : Il était crispé. Ses sourcils, ses yeux bougeaient nerveusement. Sa bouche décrivait à elle seule le malaise que tout son visage portait. C’était comme si elle était en proie à un cauchemar... Il rapprocha sa tête de la sienne et se mit à lui parler. Ses mots étaient doux, pénétrants, comme s’il voulait délicatement la tirer de son sommeil agité.
_ Yumi, je sais pas si tu m’entends, mais je sais maintenant ce que je ressens vraiment. Si c’était pas ce que je croyais, je sais pas si j’aurais eu le courage de descendre jusqu’à toi ! Ou alors j’aurais lâché prise... Yumi, je suis désolé d’avoir hésité si longtemps avant de te dire ce que j’ai à te dire, et aussi de te le dire dans un moment pareil. Je sais pas... Si toi tu ressens encore la même chose après tout le temps qu’on a passé à ce le cacher... Yumi...
Au fur et à mesure qu’il avançait dans ses mots, sa voix se faisait de plus en plus douce, jusqu’à devenir un murmure qui n’était plus porté que par la volonté d’Ulrich.
« Yumi, je suis désolé. Je t’aime ! »
Il effleura son visage et ses lèvres, mais il s’arrêta. Non, il ne devait pas faire ça, pas tant qu’elle ne serait pas en mesure d’accepter... ou de refuser. Il aurait voulu cesser de respirer, empêcher son propre cœur de battre le temps qu’il fallait. Cette attente, cet horrible suspens était déjà à la limite du supportable. Cependant, ce ne fut pas lui qui fit le 1er pas, celui qui allait tout commencer alors que tout semblait déjà fini. Sans qu’il le voie, une main fine se posa comme le souffle d’une petite brise sur sa nuque, frais, et pourtant doux. Cette main fit se rencontrer leur visage, dans un instant d’une douceur infinie. Au moment où leurs lèvres se rencontrèrent enfin, Ulrich sentit une 2ème main se glisser dans son cou. Cette sensation le fit frissonner, mais cela ne l’empêcha pas de savourer, comme un fruit jusqu’à présent défendu, ce baiser profond et passionné. Ils avaient tout deux attendu ce moment avec tant d’impatience que cela avait fini par devenir impensable. Aucun des deux n’osait ouvrir les yeux, de peur que ce merveilleux rêve se brise. Ils continuèrent ainsi à s’embrasser pendant de longues, de très longues minutes, comme s’ils voulaient rattraper ce qu’ils avaient manqué, toutes les occasions qu’ils n’avaient pas saisies et où il avaient préféré se défier l’un l’autre. C’était réel ! Derrière leurs paupières fermées défilaient toutes ces images, ces souvenirs gravés dans leur esprit qui les avaient marqués : Les regards, les sourires, les jalousies... Tout ce qu’ils avaient vécu ensemble leur revint en mémoire durant ce baiser, comme une vague déferlante sur la plage tranquille de leurs pensées.
Lorsque leurs lèvres se séparèrent, ils continuèrent à se regarder tendrement dans le blanc des yeux. Ils auraient pu passer l’éternité à ne plus parler, car c’était devenu presque inutile.
Cependant, un bruit les ramena à la réalité, à cette Fosse d’où il fallait sortir... Ce bruit provenait d’en haut, une voix ! Une être humain !
_ Hé ho ! Y a quelqu’un !?
Il s’était durement réveillé, avec un mal de crâne comme il n’en a que les nuits à passer à écouter de la musique. Il n’avait vu personne, personne dans ce Dôme désolé, poussiéreux. C’est alors qu’il reçut une réponse, provenant du dernier endroit où il aurait pensé à chercher.
_ Hé ! On est ici, en bas ! cria Ulrich
Il avait reconnu la voix, c’était Odd ! Il aida Yumi à se relever avant qu’il ne les voie dans cette position assez compromettante.
Une silhouette mauve aux cheveux blonds et hérissés vint alors se pencher au bord de l’immense gouffre. Il avait du mal à y voir clair dans la demi obscurité grisâtre de la salle, mais il arriva à distinguer ses deux amis sur une petite plate forme, à près de 100 mètres en contrebas.
_ Comment vous êtes arrivé là, vous ? commença t il
_ On allait te poser la même question ! répondit Yumi
_ J’en sais rien, tout ce que je me rappelle, c’est la lumière blanche ! Et quand je vois l’état du Dôme, je me dis que c’était peut être le retour vers le passé !
_ Comment tu peux savoir ça ? fit Ulrich
_ J’en sais rien, en fait ! Mais ici, on dirait que la femme de ménage a été en grève pendant 20 ans !
En effet, en levant les yeux vers les passerelles, tout indiquait à Yumi et Ulrich qu’une énorme couche de poussière s’était déposée partout dans le Dôme... Mais alors, ce n’était peut être pas le passé, mais bien le futur... Cependant, Yumi estima que ce n’était pas la chose la plus importante pour le moment.
_ Odd, tu as vu les autres ?
_ Non, j’ai vu personne ! Mais je vais vous sortir de là, et on cherchera les autres après !
_ Nan, laisse tomber, cherche les autres, nous on peut attendre ! contesta Ulrich
_ Comptez pas là-dessus, je vais vous tirer de là !
Il disait cela sincèrement, mais en fait, il ignorait encore de quelle manière s’y prendre. Il s’éloigna légèrement, lorsqu’il aperçut à 10 mètres de lui, une sorte de treuil électrique, muni d’une grosse chaîne et d’un crochet de fer. Les deux autres l’observaient avec attention, la bouche grande ouverte, se demandant encore ce qu’il comptait faire. Le blondinet appuya sur un des bouton de la console de la machine, celle-ci grinça horriblement pendant quelques secondes, puis se mit en marche. Miracle ! Une chance qu’il semblait suffisamment rester de l’électricité dans cette salle pour faire fonctionner cet engin ! Un nouvel espoir gonfla le cœur de Odd, bien que ses deux amis ne paraissent pas convaincus.
_ Hé ! Qu’est ce que tu comptes faire ! cria Yumi. C’est trop loin pour nous !
_ Hé ! Faites moi un peu confiance ! Je sais ce que je fais !
La chaîne arriva en quelques minutes à hauteur de la plate forme, Odd l’arrêta à ce moment. Il s’approcha ensuite du bord, sous le regard toujours inquiet et curieux de ses deux amis, puis il prit la grande chaîne à pleines mains. Il eut un petit vertige lorsqu’il fit face, courbé en deux, au vide infini, mais il se reprit rapidement et déploya toute ses forces pour soulever la lourde chaîne. Il exécuta alors des mouvements souples de droite à gauche, lorsque la chaîne commença à se balancer, fendant l’air dans un bruit aigu.
« Alors là mon vieux Odd ! Chapeau pour ton idée ! » pensa Ulrich
Elle se balançait comme un pendule, les efforts du blondinet décuplant son amplitude. Ulrich se posta au bord de la plate forme et se préparait à réceptionner leur ascenseur de fortune. Derrière lui, Yumi n’était pas tranquille. Elle avait un mauvais pressentiment face à cette méthode risquée...
Lorsque la chaîne passa enfin à leur portée, Ulrich la saisit des deux mains. Yumi se précipita vers lui, enroula ses bras autour de sa taille pour le retenir d’être entraîné vers le vide par la lourde masse ! Ulrich fut si surpris que son visage devint écarlate en un instant. Mais tout comme Yumi, il réalisa qu’il se sentait incroyablement bien dans cette position, mais tous deux étaient frustrés, frustrés, car le moment n’était pas encore le bon. Non, pas encore...
La japonaise serra plus fortement Ulrich par la taille, celui-ci tourna légèrement la tête vers elle, alors qu’elle était dans le creux de son cou.
_ A trois, on saute ! Ok ?
Elle opina du chef en signe de réponse. Il sentit plus fortement la chaîne dans ses mains et se concentra. C’était peut être encore plus risqué que l’idée de descendre 50 mètres en escalade au dessus du vide...
_ Une... Deux... Trois !!

Dans l’infirmerie du bunker, ne régnait que le silence. Franz était affalé sur une chaise, ses lunettes rondes posées sur la table de chevet, juste à côté de la couchette où était allongée Aelita.
« Je suis tellement désolé » pensait Franz
Il avança sa main vers elle et lui effleura le front, couvert d’un linge chaud, du bout des doigts. Il regrettait, il regrettait tellement que tous ses plans pour offrir une vie meilleure à sa fille n’aient fait que la mettre dans cet état... Pourquoi est ce que c’est elle qui devait subir les frais de ses erreurs !? Pourquoi tout ce qu’il avait souhaité de bien pour elle et pour lui se retournait à présent contre elle !? Non, ce n’était pas juste ! Si quelqu’un devait payer quelque chose au destin, c’était lui, pas elle ! Elle n’avait rien fait, rien demandé, elle n’avait pas mérité ça...
La porte d’entrée s’ouvrit alors sur Jérémie. Franz pensa qu’il valait mieux interrompre ses gestes de tendresse. Le petit blond était encore remonté contre lui, il aurait peut être eu du mal à les interpréter bien... Son visage était las, triste. Il s’assit au bord de la couchette, la tête baissée, regardant le sol d’un air vague.
_ Personne, déclara t il, y a personne...
Depuis qu’Aelita avait était mise en sécurité, il était parti à la recherche de ses amis dans tout le bunker. De fond en comble... Il avait beau avoir fouillé les moindres recoins qu’il connaissait du bâtiment, il n’y avait aucune trace d’eux, plus aucune. Odd, Ulrich, Yumi, ils s’était volatilisés. Franz se releva alors de sa chaise et reprit ses lunettes, il s’apprêtait visiblement à quitter la pièce. Il passa près de Jérémie et lui posa une main sur l’épaule. Sans se retourner, il lui dit :
_ Je vais rechercher des infos sur les ordinateurs encore en état de marche. Toi, veilles sur Aelita !
Le jeune garçon releva la tête vers le scientifique, il lui lança un regard frisant le mépris. Il n’avait pas d’ordre à lui donner, surtout pas après ce qu’il s’était passé à cause de lui ! Mais il avait raison. Peut être que lui saurait, peut être qu’il pourrait découvrir ce qu’il s’était réellement passé, et surtout, où étaient ses amis. Mais... Le cœur de Jérémie restait empli d’une rancœur terrible envers lui, et lui-même qui avait librement décidé de l’aider. A cause de cela, il ne put s’empêcher de laisser échapper une parole cinglante. Peut être allait il regretté de l’avoir dit, mais il fallait de ça sorte.
_ Vous la laissez avec moi parce que vous vous estimez être un danger pour elle, c’est ça ?
L’homme s’arrêta net dans l’entrebâillement de la porte. Jérémie était soudain devenu méchant, pour le seul plaisir d’être méchant. Il ne le connaissait pas depuis longtemps, mais il savait que cela ne lui ressemblait pas... C’était peut être aussi de sa faute. Mais il était injuste ! Tout ça, il l’avait fait pour sa famille qu’il avait perdue ! Jérémie n’avait aucune idée de ce qu’il disait ! Il n’avait aucune idée de ce qu’il avait du subir, de toutes les souffrances morales qu’il avait du endurer pour en arriver là ! Pourtant, il ne disait rien. Il continuait de prendre sur lui, car quelque part, Jérémie avait raison : C’était à cause de ses erreurs, si tout cela était arrivé...
_ Elle sera plus en sécurité avec toi qu’avec moi...
Il ferma la porte et s’en alla dans le couloir. Jérémie sentit dans la voix de Franz une profonde mélancolie, un vrai pincement au cœur. Il le pensait toujours aussi responsable de toute cette histoire, mais à présent, il avait envie de le plaindre... Il avait paru toujours insensible, invulnérable à la moindre émotion, comme une forteresse qui restait imprenable sous les assauts répétés de l’ennemi. Maintenant que tout était fini, c’était comme si un voile venait de se lever, comme si tout ce qu’il avait gardé tout au fond de lui sortait, en cette seule phrase...
Tout à coup, il entendit comme un murmure à côté de lui, presque un ronronnement de chat : Aelita s’était réveillée !
Jérémie était aux anges. C’était le plus grand soulagement qu’il ait eu depuis le début de toute cette sombre histoire ! Il avait déjà imaginé tellement de fois dans sa tête qu’elle ne puisse pas se réveiller qu’il n’y croyait presque plus !
Il avait envie de lui sauter au cou, de l’embrasser, de la serrer dans ses bras comme jamais ! Mais il ne voulait pas la brusquer alors qu’elle émergeait à peine de son sommeil. Elle se redressa légèrement, sortant un peu de sa couverture, les yeux encore à moitié fermés.
_ Jér... Jérémie ?
Il lui prit délicatement la main pour la rassurer.
_ Oui, je suis là.
Elle ouvrit entièrement les yeux. Elle avait envie de sourire en voyant son amour, mais dans son esprit, ses questions étaient trop pressantes pour rester sans réponses.
_ Où... Où est ce qu’on est, où sont les autres ?
Sa main commençait à trembler. Il fallait qu’il la rassure, vite.
_ On est à l’infirmerie du bunker, Franz est parti... Retrouver les autres ! Ca va aller Aelita, ça va aller...
Elle se rallongea, mais ne lâcha pas la main de Jérémie. Elle semblait se calmer un peu, mais c’était surtout du à la présence de son amour qu’autre chose. Elle le regarda dans le blanc des yeux, elle avait encore une interrogation au bord des lèvres.
_ Qu’est ce qui s’est passé ? J’ai l’impression d’avoir fait un cauchemar !
« Toi aussi... » pensa Jérémie
« Je sais pas, la Compression Temporelle a ratée. »
_ Alors, c’est fini ?
_ Oui, c’est fini.
Ils se sourirent tendrement, comme s’ils avaient attendus désespérément la fin de cette petite conversation pour le faire. Plus rien d’autre n’existait à cet instant, rien qu’eux, et eux seuls.
_ Je t’aime, Jérémie.
_ Je t’aime aussi... Aelita.
Ils furent saisis d’un court et intense frisson, exactement comme la première fois où ils s’étaient déclarés leurs sentiments. La jeune fille tourna la tête sur le côté et dit :
_ J’ai soif. Tu peux me donner un verre d’eau ?
Le petit blond se leva de sa chaise, lâchant à contrecoeur la main d’Aelita. Il saisit une bouteille d’eau ainsi qu’un verre qui se trouvait sur le chevet et le rempli. Mais alors qu’il allait se retourner vers la couchette, Jérémie lâcha des mains le verre qu’il tenait. Il se fracassa au sol dans un bruit sourd. Une lumière blanche venait de débarquer dans la pièce, mais les deux adolescents n’eurent même pas le temps de réagir que l’étrange lumière les engloutit aussitôt. Tout n’était pas fini, pas encore...

Evitant de regarder en bas, Ulrich restait accroché à la chaîne et à Yumi, chacun un pied sur le grand crochet. Leur équilibre était fragile, et en fait, il avaient déjà eu de la chance de pouvoir sauter dessus et de s’y accrocher...
Odd commença à enclencher la marche arrière du treuil pour remonter ses amis, lentement ; très lentement. Les deux amoureux se serraient très fort l’un contre l’autre. Maintenant que le plus dur avait été fait, il fallait absolument éviter de rompre l’équilibre. Odd, lui avaient des sueurs froides à chaque mètre franchi. Il ne fallait qu’un simple bouton pour remonter le treuil, mais la machine semblait ne pas avoir servie depuis très longtemps... Il regardait avec anxiété ses deux amis venir vers lui. Pourvu que...
Tout à coup, le blondinet entendit un grincement à côté de lui : C’était le socle sur lequel était fixée la machine qui était en train de se détacher du sol ! Immédiatement, Odd se précipita sur le treuil pour essayer de le soulager d’un poids trop lourd à supporter ! Mais il savait bien qu’il n’était pas assez fort pour éviter l’inévitable ! Imprudemment, Ulrich leva la tête et se détacha légèrement de Yumi pour essayer de voir ce qu’il se passait... Mais c’est à ce moment que le treuil s’arrêta net. Le choc déséquilibra complètement Ulrich ! Son pied glissa son crochet et commença sa chute dans l’abyme sans fond... La main de Yumi effleura celle du jeune homme mais ne fut pas assez rapide pour la rattraper ! La japonaise n’eut même pas le temps de hurler qu’une autre catastrophe se produisit : la machine se détacha complètement de son socle malgré les efforts considérables de Odd pour le retarder ! Lui-même ne put en descendre à temps. Il fut entraîné dans la chute mortelle, avec ces deux amis...
Leur volonté de survivre à tous fut anéantie en quelques instants, comme si ça n’avait jamais été possible, comme si quelqu’un les avait puni d’avoir voulu s’opposer au destin. Les 3 adolescents virent arriver à la vitesse de l’éclair une lumière blanche. Qu’est ce que c’était ? C’était à peine s’ils eurent le temps de la voir. Dès l’instant où ils entrèrent en contact avec elle, tout s’effaça à nouveau...
Vie, espoir, mort et temps, plus rien n’existait...
Cette fois, ce n’était pas l’œuvre de la Compression Temporelle... C’était autre chose... Quelque chose de plus familier...

Chapitre XIV : Le Transcendant




Jérémie ouvrit les yeux sur un autre monde. Il se rendit tout de suite compte qu’il n’était plus dans l’infirmerie du bunker, son esprit embrumé ne pouvait cependant pas réfléchir pour l’instant... Il distinguait des formes bleutées, des formes blanches qui semblaient se mouvoir dans les airs. Un bruit léger mais incessant faisait bourdonner ses oreilles, comme un cœur qui bat, qui continue de battre... Il ne sentait plus rien, ni le contact sur sol, ni odeur, c’était à peine s’il avait l’impression de respirer, c’était à peine s’il sentait de l’air dans ses poumons.
Lorsqu’il commença vraiment à émerger de sa léthargie, il leva sa main du sol et le regarda attentivement : Elle était couverte d’une mitaine noire. Il essaya de bouger ses doigts, mais il ne sentait pas le contact du tissu sur sa peau. C’était comme si, cette mitaine faisait partie intégrante de lui-même...
_ Ca y est, il a bougé !
Soin visage ce crispa, cette voix aigue faisait écho dans sa tête et lui donner mal au crâne. Cette voix... Oui, il la connaissait. Elle provenait de juste au dessus de lui.
Il était allongé sur le côté, et dans un effort qui lui parut surhumain, il se retourna pour se mettre sur le dos. De sa vue encore troublée, il distingua vaguement un visage qui prit peu à peu forme. Des cheveux blonds, une mèche violette... C’était lui ! Et si lui était là, peut être que les autres y étaient aussi.
_ Hé Einstein, ça va, tu nous entends ?
Une autre voix qui venait d’à côté. En tournant la tête, Jérémie aperçut un autre visage connu. Un garçon, un bandana serré autour de la tête, habillé en samouraï. Aussitôt après, deux derniers visages, ceux de deux filles. L’une avait le teint blanc, coiffée avec un chignon, l’autre avait les oreilles pointues et des cheveux roses. Odd, Ulrich, Yumi et Aelita... Ils étaient tous là, mais ce n’était plus pareil qu’avant. Ce décor qu’il avait vaguement observé, les tenues de ses amis... C’était Lyoko, il n’y avait aucun doute !
Yumi et Odd aidèrent ensemble le petit génie à se remettre sur ses jambes, c’était à ce moment qu’il fut frappé par son apparence : Il était vêtu de la même manière qu’Aelita, sauf que c’était la couleur verte qui était la plus présente sur lui. Ses lunettes étaient absentes et l’on aurait dit que ses cheveux avaient subitement poussés d’un 10ène de centimètres.
_ C’est plus classe que la dernière où t’es venu sur Lyoko ! commenta Odd devant la stupéfaction de son ami
Lui n’en revenait toujours pas. Il scruta les alentours avec un air effaré, mais à part la petite plate forme translucide sur laquelle ils se trouvaient tous, il ne vit rien d’autre que le vide. Le vide numérique d’abord d’un bleu profond qui s’enfonçait ensuite vers le noir. Cet endroit était plus lugubre que tous les autres coins de Lyoko, quelque chose était en train de flotter dans l’air, comme un parfum d’effrois...
_ Qu’est ce qui...
_ S’est passé ? interrompit Ulrich. En fait, on en sait pas plus que toi !
_ Il y a eu une lumière blanche, continua Yumi, et l’on s’est retrouvés ici, avec vous deux.
Elle désigna du regard Aelita et Jérémie.
_ Nous aussi, fit ce dernier d’une petite voix, mais où est ce que vous étiez, pendant tout ce temps ?
_ A l’intérieur du Dôme, même qu’on a failli y laisser notre peau ! répondit Odd
_ Mais... Mais c’est impossible ! Franz, Aelita et moi on y était pas et je vous ai pas vus !
_ Alors ça surement pas, Einstein ! rétorqua Odd. Moi j’étais au bord du grand trou tout le temps et je vous aurais vu si vous y étiez !
_ Mais comment c’est possible... Et d’ailleurs, où est Franz ?
_ On, on ne sait pas... murmura Aelita
Le visage d’abord impassible de la jeune fille se déforma par une expression de tristesse. Le prénom de son père faisait écho dans son esprit depuis qu’elle était arrivée ici. Eux avaient été emmenés sur Lyoko, mais pas lui. Pourtant il devait être quelque part ! C’était inacceptable pour Aelita d’admettre qu’il avait tout simplement disparut sans laisser de traces ! Il était vivant, ça elle n’en doutait pas un seul instant ! Sa mère d’abord, ensuite son père... Elle ne pourrait jamais l’accepter...
C’est alors qu’arriva au milieu de la plate forme, comme un éclair, un intense jet de lumière blanche. Tous s’écartèrent sur les côté et se préparaient déjà à l’attaque ! Jérémie ouvrit la main, un bâton long et lumineux se matérialisa, prêt à se lancer à l’assaut contre ce qui pouvait arriver. La lumière venant du haut se comportait étrangement. Elle commença à décrire une forme qui se précisa : Elle rétrécissait, elle se courbait comme si elle était en train de façonner un être à elle seule. Odd essaya de s’approcher, mais une force invisible le retenait sur place. Elle lumière se transforma alors en d’innombrables pixels virtuels qui prirent rapidement forme. Cela ressemblait à un être humain, drapé d’un très long vêtement, une aube noire comme la nuit. On ne voyait pas la tête de cette chose, car elle était recouverte par une large et longue capuche. On avait même l’impression que cette chose inquiétante n’avait aucun visage, simplement, quelques éclats de lumière étaient visible au fond de cette capuche qui semblait en fait abriter un abime... Une créature qui ne suscitait pourtant par autre chose chez nos amis, malgré son apparence fantomatique, que de la surprise. Cet être ne leur était pas inconnu, il avait beau avoir revêtu déjà un tas d’autres visages, sur Terre et sur Lyoko, la malveillance qui émanait de lui telle une puanteur ne trompait personne : XANA !
Nos mais ne quittèrent pas leur position de combat, quand une voix tout droit sortie des ténèbres, rauque et caverneuse, parvint à leur esprit :
_ Bonjour... Vous êtes tous enfin là....
Tous restèrent sur place, figés comme des statues, sauf Ulrich. Il fit un pas en avant, sabre à la main, et interpella les autres. C’était comme ci, rien qu’en entendant cette voix, il s’était rendu compte de quelque chose, dont il avait d’ailleurs l’air déçu...
_ Ca sert à rien, c’est juste une illusion ! XANA prendrait jamais le risque de se faire attaquer directement !
Ses amis baissèrent alors leurs armes, celle de Jérémie disparut dès qu’il n’en eu plus l’utilité. C’était comme s’ils venaient tous d’interpréter l’intervention d’Ulrich comme un ordre.
_ Je n’ai pas besoin de vous mettrons ma véritable forme. Même si je l’avais fait, il n’aurait pas été judicieux de me détruire.
Yumi avait l’air plus songeur que ses autres amis. Depuis qu’elle avait débarqué ici avec Odd et Ulrich, une étrange impression ne la quittait pas. A présent que XANA avait, semblait il, insinué quelque chose, il lui fallait une réponse.
_ Comment vous avez fait pour nous virtualiser depuis la Terre sans scanner ? Pourquoi vous nous avez amené ici ?
XANA releva son visage sans fond vers la japonaise, comme par étonnement.
_ La Terre ? Mais, elle n’existe plus.
Un cri conjugué de tous nos amis ébranla alors l’ambiance lugubre de cet endroit. Un cri incrédule et pourtant très fort, à la suite duquel tous furent pétrifiés d’effroi. La Terre... anéantie ?! Non, impossible ! Après tout ce qu’ils avaient enduré, après toutes ces souffrances morales et physiques qu’ils avaient subis, ils auraient fait tout ça pour rien ?! Pour en arriver au néant ! Tout ce qu’ils avaient vécus sur Terre ne signifiait à présent plus rien ?! Leur visage se crispa, comme pour pleurer de rage, mais c’était impossible sur Lyoko... Ulrich décida soudain de manifester la sienne autrement !
_ Le croyez pas ! Il nous tend encore un piège foireux !
Sans attendre plus longtemps, il pointa son sabre vers l’avant et piqua un Super Sprint droit vers XANA pour le détruire une fois pour toute ! Seulement, les coups qu’il lui portait ne faisaient que fendre pendant un court instant l’image de la créature qui se reformait aussitôt ! Chaque coup qu’il ratait ne faisait qu’augmenter sa colère ! Il fulminait, il bouillonnait d’une rage qu’il ne pouvait apaiser, tandis que derrière lui, Aelita, Jérémie et Odd étaient abattus... Le samouraï continuait désespérément de fendre le vide de son sabre, lorsque Yumi vint l’entourer par la taille pour l’arrêter ! Elle remonta rapidement ses mains et saisit le samouraï par le dessous des bras pour l’empêcher de porter un autre coup inutile.
_ Arrête Ulrich, tu vois bien que ça sert à rien !
_ Laisse moi ! Je vais finir par l’avoir ! Ce monstre a détruit tout ce qu’on avait ! Je le veux, il est à moi !
_ Ulrich, on peut plus rien faire ! Arrête ! Je t’en supplie, arrête !
La voix tremblotante de la japonaise eut un effet radical sur Ulrich. Il serra les dents, plissa les yeux très fortement, puis il cessa de se débattre. Yumi se serra contre lui pour tenter de se rassurer, de ce dire que XANA mentait, mais tout comme ses mais le pendait, tout porte à croire qu’il avait raison... Le Compression Temporelle, cette séparation étrange d’avec ses compagnons, cette lumière blanche comme un retour vers le passé. Alors c’était comme ça que cela devait se terminer ? Leur mission était finie, plus rien, ni plus personne à sauver, plus rien à espérer. XANA recommença à parler, tout le monde était trop abattu pour l’interrompre.
_ Votre planète, la réalité dans son intégrité n’existe plus tels qu’elles ont été. Mais, il n’est pas impossible de les retrouver, pas impossible de recréer la structure de votre univers.
Seul Jérémie releva la tête vers lui, il paraissait être le seul à l’avoir écouté. Pourtant, il était toujours enfermé dans le même monde de silence que les autres.
_ La Compression Temporelle n’est pas terminée, poursuivit XANA, elle va entrer dans sa 3ème phase. C’est après cela que plus rien ne pourra être fait.
Le petit blond n’avait pas envie de parler, aucun d’entre eux n’osait penser après ce choc si soudain qu’il y avait encore la moindre raison d’espérer quelque chose pour retrouver ce qu’ils avaient perdus. Ils s’interdisaient tous d’y penser, le cœur gros, et la rage leur cisaillant la poitrine malgré leur état virtuel. Le seul qui parlait encore d’espoir, ou du moins ce qui leur paraissait être de l’espoir, c’était leur pire ennemi, le mal incarné... Celui qui était le 1er à trahir le peu de confiance que l’on pouvait placer en lui, dès qu’il n’y trouvait plus son intérêt. Et pourtant... pourtant...
_ Qu’est ce qu’on pourrait faire, de toute façon... Qu’est ce qu’on pourrait encore faire... souffla Jérémie.
Comme s’il fut enfin satisfait d’entendre une réponse, les éclats de lumière qui brillaient en fond de la capuche de la créature gagnèrent en intensité.
_ Il existe une ultime solution. Il faut anéantir la source de la Compression Temporelle à sa base... Détruire le cœur de la Compression temporelle avant qu’elle n’entre dans sa phase finale.
Jérémie se releva d’un bond, les regards de ses amis se dirigèrent tout à coup vers XANA au même instant, comme si une infime étincelle d’espoir se mettait soudain à briller sur leur visage ! Mais ils étaient toujours incrédules. Ce que disait XANA était impossible à réaliser à leurs yeux !
_ C’est complètement dingue... Comment on pourrait détruire une chose qu’on ne peut même pas toucher, qu’on peut même pas voir, et qui est assez puissante pour détruire l’univers entier ?! vociféra Yumi
_ Pauvres humains, vous ne savez décidemment rien.
Odd s’avança alors face à de XANA.
_ Si on comprend rien, alors explique toi, toi qu’est si malin ! dit il d’un air méprisant
Il y eut une minute de silence, au bout de laquelle la créature fit solennellement un quart de tour sur le côté.
_ La Compression Temporelle se divise en 3 phases. La 1ère en était la préparation. Celle là, n’a pas d’importance... La 2ème a été la mise en place de la Compression. Lors de la fin de la première phase, j’ai pu faire fusionner une partie de ma base de données virtuelle avec la Compression Temporelle. C’est ainsi que je vous ai retrouvés au même endroit : Le bunker, mais à deux époques différentes, avant qu’elles ne fusionnent à leur tour.
_ Alors c’est pour ça qu’on était au même endroit et qu’on a pas pu se voir... dit Yumi, regardant Aelita d’un air septique
_ Je suis pas sûr de bien comprendre, fit Jérémie. Pourquoi la Compression Temporelle s’est comportée comme ça, alors qu’elle devait simplement servir à retourner dans le passé ? Les machines de Franz étaient parfaitement bien réglées pour contenir sa puissance !
_ Vous ne savez rien. Le Dôme n’a jamais été créé pour contenir la puissance de la Compression Temporelle, car il n’a jamais été question de la créer... Mais de l’APPELER.
_ « Appeler » la Compression Temporelle ? Qu’est ce que ça veut dire ?
_ Ce que vous, humains, appelez « Compression Temporelle », n’est qu’une nébuleuse invisible. Sans un cerveau, quelque chose d’une puissance phénoménale pour en avoir le contrôle, elle n’existerait pas. Ce cerveau, est un être vivant, conscient, intelligent... Dans le Projet sur lequel IL a travaillé, cet être était appelé : Le Transcendant.

Nos amis restèrent hébétés, paralysés de stupéfaction face à la révélation que venait de leur faire XANA. Ce qu’ils avaient tentés d’arrêté jusqu’à présent, était en fait un être vivant, qui agissait par lui-même. Un seul être qui était capable de plier l’ensemble de l’espace temps à sa volonté... Comment auraient ils pu imaginer qu’un tel être dans l’univers puisse exister, et que personne, quasiment personne n’en avait jamais entendu parler auparavant ? Et à présent qu’ils avaient appris son existence, comment était il possible de penser à détruire une telle puissance, ne serait ce qu’y penser... XANA reprit alors la parole.
_ Cet endroit dans lequel nous nous trouvons n’est pas Lyoko, mais une reconstitution que j’ai créée, avant que le Transcendant n’entame la dernière phase de la compression.
_ Attendez ! fit Ulrich. Si ce machin absorbe l’espace et le temps, ça veut dire qu’on est à l’intérieur ?
XANA passa à nouveau dans le monde du silence. Etrange, d’ordinaire, les adolescents pouvait toujours à peu près prévoir ce qu’allait faire XANA. Mais cette fois, il n’en était rien. Sous cette apparence, il était comme impénétrable, fermée à toute pensée extérieure. Même si ce n’était pas là sa vrai forme, nos amis savaient qu’il était différent... Non, pas différent ! Plus puissant qu’avant, peut être même, beaucoup plus puissant...
_ Non, reprit-il, c’est LUI qui est à l’intérieur ce monde que j’ai créé. Je vous l’ai dit : Lyoko et le Transcendant ne font plus qu’un, j’ai alors retardé le lancement de sa dernière phase, il cherche à présent à sortir de ce monde pour la réaliser...
_ Alors c’est pour ça que tu nous as fait venir, fit Odd sur un ton méprisant, tu veux qu’on détruise le Transcendant à ta place !
_ Je ne vous oblige à rien, rétorqua XANA, mais s’il venait à être détruit, l’espace temps serait à nouveau décompressé. Votre univers, et le mien, redeviendrait comme il l’a toujours été... Ou ne redeviendrait pas.
_ Comment « ne redeviendrait pas » ? fit Ulrich
_ Il y a un risque...
Tous se tournèrent alors vers Aelita. Elle était restée muette pendant un long moment, lorsqu’elle décida soudain de répondre.
« La décompression du temps peut entraîner carrément la destruction totale de l’univers... Mais... En fait, c’est tout ce qu’il nous reste à faire... »
_ C’est vrai, poursuivit Ulrich, on a peut être une chance sur un milliard d’y arriver, mais qu’on ne fasse rien ne pourra que conduire à la destruction...
Tout le groupe se retourna vers XANA, d’un air déterminé, lorsque celui reprit de nouveau la parole.
_ Je ne peux détruire la Compression Temporelle moi-même, je dois veiller à ce qu’elle ne puisse par sortir de ce monde, le temps qu’elle soit anéantie... Il n’appartient qu’à vous de savoir ce que vous désirez faire.
Toutes les pensées du groupe se rassemblèrent en une seule : Ce n’était pas seulement le sort d’une ville, du monde... Mais de celui de l’univers tout entier qui reposait à présent sur leurs épaules. C’était un combat fou, un combat qui n’aurait jamais du exister qui n’allait pas tarder à se dérouler, dans un lieu qui n’existe même pas, et contre un adversaire dont la puissance était si incommensurable qu’elle ne pouvait être mesurée...
Aelita eu à ce moment une pensée pour son père, pour l’instant porté disparu. Elle se rendait compte de ce qu’il avait provoqué, de ce qu’il avait fait en invoquant le Transcendant... Mais elle l’aimait toujours, et elle continuerait à l’aimer quoi qu’il puisse faire, car il était sa famille à lui tout seul ! Tout ce qu’il avait fait, il l’avait fait pour elle, pour qu’elle soit heureuse. S’il y avait eu un moyen de le revoir, il fallait anéantir le Transcendant, elle n’abandonnerait pas !
La décision de tous était déjà prise, la même détermination brûlait dans chaque regard, tel une flamme qu’aucune rivière, qu’aucun océan ne saurait éteindre, là où auparavant il ne régnait que la rage et le désespoir. Ulrich fit quelques pas vers XANA, il parla au nom de tout le monde.
_ Où est le Transcendant ?
_ Je vais vous y transporter, fit simplement la créature encapuchonnée
Une fenêtre virtuelle apparut alors à côté de lui. De ses mains à moitié cachée par sa longue aube noire, il tapa lentement quelques commandes sur le clavier translucide qui lui faisait face. Un cercle lumineux vint se former autour des adolescents, des 10ènes de matrices surgirent du sol et se mirent à tournoyer autour d’eux. Une dernière parole de XANA leur parvint :
_ N’échouez pas.
Les Lyokoguerriers furent précipités dans un couloir cylindrique qu’ils traversèrent à toute vitesse. Ils furent ballottés dans tous les sens, ne distinguant plus aucune direction, tandis qu’ils s’enfonçaient à une vitesse phénoménale dans les profondeurs les plus insondables de ce monde virtuel... le trajet était long, long et pourtant si tortueux qu’ils n’eurent quasiment pas le temps d’apercevoir la sortie qui leur arriva comme une bombe...
Lorsqu’ils furent enfin arrêtés, ils se retrouvèrent dans une très vaste salle, illuminé d’un bleu sombre. Exactement comme dans le 5ème Territoire... Aussi mystérieux et inquiétant. Cependant, il y avait quelque chose d’étrange en plus, dans cette salle : Depuis les hauteurs où les Lyokoguerriers avaient atterris, ils dominaient l’ensemble du terrain... Ils n’y voyaient personne !
Ulrich, Yumi et Odd descendirent en contrebas par quelques bonds acrobatiques, tandis qu’Aelita et Jérémie durent mutuellement s’aider pour ne pas tomber. Arrivé à destination, Ulrich se détacha du groupe et commença à scruter les environs, la main sur le pommeau de son sabre. Les hauteurs qu’ils venaient de quitter étaient construites tel un grand escalier, composés d’énormes blocs blancs. A perte de vue s’étendait un sol bleu, parfaitement lisse. Lorsqu’il avançait, ses pas résonnaient de la même manière qu’en haute montagne dans un silence pesant... Ce gigantesque endroit était bel et bien vide. Odd était dubitatif.
_ Où il s’est planqué le méga monstre qu’on est supposé combattre ?
_ XANA se serait fichu de nous ? fit Yumi
_ Ca m’étonnerait pas de lui ! renchérit Ulrich, le regard en l’air. Pourquoi on lui a fait confiance !!
Jérémie, quant à lui, essayait de trouver une explication rationnelle, puis il se tourna vers Aelita : Elle était courbée, le visage crispée, le bout des doigts appuyés sur ses tempes ! Elle souffrait ! Jérémie, Odd et Yumi se précipitèrent vers elle pour voir ce qu’elle avait.
_ Aelita, qu’est ce que tu as !? s’inquiéta cette dernière
_ Je sens, je sens quelque chose... C’est tout près !
Ulrich qui avait aperçut le petit attroupement se précipita à son tour.
_ Le Transcendant, c’est ça ? Il est là ? demanda t il vigoureusement
_ C’est là... C’est tellement fort... J’ai l’impression que c’est partout !
Par réflexe, Odd regarda tout autour de lui. Il observa pendant une minute le moindre signe d’activité qu’il pouvait repérer, mais il n’y avait toujours personne en vue. Personne, ni rien.
_ T’es sûre de ce que tu dis Aelita ? Je vois rien !
La douleur de la jeune fille semblait s’accentuer à chaque seconde qui passait. Elle était bientôt à genoux, comme écrasé par une force invisible.
_ C’est partout... C’est partout !
_ Aelita !!Elle ne pouvait plus supporter la douleur, elle venait de s’évanouir, devant les regards inquiets et médusés de ses amis. Partout... Qu’avait elle voulu dire ?
Soudain, un grondement sourd se fit entendre, comme un très long grincement. Tandis que les autre s continuaient à veiller sur Aelita, Yumi se leva et se dirigea vers le grand mur derrière eux, là d’où semblait provenir ce bruit. Elle colla son oreille sur la surface lisse lorsqu’un autre long grincement lui parvint... Elle sentit le mur vibrer sur son oreille et sur ses doigts, comme si une chose venait de derrière, mais qu’il était impossible de savoir ce que c’était... C’est alors qu’une partie du mur se mit à onduler, comme s’il était fait de gélatine. Yumi s’en repoussa immédiatement d’un bond avec une grimace de dégoût. Ulrich releva soudain la tête vers elle tandis qu’elle sortait ses éventails de combat.
_ Qu’est ce qui se passe ? demanda t il
_ Le mur... Il bouge !
La surface auparavant immaculée continuait à se convulser dans un bruit horrible jusqu’à ce qu’il s’arrête aussi soudainement qu’il avait commencé. Saisie par la stupeur, Yumi voulut se rapprocher à nouveau de la structure pour vérifier si elle était bien redevenue solide. Mais au moment où elle allait la toucher du bout des doigts...
_ Attention !
Le samouraï plongea littéralement sur Yumi pour éviter le pire : Du mur venait de sortir une espèce de bras gluant qui avait tenté d’envelopper la japonaise par surprise ! Cependant, les Lyokoguerriers n’eurent pas le temps de se relever que le horrible membre s’allongea jusqu’à eux pour les saisir ! Il fut stoppé de justesse par Odd qui vida presque toutes ses flèches laser sur la créature visqueuse ! Yumi et Ulrich se remirent sur leurs pieds le plus rapidement possible pour échapper à ce monstre. Une fois hors de portée, la chose s’enfonça à nouveau dans le mur, comme si elle n’en était jamais sortie.
_ Qu’est ce que c’était que ça ? s’écria Jérémie
_ Je crois que je commence à comprendre... dit Ulrich, sans répondre. Jérémie ! Récupère Aelita et on fonce, il faut qu’on s’éloigne des murs !
Odd essaya de savoir ce que son ami avait derrière la tête.
_ Ben quand même, vieux, tu pourrais...
_ Pas le temps d’attendre, on fonce !
Sans chercher à se retourner, Ulrich piqua un Super Sprint droit devant lui, espérant que ses amis auraient le réflexe de le suivre, ce qu’ils firent aussi rapidement que possible. Jérémie prit Aelita dans ses bras et fut talonné par Odd et Yumi. Une fois qu’ils eurent rejoint le samouraï, les échos de leurs pas se dissipèrent dans l’air, l’ambiance retomba alors dans le silence le plus absolu... Rien, plus un bruit ne parvenait aux oreilles des Lyokoguerriers. Ils regardaient nerveusement autours d’eux, comme pour guetter le moindre signe de vie. Il n’y avait qu’Ulrich qui restait stoïque, en position de garde. Cependant, au bout d’une minute de silence, rien n’avait bougé ; Odd se demandait pourquoi son ami avait été si pressé.
_ Dis, pourquoi tu nous as fait courir ? demanda t il. C’était pas la peine de nous éloigner autant des murs !
_ Si... J’ai compris pourquoi il n’y rien ici...
Il ne relâchait pas son attention. Son regard restait fixé droit devant lui, comme s’il faisait face à un ennemi invisible qui le défiait du regard.
_ XANA nous a envoyé dans un piège ? fit Yumi
_ Non, je crois même qu’il nous a envoyé exactement là où il fallait...
_ Tu veux pas dire que...
_ Si ! On est pas face au Transcendant... On est à l’INTERIEUR du Transcendant !
A ces mots, la salle entière se mit à vibrer, puis à trembler, de plus en plus fort, déséquilibrant les Lyokoguerriers par surprise. On aurait dit que le Transcendant lui-même les avait entendus... La paisible couleur bleu du sol laissa peu à peu place à un rouge vif qui se rependit absolument partout, ainsi que sur les murs, telle une mer de sang qui avait subitement inondée tout cet endroit ! Les tremblements gagnèrent en intensité au point que nos amis crurent que le plafond entier allait leur tomber sur la tête ! Aelita se réveilla en sursaut à force d’être secouée et constata avec effroi le changement soudain de décor. L’atmosphère se fit plus pesante à mesure que les tremblements se calmaient... Alors que les autres se pensaient sauvés, Yumi restait pensive. Ceci ne devait être qu’un coup de semonce ; le Transcendant n’allait surement pas se montrer à eux avant que...
Tout à coup, une secousse plus forte que toutes les autres réunies éclata alors que nos amis eurent à peine le temps de se remettre des précédentes. Chacun pouvait sentir dans leur poitrine leur propre cœur battre au milieu de ce carnage, aucun n’aurait voulu l’admettre, mais ils avaient peur, vraiment peur... Un cri sortit de la bouche d’Aelita, elle pointa son doigt.
_ Regardez ! Les murs !
Ulrich et Odd regardèrent à leur droite, Jérémie et Yumi à leur gauche, mais les quatre virent la même chose de leur côté. Une chose qui ne leur inspirait qu’un avenir des plus funestes : Les grands murs de la salle commencèrent à se rapprocher l’un de l’autre !
A ce moment, aucun d’entre eux ne chercha à réfléchir, aucun ne se dit un seul instant qu’il n’aurait jamais assez de force pour arrêter le désastre tout proche... Ils se précipitèrent vers les murs, Ulrich et Odd ensemble, Yumi, Aelita et Jérémie de l’autre côté. Chacun déploya toute sa puissance à essayer de repousser la salle toute entière qui se refermait sur eux ! Mais les pieds glissaient sous cette force démentielle ! Ils avaient beau faire tout ce qu’ils pouvaient, donner tout ce qu’ils avaient à donner, la menace mortelle n’en était même pas ralentie !
_ Ca sert à rien, on y arrive pas ! cria Jérémie
_ C’est le moment d’avoir une idée de génie, Einstein ! hurla Odd
Les murs progressaient de plus en plus rapidement et n’étaient à présent qu’à une 10ène de distance l’un de l’autre... Aelita cessa de pousser et revint très vite au centre de la salle sans rien dire, puis elle se mit à genoux. C’est alors qu’un magnifique chant de sirène se fit entendre, engloutissant littéralement le terrible grincement des murs qui allait bientôt se rencontrer...


ChaoticPesme
16/01/06 à 21:39
Le grand cru de 2006 est arrivé.
A consommer au compte goutte !



Chapitre I : Black Out



23 heures, communication depuis l’usine.
_ Ulrich, comment ça se passe au collège ? dit Jérémie
Lui et Odd s’étaient réfugiés à l’intérieur du gymnase. Ils avaient barricadé les entrées, poursuivis par des hordes plus nombreuses à chaque minute qui passait. Une vraie légion de collégiens transformée en Super Soldat par les spectres de XANA. Les portes de la grande salle commencèrent à dangereusement se gondoler.
_ Y a aucune issue possible pour nous Jérémie ! Dis à Yumi et Aelita d’accélérer un peu ou on va finir en charpie !
_ Elles font ce qu’elles peuvent, tenez encore un petit peu !
_ C’est plutôt aux portes qu’il faut dire ça, répliqua Odd au travers du téléphone.
Sur Lyoko, les deux filles virtuelles étaient poursuivis par un essaim de 5 Frôlions en formation d’attaque. Fendant l’air sur leur Hoverwing, elles slalomaient entre les arbres de la forêt, esquivant les rafales de leurs ennemis avec adresse, mais s’éloignaient de plus en plus de la Tour.
Yumi dévia soudain sa trajectoire à gauche, rasant un arbre qui lui faisait face d’à peine quelques centimètres. Deux des Frôlions qui n’eurent pas le temps de réagir s’écrasèrent contre ces derniers et furent réduits en pièce.
_ Et deux de moins ! fit Yumi en se retournant brièvement
_ Les filles, il faut que vous trouviez un moyen de vous débarrasser des autres, et rapidement ! Ulrich et Odd sont coincés !
_ Il vaut mieux foncer vers la Tour en essayant de les semer, c’est le meilleur moyen ! intervint Aelita
_ Comme vous voulez mais faites attention ! Si l’Hoverwing prend un seul dégât, vous allez faire un gros vol plané !
Au même moment, un peu plus loin au sol, une Tarentule était en train d’être matérialisée. Yumi avait beau manier avec une grande dextérité le véhicule volant, les Frôlions étaient toujours sur leurs talons et leur tirs devenaient dangereusement précis. Soudain, Jérémie cria dans son micro.
_ Attention ! Attaque au sol !
Par réflexe, Yumi dévia l’engin pour le protéger du double laser qui lui était destiné, mais ce fut elle-même qui fut touchée et éjectée de l’Hoverwing.
_ Yumi !
Aelita reprit immédiatement les commandes du véhicule, mais elle se rendit rapidement compte qui lui était impossible de récupérer Yumi à temps, tandis que celle-ci tombait inexorablement dans la Mer Numérique.
_ Jérémie ! Dévirtualise Yumi, vite !!
Mais alors que le corps de la Geisha se décomposait, elle déploya dans sa chute ses deux éventails et les lança à une vitesse faramineuse sur l’escadron qui poursuivait toujours Aelita. Avant d’être effacés à leur tour, les disques sifflants et meurtriers touchèrent deux des monstres volants et les détruisirent sur le coup. Il n’en restait plus qu’un, mais Aelita ne possédait aucune arme pour s’en débarasser et elle ne pouvait pas utiliser ses pouvoirs en mouvement.
_ Jérémie, Yumi…
_ Elle va bien, t’en fais pas ! Mais tu vas devoir tenir bon toute seule jusqu’à la Tour ! Elle est maintenant à 800 mètres de ta position ! Fais très attention !
Au même instant, un compte à rebours se déclencha dans le Super Ordinateur. Il était fixé à une minute.
La fille virtuelle avait plus de mal à manier le véhicule que son amie, pourvu que le Frôlion ne se rapproche pas trop d’elle…
Odd et Ulrich étaient à présent dos à dos, au milieu du grand gymnase, sinistrement silencieux et vide. Ils étaient prêts à se battre, mais ils savaient que si leurs adversaires n’étaient pas stoppés très rapidement, ils les domineraient tous les deux sans problèmes. Une partie de la porte principale avait été arrachée, fendue comme du papier, laissant voir aux deux adolescents inquiets ce qui allait leur tomber dessus dans peu de temps. Parmi les esclaves de XANA qu’ils apercevaient par cette ouverture, il y avait Sissi.
_ Ben dis donc, déjà qu’avant elle était pas gâtée, mais là XANA y est allé fort pour la rendre aussi tarte !
La blague hésitante de Odd arracha tout de même un sourire à Ulrich, mais il ne répondit pas. L’humour était la seule manière pour lui d’essayer de dédramatiser une situation. Mais cette fois, cela n’avait pas aussi bien marché, la situation était trop critique pour eux.
Sur Lyoko,
Aelita volait toujours vers la Tour alors que le dernier Frôlion était toujours à ses trousses. Enfin l’espace se dégageait quelque peu. Entre deux énormes arbres morts, elles apparut : La Tour entourée d’un halo rouge.
_ Aelita ! Il faut que tu te poses maintenant, tu vas trop vite ! Je peux pas reprogrammer l’Hoverwing pour qu’il traverse la Tour !
Elle ne répondait pas, toujours occupée à esquiver les tirs de l’insecte volant. Elle fonçait droit vers la Tour.
_ Aelita, tu m’entends ! Aelita !!
Des gouttes de sueur perlaient sur le front du petit génie. Aelita allait s’écraser sur la bâtisse cylindrique et il ne pouvait rien faire. Plus que 30 secondes.
Jérémie hurlait dans son casque audio à en perdre la voix. C’est quand Aelita ne fut plus qu’à quelques mètres du point d’impact qu’elle sauta du véhicule, le laissant s’écraser contre la Tour en compagnie du Frôlion qui la suivait de près. Aelita fit une chute d’une 30ène de mètres et atterrit douloureusement sur l’herbe virtuelle.
_ Aelita, tu m’entends ? Ca va ? fit Jérémie, non moins inquiet
_ Je t’entends ! Désolée, il fallait que je reste concentrée ! dit Aelita en se relevant
_ Tu nous as fait une de ces peurs ! fit Yumi qui observait en silence la scène
_ Aelita, dépêches toi ! La Tarentule qui a attaqué l’Hoverwing n’est plus très loin !
_ J’y vais !
La fille virtuelle aux cheveux roses se fondit dans le mur de la Tour et se dirigea vers le centre de la plaque inférieure. Plus que 15 secondes.
Jérémie essaya de reprendre contact avec Ulrich et Odd, mais c’était peine perdue. La porte principale et la porte arrière du gymnase avaient fini par céder sous la force de la marée inhumaine que ce mit à déferler sans aucune pitié sur nos deux amis. Odd fut le 1er à tomber sous les coups de l’ennemi. Il avait, en à peine quelques minutes, subi tellement de coups qu’il n’avait même plus la force de répliquer. Mais les possédés continuèrent encore à le frapper à sol.
Ulrich, malgré son entraînement aux arts martiaux beaucoup plus poussé ne pouvait pas parer et éviter tous les coups des ses nombreux adversaires ainsi que les décharges énergétiques. Il était au pied d’un mur, grimaçant de douleur en se tenant le ventre.
Un des esclaves de XANA se rapprocha de lui, le tirant par les cheveux et le forçant à le regarder. Le possédé, c’était Sissi. Elle lui releva la tête et leva son poing bien haut pour lui porter un coup fatal. Celui-ci s’arrêta à 10 centimètres de son visage.
La synchronisation d’Aelita qui entrait le code dans la Tour avec le sauvetage d’Ulrich était parfaite. Egalement, au même instant, le compte à rebours du Super ordinateur prit fin.
La marée humaine qui martyrisait les deux garçons s’arrêta de bouger. Seul Ulrich qui était encore conscient vit les spectres de XANA s’échapper du corps de chacune de leur victime, alors que celles-ci, restèrent figées comme des statues.
A l’usine, Jérémie put enfin souffler. Il s’enfonça dans son siège et expira bruyamment. A côté de lui, Yumi le regarda, puis intervint alors qu’il dirigeait sa main ver le clavier.
_ T’es sûre que c’est nécessaire ?
_ Oui. On est sans nouvelle d’Ulrich et Odd et le collège a été envahi par des spectres… Ca me plait pas de faire un nouveau cadeau à XANA, mais on a pas le choix.
L’index de Jérémie s’abattit comme une pierre sur la touche ENTREE du clavier et déclara d’une voix presque lassée :
_ Retour vers le passé !
Les visages des deux adolescents étaient cernés d’inquiétude, pensant à leurs deux amis restés au collège. Sans nouvelles d’eux depuis une 10ène de minutes, qui savait dans quel état les collégiens possédés les avaient mis. La bulle temporelle fut invoquée, elle allait mettre fin une fois de plus à l’attaque de XANA. Cependant, rien ne se passa. Pas de lumière blanche, pas de retour dans le temps. Yumi et Jérémie se regardèrent hébétés, ils n’avaient pas non plus bougés d’un pouce. Le petit génie essaya plusieurs fois d’entrer les coordonnées temporelles, croyant avoir fait une fausse manipulation, mais rien n’y fit. Tout était parfait, mais il ne se passa rien. Sur Lyoko, Aelita s’interrogeait. La fenêtre virtuelle avec laquelle elle avait entré le code restait affichée, toutes les matrices de la Tour avaient été désactivées en même temps. Tout était normal, pourtant…
Yumi dut calmer Jérémie qui ne supportait pas de ne pas comprendre alors que tout avait bien fonctionné. Il reprit contact avec Lyoko pour tenter d’y voir plus clair.
_ Aelita, tu me reçois toujours ?
_ 5/5 Jérémie ! Tu n’as pas enclenché le processus de retour dans le temps ?
_ Ca fait 15 fois que j’essaie de le mettre en marche, mais rien à faire ! Et de ton côté ?
_ Ca s’est parfaitement bien passé ! La Tour est était bien désactivée, donc je vois pas ce que j…
Soudain, l’écran s’éteint, provoquant la panique quasi immédiate de Jérémie !
_ Aelita, Aelita tu me reçois ? Aelita !!
Dans son casque audio, il n’entendit même pas de crépitement, rien qu’un lourd silence. Un bruit provenant de l’holomap attira ensuite son attention et celle de Yumi. Il y eut comme une surtension, l’image holographique des Territoires se brouilla puis disparut. Jérémie sauta de son siège et se précipita vers le socle. Mais il n’eut pas le temps de l’atteindre que les néons de la salle s’éteignirent les uns après les autres, la plongeant dans le noir complet.
_ Mais qu’est ce qui se passe ici ?! s’énerva Jérémie
_ Calme toi ! Tu n’as même pas une idée d’où peut venir le problème ?
Le petit blond souffla profondément pour essayer de penser sereinement.
_ C’est peut être le disjoncteur principal ! Il faut remonter jusqu’à la cathédrale et aller voir, mais sans lumière…
_ Attends ! J’ai une lampe sur mon trousseau de clés !
La japonaise fouilla dans ses poches et prit en main une petite lampe de poche qu’elle alluma aussitôt. Cette petite source de lumière ne portait pas plus loin que quelques mètres dans cette épaisse obscurité, mais c’était tout ce qu’ils avaient à disposition.
_ Comment on fait pour la porte du monte charge ? demanda t elle
_ Il y a un système manuel sur le côté ! J’espère juste qu’il marche encore, on l’a jamais utilisé !
Dans la salle au dessous, elle se réveilla. Recroquevillée sur elle-même dans cet espace plus que restreint. Elle se leva difficilement, les muscles engourdis. Elle avait l’impression qu’un Mega Tank lui était passé sur le crâne. Il faisait noir comme jamais, mais elle n’avait pas peur. Ce fut lorsqu’elle essaya de marcher qu’elle commença à s’inquiéter. Où qu’elle voulut aller, elle ne put faire plus d’un seul pas sans se heurter à un obstacle. Elle toucha des mains la structure qui l’entourait, prise d’angoisse. Elle était circulaire, avec une légère fente droit devant elle, il n’y avait sinon aucun passage, les murs qu’elle effleurait étaient lisses, aucun moyen de sortir par elle-même : prisonnière du scanner dans l’usine. Elle se souvint d’être allé sur Lyoko, puis de s’être brutalement évanouie. Des sensations… Elle respirait, elle sentait bien ce qu’elle touchait, Elle était donc revenue sur Terre. Il fallait qu’elle appelle à l’aide.
_ Jérémie ! Yumi ! Vous m’entendez !?
Elle attendit une minute, mais n’ayant pas de réponse, elle hurla de nouveau.
_ Jérémie ! Yumi ! Y a quelqu’un ?! Au secours !!
Elle continua ainsi à crier, tapant contre la paroi du scanner. Elle s’égosillait au point d’en avoir les larmes aux yeux.
De leur côté, les deux explorateurs de nuit avaient atteint la cathédrale de verre par l’échelle de secours de la cage d’ascenseur. Heureusement, la nuit était moins présente à surface, les rayons de la lune l’éclairant légèrement, mais lui conférant un aspect sinistre. D’après Jérémie, le disjoncteur principal se trouvait dans une petite pièce à l’extrémité nord de l’immense salle. Ils marchèrent côte à côte, regardant partout autour d’eux. Yumi baladait la lumière de sa petite lampe sur les structures métalliques qu’elle croisait, comme si elle avait peur qu’une créature démonique en sorte. Jérémie ouvrit la porte grinçante de la toute petite pièce, Yumi l’éclaira. Elle ne faisait pas plus de 3 mètres ², avec sur le mur du fond un gros dispositif composé de fusibles haute tension et de nombreux petits leviers. Des câbles électriques s’enfonçaient dans le sol et dans le plafond.
_ Continue d’éclairer, je vais vérifier ce qui cloche !

Dans le gymnase du collège, Ulrich venait de se réveiller. Il était dans un tel état d’épuisement après s’être défendu comme un lion qu’il s’était endormi. Les élèves enragés étaient figés comme des statues, ils étaient toujours là. La lumière du gymnase s’était éteinte.
« Qu’est ce qui s’est passé ici ? Pourquoi y a pas eu de retour dans le temps ? » pensa t il.
Il se leva et constata les dégâts. Sa jambe droite était mal en point et une vive douleur dans le ventre lui tiraillait les entrailles. Autour de lui, un silence pesant, presque angoissant, lorsqu’il regardait les collégiens, combattant immobiles. Cependant, il finit par entendre respirer, très faiblement. Odd, c’était lui, il était conscient. Ulrich marcha en boitant vers lui et se pencha.
- Odd, ça va ?
- Nan, pas vraiment… Pourquoi on est toujours là ?
- J’en sais rien, mais il faudrait qu’on bouge jusqu’à l’infirmerie ! Faut qu’on se soigne nous même.
- D’accord… Si tu veux bien m’aider… Je suis comme qui dirait dans l’impossibilité de me lever tout seul !
- Bien sûr !
- T’as l’air vraiment aussi amoché que moi, vieux ! commenta il en grimaçant
- Tu parles, je pourrais te transporter sur mon dos même avec un lombago !
Ils se sourirent mutuellement, d’un sourire crispé, puis ils firent des pieds et des mains pour relever la malheureux Odd, non sans douleur.

Jérémie se retourna enfin vers Yumi, qui détourna la lampe et rangea son portable.
- Alors, quel est le problème ? demanda t elle
- On est pas plus avancé ! Tous les fusibles sont en place, tous les interrupteurs sont allumés, j’y comprends rien ! En plus, la pile nucléaire de XANA devrait suffire à alimenter toute l’usine !
- L’usine n’a pas encore un générateur de secours ?
- Si ! Il est dans un petit compartiment dans le labo !
- Ce sera suffisant pour reprendre contact avec Aelita ?
- J’espère… Et toi, tu as réussi à contacter les autres ?
- J’ai essayé, mais ils n’ont pas répondus.
- Il faut qu’on se dépêche de retrouver Aelita ! Si XANA prépare encore un de ses coups tordus, elle est encore moins en sécurité que les autres !
Ils retournèrent rapidement à la cage d’ascenseur et commencèrent à redescendre par les échelons. Dans l’ombre, derrière une poutrelle métallique, quelque chose les regardait, quelque chose qui avait l’air humain… Une fois qu’ils mirent le pied dans le labo, Yumi intima Jérémie de plus faire de bruit, elle avait entendu quelque chose. Un bruit aigu, mais très faible. Un claquement sur du métal ainsi que des cris réguliers. Ca provenait de la salle en dessous.
Elle tomba à genoux et essuya ses larmes. Elle respirait bruyamment. Elle allait bientôt se casser la voix à force de crier au secours depuis plus de 20 minutes. Elle s’assit au fond du scanner et se recroquevilla sur elle-même, elle ferma les yeux. Tout à coup, elle entendit des bruits de pas sur le sol métallique. Elle vit également un faible filet de lumière que laissait passer la très mince fente de la porte du sarcophage doré. Elle se releva d’un bond, enfin quelqu’un allait la sauver !
- Yumi, Jérémie ! Vous êtes là ?! cria t elle
- Aelita ! Où es ce que tu es ? fit Yumi
- Je suis enfermée dans le scanner du milieu !
- On va te sortir de là, t’en fais pas ! poursuivit Jérémie
Yumi alla fouiller dans un coin de la salle et récupéra une barre de fer qui avait été il y a longtemps. Aelita se planqua contre le fond du scanner, tandis que Yumi introduisait par la force le bout de ferraille dans la fente entre les 2 battants de la porte. En utilisant sa force pour tirer et celle de Jérémie pour pousser, ils espéraient ouvrir suffisamment le scanner pour qu’Aelita puisse sortir. Ils espéraient seulement que ce levier de fortune tiendrait le coup. Gonflé par la volonté de sauver Aelita, Jérémie fit à ce moment plus d’efforts qu’il n’en avait jamais fait durant toute une année scolaire de sport. Soudain, la barre se cassa en deux, faisant tomber l’un sur l’autre les 2 ados entraînés par leur propre force. Heureusement, cela avait permis d’ouvrir un passage suffisamment large pour permettre à Aelita de s’y glisser. Elle put voir en sortant, le désarroi de Jérémie, rouge de confusion, qui était tombé sur Yumi, leur visage a à peine quelques centimètres l’un de l’autre. Ses lunettes étaient tombées pendant sa chute, ainsi que la lampe torche qui éclairait à présent très bien leur scène embarrassante. Aelita essaya de paraître indifférente, mais le sourire apparemment amusé qu’elle affichait cachait une petite crispation intérieure. Un sentiment désagréable qu’elle ne connaissait pas encore était en train de naître en elle. Tout ce qu’elle savait, c’est que cela ressemblait fortement à ce que devait éprouver Ulrich, lorsqu’il voyait Williams et Yumi ensemble. Elle passa devant eux tandis qu’ils se relevèrent. Un silence glacial aurait pu s’installer, mais Jérémie préféra éviter cela en parlant le 1er.
_ Tu vas bien Aelita ? demanda t il en remettant ses lunettes
_ Oui, grâce à vous deux ! Je commençais à désespérer !
_ Tu es là dedans depuis longtemps ? demanda à son tour Yumi
_ Je… je ne sais pas. Tout ce que je me rappelle, c’est d’avoir perdu connaissance sur Lyoko et je me suis réveillée, enfermée dans le scanner.
_ Juste au moment où tout le courant a été coupé ! s’exclama Jérémie. Mais je comprends pas pourquoi tu n’es pas resté sur Lyoko ! Si c’est bien XANA le responsable, il…
Il n’osa pas poursuivre, la simple idée de penser ce qu’il allait dire le rendait muet. Aelita continua à sa place.
_ Il m’aurait emprisonnée sur Lyoko, je sais… Mais quand je me suis évanouie, ce n’est pas la présence de XANA que j’ai ressentie, c’était autre chose. C’est indéfinissable… c’était XANA, mais en même temps c’était pas XANA.
_ Ca va Aelita, tu es sûre ? s’inquiéta le blond à lunettes
_ Oui ça va. Mais ça me fait tout drôle ! Je ne ressens quasiment plus le virus, pourtant il est toujours en moi.
_ C’est vraiment incompréhensible, il faudrait que…
_ Une seconde, vous deux ! intérompit Yumi. Si Aelita ne sentais plus du tout la présence de XANA, ça voudrait dire qu’il est désactivé, non ?
_ C’est impossible, Yumi ! Avec le virus en elle, tu sais ce qui se passerait si XANA était désactivé !
_ Pourtant c’est bien ce qui se passe, Jérémie ! C’est comme si il n’y avait presque plus de XANA !
_Alors il serait aussi victime que nous de la panne de courrant malgré sa pile nucléaire ! conclu Jérémie. Mais alors, si c’est pas lui le responsable…
_ Qui ça peut être ? continua Yumi
Soudain, des bruits de métal froissés se firent entendre depuis l’ascenseur. Ils s’intensifièrent jusqu’à ce que l’énorme engin commence à descendre, comme poussé de force du dessus. De quelques centimètres, puis d’un mètre, lorsque les câbles qui le retenaient encore furent sectionnés. L’engin ne mit alors pas plus de quelques secondes pour s’écraser au niveau de la salle du Supercalculateur dans un bruit assourdissant, accompagné d’un nuage de poussière grise. Nos amis voulurent aller voir les dégâts de plus près, mais un obstacle se dressa devant eux, il venait de remonter des décombres : Un jeune homme d’apparence banale, un simple collégien. Cependant, une chose n’était pas normale chez lui : Une étrange lueur verdâtre et intense brillait dans ces yeux.




Chapitre II : Le caste des spectres




L’étrange garçon s’avança nonchalamment vers nos amis, et plus particulièrement vers Aelita. D’appréhension elle recula d’un pas, puis Jérémie vint se planter devant elle, le garçon s’arrêta à son niveau. Il faisait environ une tête de plus que lui, mais il ne se laissa pas intimider. Jérémie le jaugea du regard pour essayer de voir ce qu’il voulait, mais c’était impossible. Son visage était fermé à toute expression et son allure commune ne pouvait rien laisser deviner. Tout à coup, il prit un air plus menaçant. Le petit génie voulut frapper avant qu’il ne puisse tenter quoi que ce soit, mais son coup fut stoppé net par la poigne de fer de son adversaire. Il envoya littéralement valser Jérémie contre un mur de la salle, d’un simple revers de la main. Yumi se risqua alors à son tour, dans un combat aux forces inégales.
Ses mouvements étaient gracieux et très rapides, pour un adversaire normal ses coups auraient été presque mortels. Cependant, son ennemi n’attaquait pas, il se contentait de laisser Yumi porter ses coups. Lui ne s’épuisait pas, mais la japonaise transpirait à grosses gouttes dans ce combat qui s’éternisait. Chacun de ses coups de pieds était détourné, tous ses coups de poings étaient parés. Elle fit un bond en arrière en haletant. Toutes ses attaques étaient vouées à l’échec, son adversaire était si rapide qu’elle avait l’impression qu’il anticipait ses mouvements. Celui baissa sa garde, comme pour laisser le temps à Yumi de reprendre son souffle. Elle se rua alors sur son ennemi et lui assena un sauvage coup de poing en pleine figure, la force de l’impact le fit reculer d’un pas. Mais il n’avait pas cherché à l’éviter, son visage ne portait même pas la marque du coup.
« C’est pas possible ! Même un possédé n’est pas aussi rapide et résistant ! » pensa Yumi
Sans lui laisser le temps de réagir, le garçon surhumain lui saisit sa main vacillante et lui porta un puissant coup de genoux au ventre, si rapide que l’air déplacé par le coup aurait suffit à la mettre sa malheureuse adversaire à genoux. Le garçon s’avança de nouveau vers Aelita, pendant que Yumi était à terre en train de se tenir le ventre, les yeux exorbités et respirant avec grand bruit. Elle était terrifiée par une telle démonstration de force de la part de ce « monstre » qui n’avait encore rien dit du tout, elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour ne pas le montrer. A force de reculer, elle finit par se retrouver contre un scanner, il n’y avait plus d’échappatoire. En désespoir de cause, elle attrapa une des deux moitiés de la barre de fer qui était à ces pieds. Elle la serra fort dans ses mains et se précipita sur le garçon. Mais, aussi rapidement de l’éclair, il saisit sans mal l’arme d’Aelita avant l’impact. Il écarta l’objet puis agrippa la malheureuse au cou, la soulevant à quelques centimètres du sol.
_ Aelita !! cria Jérémie du fond de la salle
La fille aux cheveux roses tentait désespérément de se dégager de l’emprise du monstre, lorsqu’il parla enfin. C’était une voix qui n’avait rien de naturel, comme si plusieurs personnes parlaient en même temps.
_ C’était facile !
Aelita commençait à étouffer, quand soudain, tout s’arrêta. La lueur émeraude dans les yeux de l’adolescent disparut, une sorte de voile noirâtre s’échappa de son corps puis il s’écroula, inerte, lâchant Aelita qui retomba durement sur le derrière. Après avoir repris sa respiration, elle récupéra la lampe de poche qu’elle avait faite tomber et alla regarder prudemment le corps. Jérémie et Yumi qui s’était remis de leurs chocs virent la rejoindre.
_ Qu’est ce que tu as fait ? demanda le petit génie
_ Rien, rien du tout ! Il était près à m’étrangler, mais il s’est effondré tout seul !
Mais qu’est ce que XANA veut ? intervint Yumi. S’il veut ta mémoire il a tout intérêt à pas te faire de mal !
_ Yumi… Je n’ai pas senti la présence de XANA en lui !
Quoi ?! s’exclamèrent les deux autres
_ Mais il y a qu’un spectre de XANA qui puisse prendre possession d’un corps humain ! Ils ne peuvent pas agir d’eux-mêmes ! répliqua Jérémie
Il prit la lampe des mains d’Aelita et examina brièvement le jeune homme, voyant si ses pupilles réagissaient et en prenant son pouls.
_Comment il va ?
Son cœur bat toujours mais ses muscles ne réagissent plus, il est dans le coma !
Ils se levèrent et s’éloignèrent.
_ Jérémie, fit Aelita, on devrait retourner au collège, Ulrich et Odd en savent peut être plus.
_ Et je commence à m’inquiéter pour eux vu qu’il n’y plus de réseaux ! continua Yumi
_ D’accord. De toute façon il vaut mieux pas rester ici, si ce qui a envoyé ce possédé sait qu’on est ici !

Pendant ce temps, à l’infirmerie.
Odd somnolait à moitié, le torse enveloppé dans un grand et long bandage, regardant par la fenêtre la lune briller. Juste à côté du lit où il était allongé, Ulrich se tenait debout, bandé de la même façon que son ami. Il avait son portable à l’oreille.
Le blondinet le suivit vaguement du regard tandis qu’il vint s’asseoir sur le lit à côté du sien, grimaçant légèrement à cause de son ventre qui le faisait encore légèrement souffrir.
_ Comment tu te sens ? demanda t il
_ Ben, je pense pas que j’aurais envie d’affronter une armée de zombie de sitôt, mais ça peut aller !
Il fit une petite pause pour se redresser, appuya sa tête contre le mur.
« Des nouvelles des autres ? »
_ Plus de réseau, alors j’ai rien pu faire ! Y a plus qu’à attendre qu’ils s’inquiètent pour nous et qu’ils reviennent !
Un grand silence s’installa entre les deux adolescents. Qu’allait il se passer à présent ? Si c’était encore une stratégie tordue de XANA, il n’allait certainement pas en rester là.
Ulrich regarda sa montre : Il était 1 heure du matin. Cela l’amena à réfléchir sur ce qui s’était passé au gymnase. Le temps continuait à s’écouler normalement, pourtant les humains possédés par XANA restaient bloqués dans le temps, comme lorsqu’un retour vers le passé était en train de se dérouler. Mais ça ne concernait peut être pas que les humains, cette panne de courant en témoignait. Mais tant qu’ils n’auraient pas de nouvelles de leur compagnons à l’usine, il valait mieux pour eux qui ne tentent rien tout seuls. Odd allait quelque peu s’assoupir lorsqu’il sentit une forte vibration au travers du mur sur lequel sa tête reposait, ce qui le fit sursauter.
_ Ben alors, t’as des spasmes, maintenant ? s’étonna Ulrich
_ T’as rien entendu ? fit il sans répondre
_ Quoi ?
_ Y a un truc qui a bougé ! On dirait que ça venait du couloir !
_ Hein ? T’es sûr ?
Intrigué, il n’attendit pas plus longtemps pour enfiler à nouveau son pull mauve et se diriger vers la porte de l’infirmerie, Ulrich le suivit en remettant sa veste. Sans bruit, le blondinet entrouvrit la porte et regarda dans le couloir. Ne voyant rien, il s’avança dans la pénombre la plus totale, Ulrich ferma la porte derrière lui. Il n’y avait apparemment pas le moindre signe d’anormalité.
_ T’as du rêvé mon vieux Odd !
_ Je comprends pas ! J’ai pourtant bien sentit quelque chose !
Soudain, le jeune homme en vert intima le silence à son ami. Il lui fit discrètement signe de se retourner, ils virent une chose pour le moins étrange : De l’autre bout du couloir qui se finissait par un virage apparut soudain une lumière émeraude, elle avançait lentement et les atteindrait sûrement bientôt. Cette lueur était inquiétante.
_ Je propose qu’on se tire par l’autre côté ! dit Odd
_ Bonne suggestion !
Marchant sur la pointe des pieds pour ne pas éveiller l’attention, il se dirigèrent vers la sortie à l’opposé de la lumière et sortirent dans la cour. Une fois dehors, Odd rouvrit légèrement la porte pour voir à quelle distance se trouvait ce qui les suivait : Ca avait disparut !
Il ne restèrent pas là une seconde de plus et s’en allèrent vers l’internat, observant constamment autour d’eux pour éviter d’autres mauvaises surprises. Une fois aux pieds du bâtiment, Odd eut une idée.
_ La chambre d’Einstein ! Il a laissé son ordi allumé quand on est parti ! On saura peut être quelque chose !
_ Bonne idée, mais tu sais te servir de son ordi ?
_ Bah, ça doit pas être sorcier !
_ Tu veux pas plutôt que je…
_ Laisse tomber Ulrich, t’es encore plus nul en informatique que moi ^^
_ Sympa !
Ils entrèrent discrètement, en prenant soin de fermer la porte derrière eux. A quelques mètres au dessus, une forme humaine. Accrochée au mur telle une araignée, ses yeux se mirent à briller d’une lueur verte inquiétante. A u travers des fenêtres, elle suivit pas après pas la progression de nos deux amis dans les escaliers. Elle se dirigea ensuite vers la fenêtre de la chambre de Jérémie et attendit qu’ils fassent leur apparition. Lorsqu’ils entrèrent, l’ordinateur portable du petit génie était encore connecté à Lyoko, c’est la brillante déduction que fit Odd après avoir vu l’image de la Tour activée par XANA. Ce dernier s’installa en tailleur sur le lit pour essayer de la faire fonctionner. Pendant ce temps, Ulrich se posta devant la fenêtre, pour guetter l’arrivée éventuelle des autres.
Le mystérieux observateur dut sauter de sa position pour ne pas être repéré. Il fit un bond de 8 mètres de haut et retomba avec perfection sur ses jambes. Il contourna alors rapidement le bâtiment pour échapper à la vigilance d’Ulrich.
C’était une fille, ses cheveux étaient longs et noirs, coiffés d’un serre-tête jaune. Elle était tout de rose vêtue avec quelques nuances : Sissi. Elle prit son téléphone en main et le décrocha. Sa voix était caverneuse, plusieurs personnes semblaient parler en même temps.
_ Ils sont à l’internat, ils essaient d’accéder à Lyoko. Est-ce que j’interviens ?
La voix qui lui répondit était de même type, mais elle ressemblait à une voix d’homme.
_ Non. Attends simplement que les autres reviennent et ne fais rien jusque là. De toute façon, ils ne pourront rien faire avant que Belpoix ne soit là. N°5 a dit qu’il devrait être sur toi d’ici 10 minutes. ELLE est avec eux.
_ Je suis le plan comme prévu ?
_ Oui, mais n’oublie pas : Ne quitte pas l’hôte actuel trop tôt pour que le corps ne soit pas découvert trop vite, ni trop tard pour que le nouvel hôte ne s’aperçoive pas de ta présence. Tu observeras leurs agissements jusqu’à nouvel ordre et tu nous en rendras compte le plus discrètement possible. Notre plan ne doit absolument pas être entravé pour le moment.
A cet instant, la fille possédée vit des choses bouger au milieu des arbres du parc du collège. Plusieurs formes paraissaient sortir de terre.
_ N°6 ? reprit la voix au téléphone
_ Ils viennent d’arriver, N°2 !
_ Très bien, procède comme prévu.
Il raccrocha. La salle dans laquelle il se trouvait immense, sphérique et impressionnante. Un assemblage de passerelles métalliques se rejoignait autour d’un pilier central fait de centaines de composants informatiques. Au dessous s’étendait sans que l’on puisse en voir le fond, un énorme réacteur, fait pour alimenter en énergie le complexe dans la totalité. Il régnait en permanence dans cette salle le bourdonnement qui émanait de cet amas de technologie de pointe… Le plus puissant et le plus grand complexe informatique qui n’est jamais existé.
De l’homme qui se tenait au bord d’une des passerelles, on ne pouvait en voir que la tête, coincé entre lumière et obscurité. Il semblait avoir dans la 50ène, les cheveux et une barbe grisonnants, ainsi qu’une petite moustache noire. De ses petites lunettes ovales faisaient ressortir ses yeux, vert et lumineux. Ce visage sévère, bien des collégiens de Kadic le connaissait déjà. Bien que la volonté qui l’habitait n’était plus la sienne, il gardait les mêmes expressions. Il se dirigea vers la sortie de la salle, lorsque que le lourd sas d’entrée s’ouvrit. Une vive lumière émanait de la pièce par laquelle il était arrivé, à tel point que le contre jour ne permettait de voir de cette personne que la silhouette ombragée. Sa voix était normale, banale même. Aucune lueur étrange n’émanait de ses yeux.
_ Comment le plan avance, N°2 ? demanda t il
_ N°6 va passer à la phase suivante d’ici peu de temps.
_ Bien. Où en est le générateur ?
_ Il fonctionne à 70 % de sa capacité.
_ Alors faites vite ! Il doit être en mesure de fonctionner à 100 % le plus tôt possible !
_ Mais l’énergie nécessaire pour maintenir les hôtes sous contrôle est considérable, même avec la source Xanadu et toutes les autres puisées en ville !
_ Ce sont des détails ! Pourquoi N°7 et N°8 ne sont pas encore prêts ? s’énerva l’homme
_ Xanadu est maintenant à son plus bas niveau, ce la rend leur matérialisation difficile.
_ Accélérez la cadence ! Je ne tolèrerai pas que la phase suivante soit retardée à cause de vos petites difficultés ! L’arrêt de la bulle temporel ne doit pas se prolonger à delà de la limite ! le temps joue contre nous, N°2, le programme « spectre » de Xanadu combiné à Mon programme ne pourra pas vous maintenir dans le monde physique indéfiniment !
_ Le Supercalculateur est faible, alors pourquoi ne pas augmenté sa puissance enfin de nous en servir ?
_ Simplement parce que je ne peux pas lui permettre d’interférer dans mes plans en lui accordant trop de puissance. S’il n’est pas désactivé, c’est uniquement parce que ELLE et vous tous ne pouvez pas survivre sans lui pour le moment.
L’homme s’avança vers une des passerelles jusqu’au bord de l’immense fosse, sans pour autant exposer son visage à la lumière. XANA faisait pâle figure à côté de cette monstruosité d’informatique dont on ne pouvait voir le coeur. La seule différence entre les deux, fut que ce complexe n’avait pas une intelligence artificielle aussi développée que XANA et ne pouvait donc pas agir de lui-même. Elle se contentait de suivre les ordres de son créateur.
Les pensées de cet homme étaient floues, ces plans mettaient l’avenir du monde en jeu, il y avait un risque énorme… Mais le but final était beaucoup trop important pour lui, il avait consacré ses 15 dernières années à ne penser qu’à cela, il était bien trop tard pour y changer et pour laisser qui que se soit y changer quelque chose. Cependant, un doute, agaçant, se promenait encore dans son esprit… Et si elle décidait que non… Si le sacrifice était trop grand pour elle… Que ferait il à ce moment ?... Mais il saurait la convaincre… Il y arriverait … Ce qu’il y a à gagner est bien plus important que ce qu’il y a à perdre pour eux deux…
Il fut interrompu dans ses pensées par son subordonné.
_ N°9, N°10 et N°11 ont investit l’usine, elle est sous contrôle.
_Bien. Je veux qu’ils surveillent Xanadu jusqu’à ce que la 3ème phase soit achevée. fit l’homme, essayant de cacher une tristesse soulevée par de douloureux souvenirs
_ N°6 nous informera de tout mouvement suspect une fois qu’il se sera emparé du nouvel hôte.
L’homme repartit vers la porte s’où il était entré et dit :
_ Prévenez moi de ce qui ce passe, je retourne à mon bureau.

Les 3 adolescents arrivant de l’usine furent vite repérés par Ulrich qui était aux aguets depuis la chambre de jérémie. Une fois sur place, Jérémie fut surpris de voir Odd essayer en vain de tripoter à son ordinateur portable pour accéder aux données de Lyoko. De peur qu’il ne fasse une mauvaise manipulation, il prit l’objet de ses mains et s’installa à sa place et continua ce qu’avait tenté de faire le blondinet, tandis que les autres s’occupaient à se raconter mutuellement ce qui leur était arrivé.
La porte de la chambre était restait entrouverte, permettant à l’espionne d’observer leurs actions. Aelita, Yumi et Ulrich firent le rapprochement entre les deux étranges lumières vertes dans les couloirs du collège et le mystérieux agresseur d’Aelita à l’usine.
_ C’est ça que je comprends pas, fit Yumi. On était à sa merci, et non seulement il ne nous a pas achevé, mais il n’a même pas cherché à ramener Aelita sur Lyoko !
_ Et ce qu’on a vu, Odd et moi, s’est carrément volatilisé au lieu de nous poursuivre !
_ Là, c’est sûr ! Si XANA a cherché à nous embrouiller, il a réussi son coup !
_ Tout ça n’a aucun sens ! fit Aelita. XANA veut ma mémoire, mais on dirait qu’il fait tout pour juste nous faire peur. En plus, il fait tout pour nous faire croire que c’est pas lui qui est derrière tout ça !
_ Justement… C’est parce que c’est pas lui…




Chapitre III Double Jeu




Tout le monde se tourna vers Jérémie, effarés par ce qu’il venait de déclarer. Sissi entrouvrit un peu plus la porte de la chambre.
_ C’est pas XANA qui a déclenché ça ! répéta t il
_ Alors si tu nous disais exactement ce qui se passe Einstein, ça serait mieux !
_Regardez ce que j’ai trouvé !
Tous ces amis se mirent à côté de lui sur le lit, observant attentivement ce qu’il avait à montrer.
_ J’ai pas pu accéder à Lyoko, mais j’ai pu sortir la journal des événements de la mémoire interne du Supercalculateur. Ca indique que l’ordinateur de l’usine a été piraté juste au moment ou le retour vers le passé s’est fait !
_ Mais c’est impossible de pirater un système aussi complexe que XANA en quelques secondes ! Tu es sûr de ce que tu as trouvé ? s’étonna Aelita
_ Oui je suis sûr ! D’après le journal, un compte à rebours s’est déclenché une minute avant que ça se produise. Ca veut dire que ce coup là était prévu depuis longtemps ! Quelqu’un a implanté un genre de virus là dedans !
_ Et tu as pas une idée de qui est ce « Quelqu’un » ? demanda Ulrich
Pas vraiment, non. Au début, j’aurais pensé à Hopper lui-même… Mais après tout ce que j’ai vu sur lui dans ce qu’il a laissé, c’est vraiment pas son genre de risquer la vie des gens comme ça.
Un léger frisson traversa Aelita lorsqu’elle entendit le nom de Hopper. Seul Odd pu le sentir, étant assis juste à côté d’elle, mais il ne dit rien.
_ Ce truc a également réduit les fonctions de XANA au minimum, l’énergie que la pile nucléaire lui fournit l’a été aussi.
_ Donc XANA est une gêne pour celui qui a fait tout ça, intervint Yumi. Alors pourquoi il l’a pas carrément éteint ?
_ Les spectres… Il faut qu’il maintienne XANA en fonction pour s’en servir et…
_ Et quoi ? dit Odd
_ Rien…
Il n’osait pas le dire, mais après ce qu’il avait vu à l’usine, il avait de sérieux doutes pour lesquels leur mystérieux ennemi avait intérêt à capturer Aelita. Celle ci intervint à son tour.
_ C'est vrai que si même XANA a des fois des stratégies plus que tordues, il ne raterait pas une si belle occasion de me ramener sur Lyoko et de me m'amenerà la méduse... Mais lest il es trop faible pour qu'il puisse faire quoi que ce soit par lui même.
A ce moment, l'espionne décida qu'il était temps de mettre à exécution les ordres qu'on lui avait donné. Elle laissa la porte entrouverte et se dirigea vers une chambre un peu plus loin dans les couloirs. Elle posa sa main sur la poignée et l'arraché d'un coup sec comme si c'était du bois mort, puis elle fit sortir la porte de ses gonds et la jeta dans le couloir. Elle entra et s'allongea sur le lit. Il fallait à présent attirer l'attention des autres. La parasite quitta de manière violente son hôte afin de lui arracher un cri, puis le spectre partit se réfugier dans une prise de courant de la pièce. Il savait qu'ELLE allait venir...
Aelita se leva d'un bond, surprise.
_ Vous... vous avez entendu ?
Jérémie se leva à son tour et s'approcha d'elle pour la rassurer. Yumi prit sa lampe de poche et se dirigea vers la sortie de la chambre.
_ Qu'est ce que tu fais ? dit Ulrich
_ Y a peut être encore quelqu'un d'autre dans le collège, il faut aller voir tout de suite !
_ Je viens avec…
_ J’y vais seule !
_ Mais si c’était un piège !
_ Je crierais !
Yumi ouvrit rapidement la porte Et la referma rapidement derrière elle, sans laisser le temps à ses amis de contester. Elle savait qu’elle venait peut être de faire une bêtise, mais c’était ainsi. Elle était l’aîné, elle ne voulait pas dépendre des autres en cas de problème, et ne voulait pas non plus y entraîner ses amis lorsqu’elle pouvait faire autrement, même pas Ulrich. C’était sa nature. Elle s’écarta de la porte en allumant sa lampe de poche et s’enfonça dans l'obscurité de l'internat.
Vides, noirs et étroits, les couloirs du bâtiment, privés même de la lumière des balises des sorties de secours paraissaient, aussi lugubres qu'un labyrinthe infesté de monstres. Même en essayant de ressembler toutes les pensées positives que contenait son esprit, elle n'était pas à l'aise, c'était cette ambiance sombre et oppressante et l'idée qu'il puisse traîner dans ces couloirs une chose plus dangereuse qu'une monstre de XANA dans ses couloirs. Soudain, au détour d’un couloir, elle marcha sur quelque chose de dur qui craqua sous son pied : Un morceau de bois. En regardant plus loin avec sa lampe de poche, elle vit d'autres morceaux éparpillés un peu partout et une autre chose plus inquiétante, la porte de la chambre juste en face, complètement cassée arrachée de ses gonds. Elle repensa à ce qu'avait dit Ulrich, au sujet d'une créature qu'il aurait vaguement aperçu près de l'infirmerie... Une créature ayant déployé une telle force brute ne devait pas être humain. Elle éteignit sa lampe et jeta un rapide coup d'oeil discret à l'intérieur, se préparant à un éventuel combat. Il n'y avait rien d'anormal à première vue, mais en regardant plus attentivement, elle vit quelqu'un allongé sur lit, dans l'ombre que la lune ne pouvait éclairer : Sissi.
Elle s’approcha en douceur, toujours méfiante, puis elle l’examina rapidement. Elle était allongée sur le côté, une expression de terreur sur son visage, comme si elle faisait un cauchemar, un bras le long du corps, l’autre pendant du lit. Elle ne semblait pas porter de blessure, ni même de marque de coup. Cependant, Yumi avait beau la secouer, elle ne réagissait pas.
_ Sissi, hé ho ! Sissi, tu m’entends !? dit elle en essayant de la réveiller
Il n’y avait rien à faire. Son cœur battait toujours, mais ses muscles n’avaient plus aucune réaction, comme si…
Pendant qu’elle était toujours penchée, une ombre noire sortit d’une prise de courant derrière elle, elle sentit soudain son sang se glacer et se retourna en un bond. Ses mains tremblaient, mais elles étaient prêtes à l’attaque. Elle réalisa alors ce qu’il se passait en réalité dans cette pièce.
« Faut que je sorte et vite ! Ca sent le piège ! » pensa t elle
Elle courut en dehors de la chambre, mais elle fut saisit à la gorge par une force invisible. Elle en laissa tomber sa lampe en essayant de se débattre, mais cette force était insaisissable. Elle commençait à étouffer, sa vue se troublait, elle voulait appeler au secours, mais sa voix était réduite au silence.
« J’aurais dû… j’aurais dû demander… de… l’aide »
Dans la chambre, pendant que Jérémie, Odd et Aelita avaient les yeux rivés sur l’écran de l’ordinateur. Ulrich faisait les cents pas.
_ Rhaa ! J’aurais dû insister !
_ T’inquiète vieux ! Elle a été un peu rapide à décider, mais elle sait quand se défendre toute seule, ta chérie !
_ Oh, toi ça va ! fit il brusquement
_ Calme toi Ulrich, elle va revenir dans certainement pas longtemps ! intervint Aelita
Sur ces mots, la porte s’ouvrit sur une silhouette noire, qui entra dans la chambre, éclairé par la lampe du blondinet qui fut immédiatement braquée sur elle.
_ Hé doucement Odd ! Ca fait mal aux yeux !
_ Oups ! Désolé Yumi !
Le visage d’Ulrich s’éclaircit soudain d’un sourire soulagé. S’ils avaient été tous seuls, il ne douterait pas de ce qu’il aurait fait, mais dans le cas présent, il se contenta de dire :
_ Content de te revoir !
_ Aucun problème, je suis pas allée au bout du monde ! ^^
Jérémie leva la tête de son écran un instant et salua la japonaise avec le même sourire, puis demanda :
_ Tu as trouvé quelque chose ?
_ Oui, c’était Sissi qui avait sûrement crié. Je l’ai trouvée allongée sur un lit dans une chambre qui n’était pas la sienne ! A mon avis, vu l’état des lieux, un de ces spectres a dû passer par là ! Elle avait l’air d’être dans le coma !
_ Comme le garçon de l’usine ? fit Aelita
_Oui…
_ Et aucun signe du spectre lui-même ? reprit Jérémie
_ Rien, je pense qu’il a été forcé de l’abandonner !
_ Chouette ! On a plus seulement des zombies balèzes, mais plus on a un fantôme en liberté ! commenta Odd
_ Vaut mieux pas rester ici ! dit Ulrich en se tournant vers la porte et Yumi
Jérémie referma son PC portable et le mit dans sa sacoche, puis il prit cette dernière en bandouillère.
_ De toute façon, on a plus besoin de rester ici !
_ On va où alors, à l’usine ? dit Yumi
_Non, au complexe pétrochimique !
_ Au… au complexe ?
_ Pendant que tu chassais les fantômes, Einstein a trouvé un truc intéressant !... Euh, c’était quoi ?
_ Une source d’énergie ! Cachée dans les limites de la ville !
_ Explique !
_ Voilà : On sait que XANA n’est soit pas seul responsable de ce qui arrive, soit il n’y ait carrément pour rien ! Mais le programme à retardement dans l’ordinateur de l’usine n’avait pour but que d’exécuter un programme précis et ne pouvait pas être responsable à lui tout seul ! C’est qu’il y avait donc au dehors de l’usine quelque chose d’autre qui devait communiquer avec XANA, et je suis sur une piste !
_ Ce qui doit se trouver dans le complexe pétrochimique est certainement un point de relais qui a servi à agir sur toute la ville, continua Aelita. Si on arrive à extraire les infos contenues dans ce point de relais, on devrait savoir enfin où se trouve celui qui a assisté XANA pendant l’attaque…
_ Et celui par qui il a était double comme un bleu, ensuite ! finit Odd
_ Ok ! Je descends à l’entrée du bâtiment, je vous attends là !
_ Mais Yu…
Ulrich n’eut pas le temps de finir sa phrase, que la japonaise était déjà sortie de la chambre. Elle parcourut les couloirs jusqu’à la sortie dans le noir complet, sans allumer sa lampe. Une fois arrivée, elle sortit son portable et composa un numéro qui n’était pas dans son répertoire.
_ Ici N°6, le nouvel hôte a été pris comme prévu, mais il y a un problème.
_ Quel est il ?
_ Les autres s’apprêtent à se diriger vers le point de relais N°3. Est-ce que je dois les empêcher d’agir ?
_ Au contraire, facilite leur la tâche autant que possible, qu’ils s’y dirigent même le plus vite possible, je vais envoyer N° 7 et 8 sur place dès que cela sera possible. Une fois que vous y serez tous, capturez LA… Mais fait surtout très attention à ne pas lui faire de mal. C’est compris ?
_ Compris...
Elle raccrocha, ses yeux brillèrent d’une lumière émeraude intense, puis elle disparut en quelques instants.
Pendant ce temps, les autres descendirent plus prudemment les escaliers, éclairés par la lampe de Odd. Aelita se serra contre Jérémie, elle frissonnait légèrement.
_ Qu’est ce qui ne va pas ? demanda t il
_ Je ne sais pas… J’ai un mauvais pressentiment… Je n’en ai jamais eu d’aussi mauvais.
Jérémie prit Aelita par la taille, comme pour la rassurer.
_ Je suis là Aelita, on est tous là. On a tout fait pour que tu sortes de Lyoko et que tu deviennes comme nous. On laissera jamais disparaître ce pour quoi on s’est tous battu, ni toi avec. Je…
Il hésita un instant sur ce qu’il allait dire, puis il reprit avec un léger tremblement dans la voix, laissant penser qu’il voulait au départ dire tout autre chose.
_ Je laisserais ni XANA ni personne te faire de mal, jamais.
Elle releva la tête et regarda Jérémie. Elle lui sourit, puis il lui rendit son sourire. Jérémie se dégagea, mais Aelita lui attrapa la main et la serra dans la sienne, avant qu’il ne puisse s’éloigner d’un centimètre de plus. Ils ralentissaient, tandis qu’au devant, Ulrich et Odd se retournèrent un instant.
_ Hé ho les tourtereaux ! On vous attend !
Cela fit sursauter légèrement Jérémie qui ne put se retenir de rougir l’espace d’une seconde. Cependant, il fallait qu’ils se pressent. Après les spectres, qui c’est ce que le mystérieux organisateur de cette mascarade préparait ensuite.
Quelque part en ville, un homme travaillait dans son bureau. Il n’y avait aucune fenêtre, aucune autre ouverture dans cette pièce que la porte. L’endroit paraissait moderne, on aurait dit l’office d’un militaire haut gradé. Il était assis sur un siège de cuir, avec devant lui un ordinateur fixe lequel il travaillait d’arrache pied sans s’arrêter un instant, ses yeux sous ses lunettes rondes suivant le rythme de ses doigts sur les touches tel un virtuose du piano suivant sa partition. Puis il s’arrêta soudainement, quitta précipitamment son siège et sortit de la pièce en direction du Dôme.
Il allait devoir accélérer ses plans, cela l’arrangeait plutôt, mais il avait tout de même horreur d’avoir à faire face à des imprévus. Arrivé à destination, il vit N°2, les mains jointes dans le dos au bord d’un passerelle.
_ Qu’y a-t-il ? fit il sans se retourner
_ Où en est le générateur ? dit l’homme, sans répondre
_ Il fonctionne à présent à 88 % de son potentiel.
_ Lancez la matérialisation définitive de N°7 et N°8, je vous avoir besoin d’eux plus vite que prévu. Et ensuite, programmez la phase 2 et lancez là le plus vite possible !
N°2 se retourna, la lueur émeraude dans ses yeux s’intensifia, mais l’homme aux allures de scientifique ne le laissa pas le temps de répliquer.
_ La situation bascule en notre faveur, mais le temps presse ! Tant pis s’ILS s’aperçoivent de ce que nous nous apprêtons à faire, il n’y a plus un instant à perdre !
Malgré le ton dur qu’il venait d’employer, l’homme pensait à nos amis avec un étrange sentiment, voulant surtout qu’il en sachent le moins possible jusqu’à ce que son projet soit au point, mais voulant éviter de leur faire du mal si cela était encore possible…
N°2 demanda alors simplement :
_ Votre ordre ?
_ Arrêt Total !


La suite dans quelques temps...

Typy
17/01/06 à 13:01
j'y pensait justement il y a deux jours à ta fameuse fic qui devait arriver bientot ^^ super debut (: on se demande ce que sont ces choses qui prenne les corps...par contre j'ai trouver un peu brouillon le moment ou les lumiere s'eteigne,j'ai du relire deux fois pour comprendre. bon recopiage ;)

Gavroche
17/01/06 à 20:21
Une Fic prenante, originale, avec une ambiance très proche de la série, elle se lit sans décrocher !
Vivement la suite.

Tchoucky
17/01/06 à 22:23
Avant tout, je voudrais faire remarquer quelque chose qui ne m'étonne pas, c'est que, contrairement à une résolution que tu avais prise, tu n'as pas posté en une fois. Et c'est compréhensible, vu la longueur que menace de prendre cette histoire. Du coup, je me demande si tu as bien fait d'en poster autant du premier coup, et si tu n'aurais pas du écheloner ton postage, chapitre par chapitre, histoire de nous tenir en haleine et me mettre très en colère parce que je déteste quand on fait ça, mais que tout de même, c'est un bon moyen pour faire tenir la tension à son comble. Cependant, il faut bien admettre que cet énorme morceau contient toute la mise en place de l'action, qui se fait longuement, de manière diffuse, oppressante.
J'ai beaucoup apprécier cette lenteur que tu te donne la peine de prendre, toi qui aime enchainer les scène de pure crise à un rythme effréné. Ici, l'immobilité, l'obscurité, la solitude, tout est en place et rien ne bouge. C'est progressivement que la cause du problème se révèle. L'ambiance est lourde, angoissante. Tout est dans la lenteur.
Naturellement, le style s'adapte, et les phrase sont travaillée, rythmée exactement comme l'ambiance le nécessite. Tu utilise soudain des tournures que tu n'as pas coutume d'utiliser (excepté dans "Entre amour et folie" ou "Zéro absolu"). Les mots ne servent plus uniquement à décrire l'actions, ils font l'action en renforçant l'ambiance. La psychologie des personnage est décrite et détaillée avec une minutie telle qu'on ne respire plus. (Merci pour la grande scène de Yumi, vu que je t'ai demandé de lui donner un peu plus de rôle dans tes fics, c'est une scène magnifique, et très forte émotionnellement)
Ce qui m'ammène à une remarque que j'ai l'impression de faire si souvant que je devrais l'enregistrer. Mais POURQUOI l'introduction est-elle si longue ? Ce n'est qu'une banale scène d'action comme on en voit si souvent, qui n'a aucun intérêt, puisque l'on sait que la véritable histoire n'a pas commencé, et que d'ailleur, ce serait bien qu'elle commence bientôt, avant qu'on décroche. Je tiens à dire, d'ailleur, qu'à part toi, personne ne pourrais se permettre de nous jouer des tours pareille, parce qu'on sait à quoi s'attendre avec toi, on sait que ça vaut la peine d'attendre, et on attend, on attend. Et toi, tu le sais, bien sûr, et tu nous fait poireauter au delà des limite du supportable. Mais bon, même pour un génie, commencer son histoire avant la cinquantième page du livre se révèle souvant une bonne idée. A bon entendeur.
Je gage que l'histoire va s'éloigner un peu de l'univers de code Lyoko, aussi, je te met en garde pour que ça ne s'en éloigne pas trop, et que ça ne devienne pas Annimorph (série de roman ou une bande de jeune se battent contre des être qui possèdent les humains exactement comme ceux que tu introduit, même s'ils ne sont visiblement pas de même nature)
Cependant, l'on te retrouve, dans cet ambiance post appocalyptique, digne de toi-même. Ce qui m'énerve le plus, c'est de constater que tu as ENCORE progressé dans le style... Tu devrais t'arrêter, à un moment, quand même. Laisse un peu de génie aux autres.

ChaoticPesme
22/01/06 à 16:25
Chapitre IV : Evasion



Nos amis avaient passé la grille principale du collège restée grande ouverte, le froid la nuit commençait à se faire sentir en cette approche de l’automne. Jérémie était en tête du groupe avec Ulrich, tout deux lampes torche à la main. Derrière eux, tout près, se tenaient Aelita et Yumi, ainsi que Odd au milieu. Dépourvus de la lumière des lampadaires, les rues de la ville étaient lugubres, seule la faible lueur de la lune et leurs lampes pouvaient à présent éclairer leur chemin. Jérémie tressaillit lorsqu’il vit un homme se balader dans la rue : Il était immobile, figé comme une statue, Ulrich s’approcha de lui sous les protestations de Yumi, mais il n’y avait rien à craindre, c’était comme si le temps s’était arrêté pour lui, tout comme la horde de collégiens à laquelle Odd et Ulrich avaient échapper de justesse. Ne pouvant encore rien faire, ils continuèrent leur route en direction du complexe pétro chimique. Ils croisèrent, avant d’atteindre la périphérie de la ville, quelques hommes et femmes dans le même cas. Tous se rapprochèrent les uns des autres pour se rassurer un peu, face à cette ville fantôme, devenant un immense musée des horreurs au fur et à mesure qu’ils avançaient.
Jérémie, lui, se focalisait sur des pensées rassurantes, à aussi sur cette fameuse source d’énergie, avec laquelle il espérait bien tirer le fin mot de cette histoire. Ulrich, lui se concentrait sur Yumi, la regardant parfois discrètement derrière lui. Bizarre, tout de même… Lorsqu’il l’observait attentivement, elle avait l’air insensible à toute forme de peur, restant figée dans une expression indéfinissable. Pourtant, il ne lui connaissait pas une telle neutralité d’esprit, même si elle n’avait pas tout à fait la même façon de penser que la plupart des européen… Etrange, oui. Cependant, il fallait avancer, ne pas trop se retourner pour ne pas perdre de temps, et en finir avec cette sombre mascarade le plus vite possible.

L’usine était silencieuse, silencieuse comme la mort. Pourtant, il y rodait un peu partout des collégiens, les yeux brillant d’une étrange lumière, couleur émeraude. Ils devaient être 10 en tout, faisait des rondes régulières et examinant chaque recoins, telles des sentinelles, guettant le moindre signe de vie. A l’intérieur de la salle des scanners, ne régnait que leur bourdonnement léger, semblable à de grands réfrigérateurs. Un seul gardien était sur place.
Tout était calme depuis que nos amis avaient quitté l’usine. Mais soudain, un bruit interpella l’adolescent possédé : Un vrombissement provenant du scanners du milieu. Les lumières de la salle s’activèrent soudain, alors qu’elle était toujours plongée dans le noir. Le collégien se posta devant le sarcophage doré, qui ne tarda pas à s’ouvrir dans une gerbe de lumière aveuglante. Un jeune homme apparut, il tomba en avant sur les mains en haletant, le transfert l’ayant visiblement épuisé. Les spectres avaient pour ordre d’éliminer tout intrus qui n’était pas de la bande de nos amis, et, profitant de la faiblesse apparente de cet « intrus », il abattit son poing droit sur sa tête… Mais il fut bloqué par une parade du plat de la main. Reprenant quelques forces, le garçon releva la tête vers son adversaire et se leva sur ses deux jambes. Son ennemi avait beau forcer, les yeux luisants de plus en plus intensément, il n’arrivait plus à bouger, ni à dégager son poing. Le garçon dévia brutalement le coup, si violement que le possédé fit un ¼ de tour vers la droite, puis il lui asséna un direct en pleine figure, l’éjectant à 5 mètres en arrière. Avant qu’il ne puisse se relever, le jeune homme du scanner s’approcha de son visage, il déganta sa main et la tendit. Une multitude de petites décharges sortirent de sa main et pénétrèrent dans le corps du possédé par ses yeux. Juste avant de sombrer dans l’inconscience, ses yeux redevinrent normaux, la lueur verte s’estompa, comme lorsqu’on éteint une lampe. Le garçon trembla légèrement et retomba à 4 pattes sur le sol métallique, à nouveau épuisé. Il venait d’empêcher le spectre de s’échapper du corps de son hôte enfin de ne pas prévenir les autres, mais au prix d’une énorme quantité d’énergie. Enfin, il se relava, les néons de la salle n’éteignirent à nouveau, seul l’intérieur du scanner ouvert restait illuminé, plaçant le visage du jeune garçon dans un contre jour artificiel.
Ce garçon, tous nos amis le connaissait, mais ne l’avait pourtant jamais vu en personne : Un beau visage à l’air sévère, des cheveux mi-longs et blonds, un physique athlétique, une chaude vareuse rouge et des gants noirs de motard : XANA.
Le centre nerveux du Supercalculateur avait été infiltré par ce mystérieux allié qui l’avait aidé à prendre le contrôle presque total des élèves du collège, et par là, il était au courant de ses plans. Trahi… XANA supportait cela moins que quiconque. Cependant, il se sentait faible, il était terriblement faible. Ces créations, ses spectres volés par cet homme… Il ne pouvait pas laisser faire ça ! Mais la seule aide qu’il pouvait espérer était celle de ses ennemis jurés. C’était une immense épreuve pour lui, car l’intelligence artificielle allait devoir apprendre ce qu’était « l’humilité », mais il n’avait pas d’autre choix, c’était ce que son instinct de survie lui dictait.
Il fallait d’abord qu’il quitte l’usine pour les prévenir. Eux ne savaient presque rien, mais XANA n’en savait pas tellement plus… Le but de l’homme contrôlant les spectres était de capturer Aelita, mais il ignorait totalement ce qu’il comptait en faire. Il ne fallait pas que cela se produise ! Sans Aelita, XANA n’aurait plus aucune raison de rester branché ! Il ne fallait pas !
Il s’avança dans le noir vers l’ascenseur et remonta par les échelons de secours jusqu’à la cathédrale de verre. Il leva timidement la tête au dessus du niveau du sol, il se baissa aussitôt : Un jet de lumière provenant d’une lampe torcha le frôla. Il regarda ensuite attentivement la grande salle de long en large. Il y avait 4 sentinelles aux aguets marchant et observant les alentours, 2 autres montaient la garde du côté intérieur de l’entrée de l’usine et 2 dernières du côté extérieur. S’il neutralisait un des ces gardes, il serait obligé de faire de même avec les 7 restants. Mais il était déjà bien trop faible pour utiliser ses pouvoirs seulement deux fois de suite, il devait trouver un autre chemin… Et vite.

Nos amis marchaient au milieu de la grande route qui conduisait en dehors de la ville. Qu’il était tellement moins fatiguant d’aller au complexe pétro chimique par un quelconque moyen de transport, seulement, il n’y avait pas que les hommes et l’électricité qui fussent paralysés, mais aussi les moteurs, les grosses batteries… En fait, tout ce qui consommait une importante quantité d’énergie. Ils avaient en fait bien de la chance que les piles de leurs lampes de poche fassent encore effet.
Alors qu’il devait être environ à mi chemin, ils firent une pause. Ulrich, Odd et Aelita se mirent côte à côte, s’asseyant au bord du caniveau, Jérémie restait debout face à eux, Yumi l’éloigna un peu et se mit de dos. Une pluie fine commença à tomber.
Aelita semblait s’interroger au sujet de la japonaise. Non pas qu’elle paraissait moins amicale et serviable que d’habitude, mais elle paraissait un peu plus distante… Etait ce à cause d’Ulrich ? Qu’est ce qu’il avait pu faire ? Ou ne pas faire…

Quant à Odd, il observait en coin le visage de son compagnon de chambre qui fixait celui de Yumi, comme pour se mettre en accord avec les pensées d’Aelita.
« Y a de l’eau dans le gaz entre ces deux là on dirait ! pensa-t-il. Y a des fois où je suis bien content que les filles me supportent pas plus de 3 semaines ! »
_ On est encore loin Einstein ? demanda-t-il tout haut
Il sortit son ordinateur portable de sa sacoche et en regarda brièvement l’écran, avant de répondre :
_ D’après ce que je vois, il reste encore un peu moins d’un kilomètre ! C’est vrai, ça fait une trotte !
_J’aurais presque préféré qu’un bus incontrôlable nous y amène ! fit ironiquement Ulrich, sans détacher son regard de Yumi.
Soudain, le léger vent de la nuit tomba, personne n’en aurait été surpris, si la pluie ne s’était pas arrêtée au même moment. Mais elle ne s’était pas contenté de cesser de tomber, les gouttes restaient figées dans l’air, comme s’il ont avait fait un arrêt sur image…
_ C’est quoi ce délire ?! s’écria Odd en se relevant brusquement
Aelita se leva également, elle essaya de passer sa main dans les gouttes de pluie en sursis, elle passait au travers. L’eau était aussi impalpable que l’air lui-même. Les petits bruits de la nuit étaient devenus muets, la sensation de fraîcheur que provoquait l’air frais disparut, tout s’était arrêté…
« La seconde phase a commencé » pensa Yumi
_ Qu’est ce qui se passe… fit Jérémie, l’air inquiet
_ C’est pas bon, pas bon du tout…
_ Y a se passe quoi, Princesse ? fit Odd en se tournant vers Aelita, comme si elle en savait plus que lui.
_ Celui qui a utilisé XANA… On dirait qu’il a aussi pris le contrôle du programme de retour dans le temps… Au lieu de retourner dans le passé, il a arrêté l’écoulement du temps… Je le sens, je le sens très fort…
La jeune fille porta ses mains à sa tête, une expression de terreur envahissait lentement son visage, elle baissa le regard vers le sol.
_ Je le sens… répéta-t-elle
_ Ca va aller Aelita ? dit Jérémie
_ Oui, mais j’ai toujours ce mauvais pressentiment… Ce n’était pas ça…
_ Alors il faut qu’on en finisse et qu’on fonce au complexe ! intervint Yumi
_ T’as raison ! Il faut qu’on se remette en route en vite ! acquiesça Ulrich
Tous les autres opinèrent de la tête et se préparèrent aussitôt à repartir. En quelques instants, pendant que personne ne la regardait, Yumi tapa un message sur son portable.

Pendant ce temps, dans le repère du nouveau maître des spectres, celui-ci contemplait, debout au bord d’une passerelle menant au pilier centrale, l’immense cerveau informatique, l’étendue de son œuvre. Fabriqué dans le secret le plus absolu, il avait failli en mourir d’assembler pièce par pièce ce gigantesque puzzle, en attendant patiemment le jour de l’utiliser.
Il était plongé dans ses souvenirs, lorsque le sas d’entrée de la salle s’ouvrit. Il se retourna.
_ N°6 nous a contacté, fit N°2 qui venait d’arriver. Ils sont au courant de la situation.
_ Ca ne fait rien. Est-ce qu’il se dirigent toujours vers le complexe ? fit il, le plus calmement du monde, sûr de lui
_ Toujours.
_ Alors N°6 doit continuer à suivre les ordres que je lui ais donné, comme prévu.
_ Nous avons une mauvaise nouvelle : N°15, le garde posté dans la salle des scanners de l’usine a été découvert, « désactivé ».
_ Comment ça ? Pourquoi ?
_ Les autres l’ont découvert tout près d’un des scanners ouvert, il était encore actif lorsque les autres l’ont trouvé.
_ Actif ! Mais comment…
L’homme ne réagit pas tout de suite, le temps d’analyser un peu la situation. Puis son visage pensif se métamorphosa en une sculpture de pierre, figée dans une expression de colère contenue.
_ XANA… Alors il a réussit à sortir… Je ne dois pas le laisser continuer !
_ Vos ordres ?
_ Réduisez la puissance accordée au Supercalculateur de 20 % ! N°7 et 8 sont prêts ?
_Oui.
_ Envoyez les immédiatement au complexe !
_ Bien Monsieur.
Il tourna le dos à N°2, pensant à ses futurs plans prévus une fois Aelita à ses côtés.
« XANA, je ne te laisserait plus nous tourmenter, plus jamais… Plus jamais une fois que j’aurais fait ce qu’il y a à faire » pensa-t-il, serrant ses poings qui tenaient la rambarde de la passerelle.

Les adolescents n’avait aucune idée de combien de temps ils avait mis pour arriver au complexe pétrochimique, le temps ne voulant plus rien dire, mais ils y étaient parvenus. La grille principale était entrouverte, fermée par un simple cadenas, qu’il n’aurait pas été difficile de crocheter pour Jérémie si le temps n’était pas arrêté. Ils voulurent éviter de perdre du temps et escaladèrent cette entrée. Ils parcoururent une 10ène de mètres, puis arrivèrent sur un terrain dégagé. Le marquage blanc au sol indiquait la direction d’un dépôt des camions pétroliers. Comme ils ne pouvaient pas avoir plus de précisions sur l’endroit où se trouvait la source d’énergie que Jérémie avait repéré, ils décidèrent de chercher tous ensemble, se séparer aurait été beaucoup trop dangereux ici.
Beaucoup plus loin, à la sortie de la ville, le garçon à la vareuse rouge avait beaucoup plus de mal à marcher. La réduction d’énergie infligée au Supercalculateur affaiblissait considérablement son corps physique. Eprouver des sensations humaines ne lui plaisait déjà guère, mais ressentir un malaise indéfinissable le dégoûtait profondément. Sa tête lui faisait ma. Matérialisé, il communiquait toujours avec la mémoire centrale du Supercalculateur. Or, le cerveau humain qu’il avait synthétisé dans ce corps n’était pas conçu pour traiter plus d’une heure les quantités d’informations qui continuaient à lui parvenir. Il se sentait écrasé, comme un rocher subissant continuellement le flot incessant d’une cascade.
Mais cela, il devait l’oublier, ignorer sa douleur pour rejoindre au plus vite les adolescents, avant que le piège ne se referme sur eux. Il courut aussi vite qu’il put pendant un moment, jusqu’à ce qu’il dut s’arrêter : Il tomba à genoux et porta ses mains à ces tempes, un déferlement de données lui parvint en une seule fournée ! Mais la valeur de ce qu’il venait de recevoir dépassait largement le peu qu’il savait déjà. Il se releva en se forçant et se remit à courir.
Ce plan était beaucoup trop fou pour être réalisable… Et pourtant…

Gavroche
22/01/06 à 17:18
Joli, ça c'est une sacrée Fic ! J'aime bien ta manière de faire intervenir XANA...
Bon, bah on attend la suite nous du coup ! L'art et la manière de laisser le mystère en suspens... Beau boulot.

Typy
22/01/06 à 18:05
je me demande ce qu'il on fait à yumi ...on dirait qu'elle est pas possedée ,mais qu'elle est differente quant même.
j'aime bien l'intervention de xana ,mais ça fait qu'on se demande encore plus qui sont ces "spectres" et aussi comment ils vont reagir quant ils verrons xana...

Tchoucky
22/01/06 à 21:59
Ca continue. Bien qu'il y ai une scène de bagarre, ce n'est pas l'action qui est au centre, c'est bien la psychologie des personnage, décrite en détail, et avec raffinement. La scène de Xana est bien à la hauteur de celle de Yumi dans le chapitre précédent. On croirais que dans cette histoires, chaque personnage est ammené à se remettre en question, à s'interroger sur ce qu'il est, et sur les raison pour lesquels il agit.
Nos héros, méchants et gentil, sont dépassé par le phénomène, impuissant, pour la première fois réellement confronter à leur propre limite. Comment se défendre quand on change les règles de votre univers, quand on arrête le temps ?
La scène ou les gouttes de pluie s'arrête de tomber est plus angoissante que toutes les scène de bataille finale que tu ai jamais écrite.
Je suis impressionnée par la part que tu donne à la psychologie dans cette fic, et la virtuosité avec laquelle tu l'exploite pour creer un climat d'angoisse. Evidément, j'attends de voir comment tu vas enchainer après ça, voir si tu tiendras jusqu'au bout...

Benjeremie
26/01/06 à 13:04
Le ton Est donner Du technique et du bon ^^
Ce thème me rappelle quelque chose:Mais quoi
L'attaque de spectre de Monsieur ou Madame X:Est vraiment au point(Mais qui peut avoir un telle contrôle sur le Super calculateur)
L'expression des sentiment type jeremie-yumi est aussi très Bien Marquer,tu gère vraiment très bien cela Bravo.
Le piège du spectre est vraiment très stupide et yumi qui y cours a toute jambe a la la.
Après l'épisode de Hier les Chose change je n'est pas voulus poster cela avant que se dernier soit passer(Mais jeremie peut lui aussi prendre le contrôle des spectres).
Continue sur ta lancer et développe le coté technique(Et oui s'est bien moi sa ^^)
En attendant le Prochain Service Pesmé,Ne nous laisse pas trop mariné :roll:
++ Benjeremie

ChaoticPesme
27/01/06 à 17:18
Chapitre V : L'ombre l'a rattrapée




Au bout d’un quart d’heure, le petit groupe avait presque fini de faire le tour du complexe, mais il n’avait pour le moment, rien repéré d’anormal. C’était le moment… Lorsqu’ils revinrent à l’entrée, en se demandant ce qu’il avait raté, Yumi déclara, pointant son doigt vers un entrepôt au loin :
_ Regardez, ça doit être là bas ! J’ai vu de la lumière !
_ Tes sûre de ce que t’as vu ? fit Ulrich, dubitatif
C’est vrai, la porte de l’entrepôt n’était même pas ouverte, comment aurait elle plus voir une lumière, qui n’a apparemment duré qu’un instant ? Cependant, c’était leur seule piste. Le reste du groupe effacait bien vite ses doutes, et se dirigea vers le grand bâtiment. Ils ouvrent tous ensemble la grande porte coulissante, aussi discrètement que puisse être une porte grinçante, puis après avoir vaguement inspecté l’intérieur avec leur lampe de poche, ils entrèrent tous. Il y faisait encore plus noir que dans les couloirs du collège, à tel point que même lorsqu’il devait y faire plein jour au dehors, il n’aurait peut être pas été possible d’y voir plus clair que maintenant. Ils marchent lentement en file indienne, puis s’arrêtèrent au bout d’une 10ène de mètres. Odd et Ulrich prirent les lampes et parcoururent l’ensemble de la salle. Des barils de fer, des caisses, des palettes, un grand chariot élévateur, il n’y avait que tout ce que l’on pouvait trouver dans un entrepôt banal… Mais, lorsque Odd s’approcha d’une grande caisse, il remarqua qu’il émanait de celle-ci quelques filets de lumière, passant dans les minuscules interstices du bois. Après avoir forcé l’ouverture à coups de pied, il découvrit à l’intérieur une chose étonnante : Une sorte de tour d’ordinateur étrange, duquel émanait une lumière jaunâtre, cela attira l’attention des autres, surtout de Jérémie. Les autres n’y firent pas attention mais Ulrich se posait une question : Comment Yumi avait elle pu apercevoir une lumière, alors qu’il était impossible de voir cette chose de l’extérieur ?
_ Ca y est ! On a le point de relais, bravo Odd !
_ Oh, tu sais, c’est rien ! C’est dans mes habitudes d’être génial ! fit il avec un grand sourire
Le petit génie s’assit juste à côté de la structure et ouvrit son ordinateur portable devant lui, tenant d’établir une liaison sans fil avec elle.
_ Maintenant j’espère qu’on va pouvoir en tirer quelque chose ! dit il tout en tapant frénétiquement sur son clavier
Pendant ce temps, Yumi s’éloigna silencieusement d’eux, si silencieuse que même Ulrich ne le remarqua pas. Jérémie réussit à accéder au programme du point de relais et à commencer quelques recherches, quand soudainement, l’écran de son ordinateur devint bleu, Jérémie cessa immédiatement ses manipulations. Il tenta de réfléchir quelques instant sans rien toucher, puis, alors qu’il avait ses mains à quelques centimètres du clavier, Aelita le retint.
_ Attends, il y a quelque chose de pas normal !
_ Quoi ? fit Jérémie, incrédule
La jeune fille se tourna alors vers Odd.
_ Tu peux me passer ta lampe ?
Le blondinet s’exécuta sans dire un mot, se demandant tout de même ce qu’elle comptait faire. Jérémie se leva et se mit à côté d’Aelita, essayant de percer ses intentions au travers de ses yeux. Après avoir hésité un instant, plus par réflexion intérieure que par peur, elle laissa tomber la lampe torche sur l’ordinateur. Jérémie allait hurler, jusqu’à ce que le PC se mette soudain à se charger d’électricité, puis à éclater en mille morceaux avec la lampe de poche.
_ Et ben, il aime pas se faire pirater ce bidule ! commenta Odd
_ Comment t’as su ça Aelita ? demanda Ulrich, encore plus curieux que Jérémie
_ Sur l’engin ! Je l’ai vu se charger en électricité juste avant que l’écran ne change !
_ Et j’ai pas eu le temps de tirer la moindre information !
_ On ferait mieux de déguerpir d’ici, au cas où ça aurait lancé une alerte ! reprit Ulrich
Les quatre hochèrent la tête et décidèrent de partir en 4ème vitesse, mais ils ne virent plus de signe de Yumi. Du moins, il en était ainsi au 1er abord, car lorsque Ulrich braqua sa lampe au hasard de la salle, il le vit tout près de la porte.
_ Yumi ! appela t il. Faut qu’on sorte d…
Il résonna soudain dans tout l’entrepôt, un claquement de tôle contre de la tôle. Les quatre accoururent vers la Japonaise qui restait dos à eux : Elle venait, dans un effort qui paraissait surhumain, de fermer solidement la grande porte coulissante du bâtiment. Ulrich avança vers elle et lui posa la main sur son épaule, il faisait cela dans le but d’essayer de comprendre, mais en même temps, pour l’obliger sans la forcer à se tourner vers lui… Il y avait quelque chose d’inquiétant en elle, il désirait savoir ce que c’était…
_ Yumi, qu’est ce qui te prends ? T’es vraiment bizarre, depuis un moment !
Elle exécuta soudain un coup de pied retourné d’une fluidité et d’une rapidité déconcertante qui frappa aussi violement qu’un marteau le poignet du garçon brun qui fit valser sa lampe de poche qui se brisa ensuite au sol. Nos amis reculèrent de quelques pas, ne croyant pas ce qu’il venait de voir. La Japonaise leva la tête vers eux, son visage était tenu, sévère comme jamais, ses yeux brillaient d’une lueur verdâtre malveillante.
_ Yumi, c’est pas possible ! Pas toi ! s’écria Ulrich
_ Il y a déjà longtemps qu’elle a arrêté de lutter !
Tout comme les autre spectres, on avait l’impression que le corps de Yumi hébergeait plusieurs personnalités, parlant toutes en même temps, mais celle qui dominait restait encore la sienne. Mais comment était ce possible qu'elle soit possédé ? XANA avait pourtant déjà essayé, sans succès... Cela voulait dire que leur mystérieux ennemi était encore bien plus fort qu'ils ne l'imaginaient...
_ Qu’est ce que vous êtes à la fin !? hurla Jérémie
_ Je ne suis personne ! Je suis juste les ordres de celui qui me guide, et j’ai pour ordre de lui amener quelqu’un !
Elle pointa son doigt vers Aelita, qui frémit de peur. Jérémie se dressa courageusement entre eux deux.
_ Qui que vous soyez, vous n’aurez JAMAIS Aelita ! Venez !!
_ Non ! fit Ulrich en se mettant en position de combat.
Prit d’un réflexe, Odd se plaça derrière lui et tenta de l’imiter plus ou moins bien.
_ Aelita et Jérémie, vous sortez ! On va la retenir !
Sa voix sonnait à moitié faux. Le corps de sa bien aimée avait été envahit par une parasite dont il comptait bien la débarrasser, mais pour le moment, il allait peut être être obligé de lui faire du mal. Son âme tremblait à cette idée, mais il n’avait pas le choix.
Tout à coup, un bruit provenant du haut de l’entrepôt alerta les adolescents qui levèrent tous la tête, sauf Ulrich, qui ne voulait surtout pas se laisser distraire. Les autres virent que la tôle était en train de se gondoler dans un vacarme à faire grincer les dents. Les morceaux de plaques arrachés tombèrent au sol dans un bruit sourd accompagné d’un nuage de poussière. Quelques instants plus tard , il bondit du toit deux formes humaines qui fracassèrent le bitume à leur atterrissage. Lorsque la lumière de lune passant par le trou béant du toit vint éclairer leur visage, ils furent tout de suite reconnus : Un adulte assez corpulent mais musclé, la tête entouré dans un bandeau blanc qu’il ne quittait presque jamais, traînant un sparadrap sur la joue de jour comme de nuit. L’autre, un adolescent dans les 15 ans, au beau visage fin, les cheveux mi longs, noirs comme la nuit et en bataille… Jim et William.
Le bien étrange duo se rapprocha lentement du petit groupe, les menaçant de leurs yeux émeraude. Ils ne pouvaient plus s’enfuir. Ulrich espérait encore que la vraie facette de Yumi puisse dans un élan de force se réveiller, mais cela semblait vain, ce mystérieux ennemi qui contrôlait ces spectres avait en réserve une puissance bien plus grande que celle de XANA
Jérémie se plaça devant Aelita. Non ! Tant qu’ils ne seront pas pris, il ne les laissera jamais la toucher ! Jamais ! Cependant, les possédés s’arrêtèrent, comme pris d’une transe soudaine. Ils regardèrent tous en direction de la grande porte de l’entrepôt. Elle se chargea soudain en électricité, puis une partie vola en éclats en l’espace de quelques instants !
Avant que la poussière soulevée par l’explosion et l’effet de surprise ne se dissipe, il sortit de l’ombre avec une extrême vélocité, une jeune garçon, dont le poing s’abattit en plein sur la joue de Yumi, alors qu’elle avait se retourner pour contrer cette attaque qu’elle avait senti venir, ½ secondes avant. Elle fut éjectée à 10 mètres en arrière, contre des barils de pétrole. Ulrich fut d’abord horrifié de voir cela et alla chercher tout de suite à frapper qui avait osé faire cela, mais il savait que le corps de Yumi était beaucoup plus résistant qu’auparavant. En fait, il venait peut être même de le sauver, en l’évitant de la combattre…
Le garçon passa cependant devant lui sans le regarder, Odd, Jérémie et Aelita le dévisagèrent, mais ne le reconnurent pas. Il se positionna devant le petit groupe, face aux deux autres possédés.
_ Vous êtes qui ? finit par dire Odd
_ Quelqu’un qui veut la même chose que vous…
Sa voix était robotique, comme si il était encore moins humain que leurs adversaires.
Ils entendirent alors un bruit étrange dans leur dos, comme un écran qui grésillait : La grande porte coulissante était de nouveau en un seul morceau, intacte.
_ Ce qui a été défait peut être refait.
La voix qui venait de parler provenait d’un coin de la salle : C’était Yumi qui venait de se relever, indemne également. Elle avança en compagnie de ses deux acolytes vers le jeune homme mystérieux, bien qu’elle s’adressa à tout le monde :
_ Même avec lui, vous n’avez aucune chance contre nous. Donnez nous simplement Aelita, nous ne lui feront pas de mal. Odd leur fit un grand sourire.
_ Alors là, je crois que tu te fourre le doigt dans l’œil ! Abandonner nos amis, c’est vraiment pas notre genre !
_ Désolé d’avance pour ce que je vais faire, Yumi… fit Ulrich en se mettant nerveusement en position de combat
Jérémie et Aelita jetèrent un regard rapide à leurs compagnons et l’inconnu. Ils voulaient se battre eux aussi, quels que soient les moyens pour le faire ! Mais le garçon a la vareuse rouge les en empêcha.
_ Vous, fuyez, le plus vite possible ! Aelita, surtout…
La fille aux cheveux roses fut la première étonnée d’entendre un inconnu prononcer son nom, elle voulut immédiatement voir son visage de plus près, pour le moment caché par un morceau d’ombre. Lorsqu’elle posa sa min sur son épaule pour le voir, elle fut saisit d’une peur, courte, mais irrésistible, son cœur fit un bond dans sa poitrine quand elle aperçut un signe très familier dans ses yeux, noirs et profonds. Elle pensa à haute voix :
_ Non… C’est pas possible… C’est…
Jérémie écarte brusquement Aelita en la prenant par la main : XANA venait juste de recevoir un direct de Yumi en pleine tête, le faisant reculer de quelques pas. Ulrich s’approcha doucement de William et déclara :
_ Je le prends !
_ Bon ben, il me reste plus que Jim ! dit Odd avant dépit
Aelita et Jérémie vinrent se réfugier dans un coin sombre de l’entrepôt, attendant une occasion pour sortir par l’autre côté, ils assistèrent ainsi aux différents combats menés.
Bien qu’Ulrich sentait que le spectre qui habitait William était ce côté dominant, il avait l’impression que derrière, le jeune garçon parasité observait et encourageait même le disciple de pentchak-silat. Cette impression renforçait la détermination d’Ulrich, mais il avait tout de même beaucoup de mal à garder le dessus. Chaque coup rapide qu’il portait touchait au but, mais il lui était immédiatement rendu au centuple. Les spectres ne pouvaient maîtriser les choses que leur hôte ne connaissait pas, mais il lui suffisait dans ce cas d’en augmenter la force et la résistance, même si William ne pratiquait aucun art martial. L’espace d’une seconde, il changea de stratégie et déséquilibra Ulrich en dévia un de ses coups, heureusement le garçon aux allures d’athlète eut le réflexe de se protéger la tête avec ses deux bras. Le choc fut malgré tout si violent qu’il faillit être à nouveau déséquilibré. Le combat s’annonçait serré.
Odd était aux prises avec Jim, mais il ne pouvait le combattre normalement, la possession l’avait rendu beaucoup trop fort pour qu’il l’affronte face à face. Chacun de ces coups pouvait être mortel, mais pour le moment, le blondinet arrivait sans mal à éviter ces coups. « Très fort, mais très lourdaud ! » pensa t il. Mais à force d’esquiver, il se rendit compte qu’il avait reculé contre une pile de caisse, le distrayant que quelques secondes à peine, mais assez pour Jim qui eut le temps asséner un grand coup de poing qu’Odd eut tout juste le temps d’éviter en roulant sur le côté. La puissance brute fracassa complètement la caisse. Le petit blond recula à nouveau, mais il buta contre un morceau de bitume dépassant du sol, le faisant trébucher. Jim en profita et accourut aussi rapidement qu’il put vers lui, le poing levé vers le ciel. Son adversaire svelte frôla la mort une nouvelle fois en à peine une minute, d’un simple pivotement sur lui-même au sol.
Alors que le colosse avait le poing coincé à l’endroit où se trouvait Odd, celui-ci se releva d’un bond et saisit un autre lourd morceau de bitume des deux mains et le fracassa sur le crâne de son ennemi qui s’écroula.
_ Désolé, m’sieur ! commenta Odd
Mais le sourire satisfait qu’il affichait ne dura pas longtemps. Le possédé se releva rapidement, comme si de rien n’était. Il avait encore plus en colère qu’avant, la lueur verte dans ses yeux s’intensifia, à tel point qu’on ne distinguer plus les yeux humains… Il était plus que jamais empressé de mettre le blondinet en pièces.
Pendant ce temps, Jérémie et Aelita avancèrent discrètement derrière les piles de caisses en tentant de gagner la sortie, quand soudain débarqua à quelques mètres d’eux, Yumi… Elle s’approcha d’eux, tendant son bras vers le petit génie qui protégeait Aelita. Il n’aurait pas fait le poids, mais la Japonaise fut brusquement éjectée et traînée au le sol sur 5 mètres. C’est le jeune homme inconnu qui venait de les sauver ! Il avait délaissé sa vareuse, dévoilant un T-shirt noir, simple. Il avait l’air épuisé, par rapport à son adversaire qui était toujours en pleine forme. Il tourna la tête vers les deux ados.
_ Qu’est ce que vous attendez !? Partez !
Le temps qu’il ramène son regard devant lui, il reçut un crochet dans le ventre à la vitesse de l’éclair, le mettant à genoux. Il n’avait pas pour habitude d’affronter des ennemis plus forts que lui, cela le mettait dans une rage qu’il n’aurait pas pu contrôler s’il avait été moins faible. XANA avait horreur de perdre, et il comptait bien le faire savoir ! Seulement, il eut pas que le temps de ruminer sa vengeance dans son esprit artificiel, mais pas de la mettre à exécution : A peine fut il relevé qu’il fut projeté par un coup de pied retourné contre un tas de barils. L’un deux, qui était placé plus haut que les autres, s’ouvrit en tombant, répandant une substance collante et noirâtre sur le sol, tout autour de lui. Il ne voulut pas s’admettre vaincu, mais son corps refusa obstinément de bouger. Ses veines auraient éclaté de colère, s’il avait encore suffisamment de force pour contracter ses muscles, mais le corps humain a ses limites…
« Saleté d’imperfections ! » pensa t il
Alerté par le bruit, Odd se retourna, et fut saisit au cou par Jim. Se débattre était peine perdu face à un tel amas de force, mais il essaya malgré tout de donner des coups de pieds dans le bras que le tenait. Yumi le regarda alors, il se tourna vers elle quelques secondes plus tard, comme s’il venait de communiquer par télépathie. Jim jeta son adversaire vaincu comme un vulgaire linge sale, tout près de l’endroit où XANA essaya de se rétablir, droit dans la mare de produits chimiques, il fut assommé sur le coup. Jim s’empara alors de Jérémie et d’Aelita, qui ne purent résister à son emprise. Ulrich était beaucoup trop absorbé par son combat, il ne fit attention à ce qu’il se passait autour de lui que lorsqu’il était déjà trop tard :
Il vit Yumi se saisir du chariot élévateur à mains nues, tel une grosse pierre, le soulevant au dessus de sa tête. Le bruit a métal froissé réveilla Odd brutalement, puis on entendit en concert Aelita, Jérémie et Ulrich hurler avec terreur le prénom de leur ami.
_ OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOD !!!
Williams profita de cet instant de distraction pour faire chuter son ennemi et le plaquer au sol, pendant que la japonaise sous contrôle prit un ou deux pas d’élan et jeta aussi facilement qu’un caillou l’engin sur les deux malheureux vaincus. Odd n’eut pas le temps de lever le petit doigt, qu’il vit il mort lui arriver droit dessus sous la forme d’un chariot élévateur, qui mit immédiatement le feu aux produits chimiques. En un rien de temps, les flammes se propagèrent dans la moitié de l’entrepôt La chaleur infernale de ce brasier provoqua plusieurs réactions explosives… Odd et le jeune garçon n’auraient pas pu en réchapper…
Tous nos amis restants, en particulier Ulrich, continuaient d’hurler jusqu’à s’enrailler les cordes vocales, mais cela n’aurait pu faire revenir personne. Le garçon, XANA, était venu sur Terre dans un corps qu’il avait créé à l’aide de ses dernières forces, à présent, il ne disposait de plus rien d’autre pour contre attaquer.
Le corps de Jim se chargea en énergie, et mit hors d’état les deux otages qu’il tenait chacun sous ses bras, puis, ce fut le tour d’Ulrich de sombrer dans l’inconscience…
Tout était perdu…

Gavroche
27/01/06 à 19:33
Fiou ! Et après, et après, et après ? Ouarf, à chaque fin de chapitre la tension monte, et j'espère que cette fois c'est le paroxysme, parce que sinon je m'effondre.
C'est brillant, bravo !
Hum, j'ai du mal à voir comment ils vont s'en sortir... Tu vas nous trouver quelque chose de superbe, je sens !

Tchoucky
27/01/06 à 20:59
Tu as tenu vaillement pendant quatre chapitre, mais c'était trop, tu as fini par la faire, ta scène de baston pure. On te retrouve tel qu'on te connais, tu es à l'aise là dedans, c'est chez toi. Heureusement, ce n'est pas une de ces scène d'action ou il ne se passe rien, l'intrigue avance quand même (pas trop, mais elle avance). Je remarque quelques expression maladroites de temps à autres (un amas de force, ça se dit ?) ou des phrase bien à la Pesme, de deux kilomètre de long. Tu sais, quand il y a trois action qui s'enchaient, mettre un point, ce n'est pas un crime. La tension ? Non, moi, je me doute (et j'espère) qu'elle est loin d'être à son comble (oui, mais moi je connais le nombre définitif de chapitre, aussi ^^)

ChaoticPesme
05/02/06 à 17:07
Un chapitre un peu plus court que les autres, car il faisait en fait, au départ, parti intégrante du chapitre précédent, que j'ai du séparer en deux.


Chapitre VI : Seule ?



Il courrait, courrait à s’en étouffer, les arbres défilaient devant lui, il ne voyait plus que ça. Lorsqu’il n’entendit plus aucun bruit derrière lui, il s’arrêta brusquement. Il regarda avec hésitation autour de lui et poussa un grand soupir jusqu’à se vider les poumons, il les avait enfin semés.
Le garçon aux oreilles pointues alla s’appuyer contre un grand chêne majestueux, éreinté par sa course poursuite. Son bonnet étrange et ses vêtements extravagants étaient déchirés, son beau visage jeune et pâle était griffé à plusieurs endroits. Il avait plusieurs fois échappé de peu à la lacération. Cette fois, il semblait être à l’abri, mais le danger rodait toujours dans l’épaisse forêt, il devait s’éloigner, autrement, ils retrouveraient sa trace…. Il avança à nouveau, sous les arbres aux épais feuillages qui voilaient les derniers rayons du soleil. Cependant, il ne savait pas où aller. Il s’était perdu à force de courir pour sauver sa vie.
Le soleil devait être en train de se coucher, il avait froid, un vent glacial faisait vibrer les feuillages autour de lui, le mettait mal à l’aise. Les arbres furent soudain différents, décharnés et gris, effrayants, l’herbe était sèche et noircie, il tremblait maintenant à la fois, de froid et de peur. Le climat rassurant de la fin de sa poursuite se dissipa lentement…
Soudain, le vent s’arrêta. Les arbres ne craquaient plus, les feuilles ne bruissaient plus, l’atmosphère venait de basculer de l’angoisse au silence, au silence total, comme si la nature elle-même avait peur de faire le moindre bruit. Le garçon ne puit plus supporter ces changements aussi soudain ! Il se remit à courir droit devant lui, les yeux fermés, laissant simplement ses enjambées le guider et espérant ne pas rencontrer un arbre sur sa route ! Il ne voulait plus penser, plus avoir peur, simplement sortir de cette forêt qui n’en finissait plus ! Mais en courant sans regarder un seul instant devant lui, il buta sur une pierre et trébucha en avant. Il ne sentait plus le sol, roulant par terre dans la poussière, dévalant une pente raide jonchée des petits cailloux.
Enfin il s’arrêta sur un sol de pierre, il avait mal partout. Il releva douloureusement la tête et regarda autour de lui, allongé. La forêt était nettement derrière lui, en haute de cette pente qui lui paraissait une véritable montagne. Cependant, il était à présent aux portes d’un autre paysage complètement différent, étrange et inquiétant : Au loin trônait sur un colline, un noir château, avec derrière lui une lune rougeoyante, comme si elle était la possession du maître de ce lieu. Ce château n’inspirait que le chaos, des tours pointues, des murs aux formes étranges, et seul un chemin étroit et tortueux permettait d’y accéder.
Etrangement, dans le tête du petit garçon, se formait petit à petit une irrésistible envie d’aller voir de plus près cette monstruosité de pierre. Il se releva… Mais son âme voulait combattre son envie, il ne devait pas y aller ! Il ne fallait pas y aller ! Vite ! Même s’il en avait peur, il fallait retrouver le chemin de la forêt avant que son étrange et soudain envie ne soit plus forte que tout. Mais en se retournant, il tomba nez à nez avec une créature… Noire comme la nuit, aux formes indéfinissables, hormis ses yeux rouges comme deux flammes. Paralysé de terreur, le jeune elfe ne put rien faire d’autre que crier, mais personne ne pouvait venir l’aider. La créature se déploya tout autour de lui, tel un grand voile noir. Il se débattit, mais ses pieds ne sentaient que l’air, comme si la créature n’était qu’une illusion. La monstruosité dévoila alors une grande gueule, avec des crocs acérés et pointus comme des lances. Cette informité se rapprocha encore et encore, jusqu’à ce que le garçon puisse sentir son haleine pestilentielle, puis…

Aelita se réveilla en sursaut, bouffie de torpeur, la respiration saccadée et le cœur battant la chamade. Elle regarda ses mains, elles étaient moites, son corps entier avait transpiré comme si elle avait eu une très forte fièvre. C’était encore un de ses rêves, ou plutôt, un de ses cauchemars étranges, qui mettait en scène ce personnage qui était la réplique de la petite poupée qu’elle avait trouvé à l’Ermitage, il y a quelques mois. Ces cauchemars étaient souvent chargés de symboles, mais cette fois, ce n’était pas la même chose que d’habitude. L’issu était plus tragique qu’avec les loups… On aurait même dit que ce cauchemar était la suite directe de ce dont elle avait déjà rêvé. C’était peut être un présage, peut être, mais les symboles restaient confus…
Elle reprit son souffle et son calme, puis elle regarda autour d’elle : Une pièce quasiment vide, un peu vétuste mais relativement bien entretenue, sombre, mais avec une lampe au plafond éteinte. Elle étendue sur un lit ordinaire, les draps n’étaient pas défaits, elle avait du être déposée au dessus pour être sûr qu’elle ne se réveille pas tout de suite. Elle s’assit au bord du lit, elle distingua ainsi une lumière intense au dessous de la porte de la pièce. N’ayant rien à faire de plus dans cette chambre, elle s’y dirigea. Elle posa fébrilement sa main sur la poignée : La porte n’était pas fermée. Elle l’entrouvrit légèrement et jeta un discret coup d’œil. La chambre donnait directement sur un long et grand couloir éclairé artificiellement par de nombreux néons, fixés sur un plafond de forme ovale. On voyait partout sur les murs en béton des fils électriques et des tubes de cuivres. Personne n’était en vu, Aelita sortit alors de la pièce et ferma la porte derrière elle, puis se mit en quête de ses amis. Jérémie, Ulrich et Yumi étaient peut être ici… Mais pas Odd. Dès lors, elle ne cessa durant son parcours hasardeux dans les couloirs, de penser à lui. Quelle mort atroce il avait dû subir… Non ! Il s’en était sorti ! Il devait s’en être sorti ! Il avait traversé tant et tant d’épreuves et de dangers sur Lyoko et sur Terre, ce n’était pas possible que cela se soit arrêté si brutalement ! Elle imaginait ce que devait ressentir Ulrich, eux qui se connaissaient depuis si longtemps, eux qui étaient un exemple d’amitié, presque de fraternité, rien ni personne n’aurait pu le remplacer…
Elle s’arrêta au bout d’un couloir, c’était un cul de sac, menant à une sorte d’ascenseur. Elle faillit faire demi tour, lorsqu’elle vit une note collée sur l’un des boutons d’appel. Elle le prit en main et lu : « Appuie sur le -2 ». L’écriture de ce bout de papier ne ressemblait à aucune de celles qu’elle connaissait, et rien ne pouvait laisser penser qui en était l’auteur. Elle en arriva tout de même à une conclusion : Cela pouvait très bien être un piège organisé par celui qui avait tout manigancé, le mystérieux commandant des nouveaux spectres... Cependant, c’était la seule piste qu’elle avait en main. Comme elle avait été séparée de tous ces amis, celui qui l’avait amenée ici était sans doute le seul à pouvoir lui dire ce qui leur était arrivé.
Presque contre son gré, elle appuya sur le bouton d’appel et les portes de l’ascenseur s’ouvrirent aussitôt. Elle entra et se retourna pour faire face à un panneau de commande sur le côté de la porte. Machinalement, elle appuya sur le bouton inscrit « -2 ». L’engin eu d’abord une brève secousse, puis se mit à descendre lentement, laissant Aelita à ses questions angoissantes. A quoi pouvait ressembler celui qui avait tant de connaissance pour se servir de XANA comme d’un jouet ? Est-ce qu’il était seulement humain ? Quelqu’un qui avait tant de pouvoir qu’il ait même pu améliorer le programme des spectres ? Et si…
L’ascenseur atteint enfin son but, les portes s’ouvrir sur un petit couloir sombre, finissant par une porte blindée, celle-ci s’ouvrit automatiquement à son approche. Elle entra, hésitante, la porte se referma derrière elle.
Elle était à présent face au plus grand complexe informatique qui lui aurait été donné de voir dans toute sa vie. Un dôme immense avec en son centre, ce que l’on devinait être le pivot de tout le système. Elle s’avança, les yeux ébahis devant cette structure pharaonique, vers l’une des passerelles de métal menant toutes au pilier central. Son regard se dirigea alors vers le bas : Le gouffre qui s’étendait sous elle lui donnait presque le vertige. Tout dans cette pièce était démesurément gigantesque, il aurait fallu plus que toute une vie humaine pour concevoir un tel chef d’œuvre d’informatique… Aelita réalisait à présent qu’il aurait été bien impossible pour XANA de rivaliser avec une telle monstruosité numérique.
Arrivé au pilier central, elle en fit rapidement le tour, et une nouvelle chose l’étonna : après avoir inspecté de fond en comble toute la salle, elle remarqua qu’il n’y avait personne. Elle hésita un instant, puis appela :
_ Est-ce qu’il y a quelqu’un ?!
La seule réponse qu’elle obtint fut l’écho de sa propre voix qui se réverbéra dans tout le Dôme. Elle se dirigea à nouveau vers la porte blindée, mais elle était solidement fermée ! Mais alors qu’elle se demandait comment elle allait sortir de là, une main se posa sur son épaule, grande et ferme. Elle se retourna brusquement, surprise, les yeux écarquillés, comme si elle venait de voir un fantôme. Elle se sentit tout à coup défaillir à la vue de la personne qui lui faisait à présent face, cette tête lui faisait un mal atroce, comme si toutes ses pensées présentes et passés venaient tout à coup de se mélanger… L’homme dit :
_ Aelita, tu me reconnais ?
_ P… Papa…

Gavroche
06/02/06 à 18:53
"Je suis... TON PÔPA !" *Tin-Tin-Tin-Totatin-Totatin !*

Y a quand même un gros blanc bien frustrant : qu'est-il advenu de la LyokoTroupe ? Enfin, comme toujours dans la Fic, on aura la réponse plus tard.
Comme cette réponse d'ailleurs : On l'attendait, depuis le temps qu'on ruminait cette description de ses yeux verts... Le papa d'Aelita ! Vivement la suite que tout ça s'éclaire un peu.

ChaoticPesme
12/02/06 à 14:19
Chapitre VII : Associations



_ Hé, Jérémie ! Jérémie ! T’es avec moi ?
Il rouvrit doucement les yeux, la voix qui l’appelait paraissait venir de très loin… Il mit sa vue au point, mais elle restait trouble. Il arriva cependant à distinguer le visage d’Ulrich, penché au dessus de lui une demi obscurité. Il porta ses mains à son propre visage et constata que ses lunettes n’étaient plus en place. Sans rien dire, Ulrich fouilla dans une de ses poches et en sortit ce qu’il avait gardé pour son ami, il les remit sur son nez et se redressa. Ils se trouvaient tout deux assis à même le sol, dans une pièce sombre, quasiment vide. Une légère lumière filtrait par le dessous de la porte d’entrée.
_ Où est ce qu’on est ? demanda Jérémie, encore un peu endormi
_ J’en sais rien, répondit Ulrich en se mettant en tailleur
Jérémie se leva et se dirigea vers la porte, évidement, elle était fermée.
_ Et Aelita et Yumi ? fit le petit blond sans se retourner
_ Rien non plus.
Ulrich se leva à son tour et se mit face au mur, s’appuyant d’une main contre. Il avait l’air morose, comme il ne l’avait jamais était, comme si tout espoir l’avait abandonné. Yumi resterait possédée à jamais, du moins, jusqu’à ce que son mystérieux manipulateur ait encore besoin d’elle...
_ Et Odd ?
Jérémie avait longtemps hésité à prononcer le nom de leur ami devant Ulrich, et il avait eu raison : En un instant, le désespoir dans le cœur du jeune homme fit place à la haine. Une haine comparable au brasier infernal dans lequel Odd avait péri, une haine qui ne s’éteindrait jamais, même s’il arrivait à mettre la main sur le responsable et lui ferait payer. LE responsable, car Yumi n’y était pour rien, elle n’était qu’une pauvre victime, tout comme William, Jim… et Odd… Machinalement, le poing d’Ulrich s’abattit sur le mur qui lui faisait face. Il n’avait plus qu’une idée en tête : Faire payer au centuple la mort de son meilleur ami, que même un retour dans le temps ne serait pas capable de ramener à la vie. Jérémie essaya bien de le calmer, mais c’était peine perdue. Rien que le fait d’avoir poussé Yumi à commettre une telle atrocité le mettait en rage, à tel point que tout son être en tremblait.
« Odd, mon vieux, je te jure que j’aurais la peau de celui qui t’as fait ça, je te le promets ! » pensa t il
Les deux adolescents se retournèrent, la porte était en train de s’ouvrir, un homme apparut dans l’entrebâillement, entre ombre et lumière. Ulrich se mit déjà en position de combat, mais il se ravisa lorsqu’il reconnu un visage familier, deux lumières émeraudes brillant derrière ses petites lunettes.
_ Monsieur ?!
C’était encore lui, le proviseur de collège Kadic, ainsi que le spectre appelé N°2, ils ne faisait qu’un sous cette enveloppe de chair. Il resta ainsi pendant une bonne minute sans rien dire, à dévisager nos deux amis, puis il déclara, de son étrange voix :
_ Suivez moi.
Il se retourna et s’avança déjà dans le couloir. Les deux prisonniers crurent bon d’obtempérer pour voir enfin de quoi il en retournait. Cependant, quand Ulrich passa à côté du proviseur, il hésita. Son poing avait malgré tout avait de frapper, de frapper le spectre qui obéissait aveuglement aux ordres du grand manipulateur… Mais c’était justement lui, qu’il voulait, pas un de ses sbires… Il desserra son poing et se calma. N°2 les guida au travers des couloirs bétonnés, marchant sur des grilles en acier. Aux yeux de Jérémie, ils étaient dans une sorte de bunker sous terrain, sans doute entièrement indépendant de l’extérieur. Il repensait alors à la coupure générale de courant et à l’arrêt du temps qu’il avaient subi… Cet endroit en semblait en être complètement isolé. Ils arrivèrent devant une porte noire que N°2 ouvrit, il invita ses deux prisonniers à y entrer. Ils se retrouvèrent devant un bureau où il y avait un ordinateur du même genre que celui de Jérémie. A côté, un siège retourné, où l’on pouvait cependant voir les cheveux grisonnants d’un homme dépasser d’un haut du dossier. Les deux jeunes garçons restaient prostrés tandis que le siège tournait vers eux. L’homme qui était assis semblait avoir la 50ène, des cheveux courts et une barbe grise, affublé d’une longue blouse blanche de physicien et de petites lunettes rondes ne laissant pas voir ses yeux.
_ Qui… Qui vous êtes ? demanda Ulrich, se retenant de frapper
_ Je sais qui c’est ! interrompit Jérémie. Cet après midi, j’ai réussi un déchiffrer une partie des archives de Franz Hopper avant que XANA attaque ! Vous travailliez pour lui sur le Projet XANA, c’est ça ?
_ C’est presque cela, Jérémie, répondit l’inconnu d’une voix rauque sans tomber dans les graves, je ne travaille pas pour Franz Hopper… Je SUIS Franz Hopper.
_ Alors c’est vous qui aviez fait ça à tout le monde ! C’est vous qui aviez fait ça à Sissi, à Yumi et… Odd… C’est vous le responsable ?!
La voix Ulrich était tremblante. Il bouillonnait de rage alors que celui qui tirait toutes les ficelles était en face de lui. Mais lui, ne répondit pas tout de suite. Je paraissais troublé face au jeune homme, il détourna le regard.
_ On m’a informé de ce qui est arrivé au complexe pétrochimique, ça n’était pas supposé ce passait comme ça… Vous ne devriez même pas être là. Je voulais simplement qu’Aelita vienne à moi, mais il y a eu un imprévu : XANA…
_ XANA ? Qu’est ce qu’il a à voir là dedans ?
_ C’est pourtant simple : Je me suis servi de lui car j’en ai besoin pour garder Aelita en vie et les spectres en état. J’avais maintenu sa puissance à un niveau réduit, mais il a réussi à se fabriquer un corps et s’en servir pour venir jusqu’au complexe.
_ Ce… Ce type ! C’était XANA ?! s’écria Jérémie
_ Exactement. C’était un imprévu… Désolé, je sui vraiment…
Soudain, Ulrich se précipita sur Franz, dans un accès de rage qu’il n’était pas arrivé à contenir. Jérémie eut à peine le temps de tendre le bras pour l’arrêter qu’il décocha un direct du droit dans la tête du scientifique. Son siège recula d’un mètre sous le choc, mai lui, ne réagit pas, il pensait bien qu’Ulrich avait eu raison de faire ce geste. Il le saisit ensuite par le col de sa chemise pour frapper de nouveau, sa soif de vengeance toujours aussi intense. Mais une main d’une force bien supérieure à la sienne le retint : N°6 était rentré dans la pièce. Il éloigna de force Ulrich de Franz et le surveilla étroitement.
_ Salaud ! La mort de mon meilleur ami ! C’était un « imprévu » ! Un imprévu !!
Le scientifique ne répondit pas, il se frotta la joue et remit en place se lunettes qui avaient failli être éjectées de sa tête sur le coup. Il regarda le jeune homme athlétique, et Jérémie qui n’avait pas bougé, il leur parla enfin, une pointe de tristesse dans la voix.
_ Je suis… Réellement désolé pour ce qui est arrivé. La seule chose que je voulais, c’était d’avoir Aelita à mes côtés.
_ Et pourquoi ? Qu’est ce que vous lui voulez à Aelita ? s’énerva Jérémie
Franz haussa un sourcil de surprise.
_ Tu n’as donc ma décrypté cette partie de mes archives : Aelita… est ma fille
Les deux jeunes gens furent pris de court par cette déclaration. Depuis toujours, ils avaient imaginé Aelita comme un être purement virtuel, créé de toute pièce… Jamais comme un « ancien » être humain, qui aurait tout oublié, jusqu’à la manière de vivre. Mais Jérémie ne voulait pas le croire aussi facilement, il avait vécu trop de choses avec elle, il lui avait appris trop de choses sur la vie humaine.
_ C’est pas possible ! Menteur !
_ Pourtant, c’est la vérité. J’ai vieilli, durant ces années, mais pas elle, enfermé sur Lyoko, sans que je puisse aller la chercher... Je voulais l’avoir près de moi au moment de réaliser mon projet : L’arrêt du temps, le pompage de toutes les sources électriques de la ville et des alentours, ce sont des étapes nécessaires à la réalisation de mon projet. Il fera en sorte, que XANA n’est jamais existé.
Jérémie essaya de se ressaisir afin de poser des questions rationnelles, mais c’était très difficile. La nouvelle qu’il venait d’apprendre le traumatisait vraiment…
_ Mais… C’est VOUS qui aviez créé XANA ! Pourquoi vous voulez le détruire maintenant !?
_ C’est la manière dont je compte me racheter… De tous ces dangers que je vous ai fait courir, que j’ai fait courir à toute l’humanité, et de me faire pardonner… Qu’Aelita me pardonne… Cela fait 10 ans, depuis que j’ai été obligé de la virtualiser sur Lyoko pour la sauver. C’est pour la sauver de toutes ces expériences qu’elle n’aurait jamais du vivre, à cause de moi…
Ulrich était épuisé de se débattre, serré dans les bras de N°2 comme dans un étau. Il réalisa que le but de Franz n’était pas si maléfique qu’il ne le pensait, mais que cela ne justifiait toujours pas les horreurs et les coups tordus qu’il avait commis.
_ Qu’est ce que vous voulez de nous, alors ? fit il
_ De vous ? Rien… Je vous l’ai dit, vous ne devriez même pas être ici, si XANA n’était pas venu… Mais, je suis navré, je vais devoir vous garder ici jusqu’à l’accomplissement du projet. Je ne peux pas me permettre d’échouer maintenant, vous serez bien traité.
_ Laissez moi vous aider ! dit soudain Jérémie
Ulrich écarquilla les yeux, mais il ne put rien dire, c’était la dernière chose à laquelle il pouvait s’attendre. Franz parut assez froid, face à cette proposition.
_ Tu as mis souvent Aelita en danger, Jérémie, et tu as aussi détruit les armes que j’avais créées contre XANA parce que tu n’avais pas su t’en servir… Non, j’ai travaillé seul pendant 10 ans à ce projet…
_ Alors laissez moi le faire… pour me racheter aussi ! interrompit le jeune garçon. Ce je veux, c’est… être avec Aelita ! Si vous dites vraiment que c’est pour son bien que vous avez imaginé ce projet, alors laissez moi vous aider !
Franz se mit à réfléchir plus sérieusement. Jérémie avait l’air déterminé, et il connaissait aussi ces sentiments pour sa fille. Mais, cela signifiait aussi qu’il devait renoncer à ses amis pour cela… En était il vraiment capable, par amour ?

L’usine. L’endroit était calme comme jamais. Franz avait retiré l’intégralité de ses sentinelles qui étaient affectées à la surveillance de XANA.
Il était affalé sur le sol, le dos appuyé contre un mur. Il ouvrit lentement les yeux, mais il ne vit que du noir : La pièce dans laquelle il se trouvait était plongée dans l’obscurité. Sa tête tournait légèrement, suite au choc qu’il avait reçu, ses membres étaient engourdis et il lui fallut un moment avant de pourvoir bouger. Il avança droit devant lui sans savoir où aller, puis il buta contre un mur de côté. C’est alors qu’il sentit une excroissance dans sa poche : C’était la petit lampe torche de Yumi. Il l’alluma et vit enfin plus clairement l’endroit où il se trouvait : Le Labo. Comment avait il pu atterrir ici, à au moins 5kms de sa dernière position ? Il se souvenait de l’entrepôt du complexe pétrochimique, d’un chariot élévateur qui était sur le point de l’écraser, puis d’une explosion… Et plus rien. Tout en cherchant une explication, il parcourut la salle à la lueur de sa lampe en se dirigeant vers le monte-charge. La porte blindée était grande ouverte, des câbles d’acier pendaient à l’intérieur de la cage, tandis que l’engin lui-même était tombé au fond, en mille morceaux. Mais près de cet amas de débris, il aperçut en éteignant sa lampe, une lueur dorée, filtré par la porte blindée entrouverte du Supercalculateur.
_ XANA fonctionne encore ? pensa t il à haute voix
_ Oui, XANA fonctionne encore.
Une voix robotique venait de derrière lui venait de lui répondre. Il faillit basculer dans la cage du monte-charge, prit par surprise, heureusement, la personne qui venait de parler le retint par la main. Il braqua aussitôt la lampe sur son visage et le reconnut tout de suite : C’était l’étrange inconnu qui s’était battu avec Yumi, qui avait tenté de les aider sans qu’ils ne sachent pourquoi.
_ C’est toi qui m’a ramené ? dit il timidement
_ Oui. Toi et moi avons échappé de peu à la catastrophe.
_ Et qui vous êtes, d’abord ? Avec une voix pareille, on dirait…
_ XANA ? interrompit le jeune homme. Oui. C’est bien moi.
_ QUOI ?!
_ Tu m’as bien compris, humain. Mais si j’ai pris la peine de sauver ta misérable vie en même temps que mon corps physique, ce n’est pas sans intérêt.
Le garçon aux cheveux châtains s’avança dans le labo, lorsqu’il se mit soudain à convulsionner, comme s’il était sur le point d’éclater. L’autre ne put s’empêcher s’esquisser un léger sourire en voyant cela, il se pencha vers lui.
_ Alors comme ça, le Grand, le Très Grand, le Plus Grand programme psychopathe de la Terre a besoin de l’aide d’un Pauvre humain ?
_ C’est tout dans ton intérêt de m’aider… Della Robia, fit XANA en se relevant. Si tu veux avoir une chance de revoir tes amis.
_ Et toi, tu veux quoi ? demanda Odd d’un ton plus neutre
_ J’ai simplement un compte à régler, avec mon créateur.
_ Ton créateur ? Tu veux dire…
_ Oui. Franz Hopper, mon créateur et celui de Lyoko.
Odd ignorait s’il s’agissait bien d’un sentiment véritable, ou celui cela était du au hasard, mais le mépris et la haine avec lesquels il prononçait le nom de celui qui l’avait conçu semblaient très réels.
_ Pour ça, il faudrait savoir où ils sont tous, Monsieur XANA ! reprit Odd
_ Le Supercalculateur et moi sommes liés à une immense banque de données qui se trouve dans la base de Hopper. S’il on réactive Lyoko, on pourra localiser l’endroit où elle se trouve.
_ Mais y a plus d’électricité nulle part, en ville !
_ Il y a un autre moyen. Ma pile nucléaire est toujours en état de marche, mais elle n’alimente que le Supercalculateur. Il faut dériver l’énergie de la pile pour qu’elle puisse aussi alimenter le labo et les scanners pour nous puissions aller sur Lyoko.
Il se retourna soudain et tendit sa main gantée vers Odd.
_ Mais je vais avoir besoin de quelqu’un d’autre, avec moi.
Odd observa la main de XANA pendant quelques instants, puis son visage dénué d’expression par la suite. Il n’était pas sûr que rien ne sorte de cette main, en particulier une puissante décharge d’énergie, mais il devait à partir de ce moment faire abstraction de toute la méfiance qu’il avait en lui et faire confiance au pire ennemi qu’il puisse exister. C’était extrêmement risqué, mais c’était le seul moyen à sa disposition pour retrouver ses amis, et Hopper. Le blondinet avança sa min à son tour, et fait un sourire à demi crispé à XANA.
_ Ca va être un plaisir de bosser avec toi !

Gavroche
12/02/06 à 14:47
Ouch, ça va faire mal. En tout cas, l'intrigue est bien menée, c'est impressionnant de rebondissements et de complexité.
Et c'est surtout très accrocheur ! Pourvu que la suite ne tarde pas.

Tchoucky
13/02/06 à 19:19
Désinvolte, le Odd. Trop. Même pour Odd, se retrouver enfermé dans des sous sol à quelque kilomètre de l'endroit ou on a échappé à la mort il y a trois secondes et n'avoir pas d'autre choix que d'aider le pire ennemi qu'on puisse avoir, c'est beaucoup. D'ailleur, je persiste à penser que Odd n'était pas le plus intéressant à mettre dans ce rôle.
Je trouve aussi que la scène avec Frantz Hopper, et le choix de Jérémie est trop rapide. La résignation d'Ulrich, qui je suppose n'est que partie remise, vient tout de même trop facilement. Et on n'a plus de nouvelle de Yumi possédée. La tension psychologique est retombée. Chacun se trouve dans une situation claire, et sait quoi en faire. On sent que ce chapitre est un chapitre de transition, que seule les information qu'il apporte sont importante, mais tu t'es désintéressé de l'état mental de chacun, ce qui, après tout le magnifique début, est dommage.

ChaoticPesme
19/02/06 à 16:44
Chapitre VIII : Révélations


Dans le bunker de Franz hopper.
Aelita était de nouveau dans sa chambre et s’était assise au bord de son lit. Elle continuait à se poser un tas de question : Où pouvaient être ses amis ? Que lui voulait son père, dont elle avait oublié jusqu’à l’existence ? Elle ne se souvenait que de ne l’avoir brièvement rencontré dans cette étrange complexe informatique, puis de s’être réveillée à nouveau dans cette chambre. Elle regarda autour d’elle, et elle vit, avec un brin de surprise, une chose posée dans le coin du lit contre le mur : Une petite poupée de tissu qu’elle connaissait, exactement la réplique de celle qu’elle possédait déjà : Mr Pück. C’est certainement son père qui l’avait déposé ici, en même temps qu’elle. Elle la pris dans ses mains et la regarda intensément.
Comme beaucoup d’autres choses encore, elle n’arrivait pas à se remémorer le pourquoi de cette poupée. Qu’est ce que pouvais bien représenter Mr Pück, et à quelle occasion avait elle reçu cette poupée ? Un anniversaire, sans doute… Quoi qu’il en soit, c’était en ce moment la seule chose qui consolait Aelita en ce moment. Elle le serrait très fort contre elle pour se donner du courage en ces instants de doute. Elle se souvint l’avoir vu encore récemment dans ses rêves, cependant, le dernier n’était pas comme les autres. Il était plus sombre, la fin encore plus tragique que les précédents. De plus, il semblait bien que ce dernier rêve était en fait, la suite de ton les autres, comme si Mr Pück lui-même lui racontait une histoire d’horreur. Elle n’osait pas se poser la question de savoir ce que ces rêves, ou plutôt, ces cauchemars signifiaient vraiment, trop d’autres questions saturaient déjà son esprit encore embrumé.
Le regard de la jeune fille se braqua soudain vers la porte, elle était en train de s’ouvrir. Par réflexe, elle cacha immédiatement la poupée sous l’oreiller en voyant qui était dans l’entrebâillement de la porte, comme si elle avait peur d’être puni juste pour l’avoir regardé. Son père, il ne lui inspiré pas encore assez confiance… Il resta dans la lumière du couloir pendant un moment, puis il s’avança dans la chambre et vint s’asseoir à côté d’Aelita. Elle ne releva pas la tête vers lui alors qu’il lui parlait.
_ Comment tu te sens ?
Elle ne répondit pas.
_ Je suis désolé, je t’ai ramené ici lorsque l’on s’est rencontré, tu es un très gros choc.
Aelita ne savait pas encore si elle devait prendre les paroles de Franz comme une réelle compassion, ou simplement pour un faible moyen de lui faire mieux passé ce qu’il a fait. Elle osa enfin l’interroger sur ses actes, sans encore relever la tête vers lui.
_ Papa, pourquoi tout ça ? XANA, les autres… et Odd, pourquoi ?
_ Odd… Cela ne devait pas arriver, XANA n’était pas supposé intervenir dans cette histoire. Odd en a subit les conséquences… Je suis réellement désolé.
Elle esquissa un geste de la tête, mais elle se ravisa l’instant d’après. Ce n’était pas une raison suffisante pour elle, d’ailleurs, aucune explication que son père aurait pu fournir n’aurait pu justifier le fait que Odd soit mort. Elle avait envie de pleurer, pour se soulager, mais elle n’osait pas, comment son père pourrait il interpréter cela ? Mais malgré elle, quelques larmes de chagrin mêlées de colère courraient sur ses joues. Elle était tiraillée entre l’envie d’étreindre son père qu’elle avait oublié, et l’envie d’étrangler le responsable de la mort d’un de ses meilleurs amis. Franz reprit la parole, Aelita n’étant vraiment pas décidée à lui parler.
_ Aelita, pour comprendre les fois que j’ai fait, notamment celui de m’être entièrement consacré à ce lieu pendant que tu étais sur Lyoko, il faut que tu saches la vérité, il faut que tu saches ce que la visualisation sur Lyoko a effacé de ta mémoire. Mais si tu n’en as pas envie… Si tu ne me fais pas assez confiance… Je comprendrais.
Elle ignorait si c'était ses derniers mots qui avaient provoqué sa réaction, mais elle leva enfin la tête, et regarda son père droit dans les yeux, derrière ses lunettes rondes. Elle dit d’une voix triste, mais résolue :
_ Dis moi.
Franz paraissait encore un peu hésitant, ignorant encore l’impact de ce qu’il allait dire sur l’esprit de sa fille. Finalement, après un long soupir, il commença.
_ Voilà :
Il y a une 15ène d’année, une équipe de scientifiques très éminents et très en avance sur leur époque travaillaient sur un grand projet, celui de construire un monde virtuel à l’image de l’humanité, et de créer la plus puissante intelligence artificielle pour en contrôler le fonctionnement. Ce projet était financé par le gouvernement de l’époque, mais il n’a jamais était connu du grand public. On a nommé à la tête de ce projet, un homme, sa femme avait accouché peu de temps auparavant. Moi, toi et… ta mère. De l’eau coula sous les ponts, le projet avançait tranquillement, comme toi tu grandissais. Tu apprenais très vite, et comme moi, tu t’étais pris d’une passion pour les mathématiques, très jeune. Nous étions vraiment la famille la plus heureuse du monde, à cette époque… Mais un jour, seulement quelques jours après tes 6 ans, il s’est passé quelque chose de terrible, c’était le premier évènement qui déclencha tout le reste : Ta mère… Elle… Elle a eu un grave accident de voiture. Elle ne mourut pas sur le coup, mais elle tomba dans un profond coma, c’est même peut être pire que si…
Franz fit une pause intempestive, le dernier mot qu’il avait prononcé lui avait laissé échappé un sanglot. Aelita le remarqua. A partir de ce moment, elle ne cessa de fixer le visage changé d’émotion de son père, racontant ce récit qui le marquait tout autant qu’elle. Il reprit.
_ Depuis ce jour là, nous passions tous les jours, au moins quelques heures à son chevet. Toi, tu étais encore trop jeune pour bien comprendre ce qui lui arrivait, mais je ne pouvais pas, je ne pouvais pas te dire la vérité, pas tout de suite… Je me contentais de dire simplement que ta mère était très épuisée, qu’il fallait qu’elle dorme beaucoup… Mais tu n’y as pas cru longtemps. Ces visites devenaient un supplice pour nous deux, le coma n’évoluait pas, mais c’était la seule manière de garder encore un peu d’espoir, chaque fois que l’on quittait sa chambre d’hôpital. Pourtant, à ce moment, il ne fallait pas que je néglige le projet, lorsque nous étions à l’hôpital, j’envoyais mes directives au reste de l’équipe et les laissaient prendre la suite des opérations. Le soir, à la maison, parler d’autre chose que de ta mère n’était pas facile, alors nous nous efforcions de parler de ta vie à l’école, de tes progrès, et même du tout 1er petit ami que tu as eu !
Aelita et Franz se regardèrent un instant dans les yeux, ils esquissèrent un semblant de sourire à l’évocation de cette seule anecdote, mais l’homme reporta la seconde d’après son regard vers l’avant, dans le vide, reprenant une expression entre 2 sentiments.
_ Le projet aboutissait, mais les erreurs s’accumulaient à un rythme alarmant, à cause de l’absence réelle de direction. La plupart du temps, je n’étais pas là pour surveiller si le travail se déroulait bien, toi et ta mère étaient les choses les plus importantes de ma vie, et malgré mes efforts pour ne pas négliger mon vrai travail - officiellement, j’étais professeur de physique, au collège, dit t il dans sa barbe – et mon travail en secret, les deux en souffraient… Ainsi, alors qu’un prototype de programme de manipulation temporel venait d’être mit au point, le gouvernement décida de nous couper les vivres, il estimait qu’il gaspillait son argent dans les réparations des erreurs ! Il nous a tout simplement mis à la porte, du jour au lendemain, et le projet a officiellement était arrêté ! Cela faisait 7 ans, 7 ans de la vie de nombreux scientifiques réduits à néant ! Plusieurs d’entre nous ont essayé de faire pression sur le gouvernement, de les convaincre que les erreurs n’étaient que temporaires, mais ils ont tous étaient muselés… En fait, la seule chose que le gouvernement avait gaspillée, c’était nos vies, c’est une chose que je ne pardonnerais jamais.... La vieille usine fut ensuite condamnée, en attendant d’être détruite.
Franz fit une pause et regarda Aelita dans les yeux, elle n’avait apparemment pas décroché un seul instant, et buvait chacun de ses mots comme un nectar rare. Même s’il se doutait de sa réponse, il lui posa tout de même la question :
_ Tu veux que je continue ?
Elle hocha simplement la tête, trop absorbé par le récit pour pouvoir parler. Franz avait en fait également posé cette question à lui-même, faire revivre ce temps par la parole était si douloureux qu’il en avait une boule dans la gorge en permanence, mai il continua.
_ Quelques mois passèrent, et le dossier du projet de monde virtuel fut définitivement classé. Mais l’usine ne fut pas détruite, le projet fut simplement oublié. Si les anciens membres avaient su cela, ils en auraient été malades ; de savoir que ce sur quoi il avait consacré une partie de leur vie avait non seulement été abandonné, mais qu’il avait été aussi délaissé, comme un blessé que l’on fait semblant de ne pas voir… Mais… les malheurs ne s’arrêtèrent pas là : 3 jours après tes 12 ans, que nous avions « fêté » au chevet de ta mère, les médecins nous ont appelés la nuit pour nous annoncer… Pour nous dire que…
Il devait le dire, il lui avait promis la vérité, TOUTE la vérité, il devait le faire. Il prit une grande inspiration et reprit.
_ Pour nous dire que son cœur s’était arrêté de battre, alors qu’elle était sortie pendant quelques minutes de son coma… Je n’ai pas osé t’en parler, c’était trop dur à recevoir, et beaucoup trop dur à dire. Le lendemain, j’ai pris une décision : J’ai essayé de m’introduire à l’intérieur de l’usine abandonnée et j’y suis arrivé, je devais reprendre le projet, seul, pour la mémoire de ta mère ! Car c’était… C’était la chose qu’elle désirait me voir réussir ! Avec toi, cet ex projet gouvernemental était devenu ma priorité absolue. A partir de ce moment, je n’ai plus vécu que pour toi, et ce monde virtuel, Lyoko…
Mais au fond, ce programme de manipulation temporel m’intéressait encore plus, si j’avais pu le finir et le faire fonctionner, je nous aurais retransporté dans le passé, pour que tout cela n’arrive jamais… Au bout d’un moment, le but de finir de construire Lyoko s’était effacé de ma tête je ne pensais plus qu’à retourner vers le passé, cela m’obsédait au point que j’ai été jusqu’à quitter mon poste de professeur au collège. Enfin, j’ai atteint mon but. Le projet, le Supercalculateur baptisé Xanadu était terminé et prêt à être activé. Tout allait redevenir comme avant, je nous revoyais déjà ensemble, tous ensemble, c’était mon plus grand espoir… Mais le Supercalculateur avait des défauts de conception ! Le premier lancement a était le dernier ! Le moteur nucléaire du Supercalculateur surchauffait gravement, des vibrations provoquaient des secousses énormes, à tel point que l’usine a failli se disloquée, s’écrouler sur elle même ! Et toi, toi qui m’accompagnait toujours quand j’allais à l’usine, tu étais allé à la salle au dessous de la salle de contrôle qui était initialement prévu pour des exploration du monde virtuel et là…
Franz fit de nouveau une pause, il était hésitant.
_ Et là, je ne sais pas ce qui s’est passé… Je pense qu’un des scanners s’est ouvert, à cause des tremblements, tu as du tomber à l’intérieur, et tu as été virtualisée sur Lyoko. J’ai pu arrêter Xanadu, mais je me rendis compte que je t’avais perdue… J’ai essayé de reconfigurer totalement le Superordinateur, j’ai passé des jours et des nuits à travailler sur les scanners, j’ai cherché les données qui te concernaient, je n’ai… je n’ai rien trouvé… J’étais désespéré… D’abord ta mère, puis toi… Et si je vous ai perdu toutes les deux, c’était uniquement de ma faute ! Si j’avais refusé dès le départ, si j’avais incité le gouvernement à ne pas faire ce projet, rien de tout cela ne serait jamais arrivé.
Pendant les mois qui ont suivi, je me suis littéralement battu contre moi-même pour continuer à vivre, je me littéralement coupé du monde extérieur, cherchant dans les réseaux du monde entier un petit détail, une chose minuscule qui pourrait m’apporter un soupçon d’espoir. Puis, j’ai découvert l’existence de ce bunker ! Il avait été bâti par un groupe d’origine étrangère, inspiré du projet Xanadu à l’abandon, pendant que moi, je le terminais. Mais lui aussi, avait été abandonné, mais pas découvert depuis. Ce groupe voulait construire le plus puissant des ordinateurs du monde, mais qui ne soit pas une intelligence artificielle. J’ai feuilleté pendant des mois les dossiers de cet autre projet… Il était parfait ! Il n’y avait pas la moindre instabilité !
Je savais ce que je risquais, après que j’ais perdu ce que j’avais de famille et de vie, je pouvais me perdre moi-même, et au fond, c’est ce que je voulais… Je voulais que le travail qu’allait me demander ce nouveau projet m’achève, détruise ce qu’il me restait. Mais finalement, j’ai tenu le coup, j’ai continué à m’accrocher pour peut être pouvoir un jour recréer un autre système de manipulation temporel.
Des années plus tard, j’ai appris que Xanadu avait été rebranché ! Je craignais de le faire à l’époque, à cause des conséquences qu’aurait pu avoir la fission du moteur nucléaire... Mais rien ne s’était produit. Je me demandais même si je n’allais pas reprendre le système du Supercalculateur pour m’en servir et avancer plus vite ce qui était devenu MON projet, mais j’ai vu, en explorant les données de Xanadu depuis ma position… Que tu… Que tu étais vivante… Vivante, je n’osais même plus l’imaginer ! C’était même devenu impossible à moins d’un miracle ! J’étais tellement heureux à l’idée de te revoir ! Seulement, plus rien n’aurait pu être comme avant : Tu avais perdu la mémoire, tu ne te souvenais même plus de ce que « être humain » signifiait, et ta virtualisation semblait être définitive... Immédiatement après la joie, ce fut le déception, je t’avais tout de même peut être perdue pour toujours… Mais, j’ai laissé tes amis, ceux qui ont découvert le Supercalculateur - renommé XANA - et qui t’ont découverte, toi, faire ce qu’ils avaient à faire. Pour une raison qui j’ignorais, j’étais à l’abri des effets du retour dans le temps du Supercalculateur, cela m’a permis d’observer tous vos progrès ! Tout ce que tes amis ont fait pour toi a dépassé toutes mes espérances ! Je sais que pour toi, ils auraient pu donner leur vie. Alors, j’ai fini par établir mon plan selon ce que vous faisiez, et en attendant le jour où je pourrais te revoir en chair et en os, j’ai fabriqué un troyen puissant que j’ai implanté dans le cœur de XANA, jusqu’au moment où je pourrais m’en servir, pour contrôler ce que vous appeliez « le retour vers le passé ». Puis, ce jour a fini par arriver, XANA est devenu assez puissant pour que mon plan puisse enfin fonctionner.
Il fit une nouvelle pause, laissant ainsi le temps à lui-même et à Aelita de respirer. Ce qu’il allait dire ensuite était peut être encore plus terrible que tout le reste. Car tout ceci, la jeune fille l’avait définitivement oublié, mais elle portait en elle depuis peu une blessure qui n’était sans doute pas prête de se refermer.
_ Je dois t’avouer une chose, tu ne vas sans doute pas me pardonner de sitôt par ça : C’est moi qui ais aidé XANA dans sa dernière attaque, j’avais besoin « d’assistants ». Même si je pouvais le contenir, je ne voulais pas laisser XANA sans surveillance. C’est comme ça que j’ai créé les « nouveaux » spectres… Seulement, il y avait parfois des instabilités, et cela s’est ressenti deux fois : A l’usine, l’un d’eux était hors de contrôle, il a failli te tuer… J’ai dû le désactiver entièrement… Crois moi, j’ai eu le sentiment pendant ce temps que tout allait de nouveau s’écrouler…
La 2ème fois, c’était au complexe pétrochimique. J’ai du utiliser des méthodes qui m’ont dégoûté de moi-même pour empêcher Jérémie d’accéder à mes données, et j’ai perdu après pendant un moment le contrôle du spectre à l’intérieur du corps de ton amie Yumi… C’est moi le responsable de ce qui est arrivé à Odd, ce n’était pas l’intervention de XANA. Je n’ai pas pu faire autrement que de jouer en permanence avec le feu, et c’est Odd que j’ai brûlé… C’est de ma faute…
Franz se sentait soudain envahit par un sentiment irrésistible de culpabilité, tandis qu’Aelita tentait de digérer tout ce qu’il venait de lui être raconté. Elle ne savait pas quoi en penser, toute une partie de sa vie effacée de sa mémoire à cause de toutes ses années d’isolement sur Lyoko. Franz avait encore la force de parler, mais sur un ton larmoyant.
_ Si tu ne veux pas me pardonner, si tu me hais maintenant que je t’ai raconté tout cela, je comprendrais très bien. J’arrêterais mon projet, j’arrêterais même toute cette histoire si tu le voulais…
Aelita se recroquevilla sur elle et s’appuya contre le mur, elle posa sa tête sur ses genoux. Elle aurait cru qu’après cela, il lui serait revenu des souvenirs, un flash, n’importe quoi comme lorsqu’elle a revu son père la première fois, mais rien, rien ne lui revenait…
_ Papa, dit elle d’une voix à peine audible, tu ne m’as pas répondu, pourquoi tu as fait tout ça ?
Franz baissa la tête. Est-ce qu’elle le haïssais ? Elle faisait comme si tout ce qu’il venait de lui raconter n’avait pas atteint ses oreilles, c’était en définitive peut être à ce moment, qu’il l’avait perdue pour toujours.
_ Mon projet a toujours était le même, il l’est encore maintenant : Revenir dans le passé, le modifier pour que tout ce que nous avons vécu ne soit jamais arrivé.
_ « Tout ce qu’on a vécu », ça comprend aussi mes amis… Et Jérémie ?
Franz se rapprocha de sa fille, il l’entoura d’un bras rassurant. Contrairement à ce qu’il pensait, Aelita ne le repoussa pas, mais elle n’accueillit pas non plus ce geste comme un geste d’affection, elle avait encore trop de doutes.
_ C’est pour ça que, dès que j’ai su que tu étais vivante, je voulais t’avoir près de moi, pour savoir si je devais, s’il fallait que mon projet aille à son terme… Ma chérie, j’ai une grave question à te poser.
Il changea de position et se à genoux sur le lit, face à elle, toujours recroquevillée.
_ Est-ce que tu veux revenir en arrière ? Est-ce que tu veux revenir à l’époque où nous étions tous heureux, où nous formions une vraie famille ?
Elle se recroquevilla encore plus, elle réfléchit. Connaître une mère dont elle n’avait plus aucun souvenir, mener une vie normale sans avoir tout les jours à ce demander dans ses rêves si la fin du monde ne va pas survenir parce que XANA l’aura voulu ? De son côté-là, dans sa tête, le choix était clair. Mais de l’autre… Oublier… oublier une nouvelle fois ce qu’elle avait construit de sa nouvelle vie, oublier les espoirs, les joies, les peines qu’elle avait vécu. Et surtout ses amis… et Jérémie. C’était encore impossible.
_ Papa… Oui, je le veux.
_ Tu en es absolument sûre ?
_ … Oui, j’en suis sûre.
_ D’accord.
L’homme se releva enfin, il se dirigea lentement vers la porte.
_ Papa !
Franz se retourna brusquement.
_ Oui ma chérie ?
_ Mes amis, et Jérémie, où sont ils ?
_ Ils sont tous ici, dans la base. Tu veux les voir ?
_ … Non, j’ai envie de rester seule.
Franz hésita un instant, puis il se dirigea de nouveau vers la porte. Avant de sortir, il dit :
_ Si tu as besoin de quoi que ce soit, ou si tu veux voir tes amis malgré tout, vient me trouver au Dôme.
Il allait refermer la porte, lorsque Aelita intervint à nouveau.
_ Papa !
_ Oui ?
_ Comment… Comment s’appelait maman ?
_ Olga, elle s’appelait Olga.
Le scientifique poussait un très long soupir, puis il sortit enfin.
Pourquoi Aelita avait elle si brusquement donné une réponse, alors qu’en fait, rien n’était mois sûr ? Elle avait à choisir entre ses amis et sa famille, le plus cruel dilemme qui lui avait jamais été donné d’affronter. Qu’allait elle bien pouvoir décider, s’il était possible de le faire ?

Au labo de l’usine.
XANA tapait frénétiquement sur le clavier du Superordinateur depuis déjà 2 heures, grâce à l’énergie que lui fournissait la pile nucléaire du Supercalculateur. Derrière lui, Odd faisait les 100 pas. 2 heures qu’il essayait de reprendre le contact Lyoko, sans grand succès. Mais enfin, il obtint un résultat : un signal, faible, mais ce fut la preuve que l’univers virtuel n’avait pas subi de dommages graves. Odd se positionna derrière le siège alors que XANA effectua un scanner des Territoires. Celui repéra un Tour… mais il était impossible dans connaître la localisation. Le blondinet remarqua cependant un détail, sur cette bâtisse : D’après l’écran de l’ordinateur, elle semblait être entourée par un halo blanc… Hopper, c’était lui, il n’y avait aucun doute. Ils venaient peut être de trouver le chemin qui allait les conduire à lui…

Gavroche
19/02/06 à 17:59
Arg, ça s'corse.
Bravo pour cette histoire, elle est géniale, tu mets un suspense pas possible... Vivement le prochain chapitre.

Tchoucky
19/02/06 à 19:24
Chapitre émotion. Et tu es mal à l'aise. Tu ne t'en sors pas si mal, mais tu es mal à l'aise, ça se sent. Les émotions d'Aelita, d'Hopper, sont des choses qu'il t'est difficile d'exprimer. Tu fais des fautes de grammaire typiques, mettant du passé simple pour décrire un état d'esprit, comme si tu voulais que les pensées soit des actions ponctuelles, et non prolongée dans le temps et graduelles, comme les émotions (j'ai corrigé tout en lisant, désolée^^). Tu as pris la peine de réfléchir pour te demander dans quel état cette scène peut plonger Aelita et son père, mais tu ne sais pas très bien, ensuite, comment décrire, exprimer, utiliser ces émotions, comment en jouer pour toucher le lecteur. Tu fais de ton mieux, et après un effort louable, l'émotion passe. Mais on sent tout de même ce que ça te coûte. Ton malaise se devine.

ChaoticPesme
24/02/06 à 18:04
Chapitre IX : Le chemin de la Tour



Les deux garçons se dirigèrent vers les échelons métalliques dans le fond de la salle et les descendirent. Odd repensait à ce que XANA lui avait dit : Leur transfert sur Lyoko par l’intermédiaire des scanners allait coûter beaucoup d’énergie à la pile nucléaire, et le temps que celle-ci soit à nouveau en état de fonctionner, il allait peut être se passer un long moment… Un très long moment. De plus, ce moyen de virtualisation constituait une porte d’entrée de secours vers Lyoko, mais pas une porte de sortie. Si jamais ils devaient être dévirtualisés pendant leur exploration de Lyoko, cela serait certainement définitif. C’était un énorme risque à prendre pour Odd, et il savait qu’il risquait vraiment cette fois, de ne pas en revenir, car il n’était pas sûr une fois à la Tour, s’ils y arrivaient, de pouvoir trouver un moyen pour revenir sur Terre. Mais il n’avait pas le choix. Même avec XANA comme compagnon de voyage, il devait essayer, tenter l’impossible pour retrouver ses amis, faire tout ce dont il avait le pouvoir pour les aider ! Hopper ne devait pas avoir prévu que lui et XANA pourrait se sortir de ce terrible feu d’Enfer à l’entrepôt, il fallait en profiter, de cette situation, à n’importe quel prix…
Au dessous du labo régnait un épaisse obscurité que seule la lumière que dégageaient les sarcophages dorés arrivait à percer. Le cœur de Odd battait à tout rompre tandis qu’il regardait avec intensité le scanner dans lequel il allait entrer, comme s’il dévisageait un adversaire faisant 3 fois sa taille. Les portes s’ouvrirent, le rythme cardiaque du blondinet atteignit un seuil critique. C’était la toute première fois qu'il allait entrer dans une de ses énormes capsules, et il n’était pas sur de pouvoir en ressortir. Sa respiration était rapide mais saccadée, son corps ne voulait plus du tout bouger, lorsqu’une voix s’éleva :
_ Allons y, on a assez perdu de temps.
XANA dirigea un regard mauvais vers Odd puis entra, les portes de son scanners se refermèrent derrière lui. Pendant un instant, le blondinet fut soulagé de cette intervention. Il se dit en lui-même :
« Ouf ! Ca aurait été trop bête d’avoir une crise cardiaque maintenant ! Allez mon vieux, on se reprend… T’as juste à mettre un pied devant l’autre… »
Avec une extrême lenteur, il posa un pied à l’intérieur du sarcophage, puis l’autre, puis il vit les portes se refermer. Pendant une minute qui parut une éternité, il sentit léger, hors du temps et de l’espace, traversant un long couloir à une vitesse faramineuse, au bout duquel il ne savait pas ce qu’il y avait…
Il se réveilla, légèrement engourdi. La première chose qu’il remarqua fut une longue rangée d’arbres très fins, puis en baissant le regard, de la verdure couvrant de très étroits chemins. Lyoko. La virtualisation avait bien était incertaine, au point qu’ils ne savaient pas à l’avance dans quel Territoire lui et XANA allaient atterrir, mais elle avait réussie, et les avait transportés dans le Territoire de la Forêt.
Il n’y avait pour le moment aucun monstre en vue, mais le Lyokoguerrier félin entendit soudain d’étranges bruits métalliques derrière lui. Il fit un bond en avant et un demi tour sur lui-même dans l’es airs, tout en chargeant quelques unes de ses flèches laser. Au sol et en position de tir, il fit face à une 20ène de mètre de lui à un Kankrelat, d’apparence tout à fait banal. Odd l’avait en plein dans sa ligne de mire, pourtant, il hésitait à tirer, le monstre bougeant à peine ne présentait pas le moindre signe d’agressivité. Au risque d’être touché, il se releva de sa position et s’avança vers la bestiole virtuelle, tout en la maintenant en joue. Celle-ci ne chercha même pas à tirer. Le félin baissa ça garde, puis il l’examina attentivement, il dit ensuite, d’une manière encore peu convaincue :
_ XANA ?
La bestiole numérique fit bougé son cœur de haut en bas, comme pour répondre affirmativement. Odd se retint à ce moment de laisser échapper un fou rire face à l’incongruité de la situation.
« Ah la honte ! XANA sur Lyoko est juste un bête Kankrelat ! Si les autres pouvaient voir ç… »
Les autres… Repensant soudain à ses amis sans doute en danger, le sourire qu’il avait aux lèvres s’effaça. Il ne devait pas perdre de temps à rire. Il fit se retourna en avançant et fit un signe derrière lui au Kankrelat pour lui dire de le suivre, mais il s’aperçut que celui-ci était déjà en train de prendre la tête avec quelques mètres d’avance. Il n’y avait aucune pulsation visible ni audible, pourtant XANA semblait savoir parfaitement où il se dirigeait… Après, Lyoko était son domaine, peut être qu’à présent qu’il y était lui-même, savait il où la Tour devait se trouver…
Pendant les premiers temps de leur exploration, tout semblait calme, cependant, des monstres apparaissaient anarchiquement au dessus de la Mer Numérique, dévirtualisés en quelques secondes le temps d’y plonger. Voyant cela, Odd jeta un regard inquiet au Kankrelat XANA, il pensa dès lors qu’il fallait absolument veiller à ce qui ne lui arrive rien, car s’il venait à tomber lui aussi dans la Mer Numérique, il ne donnerait pas cher de ses derniers espoirs de retrouver ses mais…
Ce dernier ne pouvait pas courir comme lui, pourtant, il fallait que ce soit lui qui continue à mener leur marche, de plus leur route vers cette Tour blanche n’allait sûrement pas rester aussi tranquille longtemps, elle risquait d’être pénible…

Elle ouvrit les yeux, mais ne vit au 1er abord que la pénombre. Sa tête était aussi lourde qu’une enclume, comme si elle avait dormi pendant plusieurs jours d’affilé. Allongée sur le côté et sur le sol froid, elle vit un fin filet de lumière au raz du sol. Elle commençait à pouvoir bouger ses muscles engourdis lorsqu’elle entendit une voix familière lui parler …
_ Yumi, tu m’entends ? Yumi, dis moi quelque chose !
Cette voix résonnait dans sa tête comme un écho venait de très loin. Instinctivement, elle tourna nerveusement la tête, elle vit alors un visage encore trouble et à moitié dans l’ombre penché au dessus d’elle. Une main se mit à s’agiter devant son visage.
_ Yumi ! Hé ho ! Tu m’entends ? répétait la voix
Il lui fallut un immense effort pour arriver à extirper quelques mots du fond de sa gorge.
_ Ul… Ulrich, c’est toi ? dit elle faiblement
_ Yumi, enfin ! Tu m’as fait une de ces peurs ! J’ai cru que tu me reconnaissais pas !
Le jeune homme aida son amie à se redresser, la soutenant par l’arrière de sa tête. Elle se sentait faible, très faible, vidée de toute son énergie dont elle débordait d’habitude.
_ Qu’est ce que… Où est ce qu’on est ?
_ On est enfermé… Dans le bunker de Franz Hopper. Répondit sèchement Ulrich
_ Ho… Hopper ? répéta Yumi, ne comprenant pas encore la gravité de la situation
_ C’est lui… C’est lui qui est derrière tout ça.
Toujours soutenue par les bras rassurants d’Ulrich, elle porta sa main à son front pour essayer d’atténuer une migraine lancinante, mais en vain. Ulrich pensait que s’il devait avouer certaines choses à son amour secret, c’était le moment. De lui dire des choses qu’il n’osait pas dire de peur de briser leur amitié, parce qu’à présent, il ne savait pas ce qu’ils allaient devenir… Mais il fallait d’abord lui parler d’autres choses, de ce qu’il s’était passé durant ces très longues dernières heures. Il avait le cœur serré de devoir lui poser certaines questions qui n’allait certainement pas lui faire de bien, mais il fallait le faire maintenant, pendant qu’elle émergeait encore de son sommeil forcé à l’intérieur d’elle-même… Il fallait qu’elle sache certaines choses, mais il ne pouvait pas tout lui dire tout de suite, c’était impossible. Il devait passer au compte goutte ce qu’il avait à raconter.
_ Yumi, de quoi tu te souviens ?
Elle porta de nouveau ces mains à sa tête, rien que de devoir utiliser son cerveau pour se rappeler d’évènement passés la faisait souffrir. Cependant, elle raconta :
_ Je… Je ne sais plus… Attends ! Sissi… Je me souviens du collège et de Sissi… J’étais rentrée dans sa chambre et je n’avais rien trouvé… Ou plutôt… si. Mais j’ai pas su ce que c’était… Ensuite, ensuite… Je me souviens plus, plus rien après ça…
C’était bien ce dont Ulrich se doutait : le parasite qui l’avait possédée avait utilisé sa personnalité pour s’exprimer à sa place et se faire passer pour elle. Sa haine contre Hopper ne faisait que se renforcer à l’écoute de son amie, il voulait l’étrangler, le tuer de ces mains même pour s’être servi sans aucun scrupule de celle qu’il aimait… Elle reprit.
_ Dis moi, qu’est ce qui m’est arrivé tout ce temps ?
Il fallait désormais que le jeune garçon fasse extrêmement attention à ce qu’il allait dire et à la manière dont il allait répondre à toutes les questions qui saturait certainement l’esprit de Yumi. Elle n’était pas du genre à être traumatisée facilement, du moins, c’est le caractère qu’elle affichait, mais un certain évènement n’allait certainement pas passer de sitôt… Ulrich prit une grande inspiration, puis le commença.
_ Tu as été… possédée par un spectre contrôlé par Hopper… Ca a du commencer depuis que tu es revenu de la chambre où était Sissi. Jérémie avait trouvé au complexe pétrochimique un point de relais du plan de Hopper et on y est allé… On l’a trouvé dans un entrepôt, et là… On a été piégé, il a su qu’on était là…
Yumi resta silencieuse dépend une bonne minute, essayant de se souvenir de ce dont Ulrich parlait, mais il n’y avait rien à faire, ce passage avait été gommé de sa mémoire… Mais qu’est ce que Hopper avait bien pu l’obliger à faire ? Et comment se faisait il…
_ Pourquoi… Est-ce que le spectre n’est plus en moi ?! A l’usine, pourtant…
_ Oui, je sais… Mais je sais pas ce qui a pu se passer, on t’a amené ici alors que je dormais…
Ulrich sentait qu’il s’avançait de plus en plus en terrain glissant, il se rendit compte qu’il ne pourrait définitivement pas l’éviter, Yumi commençant à vraiment reprendre conscience.
_ Et les autres, où ils sont ?
_ Jérémie… Je l’ai vu. Aelita doit être là aussi.
Elle nota chez Ulrich l’étrange ton, agressif, presque méprisant, lorsqu’il avait évoqué Jérémie, mais ce n’était pas cela qui l’inquiétait le plus. Pourquoi ne disait il rien sur Odd ? Est-ce qu’ils s’étaient disputés alors qu’elle était sous contrôle ?
_ Et Odd ?
Ulrich se couvrit soudain d’une épais voile de silence, il paraissait aussi très fortement gêné. Pourtant, la japonaise insista.
_ Tu sais où il est ?
Le jeune homme faillit ouvrir la bouche, mais il se ravisa aussitôt. Ce traitement du silence commençait à vraiment inquiéter Yumi.
_ Ulrich, il est rien arrivé à Odd, hein ?
_ Yumi… Je… Tu… bégaya-t-il
_ Il a disparut ?! S’il te plait ! Dis moi ! Qu’est ce qu’il lui est arrivé !
Ulrich en avait des frissons. Il ne voulait pas, il ne pouvait pas, pourtant, il s’était promis de lui raconter ce qu’elle désirait savoir… Cela s’échappa de sa bouche.
_ Il… Il est mort…
Yumi poussa un cri de terreur. Non, pourquoi, pourquoi s’était arrivé !? Lui qui arrivait toujours à se sortir des pires situations sur Terre ! Comment cela avait il puis se produire ?!
A partir de ce moment, Ulrich décida de prendre les devants et lui raconta ce qu’il s’était passé par la suite dans le bunker, y compris ce qu’il considérait comme une trahison de la part de Jérémie… non ! Elle ne voulut pas y croire ! Dès l’instant où elle avait su qu’elle avait été possédée, elle s’était préparée à apprendre qu’elle avait vécu, et peut être même commis des choses répréhensibles… Mais rien ne l’avait préparé à des choses aussi affreuses ! Un sentiment effroyable de culpabilité l’envahissait, comme une noyée avalée par la furie de la mer.
Elle se leva brusquement, mais chancelante, et alla s’adosser contre un mur, écrasée par ce sentiment de ne rien avoir fait, et de ne rien avoir pu faire. Ulrich, toujours assis par terre, interrompit son récit, pestant contre lui-même de devoir être celui qui doive lui raconter une telle horreur. Elle le regarda intensément. Elle sentait qu’il lui cachait encore quelque chose, elle ne lui disait pas tout. Son visage avait beau être fermé, elle voyait que tout son être se retenait d’imploser, pour être sûr que ce qu’il retenait resterait non dit. C’était peut être mieux ainsi… Yumi ne voulut pas aller plus loin, elle en avait déjà trop entendu ! Bien assez de malheurs et de désastres lui étaient parvenus jusqu’au oreilles en peu de temps ! Elle se serait creusée sa propre tombe pour s’enterrer elle-même, oublier tout ce qu’elle avait appris, oublier la mort… S’il n’y avait eu personne avec elle. Mais Ulrich était là… Elle s’était promis bien auparavant de ne jamais se reposer sur lui, de ne jamais se laisser abattre et qu’il devienne la seule personne sur laquelle elle pouvait encore s’appuyer… mais cette fois, c’était réellement trop fort, trop dur à supporter ! Elle se rapprocha d’Ulrich, et elle s’écroula dans ses bras. Elle le serrait très fort et enfonçait sa tête dans sa poitrine. Lui, après avoir hésité devant cette réaction soudaine, posa délicatement sa main dans ses cheveux noirs. Elle ne pleurait pas, ses yeux étaient saturés, fatigués, elle aurait eu trop de choses à pleurer en une seule fois.
Dans le couloir, un garçon à lunettes s’éloigna de la porte. Il était resté à côté tout le long de leur discution et l’avait écoutée en intégralité. C’est vrai, il était peut être devenu un traître envers eux, mais la mort de leur compagnon l’effectuait tout autant… Ils se disputaient souvent, allant même parfois jusqu’à se traiter de tous les noms, mais ils s’aimaient tout deux comme les amis très proches qu’ils étaient. Quand il y repensait, c’était peut être aussi pour cela qu’il avait décidé d’aider Hopper, pour oublier ses disputes, ces colères… Et tout ce qui s’y rapportait… Il continua ensuite sa route vers le Dôme.

Dans le Territoire de la forêt, Odd, guidé par le Kankrelat XANA, avançaient d’un pas lent au travers de la verdure virtuelle. Au loin, on entendait des tirs désordonnés. Comme rien ne pouvait plus pénétrer sur Lyoko, le félin pensait que cela devait être des monstres qui se prenaient pour cible entre eux. Il observait XANA avancer devant lui et de temps en temps, jetait un coup d’œil en direction de la Mer Numérique, regardant avec dédain les créatures virtuelle se matérialiser, puis tomber l’instant d’après dans le vide. Soudain, le Kankrelat s’arrêta, puis on entendit un sifflement. Odd s’arrêta également et regarda autour de lui. Il mit son poing en avant, près à tirer au moindre signe de vie, mais il n’y avait toujours rien en vue. Le sifflement gagnait en intensité, comme si quelque chose se rapprochait à grande vitesse. Odd remarqua alors qu’une ombre était rapidement en train de s’élargir au dessus du Kankrelat. Il leva les yeux vers le ciel jaunâtre et réagit l’instant d’après : Il se précipita sur XANA et bondit pour le saisir à deux mains. Quelques secondes plus tard, un Mégatank s’abattit à cet endroit même dans une violente onde de choc accompagnée d’un nuage de poussière. Après avoir fait un roulage pour sauver son guide de Lyoko de l’écrasement, Odd se releva aussitôt, juste à temps pour éviter le 1er faisceau rouge que il envoya la boule dès qu’elle fut remise du choc. Odd se mit à courir vers un grand arbre, bien plus large que les autres et s’y cache derrière, le Kankrelat toujours dans les bras. Un autre tir secoua grandement le tronc d’arbre, il faisant dire que cet abri n’allait pas les protéger bien longtemps.
« Là mon vieux Odd, c’est le moment d’avoir une idée de génie ! »
XANA s’agitait dans se bras, voulant descendre de force, mais le guerrier félin continuait de le tenir fermement. Il ne voulait prendre aucun risque, il avait trop besoin de lui… D’ailleurs, il n’osait pas pour cela attaquer le Mégatank de front. Il risquerait sa vie à la moindre blessure et il n’avait pas d’opérateur pour recharger ses flèches laser s’il venait à en manquer. Odd s’appuya dos contre l’arbre et jeta un regard autour de lui, cherchant une solution simple et rapide : Revenir en arrière était impossible, l’arbre était au bord de leur plaque, et les plateformes aux alentours trop éloignés pour qu’il puisse y sauter sans être dangereusement à découvert… Il devait réfléchir et trouver très vite une échappatoire, ou ils seraient perdus tous les deux…
Alors que le Kankrelat continuait de se débattre dans les bras du blondinet, comme un bébé mécontent, un autre tir du Mégatank vint frapper à nouveau l’arbre qui commençait à craquer, surprenant du même coup Odd qui en lâcha XANA. Libéré, celui se rapprocha d’un bord de la plateforme et se tourna vers le félin. Celui-ci s’avança à peine, se demandant ce qu’il comptait faire, quand la petite créature sauta dans le vide !
Effaré, il se précipita au point de chute pour le rattraper, mais il n’y vit qu’un voile de brume. Il se calma en l’espace d’un instant, puis il se dit que XANA n’avait vraiment aucun intérêt à se donner la mort sur Lyoko… C’était qu’il devait avoir une raison d’avoir fait ça ! Mais alors qu’il hésitait encore à le suivre, une chose précipita sa décision : L’arbre numérique éclata en millions de pixels, le faisceau rouge se dirigeant maintenant droit vers lui ! Il eut tout juste le temps d’avoir le réflexe de sauter par-dessus bord avant que la dangereuse attaque ne lui fasse perdre ses précieux point de vie.
La chute dans la brume parut durer éternellement, au point qu’il essaya de se rattraper à toute sorte d’étranges éléments flottants qui passaient à sa portée, mais ils se brisèrent dès qu’il essayait de ralentir sa chute en posant la main dessus. Il se heurta violemment à plusieurs rochers volants qui éclatèrent sous l’effet du choc engendré par la vitesse. Enfin, il finis par toucher le sol, de la manière la plus dure possible. Animé par sa seule volonté, il se releva aussitôt, marchant nonchalamment sur quelques mètres, puis il s’écroula de nouveau…

vaan^^antechrist
24/02/06 à 18:20
bravo un chapitre bien sympathique avec ce XANA-kancrelat ! étonnant ! je trouve que tu a bien décris les sentiments de yumi, son choc, quand elle a appris ce qu' "elle" a fait. seul bémol : et aelita ?...

prèt pour la suite !

Gavroche
24/02/06 à 18:35
Beau chapitre.
C'est bien gentil de vouloir masquer le problème avec les déboires de chaque personnage, que ce soit Odd et son compagnon pour le moins ridicule, que ce soit Ulrich et surtout Yumi qui se lamentent encore sur cette catastrophe que l'on sait exagérée ou encore Jérémie qui écoute avec tristesse Ulrich le traiter de tous les noms, mais la tension est là, le problème reste : Que va décider Aelita ? Très bon choix donc pour cette suite qui fait durer le suspense.

Tchoucky
24/02/06 à 19:06
Ah, que je l'attendait, cette scène où Yumi reprends ses esprits.. Et je ne suis pas déçue. Magnifique, vrai, sincère... Mais malheureusement interrompu. J'espère que Yumi ne va pas se rééffacer de l'intrigue après ça, c'est trop bête de ne pas continuer à exploiter cette fibre dramatique, la culpabilité.
La scène de Odd sur Lyoko est appocalyptique. Même le gag du Kankrelas ne détends pas l'athmosphère. Sublime.Vraiment sublime.
(Y a quelques fautes de grammaire) Et dire que ce n'est que le chapitre 9...

ChaoticPesme
05/03/06 à 11:52
Un peu plus court


Chapitre X : Dans les profondeurs



Il était mort. Il était déjà supposé l’être auparavant, mais là, il était réellement mort ; du moins, c’est ce qu’il voulait croire. Quand il rouvrit les yeux, il ne vit que du brouillard, épais, et gris.
« Alors là c’est clair, je suis mort ! » pensa t il encore
Il entendit alors s’approcher de lui des bruits métalliques aigus, très rapprochés les uns des autres. Une créature émergea lentement de cette purée de poix : Un Kankrelat. Odd pointa son bras vers lui, mais sans grande conviction. Cependant, la créature ne bougeait pas, s’agissait il de XANA, ou d’une hallucination crée par son esprit, de la vie avant sa mort… S’il s’agissait bien de lui, c’est qu’il avait survécu à sa longue et périlleuse chute. Il Reprit peu à peu conscience, il était bien vivant. Il abaissa sa garde. La créature secoua son corps de bas en haut et commença déjà à s’éloigner au travers du brouillard, Odd se mit à le suivre. Alors c’était vrai, XANA n’avait pas sauté dans le vide numérique en désespoir de cause, il y avait bien quelque chose en dessous, il le savait. Mais une question trottait dans la tête du blondinet : OU l’avait il emmené ? Il distinguait à pas le Kankrelat qui ne se trouvait pourtant qu’à quelques mètres de lui, et au fur et à mesure qu’ils avançaient, ce brouillard opaque ne désépaississait pas. Pourtant, il n’avait pas l’impression d’être en plein air, mais comme enfermé dans une grande pièce, pour preuve, il passa tout près d’un mur étrange, lisse et bleuté. Il l’effleura des pendant quelques instants du bout des doigts.
« Ca ressemble au 5ème Territoire… Y a doit une sortie ! »
En jetant un regard à tout hasard autour de lui, il s’aperçut que le Kankrelat n’était déjà presque plus visible, il se précipita alors vers lui pour ne pas être perdu. Soudain, la créature disparut, purement et simplement de la vue du blondinet virtuel. Paniqué, il agita les bras dans le brouillard essayant de le retrouver, mais rien n’y fit. Une lumière blanche, perçant la brume se rapprocha de lui, à tel point qu’il en fut aveuglé. Un énorme bruit sourd, comme un train passant à grande vitesse se fit entendre. Lorsque Odd rouvrit les yeux, il était à présent dans une espace dégagé : Une gigantesque salle, carrée et bleutée. Partout dans l’air flottaient des blocs rectangulaires, un lourd bruit, comme un battement de cœur, semblait provenir des tréfonds de l’abîme qui s’étendait au dessous de la plateforme sur laquelle Odd se tenait. De cette étrange salle se dégageait quelque chose d’indescriptible, une sensation encore jamais éprouvée sur Lyoko, elle emplissait à la fois le blondinet d’un étrange malaise, et d’une peur dont il ne savait rien…
A ses pieds, le Kankrelat. Il semblait bien qu’il l’attendait. Ils se trouvaient sur une petite plateforme de seulement quelques mètres de surface. Devant eux, s’étendait un étroit pont, long d’au moins 300 mètres, menant à une petite alcôve dans un des 4 immenses murs bleus et lisses qui formaient la salle. Il n’y avait cependant pas l’air d’y avoir un quelconque passage au bout, mais c’était le seul chemin qu’il pouvait emprunter. Le Kankrelat se retourna et commença à s’avancer sur le pont, Odd le suivit de près.
Tout en marchant, il regardait avec une certaine fascination les alentours et se surpris même à être émerveillé par la totalité du décor ambiant, au point qu’il se rapprochait imprudemment du bord en pensant qu’il pourrait mieux observer. Il n’avait jamais auparavant pu prendre le temps d’admirer le 5ème Territoire sous cet angle, pourtant, il y avait déjà plongé un nombre incalculable de fois. Mais, c’était la toute première fois qu’il pouvait prendre le temps de faire vagabonder son regard sur l’étrange beauté de ce décor impossible, sans avoir dans la tête un chronomètre de 3 minutes. Les couleurs unies de l’immense salle étaient enchanteresses, faisant voguer l’esprit du Lyokoguerrier félin entre admiration et inconscience, il ne regardait même presque plus devant lui. Mais soudain, un bruit ramena Odd à la réalité, il s’arrêta alors que XANA se retournait vers lui. Il ne comprit pas tout de suite ce qu’il se passait, jusqu’à ce que la fragile passerelle se mette à trembler. Il porta son regard derrière lui et vit qu’elle était en train de lentement se désintégrer à partir de la plateforme qu’ils avaient quittés !
Odd réagit aussi vite qu’il put, prit à nouveau le Kankrelat sous son bras et fonça vers leur seule échappatoire. Ils avaient déjà parcouru près de la moitié de la distance et avaient une marge de sécurité avant que la catastrophe ne les rattrape. Mais au bout de quelque seconde de course, un obstacle se dressa devant eux : Deux Rampants apparurent de dessous le pont et se postèrent en travers de leur route. Surpris, Odd s’arrêta net. Les créatures hideuses s’apprêtèrent déjà à ouvrir le feu sur lui ! Il jeta un rapide coup d’œil en arrière : la désintégration s’accélérait et se rapprochait dangereusement, l’avance qu’ils avaient sur elle se réduisait à vue d’œil. Il pensa rapidement à un plan… Il ne savait pas combien il lui restait de points de vie après sa chute vertigineuse, il n’avait donc pas droit à l’erreur.
Les Rampants étaient à une 10ène de mètres de lui et ne semblaient pas vouloir bouger, leur gueule grande ouverte dévoilait un point rouge qui se mit rapidement à grandir, il n’y avait plus qu’une petite seconde avant qu’ils ne tirent…
_ Flèche laser !
Odd courut vers ses ennemis tout en tirant en rafales l’intégralité de ses munitions, alternant entre les deux monstres. Ses armes ne touchèrent pas au but mais rencontrèrent les tirs des monstres, les annulant instantanément. Quand il ne fut plus qu’à 1 mètre d’eux, il exécuta, avec la grâce d’un athlète, un saut périlleux par-dessus les Rampants qui tentèrent de l’abattre en vol. Il retomba parfaitement sur ses pieds en continuant sa course pour sa survie vers l’alcôve au bout du pont. Les créatures ne purent le suivre que quelques secondes avant de sombrer dans l’abîme, trop lents pour échapper à leur sombre destin. Le félin et XANA n’étaient alors plus qu’à une 50ène de mètres de leur but, quand le premier fut touché dans le dos par une dernière salve tirée par l’un des deux monstres juste avant de sombrer. Odd tomba en avant et en lâchant du même coup le Kankrelat qu’il tenait sous le bras, celui roula sur quelques mètres. La désintégration se poursuivait toujours et n’était maintenant plus très loin. XANA se redressa rapidement sur ses 4 pattes et, sans attendre Odd, s’en alla vers l’autre côté du pont qu’il atteint sans problème.
Odd se releva en grimaçant, ressentant très durement la perte de ses points de vie. C’étaient sans doute les derniers qui lui restaient, mais il ne pouvait plus courir pour les sauvegarder. Il marcha en se forçant vers son salut, alors que le vide le talonnait presque. C’est alors qu’il vit de loin, l’œil rougeoyant du Kankrelat s’illuminer, encore et encore… il allait tirer, et cette fois, Odd dut se rendre à l’évidence qu’il était bien trop faible pour l’éviter.
Alors cette histoire allait s’arrêter là ? XANA l’avait emmené simplement ici pour le tuer, pour se débarrasser de lui une fois qu’il n’en aurait plus besoin ? C’était trop fort ! Comment avait il pu songer un seul instant qu’il aurait pu l’aider à rejoindre ses amis sur Terre ?! Comment avait il pu lui accorder ne serait ce qu’un fragment de sa confiance ?! La rage du désespoir et de la trahison l’envahissait, le poussant même à avancer plus vite pour aller déboulonner le Kankrelat à la main ! Mais il savait bien qu’il ne pourrait pas… Animé par sa colère, il continua malgré tout d’avancer. Pendant que XANA concentrait son énergie, le blondinet leva son bras tremblant en avant vers le petit monstre pour tenter de la viser, mais il eut à peine le temps d’ajuster son tir que le laser mortel de son ennemi était déjà parti ! Pendant une fraction de seconde, Odd ferma les yeux… Le faisceau rougeoyant passa à quelques centimètres de sa tête, et atteignit en fait ce qui se trouvait derrière lui : Un Rampant, dont un gémissement affreux sortit de sa gueule, alors qu’il s’apprêtait sans doute à tirer lui aussi ! Odd n’était alors plus qu’à quelques pas de son but tandis que la créature gluante se remettait de l’impact, mais le Kankrelat fut le plus rapide et tira une seconde salve qui ne tua pas le monstre, mais le retint suffisamment longtemps sur place pour que le vide l’engloutisse définitivement.
Ainsi, après avoir mis seulement un pied dans l’alcôve carrée, Odd s’écroula, épuisé. Il regarda vaguement le Kankrelat qui était juste à la hauteur de sa tête. Il n’arrivait toujours pas à le croire, c’était bien XANA qui venait de le sauver… Une 2ème fois, alors qu’il pensait bien qu’il allait l’achever. Un sentiment bizarre l’envahit alors. Dans d’autres circonstances, si XANA avait était à sa place, il n’aurait sans doute pas réagit de la même manière. Il se demandait vraiment comment cela était possible… Après tout, peut être que XANA n’était pas si dénué de sentiments que cela… Ou alors, était ce son instinct de survie qui lui dictait cette conduite si inhabituelle… Odd se surpris alors à sourire face à l’œil numérique froid, mais rouge du Kankrelat. Puis, celui-ci se dirigea au fond de l’alcôve. Le mur se fendit en deux et s’ouvrit littéralement à son approche. Il dévoila ainsi un autre mur bleu qui s’ouvrit de la même manière que le précédent, suivit par 6 autres qui formèrent ainsi un petit couloir long de quelques mètres. Odd se releva pour suivre son guide dans ce passage nouvellement créé, toujours aussi mal en point. Ce couloir aboutit à une petit plateforme bleue, enfermée dans une espèce de cage formée de câbles entrelacés les uns dans les autres. Odd regarda au travers : L’extérieur était gigantesque, gigantesque de vide… Au loin, il apercevait une immense sphère par laquelle sortaient plusieurs tunnels cylindriques. Ainsi, c’était d’habitude par là que l’on entrait dans le 5ème Territoire, jamais il n’aurait imaginé que celui-ci était en fait si grand… La sphère n’en représentait en fait qu’une toute petite partie.
Odd continuait cependant de se poser une question :
« Ou on est sensé aller, maintenant ? »
Comme si XANA avait entendu sa pensée, il se dirigea vers le mur derrière eux, puis tira sur une sorte de bouton encastré dans le mur. Aussitôt, le couloir ils avaient emprunté pour venir se referma comme il s’était ouvert. La pièce entière fut brusquement secoué, puis se mit à descendre. La surprise passée, Odd réalisa ce que cette pièce était en fait. Il se tourna ensuite vers le Kankrelat :
_ Où est ce qu’il va, cet ascenseur ?
Evidement, le petit monstre ne put lui répondre, il se contenta de le dévisager. Le félin se laissa alors tomber sur le dos, fatigué, regardant le plafond de la cage d’un œil vide et se laissant bercer par le bruit de l’ascenseur qui descendait, se demandant s’il allait encore pouvoir tenir longtemps avec le peu de points de vie qui lui restait. La sphère principale du Territoire disparut bientôt de la vue, mais tout le reste ne restait que vide. Des pulsations ! Des pulsations se faisaient entendre, elles étaient de plus en plus fortes… A quoi cet ascenseur allait bien les mener…